23/03/2017

SOLIDARITE avec LAETITIA, jeune femme en situation de HANDICAP à GENEVE, privée de DROITS FONDAMENTAUX !  

Nous découvrions, il y a de cela à peine quelques jours, la situation dramatique de Laetitia, jeune femme genevoise en situation de handicap dont les droits les plus fondamentaux sont bafoués. C'est en lisant l'article du magazine l'Illustré paru jeudi 16 mars dernier que nous avons appris la tragédie vécue par Laetitia, en situation de polyhandicap.droits, humains, handicap, solidarité, assurance, invalidité, impotence

En effet, Laetitia est privée de son Assurance Invalidité et de sa rente d'impotence depuis 6 ans ! Devenue majeure aujourd'hui, sa place dans l'institution Clair-Bois qui lui était destinée est compromise car sans Assurance Invalidité elle ne peut pas la payer. Laetitia, de part sa situation (elle est nourrie par sonde gastrique, et se déplace en fauteuil roulant), doit pouvoir continuer de vivre à Clair-Bois car cette institution accueille des personnes majeures et correspond aux besoins de Laetitia. Surtout, comme l'explique sa maman, Domenica :

"Elle a noué depuis l’enfance des liens très forts avec les résidents et le personnel soignant de cette institution, ce serait inhumain de lui imposer ce changement !"



Spontanément, afin de soutenir Laetitia, des citoyen-ne-s ont lancé une pétition via les réseaux sociaux, et un bel élan de solidarité s'est instauré puisque déjà plus de 1'700 signatures ont été récoltées.

Pour une immense majorité de la population, il est totalement aberrant et inhumain qu'une personne qui est majeure, qui vit à Genève depuis toujours, est inscrite au contrôle de l'habitant, et dont les parents payent des impôts depuis toujours dans ce canton, soit empêchée de continuer à vivre dans l'institution qu'elle connaît si bien et qui l'a accueillie jusqu'ici.

Notre soutien et notre solidarité sont donc indispensables car un des derniers espoirs pour Laetitia et sa famille, afin qu'elle puisse rester à Genève, consiste à faire appel à la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Autre possibilité, le fait que le Conseiller Fédéral, M. Alain Berset, revienne sur l'injustice dont Laetitia est victime.

Quoi qu'il en soit, il s'agira de se battre jusqu'au bout pour lever cette injustice et qu'en fin de compte, Laetitia puisse rester dans l'endroit qui lui plaît, qu'elle a choisi, et qui, en respectant ses droits fondamentaux, ne peut pas lui être retiré par simple décret administratif.

Vous trouverez ICI le lien vers la pétition que nous vous remercions d'avance de signer et de faire signer autour de vous : c'est seulement grâce à toute notre mobilisation que nous parviendrons à réparer cette injustice, MERCI !

Priscilla Albrecht & Julien Cart

 

01/12/2015

Pour une vraie ‪école inclusive maintenant ! 

Voici, après les censures et bannissement dont moi et d'autres camarades avons été victimes, ma réponse sur le fond aux enseignant-e-s de la Société Pédagogique Genevoise (SPG) qui, dans une prise de position votée à la majorité, se plaignent de l'austérité et du manque de moyens pour justifier le fait que dans ce cadre l'inclusion est impossible ou néfaste :

Il ne suffit pas d'être en majorité pour avoir raison, c'est évident, mais je crois qu'il fait bon de le rappeler. 

Si les classes n'ont pas les moyens d'accueillir le mieux possible tout le monde, il s'agit alors d'axer toute l'attention sur les élèves ayant le plus de besoins particuliers, et non d'utiliser le manque de moyens pour justifier leur exclusion !pédagogie, éducation, école, syndicat, gauche, humanisme, droits, élèves, handicap

- Cela paraît tellement évident que je dois me pincer pour me persuader de devoir redire de telles vérités...

Dans ce cadre, recourir aux arguments liés aux "moyens" en ce qui concerne une décision éminemment politique et humaniste (relevant des droits humains fondamentaux) telle que l'école inclusive est donc tout simplement une honte. 

Comme si pour les urgences à l’hôpital on se demandait si - à cause de l'austérité - on avait assez de sous pour accueillir les malades ayant le plus besoin de soins particuliers... Au pire, on fera attendre davantage celles et ceux qui se portent moins mal. Il devrait en être de même pour une école qui n'aurait pas, c'est vrai, déjà depuis longtemps fait le deuil de l'égalité des chances (ah ce vieux concept, ce vieil idéal républicain...qu'on a mis au coin au fond de la classe...).

Bien évidemment les classes de 25,26,27 élèves sont des absurdités, alors en effet dénonçons cela, ce manque de moyens là ! Mais pas les présences LÉGITIMES des plus faibles dans ces mêmes classes ! Sinon plus personne ne pourra considérer que vous, la SPG, êtes un syndicat de gauche. 

Mais uniquement un syndicat qui défend des conditions de travail pour faire progresser les élites de demain, qui n'ont, rassurez-vous, pas besoin de nous pour se faire une place. 

Contrairement aux élèves à besoins particuliers - certes si faciles à débouter à travers de laconiques communiqués...

29/11/2015

Société Pédagogique Genevoise : un syndicat aux manières douteuses

Nous sommes deux camarades à avoir été censuré-e-s samedi soir sur la page facebook de la SPG (Société Pédagogique Genevoise), suite à un débat qui se déroulait sur la question de l'école inclusive. Il s'agit de Priscilla Albrecht, enseignante et parent d'élève, et de moi-même, enseignant spécialisé.

Certes, dans ce fil de discussion, les avis divergeaient, mais personne n'a été injurié-e et aucun écart de comportement n'a pu être enregistré de part et d'autres. Chacun s'exprimait le plus normalement du monde, lorsque nous avons constaté que nous avions été tout simplement banni-e-s de la page facebook du syndicat, sans aucun avertissement ou explication. Impossible non seulement de continuer à échanger avec les personnes qui sont intervenues, mais qui plus est, nos messages ont été effacés - le fil de la discussion étant donc totalement tronqué. 

Plus que nos simples messages censurés, il s'agit d'un acte grave de musellement de la pensée de la part d'un syndicat qui devrait, au contraire, donner la parole à chacun-e, et surtout aux plus faibles, à savoir les élèves à besoins particuliers, qui, malgré le soutien légal qu'ils ont pu obtenir, ne bénéficient toujours pas d'une vraie prise en charge au sein de l'école ordinaire.  

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C'est pourquoi nous souhaitons dénoncer vivement ces procédures excluantes qui ont cours au sein de ce syndicat, lesquelles ne laissent rien présager de bon concernant l'inclusion des élèves à besoins particuliers dans le canton de Genève. En effet, alors qu'un syndicat tel que la SPG devrait prendre fait et cause pour ces mêmes élèves, ce dernier préfère censurer les personnes qui osent défendre une position divergente sur cette question. De même, la SPG ne fait que reproduire le discours des partis de droite sur l'argument biaisé du manque de "moyens" à disposition, alors même que ce faux argument permet de cacher les vraies questions et de justifier l'absence de réelle politique d'inclusion des élèves à besoin particulier dans le canton.

Des vraies questions, que posait avec justesse Marie-Jeanne Accietto dans sa réponse en ligne au courrier de lecteur de M. Vité, président de la SPG, dans le Courrier du 11 novembre 2014 :

« Comment un Etat de droit peut-il tolérer que des enfants soient exclus, marginalisés et victimes d’un discours aussi minimaliste que celui des moyens ?

Croyons-nous vraiment que la Suisse et en particulier Genève soit moins riche que d’autres pays qui ont mis en place une politique inclusive ? 

Ce serait amusant de le faire croire….Si nous partons du droit, de ce qui est juste, les moyens suivront et on se rendra compte, comme ailleurs c’est déjà le cas, qu’en réalité l’école inclusive a un coût bien moindre que l’école de la politique ségrégationniste pratiquée aujourd’hui !

La question n’est pas celle de l’efficacité de l’école inclusive, de sa rentabilité ou de son coût, mais bien du droit de chaque enfant à fréquenter l’école de droit commun, sans discrimination. »

Nous demandons donc aux responsables du SPG, des excuses concernant leurs graves agissements de samedi soir sur leur page facebook, et souhaitons que ce syndicat, à défaut de défendre les élèves qui depuis trop longtemps maintenant sont laissé-e-s au ban de la société, ait au moins l'obligeance de respecter à l'avenir les règles de bases du débat démocratique, en cessant d'exclure les parents d'élèves ou autres enseignant-e-s qui s'opposent à certaines de leur prises de positions publiques.

 

Signataires : Julien Cart, Priscilla Albrecht, Mireille Smulders & Angélique Jaquier.

Illustration : COPHAN, Ensemble pour l'inclusion

 

23/08/2010

Yo, También !

En 2009, la 57e édition du festival de Saint-Sébastien avait remarqué que ce film, visible actuellement aux Scala à Genève, n'était pas un film comme les autres, lui qui a reçu le Coquillage d'argent à la meilleure interprétation masculine. Ce prix revient bien sûr à Pablo Pineda, premierère personne en situation de trisomie à avoir obtenu un diplôme universitaire en Europe. Il incarne Daniel, âgé de 34 ans, un homme présentant un syndrome de Down, qui décroche un travail aux Affaires sociales à Séville. Il va tenter de se faire une place au sein de cet organisme, et gagner la sympathie de Laura, pour qui il éprouve des sentiments qu'il aura de la peine à dissimuler.

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C'est donc un film qui mêle à la fois réalisme et interprétation, puisque l'acteur l'explique bien : "j'ai dû réaliser une introspection, revivre des moments très difficiles". Et cela se ressent à chaque instant, tant nous sommes plongés dans la vie de cette personne qui aspire à être reconnue pour ce qu'elle est.

 

Voilà toute la réflexion proposée par ce long métrage. Yo, También. Moi, aussi, j'existe, j'aspire à être aimé tel que je suis dans cette société qui est la mienne tout autant que la vôtre. Pourtant telle que nous est décrite la société, notamment avec les déboirs amoureux de Laura, rien ne laisse présager que l'accès à cette "normalité" soit bénéfique.

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C'est ce que nous compte merveilleusement cette histoire. A la fois ce besoin totalement inné et bouleversant de la revendication à la normalité (et notamment cette question en désespoir de cause de Laura adressée à Daniel : "Pourquoi veux-tu tant être normal ?" qui n'aura pour réponse que les larmes) et de l'autre côté ce véritable hymne silencieux et poétique à la différence.

 

Et cette réflexion sur l'accès à la sexualité et à l'amour des personnes en situation de handicap. L'amour appartient à chaque être humain, en privé une partie de la population sous peine qu'elle a des gènes différents, c'est un acte criminel. Le film le montre bien, et met en lumière les limites d'un système qui exprorie (par la tutelle) les personnes ayant un handicap de leur vie sociale, affective et morale, sous prétexte de ne pas avoir des capaciétés intellectuelles suffisantes.

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Quand comprendrons-nous que l'intelligence est loin d'être réductible au fonctionnement neuronal, à un résultat déterminé par des tests, mais est bien plutôt le résultat d'accumulation d'expériences et d'apprentissages de la vie à la suite de rencontres fécondes avec nos semblables ?! Comme l'exprime bien Daniel lui-même, séparer l'âge chronologique et l'âge mental n'a pas de sens. En effet, nous n'avons qu'un seul âge, et c'est celui qui est mesurable par notre capacité à aimer, à changer de regard sur ce monde, sur autrui, à adopter ce regard inconditionnel et authentique qui révèle l'essence même de l'être, comme le fait Daniel.

 

En résumé, ce film, s'il ne nous bouleverse peut-être pas autant que « Le huitième jour », ne nous laissera pas indifférent à la manière de percevoir le monde, et notre relation aux autres.

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Pour finir, voici dans un interview ce qu'a dit vouloir donner à la société comme message Pablo Pineda :

 

"Je souhaite devenir un exemple. Je veux démontrer que si l'on met en œuvre tout ce qu'on est capable, vous pouvez faire ce que vous voulez. Mais à côté de ce que j'ai pu réaliser, je m'attends également à la société à faire sa part. Je ne veux pas que ce soit un effort d'un chemin. C'est un début de succès et montre aux gens que nous sommes aussi compétents que les autres. Si vous êtes celui qui met en place les barrières, vous détruisez alors les possibilités pour les autres. Et, d'autre part, il est essentiel pour la société de comprendre toutes ces choses."

03:26 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, amour, festival, espagne, handicap, intelligence |  Facebook | | | |