02/01/2012

Quels Verts en 2012 ?

Un bilan 2011 mitigé

L'année 2011 aura vu un bilan mitigé en termes électoraux pour les Verts : perte de sièges dans plusieurs cantons et augmentation de la part électorale dans d'autres. Sur les questions de fond, a-t-on pu lire, le bilan serait positif, en cela que nos idées, telle la sortie du nucléaire, auraient, après des dizaines d'années de luttes, convaincu mêmes les plus récalcitrants. Plusieurs explications ont été tentées pour expliquer ce bilan mitigé en terme électoral, souvent des tentatives dictées par l'émotion - voire l'ambition du moment de certains loups médiatiques censés représenter la nouvelle génération des Verts appelée à remplacer celle du vieil éléphant gauchiste de président, Ueli Leuenberger.

 

L'alliance avec le PS critiquée


Cet empressement a pu faire dire à certains que la défaite des Verts était due à une politique trop calquée sur le Parti socialiste :  « Les socialistes sont étatistes alors que nous sommes plus attachés à la responsabilité individuelle. Nous parlons coopératives, là où ils parlent logement public. » expliquait un de ces jeunes loups médiatiques dès lors prompts à nous vendre de nouveaux alliés moins dogmatiques : « pour la législature à venir: il est temps de collaborer avec les Verts libéraux, «même si ce parti est encore un fourre-tout sans programme politique». «Par le dialogue et l'échange dans un premier temps, puis éventuellement dans le cadre d'une collaboration plus étroite à moyen terme. Pour autant qu'ils se montrent attentifs aux questions sociales et qu'ils renoncent à leur ligne anti-étrangers.» (sic !). Ouf, nous sommes sauvés, il y aura quand même certaines conditions à notre ralliement au "verts" libéraux...


Une alliance avec les Verts lib' contre nature


Ces gens oublient que les Verts libéraux, à Genève et comme dans beaucoup d'autres endroits, se sont alliés avec la droite dure, et qu'à 300 voix de plus, par le jeu des apparentements, ils auraient fait élire Pierre Weiss (à la place de Manuel Tornare, ndlr.), un des pire pro-nucléaire et anti-écolo qui soit... Pourtant tout neuf parti sur la place, les verts libéraux genevois ont déjà eu le temps de s'afficher pleinement à droite. Le PVL s'est clairement positionné en concluant un apparentement avec le PLR et le PDC et il roule pour la traversée du lac et le passage à trois voies de l'autoroute de contournement. Mais l'affaire semble pourtant déjà avancée lorsqu'on entend Isabelle Chevalley : « si la génération d'Antonio Hodgers ou d'Adèle Thorens prend le dessus, les collaborations seront plus aisées ». On n'en doute pas une seconde. Manque de chance pour ces jeunes loups, entre temps les Verts libéraux vaudois semblent préférer effectuer ce dialogue électoral avec l'UDC...


Ce qui rapproche et différencie Verts et Socialistes


Mais parlons du fond, qui touche à l'identité profonde des Verts. On nous explique que « les socialistes ont une vision très centralisatrice, alors que nous, nous prônons plus de responsabilité individuelle tout en restant fermes sur notre ligne humaniste. » et que les Verts peuvent « revendiquer une certaine filiation avec le mouvement libertaire, en rupture avec la vision socialiste type d'un Etat qui organise trop la société et les individus. Nous visons à l'autogestion des individus, en réseau, coopérative, ou association. L'émancipation de l'Homme par lui-même et non par l'Etat, mais où la solidarité et l'entraide jouent un rôle important. »

L'idée est donc de se démarquer des socialistes et de se rapprocher des libéraux. Dès lors on pioche dans l'écologie politique les arguments (responsabilité, autonomie) pour justifier cette démarcation. Or comme l'explique Eva Sas, "l'écologie politique rejoint la social-démocratie sur deux points structurants : la régulation et la répartition des richesses" (Philosophie de l'écologie politique, De 68 à nos jours). S'il semble évident pour tous les Verts que le marché est incapable de résorber de lui-même les questions environnementales, et qu'il faut donc un Etat fort capable de mettre des limites à la dégradation de la planète, il semble que la nécessité de la répartition des richesses, elle, ne soit pas pour tous un élément central que nous partageons avec le PS (bien que les Verts suisses soutiennent officiellement l'initiative 1:12 de la Jeunesse socialiste...). Certains jeunes loups médiatiques ne trouvent même rien à redire au PLR Fathi Derder lorsqu'il affirme que « les affaires éthiques sont juste des questions privées tant que l'on n'appelle pas l'Etat à l'aide. Même chose pour les hauts salaires. Ce n'est pas une question éthique. A partir de quel niveau sont-ils choquants? La législation sur leur plafonnement devient vite impossible à gérer. » (...)

Que les riches soient devenus plus riches et les pauvres plus pauvres, que le temps de travail se soit allongé,  mais le niveau de salaire ait, lui, baissé, que les syndicats aient été affaiblis et aient été poussés à faire des compromis, que les systèmes sociaux sont attaqués et que des millions de gens se voient privés de leur dignité, que l'insécurité et l'absence de perspective gagnent du terrain, tandis que la concurrence, l'agressivité et l'instabilité atteignent de nouveaux pics, qu'à Genève, 15% de la population n'a pas accès à la santé faute de moyens, et qu'il y a un million de pauvres en Suisse, pendant que d'autres reçoivent des salaires indécents ne semble pas déranger certains. Ou du moins, cela ne serait pas régulable...

Pourtant, l'écologie politique rejoint la social-démocratie dans sa volonté de réguler et répartir les richesses. Si l'écologie politique est en accord avec ces postulats des sociaux-démocrates, elle se démarque en effet sur d'autres points. Oui, l'écologie politique entretient des rapports de méfiance avec un Etat fort, qui a été fortement impliqué dans les atteintes environnementales (cf. le nucléaire). Oui l'écologie politique porte plutôt sa confiance vers l'auto-organisation de la société civile. Mais le point central et décisif qui distingue les verts des socialistes est à chercher ailleurs, et cela on préfère ne pas en parler...

Le critère décisif propre à l'écologie politique : la critique de la croissance


Comme l'explique bien Eva Sas, ce qui différencie plus fondamentalement la social-démocartie de l'écologie politique, c'est que cette dernière ne partage pas la croyance dans le progrès et la croissance. Pour les sociaux-démocrates, la croissance économique est nécessaire car elle va améliorer le sort des moins aisés.

Or pour l'écologie politique non seulement la qualité de vie n'est pas strictement liée à la croissance, mais « c'est en maintenant l'illusion d'un mouvement d'ascension social [...] que l'ordre social inégalitaire se maintient. ». Ou comme le disait déjà Jean Baudrillard : « Renversant le faux problème : la croissance est-elle égalitaire ou inégalitaire ? nous dirons que c'est la croissance elle-même qui est fonction de l'inégalité. C'est la nécessité pour l'ordre social « inégalitaire », pour la structure sociale de pivilège, de se maintenir, qui produit et reproduit la croissance comme son élément stratégique. » (La Société de consommation).

Dès lors prétendre, comme se plaisent à le faire certains, que le point d'achoppement différenciant verts et socialistes est la « responsabilité individuelle » (concept méritocrate libéral s'il en est) et la méfiance envers l'Etat, c'est nier les fondements de l'écologie politique et construire le lit d'une nouvelle ligne politique des Verts en faveur de la dérégulation.

La pierre angulaire de l'identité des Verts qui tranche face aux discours et dogmes de la social-démocratie réside dans la critique de la croissance économique qui maintient les inégalités. Le discours écologiste, s'il prétend se nourrir de l'écologie politique au fondement de son combat, doit revendiquer la réduction des inégalités comme objectif en soi puisque nous vivons dans un monde aux ressources limitées et que l'accroissement global des richesses matérielles n'est plus envisageable.

A la croissance, il faut substituer une répartition volontaire des richesses, comme les Verts suisses l'affirment : « Le dogme de la croissance infinie a fait long feu, il faut repenser la production et la répartition des richesses pour ménager les capacités de régénération des écosystèmes. » Cela demande d'engager des véritables politiques de décroissance et de répartition des richesses.

Les Verts, un électorat intéressé par la décroissance à conquérir


Alors que jamais autant de partis, sur l'ensemble de l'échiquier politique, ne s'étaient autant revendiqués du combat écologique, les Verts ne peuvent plus baser leur politique en faisant trop de compromis et, surtout, en n'osant pas s'affirmer sur certaines thématiques pourtant au fondement de l'écologie politique, comme par exemple la décroissance. Cela ne ferait qu'augmenter la perte de repère d'un électorat déjà pour le moins fluctuant, et faire le jeu du capitalisme vert, du greenwahing et autre développement durable, qui veulent nous faire polluer un peu moins pour pouvoir polluer plus longtemps.

Les Jeunes Vert-e-s Genève avaient d'ailleurs bien senti l'importance d'apporter des thématiques fortes capables d'interpeller un électorat qui souhaite un monde différent, eux qui avaient proposé plusieurs propositions radicales dans leur programme pour les élections fédérales et ont permis « d'avoir un discours plus spécifique pour une partie de la population, et d'attirer des électeurs qui ne voteraient pas forcément pour nous », comme l'explique Yvan Rochat, président des Verts genevois. C'est cet électorat qu'il s'agit de (re)trouver dorénavant.

La génération que les médias présentent comme la génération montante chez les Verts, semble n'être finalement rien d'autre que l'appétit politique des quelques jeunes loups davantage attirés par l'attrait d'une position plus libérale pour servir leur ascension politique, que par les fondements d'une écologie politique critique envers le dogme de la croissance économique. Gageons que cette génération fera long feu, et que les idéaux verts sauront passer au-dessus de l'ambition d'un petit nombre.

Afin d'éviter d'autres camouflets électoraux, souhaitons donc pour 2012 que les Verts aient le courage de leurs idées et de leurs fondamentaux, en osant apporter la thématique de la décroissance dans l'espace public, et ainsi, à continuer de jouer leur rôle d'opposition aux politiques en place, toutes obnubilées par la course à la croissance.

14:18 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : verts, écologie, croissance, décroissance, politique |  Facebook | | | |

09/10/2011

Nous n'avons qu'une seule Terre, et qu'un seul vote !

Depuis maintenant sept mois, les Jeunes Vert-e-s Genève, environ une dizaine de jeunes membres motivé-e-s, se sont mis ensemble avec l'objectif de mener une campagne en vue des élections fédérale du 23 octobre 2011. Est-ce qu'on mesure quelles implications cela demande, de mener une campagne politique ? Le mesurions-nous en avril dernier lorsque nous commencions à nous réunir pour plancher sur le sujet ? Certainement pour certain-e-s (quatre) d'entre nous qui avions déjà été candidat-e-s lors de la campagne municipale de mars dernier. Mais la différence avec cette campagne, c'est qu'elle allait être avant tout de notre cru. C'était en effet à nous d'y apporter notre patte, d'y mettre nos idées, bref, de l'habiter de A à Z et de lui donner vie. L'occasion rêvée donc de pouvoir exprimer nos idées, nos convictions, nos questionnements, et de pouvoir les défendre ensuite, dans l'espace public, en essayant de donner corps à ces idées à travers des supports de communication différents de ce qu'on rencontre d'habitude, capables d'interpeller les jeunes générations.

Cette démarche auAffiches_RVB_A4_WEB_Page_4.jpgssi haletante qu'harassante touche quasiment à son terme, et c'est avec soulagement que nous arriverons au 23 octobre avec l'impression d'avoir beaucoup donné. Et beaucoup appris.

D'abord il a fallu réfléchir sur un programme, lequel se voulait pluri-thématique, puisqu'il finira par proposer des pistes aussi bien en matière de logement, d'agriculture, de mobilité, d'énergie, d'égalité entre les sexes, et autres.

Se mettre d'accord entre nous ne fut pas évident, cela a demandé des compromis des un-e-s et des autres, des moments de frictions et de longs débats sur le fond des sujets. Cette une force de pouvoir bénéficier en fin de compte de ce processus, car nous avons dû nous approprier totalement ce programme pour pouvoir nous y retrouver toutes et tous et le défendre ensuite dans l'espace public.

Ce que nous voulons apporter comme nouveauté à Berne, c'est la question des limites de notre planète. Nous voulons ébranler les esprits qui se reposent encore sur l'idée que la croissance est la panacée pour nous sortir des crises que nous connaissons. Nous voulons donc retrouver les fondements de Affiches_RVB_A4_WEB_Page_2.jpgl'écologie politique, qui avait vu dans la critique du productivisme et donc de nos modèles de développement (surconsommation, transports énergivores, agriculture intensive, filiè­res industrielles et militaires nocives et inutiles) une remise en question du modèle capitaliste basé sur l'idée même de croissance et de profit. Ce que nous critiquons, c'est aussi bien le mirage d'une techno-science censée apporter des so­lutions aux préoccupations écologiques (voitures électriques, décontamination, organismes géné­tiquement modifiés, biogaz et éthanol, et plus récemment des projets démagogues et néo-coloniaux tels que Desertec) que les outils du système qui nous maintiennent prisonniers de cette croissance (obsolescence programmée des objets, publicité, crédits à la consommation, greenwashing, ...). Ces processus nous rendent dépendant-e-s des grosses firmes et créent en nous de faux besoins.

Aujourd'hui pourtant, comme le souligne Hervé Kempf, «l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une aug­mentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être.» En ef­fet, la croissance érigée en dogme provoque l'épui­sement des ressources naturelles de la planète, la dégradation de la biosphère et les inégalités entre ceux qui profitent de la croissance et ceux qu'elle sacrifie, sans compter l'uniformisation culturelle qui en résulte.

Les Jeunes Vert-e-s Genève appellent donc, à travers des mesures concrètes et réalistes, la société suisse à remettre en question le système que nous connaissons et à respecter les limites de la biosphère. Cela nécessite un changement autant des mentalités que des comportements. Le travail prend une place immense dans nos sociétés, car il est à la fois le moteur de la croissance et le moyen principal de socialisation. Nous voulons démonétariser la société, et donc réduire le temps de travail de manière drastique, afin que les citoyennes et citoyens aient plus de temps à disposition pour lire, réfléchir, se met­tre au jardinage, aux techniques artisanales ou de réparation, au travail bénévole et coopératif, bref, pour travailler moins et vivre mieux !

Affiches_RVB_A4_WEB_Page_3.jpg

Ce changement de paradigme que nous désirons, ne va pas sans réduire la surconsommation et les besoins en énergie ni sans s'attaquer à la croissance des inégalités. Comme le dit bien Hervé Kempf, c'est avant tout « les riches qui détruisent la planète ». Nous proposons donc d'instaurer un revenu minimum et un revenu maximum, de promouvoir un revenu de base suffisant (allocation universelle). Nous proposons aussi un modèle déjà réfléchi en Angletterre et en France, les quotas d'énergie, qui sont une allocation équitable de quantité de ressources (notamment énergétiques) par habitant-e-s, échangeables dans les limites d'objectifs nationaux de réduction de consommation. Nous nous engageons aussi pour une sortie du nucléaire crédible et réaliste, basée sur la remise en question de nos modes de vie afin de réduire les besoins en consommation d'énergie. Nous sommes favorables à des solutions transitoires (centrales à gaz) sans compromettre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (réduction en Suisse, sans possibilité de compensation à l'étranger).

Enfin, il est indispensable de relocaliser notre économie en réduisant la distance des emplois et des loisirs, en supprimant les avantages fiscaux accordés aux entreprises multinationales ou grandes entreprises suisses pour les réaffecter aux entreprises respectant les critères de l'économie sociale et solidaire, et enfin, en régulant les importations selon des critères écologiques et sociaux.

Vous le savez, nous n'avons qu'une seule Terre. N'oubliez pas non plus : nous n'avons qu'un seul vote. Découvrez nos 7 candidat-e-s !

… pour « rendre d’autres modes de vie possibles » et pour rendre le sourire aux Jeunes Vert-e-s, en contrecarrant le réchauffement climatique...  Votez la liste numéro 5, Les Jeunes Vert-e-s Révolutionn'AIR !

image005.jpg

 

01:52 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections, fédérales, écologie, verts |  Facebook | | | |

27/02/2011

L'Alternative : unité et solidarité pour maintenir la majorité !

En ce dimanche 27 février, deux semaines jour pour jour avant l'élection au Conseil Municipal en Ville de Genève, les candidat-e-s de l'Alternative, qui regroupent les Verts, les Socialistes et Ensemble à Gauche, se retrouvent pour une photo de campagne afin de marquer leur unité pour garder la majorité de gauche.

308280516.jpg

Dans un canton où la droite est majoritaire, la Ville de Genève apparaît encore un bastion imprenable pour une droite trop divisée pour espérer renverser la majorité. La menace vient avant tout des formations extrêmistes, comme l'UDC et le MCG, qui basent leur campagne sur la peur et le rejet, et qui pourraient remettre en question l'hégémonie du camp rose-vert-rouge. C'est donc fort-e-s de leur unité et de leur volonté de coopérer lors d'une législature qui s'annonce tout aussi passionnante et difficile que la précédente, que les candidat-e-s se se sont réuni-e-s, avant de jeter leur dernières forces dans la bataille.

 

S'il demeure quelques incertitudes et quelques méfiances des un-e-s et des autres quant aux scénarios pour l'élection des candidat-e-s au Conseil administratif, une chose est certaine : la volonté populaire sera la grande révélatrice des nouvelles forces en présence, 2073384277.jpeget décidera pour beaucoup les stratégies qui devront permettre, on l'espère, à l'Alternative de maintenir ses 4 sièges à l'exécutif de la Ville. Il faudra alors, au soir des élections du 13 mars, que l'Alternative se montre aussi unie que lors de cet après-midi au bord de l'Arve. En effet, un échec dans la reconduction de cette majorité serait très mal vécu au sein de chaque formation. Unité, solidarité et coopération, voilà qui doit être le maître mot du combat de chacun-e au sein de l'Alternative, afin de pouvoir fêter de belles victoires lors des prochains scrutins électoraux !

Julien Cart

co-président Jeunes Vert-e-s Genève

candidat Ville de Genève, Les Verts, liste no3


Photos : Demir Sönmez

50255877.jpeg

22:55 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : élections, ville, genève, gauche, verts, socialistes, ensemble à gauche |  Facebook | | | |

25/08/2010

Retrait de l’initiative pour la réintroduction de la peine de mort : soulagements et critiques

Retrait de l'initiative pour la réintroduction de la peine de mort : les Jeunes Vert-e-s GE soulagé-e-s mais critiques !


L’initiative fédérale pour la réintroduction de la peine de mort est retirée.

 

Les Jeunes Vert-e-s Genève avaient accueilli avec consternation, mardi, l'aval donné par la Chancellerie fédérale à la récolte des 100'000 signatures en faveur de l'initative populaire fédérale pour la réintroduction de la peine capitale. Nous partageons aujourd'hui le soulagement général vis-à-vis du retrait de cette initiative qui représentait un retour en arrière considérable en matière de droits humains. Cette dernière est en effet contraire aux Protocoles 6 et 13 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) ratifiés par la Suisse. Ce qui vient de se passer doit pourtant nous servir de leçon pour la suite.

 

Les Jeunes Vert-e-s Genève estiment qu’il est déjà possible actuellement qu'une initiative contraire au droit international coutumier impératif soit annulée : si des initiatives contraires sont repérées, elles doivent être invalidées (et ce avant même la récolte de signature), sans quoi la Suisse s'expose à une condamnation à Strasbourg.

 

Par ailleurs, et plus largement, les Jeunes Vert-e-s Genève sont consterné-e-s et alarmé-e-s de constater que la Suisse, si fière d’être historiquement à la pointe en matière de défense des droits humains, continue de salir sa réputation : elle fabrique des armes et les vend avec intermédiaires dans les pays en guerre, vote l'internement à vie des délinquants sexuels, interdit la construction de minarets et prévoit bientôt le renvoi des criminels étrangers. Enfin, elle ratifie la CEDH, accueille à Genève fin février le 4ème congrès mondial contre la peine de mort - et n'est pas capable d'invalider une initiative réclamant le retour de la peine de mort.

 

Il est dès lors évident que la procédure administrative de validation des initiatives n'est plus adaptée à la réalité politique : nous pensons donc qu’il est indispensable de réfléchir à l’instauration d’un organe de contrôle supérieur indépendant (Tribunal Constitutionnel) permettant aux lois sortant du Parlement fédéral d’être contrôlées afin qu'elles respectent la Constitution, et aux projets d’initiatives qui contreviennent au droit d’être invalidées sur le champ.

 

Après la mauvaise surprise du 29 novembre 2009 et le vote scandale sur les minarets, nous ne pouvons plus nous reposer sur le « bon sens populaire »  ou sur des élites politiques largement dominés par la peur des partis populistes : une réforme de notre système démocratique devient clairement indispensable afin de ne pas répéter nos erreurs.

Jeunes Vert-e-s Genève, le 25.08.2010

 

Ps: L'Assemblée de Soleure, qui regroupe des associations pour les droits de l'homme et la démocratie, propose de se mettre ensemble pour réfléchir sur cette néssecité d’agir et de réforme constitutionnelle afin de renforcer les droits de l’homme et notre démocratie directe dans le futur, par exemple à travers le lancement d'une initiative populaire. Participez à la 2ème Assemblée de Soleure du samedi 9 octobre 2010 (10h00 - 16h00).

21:37 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mort, capitale, peine, initiative, jeunes, verts |  Facebook | | | |

19/01/2010

200 rues sont à nous !

Fin 2008, les Verts de la Ville de Genève lançaient leur initiative municipale « 200 rues sont à vous – pour des rues ouvertes à la vie et aux mobilités douces! », qui avait vu 5500 habitant-e-s souscrire à leur projet, et avait été déclarée valide par le Conseil municipal le 23 juin 2009.

Cette initiative a le mérite d'être une réponse concrète aux défis, réchauffement climatique en tête, qui sont les nôtres en ce début de deuxième millénaire.

 

Les conseillers municipaux de la Ville ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils ont accepté, il y a quelques heures, et ce à une large majorité, l'initiative des Verts demandant que 200 rues à proximité des écoles, Maisons de Quartier et autres EMS soient fermées au trafic motorisé. Les initiants laissent toutefois le choix à la Ville quant aux rues à fermer. C'est cette dernière qui aura 4 ans pour proposer à la Direction générale de la mobilité, de fermer des routes : celle-ci donnera l'autorisation ou non.

argumentaire.jpg

C'est donc une moment historique pour les Verts genevois, qui ne proposent rien moins que de changer le paysage en matière d'espace urbain.

Sur les 800 rues qui existent à Genève, 1/4 seront désormais ouvertes exclusivement aux habitant-e-s. Un juste retour à une saine convivialité, que nombre de citoyen-ne-s auraient sans doute plébiscitée si d'aventure cette initiative leur auvait été soumise, contrairement aux affirmations malhonnêtes de la droite qui a prétendu que l'échec aurait été assuré devant le peuple, d'où l'acharnement de la gauche à faire passer le projet dès ce soir.

 

Mais cette droite a un arrière goût d'archaïque, bien qu'elle s’en défende avec ardeur et malgré qu’elle en soit partiellement consciente. En effet, personne au sein du Conseil n'a osé remettre en question le fait que l'instauration de rues piétonnes est un apport indéniable en matière de qualité de vie. Non, la droite n’a pas osé défendre le tout bagnole, préférant la « ruse » des arguments tirés par le cheveux. On apprenait par exemple qu’il fallait mieux maintenir, la nuit, au sein des rues piétonnes, des voitures pour rassurer les piétons ! Non messieurs les libéraux, les voitures ne tranquillisent pas nos rues, elles les polluent et empêchent nos enfants d’y déambuler le plus innocemment du monde – quant elles ne les tuent pas (souvenons-nous le 16 mars dernier).

 

Les voitures non seulement tuent nos enfants, mais les transports motorisés sont responsables d’une large partie des émissions de gaz à effet de serre. Le constat est sans appel si nous nous donnons le temps d’y réfléchir. Genève détient le taux de motorisation record en Suisse et le nombre de places de parkings par habitant est près de 2 fois supérieur à une ville comme Zurich. Nous avons affaire régulièrement aux dépassements des taux de pollution de l’air et de bruit. Or, le trafic routier est la principale source de nuisance sonore pour la santé. Le moment est donc venu de proposer un autre développement, basé sur des valeurs plus douces pour l’environnement et qui ne soient pas nocives pour la santé.

Ces 200 rues qui verront le jour sont donc la garantie évidente d’une amélioration de la qualité de vie. Les signataires de cette initiative ne s’y étaient pas trompés : c'est un signe fort pour que les citadin-e-s se réapproprient l'espace public menacé par la voiture et y développent une convivialité souvent égarée. Ce projet, outre sa qualité environnementale qui n’est plus à démontrer, est donc une occassion de remettre au goût du jour des valeurs telles que la communication, l’entraide, le partage, les échanges d’idée et d’opinion, qui ne se passent pas derrière la porte close de son chez soi mais sur la place publique. Respirer l'odeur des rencontres chaleureuses avec nos semblables, plutôt que les pots d’échapement des 4x4 déambulants, voilà un bel avenir pour Genève, enfin !

Quant aux atermoiements de la droite liés aux places de parking qui vont disparaître au profit des rues piétonnes, il s’agit d’un faux problème. Les régies immobilières possèdent un bon pourcentage de ces places et les exploitent mal. En effet, quand les places ne sont pas tout simplement vacantes, elles sont louées à des pendulaires. Or, la politique du canton est claire à ce propos: le trafic pendulaire doit rester aux abords de la Ville et ne pas y pénétrer.

Enfin, ce projet genevois est une étape concrète vers des villes libérées du tout voiture et de la dépendance au pétrole. Les pays riches doivent montrer l’exemple. En Suisse et à Genève en l’occurrence, nous avons les moyens de réduire drastiquement notre empreinte écologique. Depuis toujours, les Verts proposent de développer des zones piétonnes, de promouvoir la mobilité douce par des aménagements qui lui sont favorables et de réduire le trafic motorisé individuel. Grâce à ce projet, ils montrent qu’il est possible de se donner les moyens de la réussite.

200 rues sont à nous !

Et pour le plus grand bien de l'ensemble de la population !

21:26 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : rues, convivialité, pollution, verts, genève, mobilité douce |  Facebook | | | |