21/03/2011

Les libéraux, ces bons moutons bruns

On le sait désormais, la candidate libérale Florence Kraft-Babel figurera sur les affiches de l'UDC, aux côtés d'Eric Bertinat, le grand ami de Jean-Marie Le Pen, des homophobes (il a déclaré sur la télévision locale genevoise Léman Bleu que « les homosexuels n'apportent rien à la société car ils sont incapables de se reproduire »), islamophobes et autres misogynes de la pire espèce, cela dans la perspective d'une toujours plus grande ouverture de l'Entente sur l'UDC, comme l'explique le président du Parti libéral : «Nous souhaitons toujours une ouverture de l'Entente sur l'UDC. Le Parti libéral-radical devrait entamer des discussions ».

Les libéraux semblent toucher le fond, réduits qu'ils sont à jouer avec l'UDC pour savoir qui est le mouton le plus brun. Il faudra s'en souvenir et les électrices et électeurs préféreront sans doute l'originale UDC à la pâle copie sans âme rendue dimanche par les libéraux en ville de Genève, qui ont voté comme un seul homme (...) pour que Florence Kraft-Babel figure sur les affiches de l’UDC, tout en restant sur la liste de l’Entente, qui n’intégrera pas l’UDC. Si les radicaux et les démocrates-chrétiens n'avaient pas refusé de se rapprocher de l'UDC, le PLR serait aujourd'hui allié à l'UDC. Et cela n'aurait pas été une faute de goût, mais bien plutôt une suite logique : en effet, le PLR n'en est pas à sa première compromission avec les idées xénophobes de l'extrême droite. C'est meme devenu leur sport favori au niveau national. Souvenons-nous en effet des votations en mars sur les armes et en septembre sur le chômage où le PLR a ouvert ses portes à des comités unitaires avec l'UDC, qui ne s'est pas gênée d'afficher ouvertement son racisme, sans que l'on ne s'offusque pour autant dans les rangs de droite. Quant au nouveau positionnement à l'extrême droite du PLR suisse sur le durcissement de la politique d’immigration, il ne fait que confirmer la tendance générale de ce parti. Malgré la "fronde romande humaniste" c'est bel et bien la ligne dure calquée sur le modèle udc qui a finalement imposé ses vues. C'est désormais limpide, le parti libéral confond compromis avec compromissions.

Le plus désolant, c'est que cette décision provoquera le spectacle pathétique, sur tous les trams et murs de la ville, d'une candidate souriante d'une droite qui se veut humaniste et progressiste, à côté d'un personnage à la misogyne inénarrable et au conservatisme affligeant : "La femme au foyer, c'est l'application parfaite du développement familiale durable ! C'est une véritable bénédiction" écrivait-il sur son blog lors de la Journée mondiale des femmes le 8 mars dernier. Peut-être l'affiche de l'alliance Libéraux-UDC mettra-t-elle en avant l'homme, Eric Bertinat, s'occupant, conformément à son rôle, de choses publiques, et plus en retrait, la femme, Madame Kraft-Babel, avec ses bébés, s'affairant à la maison comme l'exige son nouveau partenaire ?

Ce serait somme toute une belle image symptomatique de la crise existentielle du PLR qui, en plus de n'être absolument pas libéral (comme l'a bien montré Antonio Hodgers dans son billet d'opinion au Temps), se couche sur les positions d'extrême droite, finissant ainsi de perdre le peu de crédibilité qu'il lui restait auprès de la population.

14:38 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : libéraux, udc, moutons, homophobie, islamophobie |  Facebook | | | |