25/04/2012

En France et à Genève, l'extrême droite dicte sa loi

Lorsque l'économie va mal, on trouve des boucs-émissaires. C'est le cas actuellement dans la campagne présidentielle en France et dans celle de la Constituante à Genève : c'est désormais la mode, les droits politiques des étrangers sont instrumentalisés à des fins xénophobes et populistes. En France, la fascisation des esprits bat son plein, avec un Sarkozy qui extrême-droitise son discours pour rameuter le vote FN... Le Pen et ses électrices et électeurs (qui sont 1 million de plus qu'en 2002 à avoir voté haine, peur et rejet) ne sont plus seuls à danser sur la vague bleue marine : 64% des électrices et électeurs de Nicolas Sarkozy souhaitent une alliance avec le FN pour les législatives.

 

sarkopen.pngJusqu'à quand "Sarkopen" s'abstiendra-t-il de tout compris avec la droite extrême ? Lui qui aujourd'hui fait la Une de Libé, ce journal dit "de gauche" qui titre, avec photo du Président en plein page et le citant : "Le Pen est compatible avec la République"...

La gauche française elle aussi se surprend à tanguer dans les vagues bleues marines... A peine les résultats du 1er tour tombés, Ségolène Royal s'empresse de préciser à sur France 2, lors d'un débat avec Nathalie Kosciusko-Morizet, qui l'interrogeait sur le sujet, que le droit de vote des étrangers n'avait jamais été la priorité du PS alors même que François Hollande avait reparlé du projet d'instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales lors de la présentation de son programme au Bourget, il y a deux mois, le 22 janvier. Un François Hollande qui finalement promet la concrétisation de cette mesure pour 2013...

A Genève, dans le cadre de l'Assemblée Constituante et le débat sur la 3ème lecture, c'est l'éligibilité des étrangers qui est passé à la trappe alors même qu'elle était acquise avec une majorité allant de l'extrême gauche au groupe Radical Ouverture et même au-delà - lire à ce propos la prise de position des Radicaux après la séance plénière du jeudi 10 juin 2010. Dans cet article des Radicaux, on lit d'ailleurs cela : "En 2009 et en 2010, ce sont Murat Julian Alder et Thomas Büchi, membres de la Commission des droits politiques de l’Assemblée constituante, qui ont réaffirmé l’attachement du Parti radical genevois à l’intégration des étrangers par l’octroi de la citoyenneté locale." Mais sans doute, le fait d'avoir fusionné avec les Libéraux désengage ces messieurs de toute parole.... Quant au PDC, lui aussi était en faveur, puisque qu'il avait permis de faire pencher la balance du bon côté lors du vote en deuxième lecture. Mais "quelques téléphones" ont eu raison de leurs positions, comme nous l'apprenait la TDG avant même que débute la 3ème lecture : Béatrice Gisiger, ex-maire d'Onex et cheffe de groupe PDC à la Constituante juge qu'une disposition transitoire qui fera obligation au Conseil d'Etat de soumettre le sujet controversé au verdict des citoyens d'ici fin 2014, évite de braquer les opposants ! Et d'expliquer qu'«au lendemain du vote du PDC, j'ai reçu des coups de fil de membres qui m'ont fait savoir qu'ils voteraient contre la Constitution si l'éligibilité des étrangers y figure.»...
Mais comme en France, la droite et le centre ne sont pas les seuls à courber l'échine devant les populistes de la droite extrême. Certains constituants comme le socialiste Cyril Mizrahi («Si la droite tient ses engagements, nous ne ferons pas de l’éligibilité des étrangers un casus belli», Le Courrier, mardi 17 avril 2012) ne semblent pas se gêner de prétendre haut et fort qu'il fallait monnayer sur cette question de l'éligibilité. Et utiliser les étrangers pour arriver à ses fins, soit que la droite renonce le moment venu aux art. 140, 149 et 150 restructurant la fiscalité communale par l'imposition au lieu de domicile, ce qu'elle fit après que les lamentables tractations aboutissent. Or la vérité tout le monde la connaît : cette éligibilité dérangeait les groupes d'extrême-droite (MCG+UDC), et c'est donc avant tout en vue de céder au chantage de ces extrêmes que le monnayage sur les droits politiques des étrangers a eu lieu.

Un constituant éclairé nous l'explique bien : Michel Ducommun (groupe SolidaritéS): «Il y a ici une nette majorité en faveur de l’éligibilité. Or, on va renoncer à nos convictions sous la pression de groupes qui font leur beurre du rejet des étrangers. Cela va donner une piètre image de cette assemblée!»

ViVRe (Vivre Voter Représenter), qui est un regroupement d'associations et de parti qui luttent pour les droits politiques des étrangers à Genève s'est dit, dans son communiqué de presse, doublement en colère suite aux décisions prises par la constituante d’éjecter du projet de constitution l’éligibilité communale des étrangers :

"L’Assemblée constituante a clairement manqué à ses responsabilités en refusant, en matière d’éligibilité des étrangers, de se mettre au niveau de pratiquement tous les cantons romands qui l’appliquent déjà (Fribourg, Jura, Neuchâtel, Vaud).

Cette démission est d’autant plus regrettable qu’elle a été dictée en grande partie par un marchandage et qu’elle revient à céder au chantage des partis qui font du rejet des étrangers leur fond de commerce.

Du point de vue de ViVRe, le refus de toute avancée en matière de droits politiques des étrangers prive au contraire la Constituante d’un élément mobilisateur fort, dans un canton qui compte 66% de personnes nées étrangères ou de parents de nationalité étrangère."

Une fois de plus donc, les droits des minorités et des personnes étrangères, en France comme à Genève, sont utilisés à des fins xénophobes et populistes, et le monde politique, de gauche comme de droite, cède devant le chantage de la droite extrême.

18:35 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : extrême droite, étrangers, politique, france, sarkozy, hollande, royal, constituante |  Facebook | | | |

25/03/2012

Le machisme selon Décaillet

Dans son dernier blog, M. Pascal Décaillet est simplement fidèle à lui-même, et se fait le chantre du machisme politique contemporain, la figure de proue du sexisme ordinaire institutionalisé. Ce que nous explique ce bon Décaillet, c'est que quand une femme est élue, serait-elle aussi compétente et aguérrie qu'Anne Emery-Torracinta, c'est à cause d'un complot au nom de la parité, même si ledit parti n'a pas ancré cette règle dans le marbre de ses statuts (sic!).

Mais finalement il faut le laisser se croire le roi du monde à Genève, et faire ses petites émissions où il daigne nous faire part de toute sa culture : cela lui donne l'impression d'exister et de servir le bien commun - je suis même persuadé qu'il est de bonne foi. Une foi bien udciste, bien conservatrice, bien morale et misogyne comme il faut. Un petit Décaillet éconduit car il ne pourra pas voter ce cher Tornare, cet Homme qu'il vénère tant car il est si compétent (lisez, il sait si bien réseauter).

Normal, me direz-vous, qu'on apprécie quelqu'un qui nous ressemble, n'est-ce pas M. Décaillet ! Vos connivences avec Barbier-Mueller (qui détient Léman Bleu, et soutient les campagnes du PLR) et la droite ultra-libérale conservatrice et xénophobe d'un de leur éminent ami Tito Tettamanti, ce grand ami de Christophe Blocher, se sont une fois de plus vues étalées au grand jour lorsque vous avez défendu avec tant de coeur ce pôvre Mark Muller...

Mais, un Décaillet tout content de nous apprendre que sa nouvelle coqueluche socialiste, Tornare ayant été éconduit par un méchant réseautage féministe (lâchons le mot, un horrible complot misandre), a un nouveau visage, d'Homme s'entend... Enfin nouveau... On a eu l'occasion à maintes reprises de le découvrir sur Léman Bleu, lui qui y avait un abonnement quasi journalier : "Et la nouvelle présidence de Romain de Sainte Marie s'annonce prometteuse d'un nouveau militantisme qui fait plaisir à voir."

Décidément, le journalisme version décaillet aura au moins le mérite d'être toujours capable de nous étonner dans sa capaciété à élever la médiocrité, le copinage et le machisme ordinaire au rang de valeurs journalistiques objectives.

23:46 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : machisme, politique, féminisme, parité |  Facebook | | | |

02/01/2012

Quels Verts en 2012 ?

Un bilan 2011 mitigé

L'année 2011 aura vu un bilan mitigé en termes électoraux pour les Verts : perte de sièges dans plusieurs cantons et augmentation de la part électorale dans d'autres. Sur les questions de fond, a-t-on pu lire, le bilan serait positif, en cela que nos idées, telle la sortie du nucléaire, auraient, après des dizaines d'années de luttes, convaincu mêmes les plus récalcitrants. Plusieurs explications ont été tentées pour expliquer ce bilan mitigé en terme électoral, souvent des tentatives dictées par l'émotion - voire l'ambition du moment de certains loups médiatiques censés représenter la nouvelle génération des Verts appelée à remplacer celle du vieil éléphant gauchiste de président, Ueli Leuenberger.

 

L'alliance avec le PS critiquée


Cet empressement a pu faire dire à certains que la défaite des Verts était due à une politique trop calquée sur le Parti socialiste :  « Les socialistes sont étatistes alors que nous sommes plus attachés à la responsabilité individuelle. Nous parlons coopératives, là où ils parlent logement public. » expliquait un de ces jeunes loups médiatiques dès lors prompts à nous vendre de nouveaux alliés moins dogmatiques : « pour la législature à venir: il est temps de collaborer avec les Verts libéraux, «même si ce parti est encore un fourre-tout sans programme politique». «Par le dialogue et l'échange dans un premier temps, puis éventuellement dans le cadre d'une collaboration plus étroite à moyen terme. Pour autant qu'ils se montrent attentifs aux questions sociales et qu'ils renoncent à leur ligne anti-étrangers.» (sic !). Ouf, nous sommes sauvés, il y aura quand même certaines conditions à notre ralliement au "verts" libéraux...


Une alliance avec les Verts lib' contre nature


Ces gens oublient que les Verts libéraux, à Genève et comme dans beaucoup d'autres endroits, se sont alliés avec la droite dure, et qu'à 300 voix de plus, par le jeu des apparentements, ils auraient fait élire Pierre Weiss (à la place de Manuel Tornare, ndlr.), un des pire pro-nucléaire et anti-écolo qui soit... Pourtant tout neuf parti sur la place, les verts libéraux genevois ont déjà eu le temps de s'afficher pleinement à droite. Le PVL s'est clairement positionné en concluant un apparentement avec le PLR et le PDC et il roule pour la traversée du lac et le passage à trois voies de l'autoroute de contournement. Mais l'affaire semble pourtant déjà avancée lorsqu'on entend Isabelle Chevalley : « si la génération d'Antonio Hodgers ou d'Adèle Thorens prend le dessus, les collaborations seront plus aisées ». On n'en doute pas une seconde. Manque de chance pour ces jeunes loups, entre temps les Verts libéraux vaudois semblent préférer effectuer ce dialogue électoral avec l'UDC...


Ce qui rapproche et différencie Verts et Socialistes


Mais parlons du fond, qui touche à l'identité profonde des Verts. On nous explique que « les socialistes ont une vision très centralisatrice, alors que nous, nous prônons plus de responsabilité individuelle tout en restant fermes sur notre ligne humaniste. » et que les Verts peuvent « revendiquer une certaine filiation avec le mouvement libertaire, en rupture avec la vision socialiste type d'un Etat qui organise trop la société et les individus. Nous visons à l'autogestion des individus, en réseau, coopérative, ou association. L'émancipation de l'Homme par lui-même et non par l'Etat, mais où la solidarité et l'entraide jouent un rôle important. »

L'idée est donc de se démarquer des socialistes et de se rapprocher des libéraux. Dès lors on pioche dans l'écologie politique les arguments (responsabilité, autonomie) pour justifier cette démarcation. Or comme l'explique Eva Sas, "l'écologie politique rejoint la social-démocratie sur deux points structurants : la régulation et la répartition des richesses" (Philosophie de l'écologie politique, De 68 à nos jours). S'il semble évident pour tous les Verts que le marché est incapable de résorber de lui-même les questions environnementales, et qu'il faut donc un Etat fort capable de mettre des limites à la dégradation de la planète, il semble que la nécessité de la répartition des richesses, elle, ne soit pas pour tous un élément central que nous partageons avec le PS (bien que les Verts suisses soutiennent officiellement l'initiative 1:12 de la Jeunesse socialiste...). Certains jeunes loups médiatiques ne trouvent même rien à redire au PLR Fathi Derder lorsqu'il affirme que « les affaires éthiques sont juste des questions privées tant que l'on n'appelle pas l'Etat à l'aide. Même chose pour les hauts salaires. Ce n'est pas une question éthique. A partir de quel niveau sont-ils choquants? La législation sur leur plafonnement devient vite impossible à gérer. » (...)

Que les riches soient devenus plus riches et les pauvres plus pauvres, que le temps de travail se soit allongé,  mais le niveau de salaire ait, lui, baissé, que les syndicats aient été affaiblis et aient été poussés à faire des compromis, que les systèmes sociaux sont attaqués et que des millions de gens se voient privés de leur dignité, que l'insécurité et l'absence de perspective gagnent du terrain, tandis que la concurrence, l'agressivité et l'instabilité atteignent de nouveaux pics, qu'à Genève, 15% de la population n'a pas accès à la santé faute de moyens, et qu'il y a un million de pauvres en Suisse, pendant que d'autres reçoivent des salaires indécents ne semble pas déranger certains. Ou du moins, cela ne serait pas régulable...

Pourtant, l'écologie politique rejoint la social-démocratie dans sa volonté de réguler et répartir les richesses. Si l'écologie politique est en accord avec ces postulats des sociaux-démocrates, elle se démarque en effet sur d'autres points. Oui, l'écologie politique entretient des rapports de méfiance avec un Etat fort, qui a été fortement impliqué dans les atteintes environnementales (cf. le nucléaire). Oui l'écologie politique porte plutôt sa confiance vers l'auto-organisation de la société civile. Mais le point central et décisif qui distingue les verts des socialistes est à chercher ailleurs, et cela on préfère ne pas en parler...

Le critère décisif propre à l'écologie politique : la critique de la croissance


Comme l'explique bien Eva Sas, ce qui différencie plus fondamentalement la social-démocartie de l'écologie politique, c'est que cette dernière ne partage pas la croyance dans le progrès et la croissance. Pour les sociaux-démocrates, la croissance économique est nécessaire car elle va améliorer le sort des moins aisés.

Or pour l'écologie politique non seulement la qualité de vie n'est pas strictement liée à la croissance, mais « c'est en maintenant l'illusion d'un mouvement d'ascension social [...] que l'ordre social inégalitaire se maintient. ». Ou comme le disait déjà Jean Baudrillard : « Renversant le faux problème : la croissance est-elle égalitaire ou inégalitaire ? nous dirons que c'est la croissance elle-même qui est fonction de l'inégalité. C'est la nécessité pour l'ordre social « inégalitaire », pour la structure sociale de pivilège, de se maintenir, qui produit et reproduit la croissance comme son élément stratégique. » (La Société de consommation).

Dès lors prétendre, comme se plaisent à le faire certains, que le point d'achoppement différenciant verts et socialistes est la « responsabilité individuelle » (concept méritocrate libéral s'il en est) et la méfiance envers l'Etat, c'est nier les fondements de l'écologie politique et construire le lit d'une nouvelle ligne politique des Verts en faveur de la dérégulation.

La pierre angulaire de l'identité des Verts qui tranche face aux discours et dogmes de la social-démocratie réside dans la critique de la croissance économique qui maintient les inégalités. Le discours écologiste, s'il prétend se nourrir de l'écologie politique au fondement de son combat, doit revendiquer la réduction des inégalités comme objectif en soi puisque nous vivons dans un monde aux ressources limitées et que l'accroissement global des richesses matérielles n'est plus envisageable.

A la croissance, il faut substituer une répartition volontaire des richesses, comme les Verts suisses l'affirment : « Le dogme de la croissance infinie a fait long feu, il faut repenser la production et la répartition des richesses pour ménager les capacités de régénération des écosystèmes. » Cela demande d'engager des véritables politiques de décroissance et de répartition des richesses.

Les Verts, un électorat intéressé par la décroissance à conquérir


Alors que jamais autant de partis, sur l'ensemble de l'échiquier politique, ne s'étaient autant revendiqués du combat écologique, les Verts ne peuvent plus baser leur politique en faisant trop de compromis et, surtout, en n'osant pas s'affirmer sur certaines thématiques pourtant au fondement de l'écologie politique, comme par exemple la décroissance. Cela ne ferait qu'augmenter la perte de repère d'un électorat déjà pour le moins fluctuant, et faire le jeu du capitalisme vert, du greenwahing et autre développement durable, qui veulent nous faire polluer un peu moins pour pouvoir polluer plus longtemps.

Les Jeunes Vert-e-s Genève avaient d'ailleurs bien senti l'importance d'apporter des thématiques fortes capables d'interpeller un électorat qui souhaite un monde différent, eux qui avaient proposé plusieurs propositions radicales dans leur programme pour les élections fédérales et ont permis « d'avoir un discours plus spécifique pour une partie de la population, et d'attirer des électeurs qui ne voteraient pas forcément pour nous », comme l'explique Yvan Rochat, président des Verts genevois. C'est cet électorat qu'il s'agit de (re)trouver dorénavant.

La génération que les médias présentent comme la génération montante chez les Verts, semble n'être finalement rien d'autre que l'appétit politique des quelques jeunes loups davantage attirés par l'attrait d'une position plus libérale pour servir leur ascension politique, que par les fondements d'une écologie politique critique envers le dogme de la croissance économique. Gageons que cette génération fera long feu, et que les idéaux verts sauront passer au-dessus de l'ambition d'un petit nombre.

Afin d'éviter d'autres camouflets électoraux, souhaitons donc pour 2012 que les Verts aient le courage de leurs idées et de leurs fondamentaux, en osant apporter la thématique de la décroissance dans l'espace public, et ainsi, à continuer de jouer leur rôle d'opposition aux politiques en place, toutes obnubilées par la course à la croissance.

14:18 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : verts, écologie, croissance, décroissance, politique |  Facebook | | | |

06/10/2011

Prostitution et UDC ou la morale au service de sa caste

On apprend que l'udc veut « interdire l’offre publique de services liés à la prostitution dans un rayon de 500 mètres aux abords des écoles fréquentées par des mineurs ». Au lieu de s'engager clairement contre la prostitution, ce reliquat patriarcal qui bénéficie du marché capitaliste pour se développer et perpétuer l'esclavage sous couvert juridique, l'UDC préfère cacher la merde aux chats en l'enlevant du regard des enfants transitant dans le quartierspip.php.jpg des Pâquis à Genève. Au nom de la morale petite-bourgeoise, afin de ne pas choquer les enfants, et non parce que la prostitution est dégradante pour les femmes et hommes qui y sont employé-e-s et réduit-e-s pour l'immense majorité, faute de salaire digne.

On lit en effet : "Les prostitutions d’escorte et de salon ne sont pas visées et pourraient continuer à s’exercer puisque soustraites à la vue des enfants" (!!!).

L'UDC explique donc ainsi qu'elle veut préserver la possibilité pour les vieux conservateurs bourgeois friqués à la morale sélective de continuer eux à utiliser les corps réduits à l'esclavage des escortes, dans les hôtels de haut standing- en dehors du regard des enfants : "Seules les formes visibles de la prostitution, comme par exemple le racolage, mais aussi les supports publicitaires, affiches, vitrines et enseignes indiquant que des prestations sexuelles tarifées sont bannies."

Comme quoi on défend sa caste jusqu'au bout, au nom d'une pseudo morale désuette. Dégoûtant.

Il faut au contraire lutter pour l'abolition du système de la prostitution, lequel ne permet pas une manne économique pour les femmes mais est une monétarisation du patriarcat. La légaliser, c’est renforcer les inégalités. A signer le manifeste européen pour s'engager à ne pas être complice du système prostitueur et demander aux personnalités politiques au niveau local, national et européen, d’agir vers une Europe libérée de la prostitution.

Les corps des femmes et des hommes ne sont pas à vendre. Sortons de l'esclavage au nom du fric.

Voici le spot de la campagne :


18:20 Écrit par Julien Cart dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : prostitution, politique, interdiction, pâquis |  Facebook | | | |

05/09/2011

Droits politiques des étranger-ères : après la pluie, le beau temps !

Ce 4 septembre 2011 restera comme un dimanche pluvieux dans tous les sens du terme pour les étrangères et étrangers vaudois-e-s. L'initiative «Vivre et voter ici» qui prévoyait d’accorder les droits politiques (vote et éligibilité) cantonaux aux étranger-ères établi-e-s depuis 10 ans en Suisse et depuis trois ans dans le canton, a été refusée par 69% des votant-e-s. Alors que depuis 2003 les étranger-ères votent et sont élu-e-s au niveau communal, l'étape suivante logique était l'acquisition des droits politiques complets au niveau communal et cantonal.

Le résultat disproportionné est à l'image des moyens déséquilibrés qui ont caractérisé la campagne. Bien qu'un large front se soit erigé afin de soutenir l'intiative, allant de la société civile en passant par des personnalités engagées, et bien que le PDC ait permis de forger une majorité virtuelle au niveau des partis politiques, les forces étaient largement inégales. A ce propos il est nécessaire de souligner le pas fait par l'assemblée générale du PDC vaudois, qui a osé soutenir une initiative qui avait peu de chance d'aboutir, préférant le risque politique consistant à défendre des valeurs fondamentales, plutôt que de céder au calcul électoral, élections fédérales approchant.

Nous le disions, cette campagne était désquilibrée. D'abord, au niveau du financement. Pour s'en donner une simple idée, considérons le simple coût du tout-ménage dans tout le canton (

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environ 50'000 CHF) du PLR, soit deux fois et demi le budget total de campagne des initiant-e-s... Et l'UDC dans tout ça ? Trop omnibulée par ses affiches au niveau suisse pour stopper l'immigration, elle s'est malgré tout signalée en proposant une affiche aussi pitoyable qu'indécente (voir affiche ci-joint, Illustration : Le Courrier, mardi 28 juin 2011).

Outre ce déséquilibre financier, qui est récurrent malheureusement en politique et fausse le débat démocratique, les arguments mis en avant pour que la population rejette massivement cette initiative étaient pour le moins falacieux. Le principal de ces "arguments" a été de mettre en avant la confusion qu'impliquerait la reconnaissance de la citoyenneté locale avec le processus d'acquisition de la nationalité.

Pour le PLR, et son Conseiller d'Etat Philippe Leuba, "un lien étroit doit exister pour l’étranger entre la naturalisation et la jouissance des droits politiques. La naturalisation, c’est l’expression qu’on fait partie désormais d’une communauté", lequel conclut que "cette initiative vide de sa substance la nationalité". Dit de manière plus populiste et extrémiste, cela donne : "Un «oui» serait «un premier pas vers la destruction des valeurs de la Suisse", Fabrice Moscheni, président de la section vaudoise de l'UDC.

Les forces de droite oublient que depuis les fondements de nos états de droits, la citoyenneté précède la nationalité. Mais comme l'explique bien Minh-Son Nguyen (voir "Panorama des droits politiques des étrangères et des étrangers en Suisse"), avocat et professeur de droit aux Universités de Lausanne et Neuchâtel, aujourd'hui la tendance veut que la nationalité soit la condition de la citoyenneté car la nationalité est devenue un privilège octroyé par les autorités. Or l’approbation des lois doit être l'apanage de celles et ceux à qui elles s'appliquent, sans distinction de l'origine (donc de la nationalité) ni d'autres critères subjectifs et discriminatoires. Le principe démocratique implique certes l'existence d'un lien spécifique censé faire le trait d'union entre la personne et l'Etat : mais en quoi ce lien serait-il nécessairement la nationalité ? Les nationaux appartiennent au corps électoral, bien évidemment, mais celles et ceux qui ne le sont pas, juridiquement, rien ne dit qu'ils ne peuvent pas y avoir accès.

La question qui est posée, est de définir quel est le critère objectif et pertinent qui doit décider de la capacité de voter et d'être élu-e. Au cours de l'Histoire, plusieurs critères ont été avancés comme la capacité de discernement politique (et on a donc exclu les enfants, personnes handicapées, etc.), ou le critère de la proximité, pour éviter le tourisme électoral. Ce critère prime d'ailleurs dans notre système sur celui de la nationalité : en effet, les Suisses exilés à l’étranger n’ont pas la possibilité de se prononcer sur les sujets cantonaux.

D'autres critères bien plus pernicieux ont été retenus, puisqu'on a eu recours aux critères du sexe, de la religion, de l’état civil, de la fortune, pour exclure les gens des droits politiques. La question à se poser est donc la suivante : la nationalité est-elle un critère différent de ces derniers, moins stigmatisant, moins ségrégatif ? Il n'est jamais trop tard, pour la population vaudoise, d'en douter.

Autre argument souvent mis en avant : « Ils n’ont qu’à se naturaliser » : on connaît pourtant la difficulté pour acquérir la nationalité en Suisse, on sait même que les démarches sont longues, chères, et parfois humiliantes, que les conditions sont plus rudes qu’ailleurs. On sait aussi que, dans les révisions qui s'annoncent, l’accès à la nationalité sera conditionné à la titularité d’une autorisation de séjour. Sans compter que certains pays ne reconnaissent pas la double nationalité...

Dès lors il apparaît évident que, si l'ont refuse les "arguments" populistes, la nationalité ne peut être confondue avec l’engagement civique sur le lieu de résidence. La nationalité est bien plutôt le résultat d'un choix, lequel pousse à accomplir notamment le service militaire, permet de se voir protéger hors du territoire, et rattache à une identité culturelle, qui souvent se fait au détriment d'une précédente attache nationale. La citoyenneté nationale s'exerce donc à l'échelon fédéral et conclut un processus individuel et volontaire de naturalisation, lequel ouvre, indépendamment de toute résidence, un droit de codécision, au-delà de la souveraineté cantonale, aux affaires publiques de l’ensemble du pays.

Malgré le résultat pluvieux de ce dimanche, le combat pour les droits politiques des personnes d'origine étrangère doit continuer. Le combat pour le droit de vote des femmes ne s'est pas fait en un jour, il a même dû affronter des défaites encore plus graves que celle-ci. Et pourtant aujourd'hui plus personne (encore que, certains masculinistes en sont largement capables) n'ose ouvertement le remettre en question. Il en sera de même pour les droits politiques des personnes d'origine étrangère. Après la pluie, vient le beau temps !

A Genève, la question des droits politiques des étranger-ères est prise en otage par une Constituante qui ne s'est pour l'heure que très peu avancée sur ces questions. Pire, alors qu'elle avait accepté d'inscrire au niveau communal, grâce notamment aux pressions exercées par la pétition déposée par ViVRe (Vivre Voter Représenter) le droit d'éligibilité des personnes étrangères en sus de l'actuel droit de vote, la majorité de droite de cette Assemblée voudrait aujourd'hui sortir le droit d'éligibilité communale du projet de constitution et en faire une votation séparée ! Gageons que les désolants résultats vaudois ne feront qu'amplifier le peu d'esprit novateur qui caractérise les rédacteurs de cette Constituante, qui vont accoucher pour Genève d'une Constitution indigne d'un canton aux origines essentiellement multiculturelles. Le peuple genevois ne s'y trompera pas au moment de se rendre aux urnes. Il s'agira alors de s'engager dans un nouveau combat pour qu'enfin un dimanche électoral ensoleillé puisse consacrer un droit fondamental qui ne serait que justice, à une commaunauté étrangère qui n'a cessé, au long de l'Histoire, d'apporter à Genvève sa richesse culturelle, sociale et économique.

00:16 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : votation, vaud, étrangers, droits, politique |  Facebook | | | |

30/01/2010

Politique inhumaine envers les mendiant-e-s

Communiqué des Jeunes Vert-e-s Genève, qui tiennent à dénoncer rigoureusement les mesures répressives envers les mendiant-e-s prises par le Conseil d'Etat genevois la semaine dernière.


Les Jeunes Vert-e-s Genève dénoncent de façon vigoureuse les mesures que le Conseil d'Etat veut prendre envers les enfants de mendiant-e-s, chargeant la police d'interpeller et d'appréhender les mendiant-e-s accompagné-e-s d'enfants ou les mendiant-e-s mineurs, de signaler ces cas au Service de Protection des mineurs (SPMi), de conduire les mineurs avec ou sans leurs parents au sein de ce service qui pourrait prononcer une clause péril, c'est-à-dire le retrait immédiat du droit de garde des parents sur l'enfant et le placement de celui-ci.

Sous le prétexte de protéger les enfants qui mendient dans le froid, le Conseil d'Etat contrevient à la Convention de La Haye sur la protection des mineurs. Pour les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s, ces mesures répressives doivent donc être dénoncées avec fermeté. Nous regrettons que peu d’organismes aient réprouvé ces projets injustes. Comme le signal l'association MESEMROM dans sa lettre ouverte au Conseil d'Etat, il est révoltant de constater que les autorités genevoises n'ont pas tiré les leçons de l'histoire en marchant dans les pas de Pro Juventute, plus précisément dans ceux de l'Oeuvre des enfants de la grande route qui a sévi de 1926 à 1973 : sous le couvert d'une motivation sociale, des centaines d'enfants tziganes avaient été, à l'époque, arrachés à leur famille et placés dans des familles d'accueil. Les activités de l'Oeuvre des enfants de la grande route ont unanimement été qualifiées par la suite comme étant un génocide culturel.

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De plus en plus de pratiques odieuses envers les Rroms sont orchestrées par le gouvernement, et les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s ne peuvent pas l'accepter. En novembre dernier, le département de l’environnement urbain et de la sécurité a enlevé les différents campements des Rroms en ville de Genève, laissant 50 personnes, dont des enfants, privés de tout. Qu'a fait le Conseil d'Etat pour protéger les enfants de mendiant-e-s ? A-t-il ouvert un centre d’accueil de jour ? Eh bien non, nos autorités ont préféré fixer des quotas stricts dans les abris, contraignant ainsi tant les adultes que les enfants à dormir dehors malgré les très basses températures.


De plus, il est arrivé que des Rroms se fassent contrôler par la police qui leur a prélevé l’argent qu’ils avaient sur eux sans envoyer l’amende à leur domicile. La justice a depuis mis en lumière l’irrégularité de la notification de ces amendes, qui ont donc été annulées.

Nous pourrions multiplier les exemples de mesures répressives relevant de manques graves à la dignité humaine envers cette frange de la population, jusqu'à cet évènement la semaine passée où une mère Rrom a été arrêtée et mise en détention, de façon illicite, voyant ses enfants « pris en charge » !


Concernant les dernières mesures prises, les Jeunes Vert-e-s constatent que le Conseil d'Etat n'a pas agi de manière concertée, les différents « acteurs » (services de l’Etat, associations, organismes) n'ayant pas été consultés pour élaborer une telle décision. Par ailleurs, les Jeunes Vert-e-s genevois veulent rappeler l’article 22 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ratifiée par la Suisse, qui stipule que «toute personne, en tant que membre de la société, (…) est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité». Si l’Etat de Genève veut vraiment défendre les enfants Rroms, alors qu’il fasse le nécessaire prévu par la DUDH: qu’il propose hébergement, soins, permis de travail, école et crèche pour les enfants, interprètes pour discuter avec les familles et une coordination avec les associations !


Les Jeunes Vert-e-s Genève

02:37 Écrit par Julien Cart dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : roms, mendiants, politique, conseil d'etat |  Facebook | | | |