27/02/2011

L'Alternative : unité et solidarité pour maintenir la majorité !

En ce dimanche 27 février, deux semaines jour pour jour avant l'élection au Conseil Municipal en Ville de Genève, les candidat-e-s de l'Alternative, qui regroupent les Verts, les Socialistes et Ensemble à Gauche, se retrouvent pour une photo de campagne afin de marquer leur unité pour garder la majorité de gauche.

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Dans un canton où la droite est majoritaire, la Ville de Genève apparaît encore un bastion imprenable pour une droite trop divisée pour espérer renverser la majorité. La menace vient avant tout des formations extrêmistes, comme l'UDC et le MCG, qui basent leur campagne sur la peur et le rejet, et qui pourraient remettre en question l'hégémonie du camp rose-vert-rouge. C'est donc fort-e-s de leur unité et de leur volonté de coopérer lors d'une législature qui s'annonce tout aussi passionnante et difficile que la précédente, que les candidat-e-s se se sont réuni-e-s, avant de jeter leur dernières forces dans la bataille.

 

S'il demeure quelques incertitudes et quelques méfiances des un-e-s et des autres quant aux scénarios pour l'élection des candidat-e-s au Conseil administratif, une chose est certaine : la volonté populaire sera la grande révélatrice des nouvelles forces en présence, 2073384277.jpeget décidera pour beaucoup les stratégies qui devront permettre, on l'espère, à l'Alternative de maintenir ses 4 sièges à l'exécutif de la Ville. Il faudra alors, au soir des élections du 13 mars, que l'Alternative se montre aussi unie que lors de cet après-midi au bord de l'Arve. En effet, un échec dans la reconduction de cette majorité serait très mal vécu au sein de chaque formation. Unité, solidarité et coopération, voilà qui doit être le maître mot du combat de chacun-e au sein de l'Alternative, afin de pouvoir fêter de belles victoires lors des prochains scrutins électoraux !

Julien Cart

co-président Jeunes Vert-e-s Genève

candidat Ville de Genève, Les Verts, liste no3


Photos : Demir Sönmez

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22:55 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : élections, ville, genève, gauche, verts, socialistes, ensemble à gauche |  Facebook | | | |

25/01/2011

Changer de vi(ll)e !

Fourmillements incessants, vacarme ininterrompu, précipitation aveugle : bienvenue en ville. L'agglutinement absurde de centaines de milliers de personnes au sein de métropoles grandissantes résume à lui seul la perte de sens dont sont victimes nos sociétés occidentales basées sur la croissance et l'hyperproduction. Nos vies se résument bien souvent à la fréquentation aliénante de ces métropoles. C'est dans ces vastes étendues bétonnées que nous nous entassons avec, parfois, le secret espoir de pouvoir quitter cette atmosphère harassante. Comme la ville et ses multiples carrefours, notre vie est faite d'innombrables instants où nous pouvons choisir d'autres modèles que ceux qui nous sont majoritairement imposés par les structures, notamment celles qui conditionnent notre vie dans la cité. Pourtant, la plupart du temps, nous nous contentons d'en épouser docilement les formes.

 

Mais qu'est-ce donc que la ville si ce n'est la concentration dans un endroit restreint d'une multitude de constructions censées permettre aux un-e-s et aux autres de vivre au mieux, avec toutes les facilités que cela comporte ? Ces dernières permettent, il est vrai, à tout un chacun d'avoir un certain confort. Mais il apparaît clairement que l'effervescence de nos cités, les rapprochements qu'elles suscitent, n'empêchent pas, bien au contraire, la crise du lien social de gagner du terrain.

 

A croire que l'éparpillement d'hier forçait les un-e-s et les autres à se rapprocher, à s'entraider et à coopérer. Cette communauté de destins, rendue nécessaire par des structures moins homogènes et une technique moins omniprésente, s'inventait de manière spontanée. Quels changements avec ce que nous connaissons actuellement dans nos grandes villes ! Toutes les 'avancées' techniques, pensées initialement pour gagner en qualité de vie, permettent avant tout aux firmes de prendre le contrôle des vies de milliers de personnes. Ce 'progrès' est souvent, à y regarder de plus près, la raison même des maux qui nous accablent.

 

La voiture, par exemple, devait nous permettre de gagner en mobilité et d'aller plus facilement à la rencontre de nos semblables. Présenté comme gage de liberté, ce 'progrès' technique est devenu l'effigie de l'individualisme contemporain, apportant plus de contraintes que d'autonomie. Censée réduire les distances, la voiture sépare les humains qui s'agglutinent seuls dans des véhicules vides, devient un danger oppressant pour les enfants qui jouent dans la rue et induit un comportement sédentaire. De plus, que penser de la pollution et du bruit qu'elle engendre, ne donnant qu'une seule envie à celles et ceux qui habitent la ville : fuir et s'en aller au loin respirer le grand air ?

 

La destruction des espaces de rencontre

 

En plus de tous ces défauts, la voiture participe à la dynamique de séparation et d'isolement des habitant-e-s. La domination des lieux publics par les voitures est faramineuse, avec, à Genève, 370'000 véhicules recensés, immobilisés 98% du temps. Or, chaque voiture occupe 10 m2 d'espace public. Une superficie qui, du même coup, n'est pas dévolue, par exemple, aux logements ou aux parcs, qui eux permettraient aux gens de créer du lien social. Bref, la voiture participe en fin de compte, et comme tant d'autres 'avancées' techniques ayant comme objet la communication (avions, téléphones portables, ordinateurs,...), à l'étouffement et à l'atomisation des citadin-e-s.

 

La rupture de liens dont sont victimes les citadin-e-s des grandes villes semble en effet consubstantielle à l'avènement du progrès technique et de la société de consommation. Le paradoxe de la ville où tout bouillonne et où l'on se retrouve totalement livré à soi-même est décelable dans bien des domaines de la vie courante.

 

L'espace de rencontres, rappelons-nous à cet égard la convivialité des places du village, rassemblant de manière rituelle toute une frange de la population locale, rétrécit au fur et à mesure que naissent de nouvelles voies de « communication » (autoroutes, TGV, etc.). Pour se socialiser, il faut désormais payer et consommer, comme le symbolisent bien les supermarchés de célibataires qui foisonnent ici et là (New-York, Chine...). L'espace public est privé, il faut payer pour espérer créer des liens et correspondre à la norme, en fréquentant les magasins de vêtements, cafés, restaurants, et autres discothèques. Demeurent alors les parcs, les parkings et les trottoirs, la nuit, en hiver, où jeunes et autres infortunés se retrouvent. Les « botellones », à cet égard, témoignent à leur façon d'une résistance face à la marchandisation des rapports sociaux, même si l'achat d'alcool atténue leur force de revendication.

Ainsi, cette marchandisation de l'espace nous contraint à vendre notre force de travail afin de gagner la possibilité de créer des liens.

 

Produire plus pour vivre moins

 

Pour autant, les injonctions morales à consommer, par exemple à passer son permis de conduire et à posséder un véhicule, continuent à nous être assénées sans relâche et sans nuance - de façon informelle, ce qui est d'autant plus pernicieux. Résister, aujourd'hui, à cette pression sociale fait de nous des rebelles, contraints à continuellement défendre que d'autres perspectives sont possibles pour la ville, où tout ne tourne plus autour de la consommation, des engins à moteur ou des connexions informatiques, mais selon des paramètres plus épanouissants - réappropriation des espaces dévolus aux citadin-e-s, respect des distances et de la nature, développement du vivre-ensemble. Cependant, le moule est difficile à déconstruire, tant la structure est conçue pour que nous nous y complaisions. Regardez le politique, qui, dans tous les pays, crée des nouveaux besoins, pour relancer l'industrie automobile en promouvant des mesures telles que la prime à la casse.

 

 

Ainsi, l'ébullition de villes aux abords séduisants, devient finalement toujours plus oppressante. Elle semble s'être installée de pair avec le productivisme et son besoin sans cesse plus grand en main-d'œuvre appelée à travailler plus pour gagner plus. Nos sociétés, basées sur le dogme de la croissance illimitée, ont favorisé l'altération des liens sociaux. Les valeurs prônées par un tel modèle de société, à savoir la culture du résultat, du profit et de la compétition, ont apporté un désert intérieur en plein cœur des fourmilières géantes que sont les villes. Lorsque nous rentrons chez nous, que nous reste-t-il de ce foisonnement d'échanges accumulés au long de la journée ? Après le travail, y a-t-il seulement une vie ? Les personnes âgées toujours plus rongées par la solitude, les maladies mentales, aussi, qui gagnent toujours plus de gens, les numéros d'urgence, enfin, composés massivement afin de recevoir un peu d'écoute dans un monde trop pressé. Derrière ces réalités, un seul cri, voilé, résonne imperceptiblement dans les rues noires des cités, comme celui de ces enfants délaissés par leurs parents au profit d'une carrière, d'une gloire éphémère : au secours !

 

Pour ne pas paraître sourds à ces appels à l'aide, nous inventons des solutions palliatives. Les centres accueillant les personnes en grandes difficultés s'accumulent, la création de places de crèche s'intensifie, les EMS foisonnent. L'aide aux personnes est le métier de l'avenir, nous dit-on. Enième paradoxe d'une vie citadine nous permettant de gagner du temps partout, tout en en manquant cruellement pour celles et ceux qui en ont réellement besoin, pour nos proches. Et cette question qui fait frémir : serons-nous bientôt payés pour s'occuper de nos propres enfants ? N'est-ce pas, en effet, une perte de temps, un manque cruel à gagner pour la société de la croissance, que de devoir partager la vie d'un enfant ?

 

Réapprendre à être disponible

 

Ainsi, ce qui nous éloigne des rencontres fécondes avec nos semblables, nous assèche et nous désolidarise, est avant tout notre manque de disponibilité. Ravagés par les soucis et responsabilités du quotidien, nous manquons de présence aux autres. Nous perdons le réflexe même de demander un peu d'attention, d'écoute, à notre prochain, tant nous sommes certains qu'« il n'aura pas le temps ». En effet, comment lutter contre un agenda rempli à raz-bord, contre les besoins prioritaires d'un employeur, contre une vie totalement réglée d'avance ? Les inventions technologiques comme les agendas surchargés, la marchandisation du monde ou encore les structures des villes, poussent les individus atomisés à se délaisser les un-e-s des autres, au profit des intérêts des firmes, afin de satisfaire les rêves de « réussite » ou de gloire qu'on leur vend.

 

Heureusement demeure cet enfant au bord de la route, ne possédant en tout et pour tout qu'une poupée de chiffon, qu'un frêle sourire, qu'une fleur récoltée sur le chemin de l'école. Cet enfant si fragile face à ce qui l'entoure ne demande qu'un peu de présence et de disponibilité. Il nous oblige à dépoussiérer nos consciences, à refuser, à lutter, à nous lever, et à changer de vi(ll)e !

 

A des villes qui bouillonnent, qui oppressent et créent de l'isolement, nous devons opposer des espaces de vie décentralisés, gratuits, cartoucheVERTS2.jpgà plus petite échelle, où l'on réapprendra à se rencontrer, sans autre raison que de partager du temps en commun. C'est ce que proposent les Verts en ville de Genève, et notamment leur projet de 200 rues piétonnes. L'utopie en action, voilà ce qui doit guider nos combats politiques !

 

Concluons avec cette phrase du Petit Prince de Saint-Exupéry qui répond magistralement au marchand de pilules censées lui faire gagner du temps : « Moi, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine ».

 

11:08 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ville, voiture, consommation, croissance |  Facebook | | | |