23/03/2017

SOLIDARITE avec LAETITIA, jeune femme en situation de HANDICAP à GENEVE, privée de DROITS FONDAMENTAUX !  

Nous découvrions, il y a de cela à peine quelques jours, la situation dramatique de Laetitia, jeune femme genevoise en situation de handicap dont les droits les plus fondamentaux sont bafoués. C'est en lisant l'article du magazine l'Illustré paru jeudi 16 mars dernier que nous avons appris la tragédie vécue par Laetitia, en situation de polyhandicap.droits, humains, handicap, solidarité, assurance, invalidité, impotence

En effet, Laetitia est privée de son Assurance Invalidité et de sa rente d'impotence depuis 6 ans ! Devenue majeure aujourd'hui, sa place dans l'institution Clair-Bois qui lui était destinée est compromise car sans Assurance Invalidité elle ne peut pas la payer. Laetitia, de part sa situation (elle est nourrie par sonde gastrique, et se déplace en fauteuil roulant), doit pouvoir continuer de vivre à Clair-Bois car cette institution accueille des personnes majeures et correspond aux besoins de Laetitia. Surtout, comme l'explique sa maman, Domenica :

"Elle a noué depuis l’enfance des liens très forts avec les résidents et le personnel soignant de cette institution, ce serait inhumain de lui imposer ce changement !"



Spontanément, afin de soutenir Laetitia, des citoyen-ne-s ont lancé une pétition via les réseaux sociaux, et un bel élan de solidarité s'est instauré puisque déjà plus de 1'700 signatures ont été récoltées.

Pour une immense majorité de la population, il est totalement aberrant et inhumain qu'une personne qui est majeure, qui vit à Genève depuis toujours, est inscrite au contrôle de l'habitant, et dont les parents payent des impôts depuis toujours dans ce canton, soit empêchée de continuer à vivre dans l'institution qu'elle connaît si bien et qui l'a accueillie jusqu'ici.

Notre soutien et notre solidarité sont donc indispensables car un des derniers espoirs pour Laetitia et sa famille, afin qu'elle puisse rester à Genève, consiste à faire appel à la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Autre possibilité, le fait que le Conseiller Fédéral, M. Alain Berset, revienne sur l'injustice dont Laetitia est victime.

Quoi qu'il en soit, il s'agira de se battre jusqu'au bout pour lever cette injustice et qu'en fin de compte, Laetitia puisse rester dans l'endroit qui lui plaît, qu'elle a choisi, et qui, en respectant ses droits fondamentaux, ne peut pas lui être retiré par simple décret administratif.

Vous trouverez ICI le lien vers la pétition que nous vous remercions d'avance de signer et de faire signer autour de vous : c'est seulement grâce à toute notre mobilisation que nous parviendrons à réparer cette injustice, MERCI !

Priscilla Albrecht & Julien Cart

 

01/12/2015

Pour une vraie ‪école inclusive maintenant ! 

Voici, après les censures et bannissement dont moi et d'autres camarades avons été victimes, ma réponse sur le fond aux enseignant-e-s de la Société Pédagogique Genevoise (SPG) qui, dans une prise de position votée à la majorité, se plaignent de l'austérité et du manque de moyens pour justifier le fait que dans ce cadre l'inclusion est impossible ou néfaste :

Il ne suffit pas d'être en majorité pour avoir raison, c'est évident, mais je crois qu'il fait bon de le rappeler. 

Si les classes n'ont pas les moyens d'accueillir le mieux possible tout le monde, il s'agit alors d'axer toute l'attention sur les élèves ayant le plus de besoins particuliers, et non d'utiliser le manque de moyens pour justifier leur exclusion !pédagogie, éducation, école, syndicat, gauche, humanisme, droits, élèves, handicap

- Cela paraît tellement évident que je dois me pincer pour me persuader de devoir redire de telles vérités...

Dans ce cadre, recourir aux arguments liés aux "moyens" en ce qui concerne une décision éminemment politique et humaniste (relevant des droits humains fondamentaux) telle que l'école inclusive est donc tout simplement une honte. 

Comme si pour les urgences à l’hôpital on se demandait si - à cause de l'austérité - on avait assez de sous pour accueillir les malades ayant le plus besoin de soins particuliers... Au pire, on fera attendre davantage celles et ceux qui se portent moins mal. Il devrait en être de même pour une école qui n'aurait pas, c'est vrai, déjà depuis longtemps fait le deuil de l'égalité des chances (ah ce vieux concept, ce vieil idéal républicain...qu'on a mis au coin au fond de la classe...).

Bien évidemment les classes de 25,26,27 élèves sont des absurdités, alors en effet dénonçons cela, ce manque de moyens là ! Mais pas les présences LÉGITIMES des plus faibles dans ces mêmes classes ! Sinon plus personne ne pourra considérer que vous, la SPG, êtes un syndicat de gauche. 

Mais uniquement un syndicat qui défend des conditions de travail pour faire progresser les élites de demain, qui n'ont, rassurez-vous, pas besoin de nous pour se faire une place. 

Contrairement aux élèves à besoins particuliers - certes si faciles à débouter à travers de laconiques communiqués...

29/11/2015

Société Pédagogique Genevoise : un syndicat aux manières douteuses

Nous sommes deux camarades à avoir été censuré-e-s samedi soir sur la page facebook de la SPG (Société Pédagogique Genevoise), suite à un débat qui se déroulait sur la question de l'école inclusive. Il s'agit de Priscilla Albrecht, enseignante et parent d'élève, et de moi-même, enseignant spécialisé.

Certes, dans ce fil de discussion, les avis divergeaient, mais personne n'a été injurié-e et aucun écart de comportement n'a pu être enregistré de part et d'autres. Chacun s'exprimait le plus normalement du monde, lorsque nous avons constaté que nous avions été tout simplement banni-e-s de la page facebook du syndicat, sans aucun avertissement ou explication. Impossible non seulement de continuer à échanger avec les personnes qui sont intervenues, mais qui plus est, nos messages ont été effacés - le fil de la discussion étant donc totalement tronqué. 

Plus que nos simples messages censurés, il s'agit d'un acte grave de musellement de la pensée de la part d'un syndicat qui devrait, au contraire, donner la parole à chacun-e, et surtout aux plus faibles, à savoir les élèves à besoins particuliers, qui, malgré le soutien légal qu'ils ont pu obtenir, ne bénéficient toujours pas d'une vraie prise en charge au sein de l'école ordinaire.  

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C'est pourquoi nous souhaitons dénoncer vivement ces procédures excluantes qui ont cours au sein de ce syndicat, lesquelles ne laissent rien présager de bon concernant l'inclusion des élèves à besoins particuliers dans le canton de Genève. En effet, alors qu'un syndicat tel que la SPG devrait prendre fait et cause pour ces mêmes élèves, ce dernier préfère censurer les personnes qui osent défendre une position divergente sur cette question. De même, la SPG ne fait que reproduire le discours des partis de droite sur l'argument biaisé du manque de "moyens" à disposition, alors même que ce faux argument permet de cacher les vraies questions et de justifier l'absence de réelle politique d'inclusion des élèves à besoin particulier dans le canton.

Des vraies questions, que posait avec justesse Marie-Jeanne Accietto dans sa réponse en ligne au courrier de lecteur de M. Vité, président de la SPG, dans le Courrier du 11 novembre 2014 :

« Comment un Etat de droit peut-il tolérer que des enfants soient exclus, marginalisés et victimes d’un discours aussi minimaliste que celui des moyens ?

Croyons-nous vraiment que la Suisse et en particulier Genève soit moins riche que d’autres pays qui ont mis en place une politique inclusive ? 

Ce serait amusant de le faire croire….Si nous partons du droit, de ce qui est juste, les moyens suivront et on se rendra compte, comme ailleurs c’est déjà le cas, qu’en réalité l’école inclusive a un coût bien moindre que l’école de la politique ségrégationniste pratiquée aujourd’hui !

La question n’est pas celle de l’efficacité de l’école inclusive, de sa rentabilité ou de son coût, mais bien du droit de chaque enfant à fréquenter l’école de droit commun, sans discrimination. »

Nous demandons donc aux responsables du SPG, des excuses concernant leurs graves agissements de samedi soir sur leur page facebook, et souhaitons que ce syndicat, à défaut de défendre les élèves qui depuis trop longtemps maintenant sont laissé-e-s au ban de la société, ait au moins l'obligeance de respecter à l'avenir les règles de bases du débat démocratique, en cessant d'exclure les parents d'élèves ou autres enseignant-e-s qui s'opposent à certaines de leur prises de positions publiques.

 

Signataires : Julien Cart, Priscilla Albrecht, Mireille Smulders & Angélique Jaquier.

Illustration : COPHAN, Ensemble pour l'inclusion

 

11/12/2012

La politique migratoire à l'aune de l'économie

Je ne peux que réagir vivement à la grave proposition en matière d'asile (ou plutôt, d'économie, ndlr.) visant à créer le statut d'extra-européen saisonnier, mesure qui est attribuée aux Verts dans le débat public, sans débat préalable à l'interne, par l'entremise d'un conseiller national. Cette réaction a par ailleurs déplu à ce même conseiller national si peu attaché à l'idée même de débat, lequel m'a en effet bloqué sur un réseau social. Voici donc la teneur de ma réaction censurée :

Je lis, atterré, l'article du Temps. Il y avait les saisonniers italiens, et maintenant un membre éminent de notre parti veut créer les "saisonniers extra-européens" (sic!). Retour sur un article pour le moins choquant.

Dans le titre de l'article, on apprend que "la gauche passe à l'offensive" en matière de "politique migratoire". Il faudrait plutôt lire, en matière "d'économie"... C'est en effet à cette aune-là désormais que la "gauche" (et Les Verts, engagés malgré eux sur cette voie par une personnalité) semble s'attaquer aux questions de politique migratoire.

Le postulat posé est que les emplois non-qualifiés ne sont pas désirés par les Suisses et les Européens, dès lors, pourquoi ne pas recourir à une migration saisonnière pour y palier ? On crée donc des contingents d'extra-européens (ces migrants de troisième classe), qui ne devront pas avoir plus de 30 ans (les vieux ne sont pas corvéables à merci), à qui on délivre un permis de 1 à 2 ans, non renouvelable pendant 3 ans, sans regroupement familial (pas de risque d'immigration massive, ouf!) et on retient leurs cotisations sociales jusqu'à ce qu'ils reviennent dans leurs pays, histoire d'être certains qu'ils y retournent.

Ainsi tout le monde est content, la bonne morale (les travailleurs clandestins diminueraient, comme leur exploitation dû à leur statut précaire), l'économie qui a besoin de main d’œuvre pour ses basses besognes, et la droite, qui veut le beurre (la main d’œuvre non qualifiée) et l'argent du beurre (des salaires indécents) et le sourire de crémière (une main d’œuvre non-pérenne, renouvelable et corvéable à merci, toujours jeune, pour renflouer le capital).

Oui le pragmatisme de gauche permet de rassembler large, et à l'économie de sortir toujours gagnante. La dignité humaine, quant à elle... mais qui s'en préoccupe, de la dignité ? Ce qui compte après tout, ce sont les mesures pragmatiques... et les besoins de l'économie!

Mais (mal)heureusement comme disait Max Frisch, « Ils voulaient des bras et il leur vint des êtres humains ! »

Et puis, l'idée même de "contingents" devrait nous faire bondir. Les années des initiatives Schwarzenbach (voir le document de la RTS "Les enfants du placard") ne sont plus très loin avec ce genre de proposition qui exige l'importation des jeunes femmes pour faire les domestiques sans avoir droit au regroupement familial et sans espoir d'un permis de séjour durable. Et quand on lit les critères de cette immigration choisie à la sauce UDC, cette sélections des bons migrants qui auront droit de s'installer pendant quelques mois en Suisse, cela fait tout simplement frémir pour quelque chose imaginé par un Vert (entre autres : - Avoir moins de 30 ans; ‐ Compétences et/ou disposition à faire les travaux dans les secteurs décidés en Suisse; ‐ Disponibilité financière suffisante pour payer le voyage aller‐retour et les premiers frais sur place; ‐ Une personne par famille à la fois). Source : Permis « travail‐formation » provisoire pour les migrants des pays tiers. Antonio Hodgers – Les Verts ‐ Genève)...

L'autre chose pour le moins inadmissible que l'on apprend dans cet article, c'est que ce projet indécent pour un groupe politique comme Les Verts, n'a même pas été au préalable (avant qu'il soit promu dans le domaine public) discuté au sein des Verts. Or selon moi au sein d'un parti démocratique comme le nôtre, au niveau des décisions aussi fondamentales que celles touchant au droit d'asile, rien ne devrait se faire sans une large consultation de la base. Mais là encore, ce n'est pas la première fois qu'on est confronté à de tels débordements émanent de cette personne, allant clairement contre les valeurs Vertes. Alors que le PS apparaît cohérent, proposant dans l'article des mesures reconnues et validées au sein d'une assemblée générale, les Verts apparaissent comme un parti dirigé par une personnalité qui y dicte ses idées de fond, les abordant devant les journalistes avant que le débat soit lancé à l'interne...alors même qu'on lit que cela fait plusieurs mois que cette personnalité s'affaire sur la question!

Cet article, par le fond et par la forme, engage les Verts sur une position à des années lumières de pouvoir être la leur, alors même que ceux-ci n'ont rien décidé sur la question. Il faut donc dénoncer ces pratiques, il en va de la simple crédibilité de notre parti !

12:12 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | | |

19/09/2012

STOP à l'islamophobie galopante

Dans le contexte mondial que nous connaissons (voir les tensions actuelles entre pays arabes et les Etats-Unis suite au film anti-islam), de plus en plus méprisant vis-à-vis de l'Islam et des musulmans, il est de l'ordre de la sagesse de questionner la pertinence des nouvelles provocations bêtes et gratuites qui se multiplient sous nos lattitudes. On apprécie donc à cet égard l'attitude prévenante du premier ministre français Jean-Marc Ayrault qui, après la publication de nouvelles caricatures offensantes pour le Prophète Mohamed par Charlie Hebdo, a dit désappprouver "tout excès" et a tenu a rappelé que la liberté d'expression "s'exerce dans le cadre de la loi et sous le contrôle des tribunaux, dès lors qu'ils sont saisis", ajoutant que "le principe de laïcité est, avec les valeurs de tolérance et de respect des convictions religieuses, au coeur de notre pacte républicain".

Malheureusement l'islamophobie de nos sociétés n'est plus seulement rampante, elle devient galopante et se revendique comme politiquement correcte.

Après avoir subi l'ignoble "hommage à Charlie Hebdo" de Me Bonnant il y a une année dans le Matin Dimanche (voir ici), plus récemment, il y quelques heures pour
être précis, nous avons droit au statut facebook d'Ivan Fryvan-frésard.jpgésard (voir photo à gauche), animateur, producteur, journaliste, artiste suisse, qui dit à ses 5'374 amis que s' "il y a des personnes de confession musulmane pratiquant l'islam, je vous demanderai, malheureusement de vous retirer de cette page. Je ne souhaite ni faire ni recevoir aucun commentaire sur ce choix." ! Et l'auteur de ce statut insultant d'expliquer sa peur de l'Islam dans le 20 minutes, allant jusqu'à demander à ce que Toto Morand retire le faux minaret sur le toit d’une bâtisse à Bussigny-près-Lausanne... Le résultat du vote anti-minaret et la politique de haine orchestrée par l'UDC et ses acolytes porte ses fruits.

Ceci est tout simplement honteux pour un personnage public de son acabit. Espérons que le nombre d'ami-e-s facebook de ce Monsieur va baisser drastiquement et que tous les gens ouverts aux cultures et aux religions diverses décideront de boycotter toute publication et toute personne tenant publiquement des propos aussi haineux et discriminatoires !

Soyons clairs : il y en a marre des défenseurs de la "libre expression" lorsque celle-ci rime plutôt avec libre provocation, libre appel à la haine, au rejet et à la stigmatisation. STOP Islamophobie, Racisme, Néo-colonialisme, Réagissons !

 

16:22 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : islamophobie, charlie hebdo, caricatures, islam, racisme |  Facebook | | | |

09/10/2011

Nous n'avons qu'une seule Terre, et qu'un seul vote !

Depuis maintenant sept mois, les Jeunes Vert-e-s Genève, environ une dizaine de jeunes membres motivé-e-s, se sont mis ensemble avec l'objectif de mener une campagne en vue des élections fédérale du 23 octobre 2011. Est-ce qu'on mesure quelles implications cela demande, de mener une campagne politique ? Le mesurions-nous en avril dernier lorsque nous commencions à nous réunir pour plancher sur le sujet ? Certainement pour certain-e-s (quatre) d'entre nous qui avions déjà été candidat-e-s lors de la campagne municipale de mars dernier. Mais la différence avec cette campagne, c'est qu'elle allait être avant tout de notre cru. C'était en effet à nous d'y apporter notre patte, d'y mettre nos idées, bref, de l'habiter de A à Z et de lui donner vie. L'occasion rêvée donc de pouvoir exprimer nos idées, nos convictions, nos questionnements, et de pouvoir les défendre ensuite, dans l'espace public, en essayant de donner corps à ces idées à travers des supports de communication différents de ce qu'on rencontre d'habitude, capables d'interpeller les jeunes générations.

Cette démarche auAffiches_RVB_A4_WEB_Page_4.jpgssi haletante qu'harassante touche quasiment à son terme, et c'est avec soulagement que nous arriverons au 23 octobre avec l'impression d'avoir beaucoup donné. Et beaucoup appris.

D'abord il a fallu réfléchir sur un programme, lequel se voulait pluri-thématique, puisqu'il finira par proposer des pistes aussi bien en matière de logement, d'agriculture, de mobilité, d'énergie, d'égalité entre les sexes, et autres.

Se mettre d'accord entre nous ne fut pas évident, cela a demandé des compromis des un-e-s et des autres, des moments de frictions et de longs débats sur le fond des sujets. Cette une force de pouvoir bénéficier en fin de compte de ce processus, car nous avons dû nous approprier totalement ce programme pour pouvoir nous y retrouver toutes et tous et le défendre ensuite dans l'espace public.

Ce que nous voulons apporter comme nouveauté à Berne, c'est la question des limites de notre planète. Nous voulons ébranler les esprits qui se reposent encore sur l'idée que la croissance est la panacée pour nous sortir des crises que nous connaissons. Nous voulons donc retrouver les fondements de Affiches_RVB_A4_WEB_Page_2.jpgl'écologie politique, qui avait vu dans la critique du productivisme et donc de nos modèles de développement (surconsommation, transports énergivores, agriculture intensive, filiè­res industrielles et militaires nocives et inutiles) une remise en question du modèle capitaliste basé sur l'idée même de croissance et de profit. Ce que nous critiquons, c'est aussi bien le mirage d'une techno-science censée apporter des so­lutions aux préoccupations écologiques (voitures électriques, décontamination, organismes géné­tiquement modifiés, biogaz et éthanol, et plus récemment des projets démagogues et néo-coloniaux tels que Desertec) que les outils du système qui nous maintiennent prisonniers de cette croissance (obsolescence programmée des objets, publicité, crédits à la consommation, greenwashing, ...). Ces processus nous rendent dépendant-e-s des grosses firmes et créent en nous de faux besoins.

Aujourd'hui pourtant, comme le souligne Hervé Kempf, «l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une aug­mentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être.» En ef­fet, la croissance érigée en dogme provoque l'épui­sement des ressources naturelles de la planète, la dégradation de la biosphère et les inégalités entre ceux qui profitent de la croissance et ceux qu'elle sacrifie, sans compter l'uniformisation culturelle qui en résulte.

Les Jeunes Vert-e-s Genève appellent donc, à travers des mesures concrètes et réalistes, la société suisse à remettre en question le système que nous connaissons et à respecter les limites de la biosphère. Cela nécessite un changement autant des mentalités que des comportements. Le travail prend une place immense dans nos sociétés, car il est à la fois le moteur de la croissance et le moyen principal de socialisation. Nous voulons démonétariser la société, et donc réduire le temps de travail de manière drastique, afin que les citoyennes et citoyens aient plus de temps à disposition pour lire, réfléchir, se met­tre au jardinage, aux techniques artisanales ou de réparation, au travail bénévole et coopératif, bref, pour travailler moins et vivre mieux !

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Ce changement de paradigme que nous désirons, ne va pas sans réduire la surconsommation et les besoins en énergie ni sans s'attaquer à la croissance des inégalités. Comme le dit bien Hervé Kempf, c'est avant tout « les riches qui détruisent la planète ». Nous proposons donc d'instaurer un revenu minimum et un revenu maximum, de promouvoir un revenu de base suffisant (allocation universelle). Nous proposons aussi un modèle déjà réfléchi en Angletterre et en France, les quotas d'énergie, qui sont une allocation équitable de quantité de ressources (notamment énergétiques) par habitant-e-s, échangeables dans les limites d'objectifs nationaux de réduction de consommation. Nous nous engageons aussi pour une sortie du nucléaire crédible et réaliste, basée sur la remise en question de nos modes de vie afin de réduire les besoins en consommation d'énergie. Nous sommes favorables à des solutions transitoires (centrales à gaz) sans compromettre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (réduction en Suisse, sans possibilité de compensation à l'étranger).

Enfin, il est indispensable de relocaliser notre économie en réduisant la distance des emplois et des loisirs, en supprimant les avantages fiscaux accordés aux entreprises multinationales ou grandes entreprises suisses pour les réaffecter aux entreprises respectant les critères de l'économie sociale et solidaire, et enfin, en régulant les importations selon des critères écologiques et sociaux.

Vous le savez, nous n'avons qu'une seule Terre. N'oubliez pas non plus : nous n'avons qu'un seul vote. Découvrez nos 7 candidat-e-s !

… pour « rendre d’autres modes de vie possibles » et pour rendre le sourire aux Jeunes Vert-e-s, en contrecarrant le réchauffement climatique...  Votez la liste numéro 5, Les Jeunes Vert-e-s Révolutionn'AIR !

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01:52 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections, fédérales, écologie, verts |  Facebook | | | |

05/09/2011

Droits politiques des étranger-ères : après la pluie, le beau temps !

Ce 4 septembre 2011 restera comme un dimanche pluvieux dans tous les sens du terme pour les étrangères et étrangers vaudois-e-s. L'initiative «Vivre et voter ici» qui prévoyait d’accorder les droits politiques (vote et éligibilité) cantonaux aux étranger-ères établi-e-s depuis 10 ans en Suisse et depuis trois ans dans le canton, a été refusée par 69% des votant-e-s. Alors que depuis 2003 les étranger-ères votent et sont élu-e-s au niveau communal, l'étape suivante logique était l'acquisition des droits politiques complets au niveau communal et cantonal.

Le résultat disproportionné est à l'image des moyens déséquilibrés qui ont caractérisé la campagne. Bien qu'un large front se soit erigé afin de soutenir l'intiative, allant de la société civile en passant par des personnalités engagées, et bien que le PDC ait permis de forger une majorité virtuelle au niveau des partis politiques, les forces étaient largement inégales. A ce propos il est nécessaire de souligner le pas fait par l'assemblée générale du PDC vaudois, qui a osé soutenir une initiative qui avait peu de chance d'aboutir, préférant le risque politique consistant à défendre des valeurs fondamentales, plutôt que de céder au calcul électoral, élections fédérales approchant.

Nous le disions, cette campagne était désquilibrée. D'abord, au niveau du financement. Pour s'en donner une simple idée, considérons le simple coût du tout-ménage dans tout le canton (

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environ 50'000 CHF) du PLR, soit deux fois et demi le budget total de campagne des initiant-e-s... Et l'UDC dans tout ça ? Trop omnibulée par ses affiches au niveau suisse pour stopper l'immigration, elle s'est malgré tout signalée en proposant une affiche aussi pitoyable qu'indécente (voir affiche ci-joint, Illustration : Le Courrier, mardi 28 juin 2011).

Outre ce déséquilibre financier, qui est récurrent malheureusement en politique et fausse le débat démocratique, les arguments mis en avant pour que la population rejette massivement cette initiative étaient pour le moins falacieux. Le principal de ces "arguments" a été de mettre en avant la confusion qu'impliquerait la reconnaissance de la citoyenneté locale avec le processus d'acquisition de la nationalité.

Pour le PLR, et son Conseiller d'Etat Philippe Leuba, "un lien étroit doit exister pour l’étranger entre la naturalisation et la jouissance des droits politiques. La naturalisation, c’est l’expression qu’on fait partie désormais d’une communauté", lequel conclut que "cette initiative vide de sa substance la nationalité". Dit de manière plus populiste et extrémiste, cela donne : "Un «oui» serait «un premier pas vers la destruction des valeurs de la Suisse", Fabrice Moscheni, président de la section vaudoise de l'UDC.

Les forces de droite oublient que depuis les fondements de nos états de droits, la citoyenneté précède la nationalité. Mais comme l'explique bien Minh-Son Nguyen (voir "Panorama des droits politiques des étrangères et des étrangers en Suisse"), avocat et professeur de droit aux Universités de Lausanne et Neuchâtel, aujourd'hui la tendance veut que la nationalité soit la condition de la citoyenneté car la nationalité est devenue un privilège octroyé par les autorités. Or l’approbation des lois doit être l'apanage de celles et ceux à qui elles s'appliquent, sans distinction de l'origine (donc de la nationalité) ni d'autres critères subjectifs et discriminatoires. Le principe démocratique implique certes l'existence d'un lien spécifique censé faire le trait d'union entre la personne et l'Etat : mais en quoi ce lien serait-il nécessairement la nationalité ? Les nationaux appartiennent au corps électoral, bien évidemment, mais celles et ceux qui ne le sont pas, juridiquement, rien ne dit qu'ils ne peuvent pas y avoir accès.

La question qui est posée, est de définir quel est le critère objectif et pertinent qui doit décider de la capacité de voter et d'être élu-e. Au cours de l'Histoire, plusieurs critères ont été avancés comme la capacité de discernement politique (et on a donc exclu les enfants, personnes handicapées, etc.), ou le critère de la proximité, pour éviter le tourisme électoral. Ce critère prime d'ailleurs dans notre système sur celui de la nationalité : en effet, les Suisses exilés à l’étranger n’ont pas la possibilité de se prononcer sur les sujets cantonaux.

D'autres critères bien plus pernicieux ont été retenus, puisqu'on a eu recours aux critères du sexe, de la religion, de l’état civil, de la fortune, pour exclure les gens des droits politiques. La question à se poser est donc la suivante : la nationalité est-elle un critère différent de ces derniers, moins stigmatisant, moins ségrégatif ? Il n'est jamais trop tard, pour la population vaudoise, d'en douter.

Autre argument souvent mis en avant : « Ils n’ont qu’à se naturaliser » : on connaît pourtant la difficulté pour acquérir la nationalité en Suisse, on sait même que les démarches sont longues, chères, et parfois humiliantes, que les conditions sont plus rudes qu’ailleurs. On sait aussi que, dans les révisions qui s'annoncent, l’accès à la nationalité sera conditionné à la titularité d’une autorisation de séjour. Sans compter que certains pays ne reconnaissent pas la double nationalité...

Dès lors il apparaît évident que, si l'ont refuse les "arguments" populistes, la nationalité ne peut être confondue avec l’engagement civique sur le lieu de résidence. La nationalité est bien plutôt le résultat d'un choix, lequel pousse à accomplir notamment le service militaire, permet de se voir protéger hors du territoire, et rattache à une identité culturelle, qui souvent se fait au détriment d'une précédente attache nationale. La citoyenneté nationale s'exerce donc à l'échelon fédéral et conclut un processus individuel et volontaire de naturalisation, lequel ouvre, indépendamment de toute résidence, un droit de codécision, au-delà de la souveraineté cantonale, aux affaires publiques de l’ensemble du pays.

Malgré le résultat pluvieux de ce dimanche, le combat pour les droits politiques des personnes d'origine étrangère doit continuer. Le combat pour le droit de vote des femmes ne s'est pas fait en un jour, il a même dû affronter des défaites encore plus graves que celle-ci. Et pourtant aujourd'hui plus personne (encore que, certains masculinistes en sont largement capables) n'ose ouvertement le remettre en question. Il en sera de même pour les droits politiques des personnes d'origine étrangère. Après la pluie, vient le beau temps !

A Genève, la question des droits politiques des étranger-ères est prise en otage par une Constituante qui ne s'est pour l'heure que très peu avancée sur ces questions. Pire, alors qu'elle avait accepté d'inscrire au niveau communal, grâce notamment aux pressions exercées par la pétition déposée par ViVRe (Vivre Voter Représenter) le droit d'éligibilité des personnes étrangères en sus de l'actuel droit de vote, la majorité de droite de cette Assemblée voudrait aujourd'hui sortir le droit d'éligibilité communale du projet de constitution et en faire une votation séparée ! Gageons que les désolants résultats vaudois ne feront qu'amplifier le peu d'esprit novateur qui caractérise les rédacteurs de cette Constituante, qui vont accoucher pour Genève d'une Constitution indigne d'un canton aux origines essentiellement multiculturelles. Le peuple genevois ne s'y trompera pas au moment de se rendre aux urnes. Il s'agira alors de s'engager dans un nouveau combat pour qu'enfin un dimanche électoral ensoleillé puisse consacrer un droit fondamental qui ne serait que justice, à une commaunauté étrangère qui n'a cessé, au long de l'Histoire, d'apporter à Genvève sa richesse culturelle, sociale et économique.

00:16 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : votation, vaud, étrangers, droits, politique |  Facebook | | | |

21/03/2011

Les libéraux, ces bons moutons bruns

On le sait désormais, la candidate libérale Florence Kraft-Babel figurera sur les affiches de l'UDC, aux côtés d'Eric Bertinat, le grand ami de Jean-Marie Le Pen, des homophobes (il a déclaré sur la télévision locale genevoise Léman Bleu que « les homosexuels n'apportent rien à la société car ils sont incapables de se reproduire »), islamophobes et autres misogynes de la pire espèce, cela dans la perspective d'une toujours plus grande ouverture de l'Entente sur l'UDC, comme l'explique le président du Parti libéral : «Nous souhaitons toujours une ouverture de l'Entente sur l'UDC. Le Parti libéral-radical devrait entamer des discussions ».

Les libéraux semblent toucher le fond, réduits qu'ils sont à jouer avec l'UDC pour savoir qui est le mouton le plus brun. Il faudra s'en souvenir et les électrices et électeurs préféreront sans doute l'originale UDC à la pâle copie sans âme rendue dimanche par les libéraux en ville de Genève, qui ont voté comme un seul homme (...) pour que Florence Kraft-Babel figure sur les affiches de l’UDC, tout en restant sur la liste de l’Entente, qui n’intégrera pas l’UDC. Si les radicaux et les démocrates-chrétiens n'avaient pas refusé de se rapprocher de l'UDC, le PLR serait aujourd'hui allié à l'UDC. Et cela n'aurait pas été une faute de goût, mais bien plutôt une suite logique : en effet, le PLR n'en est pas à sa première compromission avec les idées xénophobes de l'extrême droite. C'est meme devenu leur sport favori au niveau national. Souvenons-nous en effet des votations en mars sur les armes et en septembre sur le chômage où le PLR a ouvert ses portes à des comités unitaires avec l'UDC, qui ne s'est pas gênée d'afficher ouvertement son racisme, sans que l'on ne s'offusque pour autant dans les rangs de droite. Quant au nouveau positionnement à l'extrême droite du PLR suisse sur le durcissement de la politique d’immigration, il ne fait que confirmer la tendance générale de ce parti. Malgré la "fronde romande humaniste" c'est bel et bien la ligne dure calquée sur le modèle udc qui a finalement imposé ses vues. C'est désormais limpide, le parti libéral confond compromis avec compromissions.

Le plus désolant, c'est que cette décision provoquera le spectacle pathétique, sur tous les trams et murs de la ville, d'une candidate souriante d'une droite qui se veut humaniste et progressiste, à côté d'un personnage à la misogyne inénarrable et au conservatisme affligeant : "La femme au foyer, c'est l'application parfaite du développement familiale durable ! C'est une véritable bénédiction" écrivait-il sur son blog lors de la Journée mondiale des femmes le 8 mars dernier. Peut-être l'affiche de l'alliance Libéraux-UDC mettra-t-elle en avant l'homme, Eric Bertinat, s'occupant, conformément à son rôle, de choses publiques, et plus en retrait, la femme, Madame Kraft-Babel, avec ses bébés, s'affairant à la maison comme l'exige son nouveau partenaire ?

Ce serait somme toute une belle image symptomatique de la crise existentielle du PLR qui, en plus de n'être absolument pas libéral (comme l'a bien montré Antonio Hodgers dans son billet d'opinion au Temps), se couche sur les positions d'extrême droite, finissant ainsi de perdre le peu de crédibilité qu'il lui restait auprès de la population.

14:38 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : libéraux, udc, moutons, homophobie, islamophobie |  Facebook | | | |

28/01/2011

La mobilité douce contre le tout bagnole

 

Hier après-midi de nombreuses militantes et militants, notamment des Jeunes Vert-e-s Genève, se sont pressé-e-s devant l'entrée du Grand Conseil pour soutenir l'initiative populaire de l'association Actif-trafiC pour la mobilité douce à Genève (pistes cyclables sécurisées et continues sur les routes principales, traversées piétonnes attractives) déposée en juillet 2009, et qui a été traitée hier soir par les député-e-s genevois-e-s. 167113_178272495544030_151183321586281_343235_4248151_n.jpgCe texte qui demande plus de sécurité pour les cyclistes et les piétons, est soutenu par les partis de gauche, les associations de défense de l'environnement et même par le PDC. Il ne s'agit donc pas d'une initiative extrémiste qui demanderait le ciel. Les initiant-e-s demandent la mise en place, dans un délai de huit ans, d'un plan directeur qui permettrait de relier les différents tronçons de pistes cyclables en leur donnant davantage de continuité.

 

L'initiative pose la question du libre choix du mode de transport : en effet à Genève il y a beaucoup d'endroits où les deux roues sont en danger, par manque de sécurité, ce qui enjoint les cyclistes potentiels à renoncer à utiliser ce mode de transport.  L'initiative est contestée par le lobby patronal de la voiture, le Groupement transports et économie (GTE). La loi sur la circulation routière met la voiture (sur le réseau primaire) en priorité sur les autres modes de transport.

 

Cette initiative ose donc poser une question essentielle en matière de mobilité : quelles sont les priorités de Genève en matière de transport ? 166605_178272225544057_151183321586281_343224_67965_n.jpgEst-ce que nos routes, primaires ou non, sont d'abord faites pour favoriser la sacro-sainte circulation automobile, ou devons-nous permettre à chaque mode de transport d'obtenir une circulation sécurisée ?

 

Le vote d'hier soir a vu par 46 non contre 43 oui et 2 abstentions, l'initiative être refusée par le Parlement, sans grande surprise vu la majorité de droite de ce dernier. Ce n'est donc pas aujourd'hui que Genève donnera une réponse allant dans le sens d'une volonté forte du canton de s'engager pour la mobilité douce.

 

Un contre-projet ne sera pas opposé à cette initiative. C'est donc le peuple genevois qui aura le dernier mot, et ce dès cette année. 179049_178272792210667_151183321586281_343245_793795_n.jpgEst-ce que longtemps encore les accidents de la route à Genève concerneront en large partie les cyclistes ou piétons laissés pour compte, au nom du Dieu Voiture et de ses lobbys tout-puissants ? Et est-ce que pendant ce temps, Maudet et autres Rochat s'en prendront encore impunément aux « cycloterroristes », ainsi qu'aux cyclistes de la Critical Mass, proies si faciles ? Ces derniers n'ont que peu de poids, et ne disposent pas d'appui identiques à ceux des lobbys de la voiture, mais ils ont pour eux leur tripes et seront dans la rue, dès ce soir vendredi 28 janvier 18:30, Pont des Bergues : rendez-vous à toutes les personnes qui veulent une meilleure qualité de vie et une vraie politique en faveur de la mobilité douce ! Et rendez-vous dans l'urne tout prochainement pour une belle victoire démocratique !

 

12:30 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags : vélo, cycloterroristes, mobilité, écologie |  Facebook | | | |

25/01/2011

Changer de vi(ll)e !

Fourmillements incessants, vacarme ininterrompu, précipitation aveugle : bienvenue en ville. L'agglutinement absurde de centaines de milliers de personnes au sein de métropoles grandissantes résume à lui seul la perte de sens dont sont victimes nos sociétés occidentales basées sur la croissance et l'hyperproduction. Nos vies se résument bien souvent à la fréquentation aliénante de ces métropoles. C'est dans ces vastes étendues bétonnées que nous nous entassons avec, parfois, le secret espoir de pouvoir quitter cette atmosphère harassante. Comme la ville et ses multiples carrefours, notre vie est faite d'innombrables instants où nous pouvons choisir d'autres modèles que ceux qui nous sont majoritairement imposés par les structures, notamment celles qui conditionnent notre vie dans la cité. Pourtant, la plupart du temps, nous nous contentons d'en épouser docilement les formes.

 

Mais qu'est-ce donc que la ville si ce n'est la concentration dans un endroit restreint d'une multitude de constructions censées permettre aux un-e-s et aux autres de vivre au mieux, avec toutes les facilités que cela comporte ? Ces dernières permettent, il est vrai, à tout un chacun d'avoir un certain confort. Mais il apparaît clairement que l'effervescence de nos cités, les rapprochements qu'elles suscitent, n'empêchent pas, bien au contraire, la crise du lien social de gagner du terrain.

 

A croire que l'éparpillement d'hier forçait les un-e-s et les autres à se rapprocher, à s'entraider et à coopérer. Cette communauté de destins, rendue nécessaire par des structures moins homogènes et une technique moins omniprésente, s'inventait de manière spontanée. Quels changements avec ce que nous connaissons actuellement dans nos grandes villes ! Toutes les 'avancées' techniques, pensées initialement pour gagner en qualité de vie, permettent avant tout aux firmes de prendre le contrôle des vies de milliers de personnes. Ce 'progrès' est souvent, à y regarder de plus près, la raison même des maux qui nous accablent.

 

La voiture, par exemple, devait nous permettre de gagner en mobilité et d'aller plus facilement à la rencontre de nos semblables. Présenté comme gage de liberté, ce 'progrès' technique est devenu l'effigie de l'individualisme contemporain, apportant plus de contraintes que d'autonomie. Censée réduire les distances, la voiture sépare les humains qui s'agglutinent seuls dans des véhicules vides, devient un danger oppressant pour les enfants qui jouent dans la rue et induit un comportement sédentaire. De plus, que penser de la pollution et du bruit qu'elle engendre, ne donnant qu'une seule envie à celles et ceux qui habitent la ville : fuir et s'en aller au loin respirer le grand air ?

 

La destruction des espaces de rencontre

 

En plus de tous ces défauts, la voiture participe à la dynamique de séparation et d'isolement des habitant-e-s. La domination des lieux publics par les voitures est faramineuse, avec, à Genève, 370'000 véhicules recensés, immobilisés 98% du temps. Or, chaque voiture occupe 10 m2 d'espace public. Une superficie qui, du même coup, n'est pas dévolue, par exemple, aux logements ou aux parcs, qui eux permettraient aux gens de créer du lien social. Bref, la voiture participe en fin de compte, et comme tant d'autres 'avancées' techniques ayant comme objet la communication (avions, téléphones portables, ordinateurs,...), à l'étouffement et à l'atomisation des citadin-e-s.

 

La rupture de liens dont sont victimes les citadin-e-s des grandes villes semble en effet consubstantielle à l'avènement du progrès technique et de la société de consommation. Le paradoxe de la ville où tout bouillonne et où l'on se retrouve totalement livré à soi-même est décelable dans bien des domaines de la vie courante.

 

L'espace de rencontres, rappelons-nous à cet égard la convivialité des places du village, rassemblant de manière rituelle toute une frange de la population locale, rétrécit au fur et à mesure que naissent de nouvelles voies de « communication » (autoroutes, TGV, etc.). Pour se socialiser, il faut désormais payer et consommer, comme le symbolisent bien les supermarchés de célibataires qui foisonnent ici et là (New-York, Chine...). L'espace public est privé, il faut payer pour espérer créer des liens et correspondre à la norme, en fréquentant les magasins de vêtements, cafés, restaurants, et autres discothèques. Demeurent alors les parcs, les parkings et les trottoirs, la nuit, en hiver, où jeunes et autres infortunés se retrouvent. Les « botellones », à cet égard, témoignent à leur façon d'une résistance face à la marchandisation des rapports sociaux, même si l'achat d'alcool atténue leur force de revendication.

Ainsi, cette marchandisation de l'espace nous contraint à vendre notre force de travail afin de gagner la possibilité de créer des liens.

 

Produire plus pour vivre moins

 

Pour autant, les injonctions morales à consommer, par exemple à passer son permis de conduire et à posséder un véhicule, continuent à nous être assénées sans relâche et sans nuance - de façon informelle, ce qui est d'autant plus pernicieux. Résister, aujourd'hui, à cette pression sociale fait de nous des rebelles, contraints à continuellement défendre que d'autres perspectives sont possibles pour la ville, où tout ne tourne plus autour de la consommation, des engins à moteur ou des connexions informatiques, mais selon des paramètres plus épanouissants - réappropriation des espaces dévolus aux citadin-e-s, respect des distances et de la nature, développement du vivre-ensemble. Cependant, le moule est difficile à déconstruire, tant la structure est conçue pour que nous nous y complaisions. Regardez le politique, qui, dans tous les pays, crée des nouveaux besoins, pour relancer l'industrie automobile en promouvant des mesures telles que la prime à la casse.

 

 

Ainsi, l'ébullition de villes aux abords séduisants, devient finalement toujours plus oppressante. Elle semble s'être installée de pair avec le productivisme et son besoin sans cesse plus grand en main-d'œuvre appelée à travailler plus pour gagner plus. Nos sociétés, basées sur le dogme de la croissance illimitée, ont favorisé l'altération des liens sociaux. Les valeurs prônées par un tel modèle de société, à savoir la culture du résultat, du profit et de la compétition, ont apporté un désert intérieur en plein cœur des fourmilières géantes que sont les villes. Lorsque nous rentrons chez nous, que nous reste-t-il de ce foisonnement d'échanges accumulés au long de la journée ? Après le travail, y a-t-il seulement une vie ? Les personnes âgées toujours plus rongées par la solitude, les maladies mentales, aussi, qui gagnent toujours plus de gens, les numéros d'urgence, enfin, composés massivement afin de recevoir un peu d'écoute dans un monde trop pressé. Derrière ces réalités, un seul cri, voilé, résonne imperceptiblement dans les rues noires des cités, comme celui de ces enfants délaissés par leurs parents au profit d'une carrière, d'une gloire éphémère : au secours !

 

Pour ne pas paraître sourds à ces appels à l'aide, nous inventons des solutions palliatives. Les centres accueillant les personnes en grandes difficultés s'accumulent, la création de places de crèche s'intensifie, les EMS foisonnent. L'aide aux personnes est le métier de l'avenir, nous dit-on. Enième paradoxe d'une vie citadine nous permettant de gagner du temps partout, tout en en manquant cruellement pour celles et ceux qui en ont réellement besoin, pour nos proches. Et cette question qui fait frémir : serons-nous bientôt payés pour s'occuper de nos propres enfants ? N'est-ce pas, en effet, une perte de temps, un manque cruel à gagner pour la société de la croissance, que de devoir partager la vie d'un enfant ?

 

Réapprendre à être disponible

 

Ainsi, ce qui nous éloigne des rencontres fécondes avec nos semblables, nous assèche et nous désolidarise, est avant tout notre manque de disponibilité. Ravagés par les soucis et responsabilités du quotidien, nous manquons de présence aux autres. Nous perdons le réflexe même de demander un peu d'attention, d'écoute, à notre prochain, tant nous sommes certains qu'« il n'aura pas le temps ». En effet, comment lutter contre un agenda rempli à raz-bord, contre les besoins prioritaires d'un employeur, contre une vie totalement réglée d'avance ? Les inventions technologiques comme les agendas surchargés, la marchandisation du monde ou encore les structures des villes, poussent les individus atomisés à se délaisser les un-e-s des autres, au profit des intérêts des firmes, afin de satisfaire les rêves de « réussite » ou de gloire qu'on leur vend.

 

Heureusement demeure cet enfant au bord de la route, ne possédant en tout et pour tout qu'une poupée de chiffon, qu'un frêle sourire, qu'une fleur récoltée sur le chemin de l'école. Cet enfant si fragile face à ce qui l'entoure ne demande qu'un peu de présence et de disponibilité. Il nous oblige à dépoussiérer nos consciences, à refuser, à lutter, à nous lever, et à changer de vi(ll)e !

 

A des villes qui bouillonnent, qui oppressent et créent de l'isolement, nous devons opposer des espaces de vie décentralisés, gratuits, cartoucheVERTS2.jpgà plus petite échelle, où l'on réapprendra à se rencontrer, sans autre raison que de partager du temps en commun. C'est ce que proposent les Verts en ville de Genève, et notamment leur projet de 200 rues piétonnes. L'utopie en action, voilà ce qui doit guider nos combats politiques !

 

Concluons avec cette phrase du Petit Prince de Saint-Exupéry qui répond magistralement au marchand de pilules censées lui faire gagner du temps : « Moi, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine ».

 

11:08 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ville, voiture, consommation, croissance |  Facebook | | | |