20/04/2010

Décroissance ou développement durable ?

Le Réseau Objection de Croissance-Genève (ROC-GE), l'Association des Etudiant-e-s en Science Politique et Relations Internationales (AESPRI) et EcoAttitude ont le plaisir de vous convier à une Conférence-débat jeudi 29 avril à 20h à Genève (Uni-Mail).

Elle est intitulée Décroissance ou développement durable ? et revêt un caractère à la fois inédit et fort en contrastes. En effet, MM. les professeurs Serge Latouche, Professeur émérite à la faculté de droit, économie et gestion à l'Université Paris-Sud, rencontrera un contradicteur de poid en la personne de Hans Björn Püttgen, Professeur ordinaire à l'EPFL, chaire de gestion des systèmeFlyer Latouche Puttgen.pdf.jpgs énergétiques. Le débat sera modéré par Lucile Solari, journaliste à la Radio romande, productrice de l'émission Prise de Terre.

Deux éminences vont nous offrir une opposition de style que l'on attend avec grande impatience. Le premier, Serge Latouche, est économiste et philosophe, spécialiste des rapports économiques Nord-Sud, et un des initiateurs du mouvement de la décroissance. Il n'est pas inutile de rappeler, à ce propos, que le mot « décroissance » a été employé la première fois par l'universitaire installé à Genève Jacques Grinevald, traducteur, disciple et ami du père de la bioéconomie, Nicholas Georgescu-Roegen. Il rencontra ce dernier en 1974 et fit paraître en français le travail du mathématicien américano-roumain dans un petit livre de 1979 intitulé « Demain la décroissance : entropie-écologie-économie », traduit et préfacé par Ivo Rens et Jacques Grinevald (Lausanne, éd. Pierre-Marcel Favre).

Pour en revenir à Serge Latouche, il est l'auteur de livres tels que "Survivre au développement : Le pari de la décroissance", "De la décolonisation de l'imaginaire économique à la construction d'une société alternative", et du "Petit Traité de la décroissance sereine…". De même, il a contribué à amener dans le débat public les thèses de la décron115511701797253_1534.jpgissance, notamment par ses nombreux articles parus dans des revues telles que le Monde Diplomatique. Enfin, Latouche intervient à plusieurs reprises dans le superbe film de Jean-Paul Jaud Nos enfants nous accuseront ainsi que dans le dernier film de Coline Serreau Solutions locales pour un désordre global.

Son contradicteur d'un soir, le professeur Hans-Björn Püttgen est à la tête du Centre de l'énergie interdisciplinaire, créé par la direction de l'EPFL. Farouche défenseur du progrès et de la Science à qui il s'en remet totalement pour nous sortir des crises multiples auxquelles nous sommes confrontés, il est l'auteur de "La Suisse pourrait devenir un modèle énergétique en Europe". Son approche du développement durable contrastera sans nul doute avec l'approche critique de la décroissance de Serge Latouche, pour qui le développement qu'il soit « durable » ou « soutenable » est loin d'être la solution, puisqu'il est destructeur de la nature et générateur d’inégalités sociales.

Ce débat a lieu avec le soutien du Courrier, d'APRES - Chambre de l'économie sociale et solidaire, et de la Coordination Climat et Justice Sociale. Venez donc nombreuses et nombreux débattre avec nos invités sur ces deux voies qui s'offrent à nous en ce début de 21ème siècle.

 

 

20:01 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : décroissance, productivisme, sciences, progrès, capitalisme |  Facebook | | | |

09/04/2010

Un service civique pour toutes et tous ?

Les jeunes gens d'aujourd'hui ont de la chance, rien de plus simple que de demander le service civil puisqu'il suffit désormais de remplir un document. Or, il n'en a pas toujours été ainsi...

En effet, jusqu'en 1996, le service militaire était obligatoire en Suisse pour tous les citoyens de sexe masculin. Ceux qui ne voulaient pas faire d'armée pour des raisons de conscience étaient condamnés à des peines de prison.

Le service civil pour tous, acquis suite à de longues luttes par les objecteurs de conscience, répond à de réels besoins (travail dans les EMS, auprès des paysans ou dans le monde associatif). Pourquoi les femmes ou les personnes non astreintes au service militaire n'y auraient-elles/ils pas droit ?

Vu la simplicité de la démarche, du peu d'intérêt que représente à leurs yeux l'armée, et de l'augmentation des chances de décrocher un stage, voire un premier emploi, les jeunes suisses sont de plus en plus nombreux (près de 4x fois plus !) à choisir la voie du service civil. La droite voit d'un mauvais oeil la forte recrudescence de civilistes, proposant par exemple d'interdire le dépôt d'une requête pour le service civil pendant l'école de recrues et les cours de répétition.

Les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s veulent donc ouvrir le débat, en posant la question du droit à un service civil pour toutes et tous, supprimant de fait l'obligation de servir, et balayant du coup la discrimination liée au sexe, puisque le service civil pourrait (voire devrait ?) être effectué par les femmes comme par les hommes.

Tu te sens con
n7033580676_9239.jpgcerné-e par ce débat ? Tu souhaites en savoir plus sur une éventuelle initiative fédérale en ce sens ?

Alors viens en discuter avec nous vendredi 16 avril 2010 à l'Éclipse Bar, face au parc des Cropettes, dans le quartier des Grottes à Genève, dans le cadre des débats/speaker's corner organisés par les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s.

Le thème brûlant d'actualité de cette soirée ?

"Le service civique pour toutes et tous : mettons-nous au service des autres !"

Clique ici pour t'inscrire sur l'événement facebook !

01:25 Écrit par Julien Cart dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : armée, service civil, discrimination |  Facebook | | | |

26/03/2010

L'individu méritocratique

L’individu méritocratique n'est autre que le capitaliste type qui se complaît dans un système où le mérite détermine la hiérarchie. En bon libéral, il juge naturel que celui qui a fait un effort en tire un avantage, soit récompensé, en domine d'autres, moins méritants. Les dommages collatéraux, qui ne manqueront pas d'accompagner cette idéologie, ne l'empêcheront pas de dormir. Normal, c'est mérité !

Cet individu atomisé et auto-suffisant développe une idéologie amenant à tout régir par le capitalisme et à propulser l'ultra-libéralisme. Il s'est trouvé un maître à penser en la personne de Jacques-André Haury, le nouveau patron des vert'lib vaudois, qui propose « un autre programme social [que la gauche, ndlr.], tout aussi juste : celui qui se base sur la récompense de l'effort » et dont la logorrhée n'a rien à envier au darwinisme social le plus primaire.

Derrière la méritocratie réside l'idée que si je ne suis pas capable de m'adapter aux normes sociales majoritaires en vigueur  (efficacité, rendement, compétition) sous-tendues par l'idéologie capitaliste, il est normal que j'en fasse les frais. Pour l'individu méritocratique, les personnes qui accumuleront les burnout (maintenant on parle de burn-in), ne seront à ses yeux que des « accidents de parcours » : la masse de la population méritante, elle, n’est pas touchée. Dès lors, pour lui, il est normal et juste socialement que ces personnes souffrent, soient discriminées et laissées pour compte, tandis que d'autres profitent de leur réussite. Mais surtout, l'important est qu'elles n'importunent pas trop les forts, ceux qui ont du mérite.

Les « valeurs communes des radicaux, démocrates-chrétiens et libéraux », merci M. Haury de nous le rappeler de manière si limpide, sont « ce dénominateur commun qu’est la notion du mérite. Toutes les autres «valeurs libérales» n'en sont que des dérivés. » Ainsi le méritocrate, sans surprise, vote-t-il à droite.

Cet adepte de l’individualisme méritocratique se retrouve d’ailleurs dans le sarkosysme (lequel s'inspire largement de Napoléon, qui fut l’un des premiers à s’appuyer sur le principe de méritocratie, l'Etat français étant largement friand de ces avantages en fonction du mérite : légion d'honneur, les Grandes Écoles, etc.). Ce libéral méritant, donc, s’en remet les yeux fermés à l’exemple du président français, lequel, non content de se reposer sur une dialectique du gagnant et du perdant, ou du délinquant et du méritant, incarne lui-même l’image de l’entrepreneur qui s’est « fait » lui-même, en passant même par une traversée du désert.

Le méritant donc ne craint pas une certaine faiblesse : tant qu’elle est surmontée ! Mais faisons confiance à Sarko, il prend exemple sur son homologue italien, en faisant du pied à l’extrême droite pour rester au pouvoir. Quelle plus belle marque d’ouverture envers les nationalistes que le débat sur l’Identité Nationale ?

Pour le méritocrate, la pire des hérésies n’est autre que la compassion. Bien qu’il soit issu d’une tradition religieuse conservatrice, le fait qu’on « excuse la faute en mettant en avant la faiblesse de l’être : milieu social défavorisé, formation scolaire insuffisante, fragilité psychologique » (J.-A. Haury) irrite au plus haut point l'adepte du libéralisme sauvage.

La performance individuelle est son seul spectre : sa seule foi, son seul dogme. Celle-ci se fait indépendamment de la présence de conditions institutionnelles, d’infrastructures ou de soutiens personnels ! Il n’y a pas de travail social déjà présent en amont de la performance. Seule demeure la culture du résultat.

Dès lors, il faut juger les hommes sur ce qu’ils produisent, et non sur ce qu’ils sont, comme l'a bien dit Haury : « le mérite, c'est l'attention apportée à l'œuvre plutôt qu'à l'être. » L’individu méritocratique s’est fait tout seul, il ne doit rien aux autres. C’est son mérite, sa capacité à s’adapter qui lui a permis d’en arriver là. Si par malheur sa réussite se termine, il ne le devra qu’à lui-même. C’est qu’il n’a pas travaillé assez ! Il aurait dû en faire plus, accepter les heures supplémentaires non payées que son patron avait l’intelligence de lui donner. Il aurait dû mettre encore plus de côté sa famille, ses amis et être plus performant pour sa boîte. Son mot d’ordre est « travailler plus pour gagner plus », et, même si sa conscience lui dit que les salaires stagnent et que les fruits du travail ne sont pas partagés à leur juste mesure, comme il a sagement appris qu’il valait mieux laisser sa conscience à la porte de son entreprise, il préfère s’en prendre aux salariés qui n’en veulent pas assez (ah ces fainéants) sans parler des étrangers, qui, eux, en veulent toujours plus. S’il est français, il pestera contre les 35 heures, et contre les grèves qui n’en finissent pas.

Sans surprise, le méritocrate préconise, avec Haury, de « reconstruire une école du mérite, qui valorise à la fois les meilleurs enseignants et les élèves qui font le plus d'efforts. » Il souhaite une société qui permette aux meilleurs d’accéder aux meilleures places, d’avoir la meilleure vie possible. Livrer les gens aux lois naturelles de la concurrence, de la compétition et de la sélection est donc la meilleure recette pour garantir à ces plus méritants et mieux adaptés, leur réussite totale. Et les autres ? Ils ne pourront que s’en vouloir de n’en avoir pas fait assez.

« Nous avons démocratisé l’accès à l’école sans démocratiser la réussite à l’École » disait Antoine Prost, en son temps. Le fait que cette réalité n’a fait qu’empirer ne touchera point l’individu méritocratique. Dans sa bulle idéologique, le fait que le système éducatif actuel et son culte de la performance individuelle opère un véritable déni du social ne le touche guère. A la rigueur, par souci d’humanisme, il concèdera à l’intégration le fait que de temps en temps (mais pas trop) un enfant en situation de handicap puisse participer aux cours comme les autres enfants. Mais il préférera soutenir, avec la gauche (comme quoi le méritocrate, comme Sarko, est très rassembleur) une initiative sur l’Accueil continu des élèves. Dans les discussions mondaines il sera fier de défendre l’idée de se débarrasser de ses enfants de 7h à 18h le soir. D’expliquer les contraintes que ces doux bambins représentent, celles-là même qui empêchent le méritant qu’il est d’être plus efficace, de penser moins et de produire plus. Il se fera un malin plaisir d’expliquer qu’ainsi il n’y aura plus de laissés-pour-compte (tiens, il s’en préoccupe, pour l’occasion !) : tous obtiendront l’égalité des chances et pourront aller travailler, verront leurs enfants pris en charge pour faire leur leçon, etc.

Bref, le méritant dédiera avec cœur et détermination son corps et son esprit à l’engraissement de l’économie. C’est pour lui une question d’honneur : s’il ne doit rien à personne, il est tout de même redevable à l’économie de son pays, et se doit de « renvoyer l’ascenseur ». Quitte à oublier qui il est.

Quitte à fermer les yeux sur le fait que, dès le départ, les inégalités ne mettent pas les êtres humains sur le même plan.

Cette idéologie méritocratique est d'autant plus dangereuse qu'elle se targue de l'idée d'égalité des chances, comme l'explique bien François Dubet dans son article : « l'égalité des chance est la seule manière de produire des inégalités justes, c'est-à-dire des inégalités tenant au mérite de chacun, à son travail, à sa vertu et à sa liberté puisque chacun doit être libre de mettre son propre mérite à l'épreuve. »

Le fait que « ni l'école ni le marché du travail ne parviennent à effacer les effets des inégalités sociales », l’individu méritocratique ne semble pas s’en soucier le moins du monde. Il est évident pour lui que celui qui prend plus de risque, travaille plus, gagne plus, sera naturellement davantage valorisé socialement, soit privilégié.

Les personnes sortant de ce modèle unique ? Par exemple celles étiquetées sous la dénomination de "handicapées" ? Tout juste leur permet-on d’aspirer à un semblant de vie sociale (voir ce très bon documentaire de la TSR, intitulé : « Mon enfant ne vole pas de ses propres ailes ») mais en fin de compte, elles retrouvent leur juste place, dans des réseaux parallèles – il ne faudrait pas qu’elles empêchent nos élites de mériter leurs réussite. Pour toute ouverture, des travaux de seconde mains (ateliers protégés - où elles expérimentent au quotidien le travail aliénant - renforçant ainsi leur fragilité mentale, déjà entamée par l'handicap). L'intégration est un beau mot, mais qui ne concerne guère notre individu méritocratique : mais enfin, engager une personne différente, c'est prendre un risque dans le bon fonctionnement de son entreprise ! Que diront en effet les clients ayant affaire à une personne différente ? Sans compter que la fragilité de ces personnes ne manquera pas de ralentir la course effrénée à la production. Les femmes, à ce titre et pour des raisons idéologiques identiques, sont aussi discriminées, comme en témoigne cette étude qui montre qu’en France, 70 % des employeurs préfèrent recruter un homme plutôt qu'une femme.

Donc notre individu prototypique et auto-suffisant est insensible à toutes ces situations de vie sortant de la norme. L'étranger refoulé parce que non conforme aux critères, le mendiant dans la rue à qui l'on confisque le peu d'argent ainsi que le droit de garde de ses enfants, le jeune dont plus rien n'a de sens dans une société vouée au consumérisme et à la domination et qui ne voit que la mort comme dernier recours, ces millions de personnes qui chaque soir téléphonent à des numéros d'urgence parce qu'ils n'ont plus personne à qui se confier (l'écoute, ça ne s'achète pas), etc. Ce sont les aléas de la méritocratie, les impondérables. Acceptons-les plutôt que de changer de système de pensée. Tout au plus, battons-nous, comme le PDC, élections fédérales obligent, pour le droit à l'apprentissage pour les sans-papiers (faudrait pas qu'ils puissent accéder uniquement à l'université, ces places réservées à nos élites).

Le fait qu’on sache, et de façon scientifique, comme l'explique bien dans son article la chercheuse américaine Sarah Blaffer Hrdy, anthropologue et primatologue, membre de l'Académie des Sciences, que l'altruisme et la coopération sont inscrits dans notre développement, et non pas la concurrence, le profit ou la domination, que l’on ait observé que la sélection du plus fort a été abandonnée pour la sélection de tous, pour le bien de la survie de l'espèce, ne désemplira cependant pas d’ardeur l’individu méritocratique. Que ce soit même sans doute cette coopération - dans la manière d'éduquer un enfant par exemple - qui a permis à l'humain d'évoluer autant, ne l’effleurera guère. Tant que sa réussite est au rendez-vous !

Certains lui argueront vainement que l’on reconnaît l'humain dans le secours qu'il apporte à celui qui est différent, qui souffre, qui est moins adapté à la survie, lorsqu'il éprouve de la compassion. On lui proposera de lire les Lettrés chinois (Mencius en tête) qui avaient bien compris, déjà en leur temps, que la morale trouvait son fondement dans la compassion devant la faiblesse d'autrui.

Mais il en est si loin ! Que voulez-vous, c’est un enfant de son temps ! Comme le dit bien François Dubet dans son article, « la société reste scandaleusement « aristocratique », dominée par la reproduction des rentes, des héritages et des privilèges, par la reproduction de la pauvreté et de l'exclusion et par toutes les ségrégations qui interdisent aux femmes, aux minorités, aux enfants de migrants, aux handicapés, d'entrer dans une compétition équitable. »

Enfin, le méritocrate ne s'intéresse au développement durable et à la préservation de la planète uniquement si cela risque de lui profiter. Il pense qu'en laissant faire le marché, en développant une meilleure efficacité énergétique, en soutenant la recherche et les inovations, nous consommerons moins de ressources. Bref, il est absorbé totalement par l'idéologie du progrès et n'imagine pas une seule seconde que le système actuel court à sa perte, laissé aux mains des « méritants », des pollueurs, des dirigeants. Et que celles et ceux qui en feront les frais en premier, seront ces mêmes laissés-pour-compte, les pays du Sud, qui eux aussi l'auront bien mérité : ils n'avaient qu'à se rallier plus rapidement au mythe de la croissance et du progrès.

Mais le plus grave dans l’idéologie méritocratique dans laquelle il a baigné depuis son jeune âge, est la culpabilité qu'elle engendre chez les laissés-pour-compte : « ceux qui échouent dans la mise en œuvre de leur mérite ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Ils ne peuvent pas se consoler ou se révolter en invoquant le destin, les dieux ou le capitalisme. Ils ne sont pas condamnés aux emplois les plus précaires et les plus mal payés à cause de la fatalité de leur naissance et de l'injustice de la société, mais à cause de leur absence de mérite. », explique François Dubet.

Les Jeunes Vert-e-s Genève l'ont bien compris, eux qui, dans leur nouvelle ligne politique expliquent que « l’engagement écologique doit s’accompagner d’une meilleure répartition des richesses. A l’échelle mondiale comme à l’échelle genevoise. Nous refusons une bipolarisation de la société entre riches et pauvres. Nous prônons la coopération, l’égalité d'accès aux besoins de base et la valorisation de la dignité humaine, plutôt que la compétition, la comparaison et la sélection (autrement dit, plutôt que la méritocratie qui justifie les discriminations sociales). La balance sociale ne peut continuer à se déséquilibrer ! »

Ce cher capitaliste nous rétorquera enfin que les inégalités (ou plutôt, je dirais, les différences) existeront toujours. Certes, nous avons toutes et tous des différences, et c'est tant mieux ! Il faut réfléchir aux manières de valoriser ces différences : non pas les opposer, non pas retenir uniquement les valeurs des plus méritants ! Favoriser la coopération, le partage, en finir avec la comparaison : apprendre aux enfants à s'auto-évaluer et non à se comparer à une moyenne définie par l'idéologie de la norme. En finir avec les notes, les sections, les sélections de toutes sortes. Proposer la baisse drastique du temps de travail et la démocratisation au sein des entreprises. Valoriser les tâches domestiques, les savoir-faire locaux et, de manière générale, toute activité non rémunérée qui apporte à la société mais qui n'est pas comptabilisée dans le PIB, notamment à travers l'instauration d'un revenu de base permettant à l'individu de sortir de l'aliénation que constitue le travail salarié. Enfin, créer une rupture avec les modèles patriarcaux dominants en remettant en question la domination patriarcale de nos sociétés largement sexistes : obtenir un congé parental à temps égal pour la femme et l'homme, remettre en question la manière dont le corps de la femme est représenté dans nos sociétés (entre autres dans la publicité), proposer la parité dans les organes étatiques, et j'en passe.

02:52 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : mérite, libéralisme, efficacité, réussite, école, décroissance |  Facebook | | | |

30/01/2010

Politique inhumaine envers les mendiant-e-s

Communiqué des Jeunes Vert-e-s Genève, qui tiennent à dénoncer rigoureusement les mesures répressives envers les mendiant-e-s prises par le Conseil d'Etat genevois la semaine dernière.


Les Jeunes Vert-e-s Genève dénoncent de façon vigoureuse les mesures que le Conseil d'Etat veut prendre envers les enfants de mendiant-e-s, chargeant la police d'interpeller et d'appréhender les mendiant-e-s accompagné-e-s d'enfants ou les mendiant-e-s mineurs, de signaler ces cas au Service de Protection des mineurs (SPMi), de conduire les mineurs avec ou sans leurs parents au sein de ce service qui pourrait prononcer une clause péril, c'est-à-dire le retrait immédiat du droit de garde des parents sur l'enfant et le placement de celui-ci.

Sous le prétexte de protéger les enfants qui mendient dans le froid, le Conseil d'Etat contrevient à la Convention de La Haye sur la protection des mineurs. Pour les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s, ces mesures répressives doivent donc être dénoncées avec fermeté. Nous regrettons que peu d’organismes aient réprouvé ces projets injustes. Comme le signal l'association MESEMROM dans sa lettre ouverte au Conseil d'Etat, il est révoltant de constater que les autorités genevoises n'ont pas tiré les leçons de l'histoire en marchant dans les pas de Pro Juventute, plus précisément dans ceux de l'Oeuvre des enfants de la grande route qui a sévi de 1926 à 1973 : sous le couvert d'une motivation sociale, des centaines d'enfants tziganes avaient été, à l'époque, arrachés à leur famille et placés dans des familles d'accueil. Les activités de l'Oeuvre des enfants de la grande route ont unanimement été qualifiées par la suite comme étant un génocide culturel.

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De plus en plus de pratiques odieuses envers les Rroms sont orchestrées par le gouvernement, et les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s ne peuvent pas l'accepter. En novembre dernier, le département de l’environnement urbain et de la sécurité a enlevé les différents campements des Rroms en ville de Genève, laissant 50 personnes, dont des enfants, privés de tout. Qu'a fait le Conseil d'Etat pour protéger les enfants de mendiant-e-s ? A-t-il ouvert un centre d’accueil de jour ? Eh bien non, nos autorités ont préféré fixer des quotas stricts dans les abris, contraignant ainsi tant les adultes que les enfants à dormir dehors malgré les très basses températures.


De plus, il est arrivé que des Rroms se fassent contrôler par la police qui leur a prélevé l’argent qu’ils avaient sur eux sans envoyer l’amende à leur domicile. La justice a depuis mis en lumière l’irrégularité de la notification de ces amendes, qui ont donc été annulées.

Nous pourrions multiplier les exemples de mesures répressives relevant de manques graves à la dignité humaine envers cette frange de la population, jusqu'à cet évènement la semaine passée où une mère Rrom a été arrêtée et mise en détention, de façon illicite, voyant ses enfants « pris en charge » !


Concernant les dernières mesures prises, les Jeunes Vert-e-s constatent que le Conseil d'Etat n'a pas agi de manière concertée, les différents « acteurs » (services de l’Etat, associations, organismes) n'ayant pas été consultés pour élaborer une telle décision. Par ailleurs, les Jeunes Vert-e-s genevois veulent rappeler l’article 22 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ratifiée par la Suisse, qui stipule que «toute personne, en tant que membre de la société, (…) est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité». Si l’Etat de Genève veut vraiment défendre les enfants Rroms, alors qu’il fasse le nécessaire prévu par la DUDH: qu’il propose hébergement, soins, permis de travail, école et crèche pour les enfants, interprètes pour discuter avec les familles et une coordination avec les associations !


Les Jeunes Vert-e-s Genève

02:37 Écrit par Julien Cart dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : roms, mendiants, politique, conseil d'etat |  Facebook | | | |

26/01/2010

La jeunesse répond présent

Le génie de ce système fondé sur l’insécurité est qu’il est autoalimenté. Plus on ressent de l’insécurité, plus on est matérialiste ; et plus on est matérialiste, plus on ressent de l’insécurité.

Nous pouvons être fiers de constater que le peuple, jeunes en tête, s'est mobilisé samedi dernier pour défendre ses droits à Genève lors de la Marche pacifique pour le droit de manifester, et continuera de le faire avec détermination et non-violence. Les lois deviennent toujours plus répressives en matière de manifestation, depuis plus de 20 ans que la droite est au pouvoir dans le canton de Genève. Le gouvernement n'avance pas, mais recule, comme les chants proposés par les jeunes manifestant-e-s l'ont dit : "1 pas en avant, 3 pas en arrière, c'est la politique, du gouvernement !"

S'il est honteux de ne pas avoir pu passer dans les rues basses, la manière dont la police a traité les organisateurs, en ne leur communiquant cette modification de parcours que le soir d'avant, l'est tout autant. Mais, outre le spectre de la dernière manif anti OMC, si nous n'avons pas pu aller dans les rues basses manifester, au cœur de la ville, c'est que la loi votée en 2008 par la majorité de droite dit que toute latitude est laissée au Conseil d'Etat d'examiner «l'ensemble des intérêts touchés» : donc le manque à gagner des commerçants est pris en compte et fait qu'il n'est quasiment plus possible de manifester dans les rues marchandes... Les jeunes manifestant-e-s ont montré leur désapprobation de manière pacifique, mais avec détermination, en multipliant les sitting et autres chants inculpant les responsables, Mme la Conseillère d'Etat I. Rochat en tête.

Le profit, la droite et la police, même combat idéologique !

Pour des questions de sécurité et de profit marchand, des jeunes n'ont pas pu manifester auprès de la population, mais ont été détournés où il n'y avait que des bagnoles...

Venu-e-s avec des fleurs et des drapeaux de la paix, les jeunes manifestant-e-s ont reçu en pleine figure l'image d'une société de la peur, de la sécurité, de la répression et du mal-être social issu de la course au sur-développement et à la sur-consommation. Quant le profit marchand est un élément qui compte plus que le droit de manifester, c'est que la société va mal.

Merci à cette jeunesse citoyenne qui était dans la rue pour combattre cette idéologie de la droite néo-libérale. La résistance non-violente continue, ce n'est qu'un début !

 

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Désolé, Mme Rochat, on les a eues les rues basses ! Et sans casse et avec plein de bonne humeur ! Mieux, sans flics tout autour !!

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00:31 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jeunesse, capitalisme, droite, droit de manifester, libéraux, mcg, udc, genève |  Facebook | | | |

23/01/2010

Le droit de manifester en danger

Samedi 23 janvier, 14h, Place Neuve à Genève, les citoyennes et citoyens de ce canton ont rendez-vous pour défendre le droit démocratique par excellence, celui d'exprimer collectivement son mécontentement envers le pouvoir en place.

La droite règne depuis peu sur le canton et déjà tout s'en ressent. Et cette odeur à un arrière goût de nausée brune.

La droite et ses projets de lois (Libéraux, UDC et MCG) liberticides qui seront prochainement votés au Grand Conseil grâce à sa majorité, veut restreindre le droit de manifester et mettre le couteau sous la gorge aux organisateurs, les menaçant d'amandes salées et les obligeant à mettre en place un service d'ordre policier.

Prendre la responsabilité d'organiser des manifestations sera bientôt un parcours du combattant et un tel risque que personne ne voudra plus en prendre la charge. Ainsi la contestation populaire serait réellement muselée, la droite réussirait son coup. Voilà pourquoi il faudra être dans la rue samedi.

Mais cette droite ne compte pas s'arrêter à l'interdiction du droit de manifester démocratiquement. Nous venons d'apprendre que, sous décision du gouvernement à majorité de droite, les enfants de mendiants se verront emmenés de force aux postes de polices, et séparés de leur parents. Pour les scolariser et leur donner ainsi que leurs parents une situation décente ? Bien sûr que non. Pour pouvoir retirer la garde aux parents. Ainsi la bonne conscience de l'Etat est maintenue : les enfants ne seront plus instrumentalisés par les mendiants pour gagner quelques francs de plus. Lire la lettre ouverte au Conseil d’Etat de la République et Canton de Genève, écrite par l'Association MESEMROM.

Nous comptons donc sur vous toutes et tous, demain, pour faire corps en tant que citoyennes et citoyens, contre cette montée de la droite et de ses projets odieux.

Sans bannière, sans beaux discours et sans violence mais avec unité, détermination et entêtement, nous ferons valoir et défendrons notre droit démocratique ultime, le droit de pouvoir exprimer collectivement notre mécontentement !

ACTION CITOYENNE POUR LA PAIX ET LE DROIT DE MANIFESTER

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Premiers échos de la Marche Pacifique Pour le droit de manifester

Le peuple et les -jeunes- résistant-e-s sont venus en nombre cet après-midi ! Merci !

La résistance s'organise contre les projets de lois anti-démocratiques, inhumains et liberticides de la droite genevoise au pouvoir.

Et tout cela dans la non-violence et un message radical, que les médias
ont largement répertorié. Le message, et non les débordements.

Cette manif visait à montrer que le peuple est là, prêt à se mobiliser, sans concession. Et qu'il ne renoncera pas, ne lâchera devant les intimidations des forces gouvernementales.

Le combat ne fait que commencer. Il sera de longue haleine, nous comptons sur toutes les citoyennes et citoyens qui refusent d'abdiquer.

 

Article et photos du 20 minutes, samedi 23 janvier 2010

 

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Bravo à la police & la droite (faut-il encore distinguer ?) d'avoir déployé tant de forces pour encadrer un cortège de jeunes manifestant-e-s pacifistes !

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La non-violence de cette manifestation, un signe fort de la volonté d'exprimer un message fort qui ne soit pas récupérer et instrumentaliser par la droite

 

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Sitting Place Neuve, Genève.

La police a clairement rompu toute collaboration avec les organisateurs, en n'octroyant l'autorisation que hier en soirée et en modifiant au dernier instant le parcours prévu, alors que les organisateurs garantissaient qu'au moindre débordement, ils arrêteraient de manifester.

La police et la droite ont préféré la sécurité de commerces nullement inquiétés, plutôt que d'encadrer et permettre le défilé de manifestant-e-s pacifistes dans la ville, ce qui est leur rôle. Honteux, il n'y a pas d'autres mots.

 

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Quelques chants à l'occasion de cette manifestation :

 

ROCHAT, si tu savais, ta réforme ta réforme,
ROCHAT, si tu savais, ta réforme où on s'la met,
Aucu aucu aucune hésitation !
OUI OUI OUI aux manifestations !

On fera
Des actions
Jusqu'à satisfaction
d'nos revendications !

1 pas en avant,
3 pas en arrière,
C'est la politique du gouvernement !

Police partout,
Justice nulle part !

Droite partout,
Justice nulle part !

01:08 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : citoyens, contestation, roms |  Facebook | | | |

19/01/2010

200 rues sont à nous !

Fin 2008, les Verts de la Ville de Genève lançaient leur initiative municipale « 200 rues sont à vous – pour des rues ouvertes à la vie et aux mobilités douces! », qui avait vu 5500 habitant-e-s souscrire à leur projet, et avait été déclarée valide par le Conseil municipal le 23 juin 2009.

Cette initiative a le mérite d'être une réponse concrète aux défis, réchauffement climatique en tête, qui sont les nôtres en ce début de deuxième millénaire.

 

Les conseillers municipaux de la Ville ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils ont accepté, il y a quelques heures, et ce à une large majorité, l'initiative des Verts demandant que 200 rues à proximité des écoles, Maisons de Quartier et autres EMS soient fermées au trafic motorisé. Les initiants laissent toutefois le choix à la Ville quant aux rues à fermer. C'est cette dernière qui aura 4 ans pour proposer à la Direction générale de la mobilité, de fermer des routes : celle-ci donnera l'autorisation ou non.

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C'est donc une moment historique pour les Verts genevois, qui ne proposent rien moins que de changer le paysage en matière d'espace urbain.

Sur les 800 rues qui existent à Genève, 1/4 seront désormais ouvertes exclusivement aux habitant-e-s. Un juste retour à une saine convivialité, que nombre de citoyen-ne-s auraient sans doute plébiscitée si d'aventure cette initiative leur auvait été soumise, contrairement aux affirmations malhonnêtes de la droite qui a prétendu que l'échec aurait été assuré devant le peuple, d'où l'acharnement de la gauche à faire passer le projet dès ce soir.

 

Mais cette droite a un arrière goût d'archaïque, bien qu'elle s’en défende avec ardeur et malgré qu’elle en soit partiellement consciente. En effet, personne au sein du Conseil n'a osé remettre en question le fait que l'instauration de rues piétonnes est un apport indéniable en matière de qualité de vie. Non, la droite n’a pas osé défendre le tout bagnole, préférant la « ruse » des arguments tirés par le cheveux. On apprenait par exemple qu’il fallait mieux maintenir, la nuit, au sein des rues piétonnes, des voitures pour rassurer les piétons ! Non messieurs les libéraux, les voitures ne tranquillisent pas nos rues, elles les polluent et empêchent nos enfants d’y déambuler le plus innocemment du monde – quant elles ne les tuent pas (souvenons-nous le 16 mars dernier).

 

Les voitures non seulement tuent nos enfants, mais les transports motorisés sont responsables d’une large partie des émissions de gaz à effet de serre. Le constat est sans appel si nous nous donnons le temps d’y réfléchir. Genève détient le taux de motorisation record en Suisse et le nombre de places de parkings par habitant est près de 2 fois supérieur à une ville comme Zurich. Nous avons affaire régulièrement aux dépassements des taux de pollution de l’air et de bruit. Or, le trafic routier est la principale source de nuisance sonore pour la santé. Le moment est donc venu de proposer un autre développement, basé sur des valeurs plus douces pour l’environnement et qui ne soient pas nocives pour la santé.

Ces 200 rues qui verront le jour sont donc la garantie évidente d’une amélioration de la qualité de vie. Les signataires de cette initiative ne s’y étaient pas trompés : c'est un signe fort pour que les citadin-e-s se réapproprient l'espace public menacé par la voiture et y développent une convivialité souvent égarée. Ce projet, outre sa qualité environnementale qui n’est plus à démontrer, est donc une occassion de remettre au goût du jour des valeurs telles que la communication, l’entraide, le partage, les échanges d’idée et d’opinion, qui ne se passent pas derrière la porte close de son chez soi mais sur la place publique. Respirer l'odeur des rencontres chaleureuses avec nos semblables, plutôt que les pots d’échapement des 4x4 déambulants, voilà un bel avenir pour Genève, enfin !

Quant aux atermoiements de la droite liés aux places de parking qui vont disparaître au profit des rues piétonnes, il s’agit d’un faux problème. Les régies immobilières possèdent un bon pourcentage de ces places et les exploitent mal. En effet, quand les places ne sont pas tout simplement vacantes, elles sont louées à des pendulaires. Or, la politique du canton est claire à ce propos: le trafic pendulaire doit rester aux abords de la Ville et ne pas y pénétrer.

Enfin, ce projet genevois est une étape concrète vers des villes libérées du tout voiture et de la dépendance au pétrole. Les pays riches doivent montrer l’exemple. En Suisse et à Genève en l’occurrence, nous avons les moyens de réduire drastiquement notre empreinte écologique. Depuis toujours, les Verts proposent de développer des zones piétonnes, de promouvoir la mobilité douce par des aménagements qui lui sont favorables et de réduire le trafic motorisé individuel. Grâce à ce projet, ils montrent qu’il est possible de se donner les moyens de la réussite.

200 rues sont à nous !

Et pour le plus grand bien de l'ensemble de la population !

21:26 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : rues, convivialité, pollution, verts, genève, mobilité douce |  Facebook | | | |

18/01/2010

Résister à la montée de la droite fascisante

L'heure est grave en Europe, qui est désormais « l’ascenseur pour les fachos ». L'émission choc de la TSR, Histoire Vivante sur le sujet, est à voir absolument.

A Rome, Gianni Alemanno, ancien fasciste, désormais maire de Rome, est salué devant les caméras par des saluts fachistes.

Des Jeunesses néo-nazis foisonnent partout, et même en Allemagne ! L'extrême droite fasciste et néo-nazie est présente désormais dans tous les plus grands pays d’Europe et est aux portes du pouvoir, même souvent à l’intérieur (elle participe à l'exécutif de 4 pays).

Des immigrés se font sauvagement agresser (cf.la véritable chasse aux étrangers menée par des habitants de Rosarno, en Calabre, sud de l’Italie), des annonces immobilières érigent des slogans tels que "Pas d'animaux, pas d'étrangers" qui rappellent les enseignes des magasins allemands interdits aux juifs il y a à peine plus de cinquante ans.

Sur fond de crise des idéologies, de récession économique mondiale, de dérèglement climatique et donc de menace d’une arrivée massive de réfugiés, l'Europe vire à droite toute et n'hésite plus à flirter avec l'extrême droite fasciste et néo-nazie.

La Suisse n’est pas en reste. La récente victoire de la droite xénophobe pour l’interdiction des minarets n’est que la pointe de l’iceberg. Désormais cette nouvelle drappel1.jpgoite sans complexe veut expulser de Suisse tous les étrangers qui commettraient un délit (ne serait-ce qu’un vol à l'étalage). Initiative issu de l’UDC mais soutenue par tous les partis de la droite libérale-radicale suisse, centre compris avec un PDC qui surfe mieux que quiconque sur les pas de la surenchère islamophobe populiste avec son hyper-médiatique président.

La Genève 'internationale' n'est pas en reste : les partis populistes (MCG et UDC) et la droite libérale qui sont au pouvoir se sont unis pour présenter des projets de loi visant à restreindre le droit du peuple de manifester contre les vrais responsables des crises mondiales, instrumentalisant la violence lors du dernier défilé anti OMC pour arriver à leurs fins.

Alors que dans toute l’Europe ont lieu sous nos yeux des défilés de fascistes d’extrême droite, alors que partout en Europe des personnes migrantes sont érigées en boucs émissaires, la droite populiste et libérale genevoise s’en prend au droit démocratique le plus élémentaire, celui de manifester et d’exprimer publiquement son désaccord contre les vrais responsables de la crise.

Nous ne pouvons rester les bras croisés devant cette prise d'otage de la démocratie par la droite fascisante.

Pour lutter contre ces projets anti-démocratiques et fascisants, nous vous proposons de venir manifester de manière non-violente avec nous le 23 janvier 2010 à Genève lors de la Marche pacifique qui a deux objectifs précis, soit dire clairement :

NON à l’interdiction de manifester et à la liberté de se regrouper !

OUI à l’expression non-violente de nos revendications contre les responsables de la crise mondiale !


Merci de votre participation active à cet évènement ! Rejoignez dès à présent l'événement facebook !

 

 

 

mussolini-berlusconi.jpg« Mussolini n’a jamais tué personne ! Tout au plus, il se contentait d’envoyer des opposants en vacances… » a dit Silvi « TV » Berlusconi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1508eu1.jpg« Nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation, un système qui a garanti le bien-être, le respect des droits de l’Homme et – au contraire des pays musulmans – le respect des droits religieux et politiques » S. Berlusconi

 

 

 

 

 

 

 

 

vic150aa.jpgDimanche 22 Mars 2009, l’Alianza nacional de Gianfranco « Ducinella » Fini, l’auto-proclamé « post-fasciste », fusionne avec Forza Italia de Berlusconi pour former le Popolo della Liberta.

Si la France a sa droite décomplexée, l’Italie a son fascisme à visage humain… enfin pas trop bronzé le visage !

13:55 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : fascisme, nouvelle droite, libéraux, mcg, udc, nazisme, populisme |  Facebook | | | |

Sortir du dogme de la croissance

Depuis quelques mois, plus que jamais, nous vivons dans un monde en crise : crises financière, climatique et énergétique, sociale et culturelle, dont la simultanéité est historiquement inédite et les conséquences improbables : paupérisation, guerres de contrôle pour les ressources, chômage, réfugiés climatiques... Les pistes proposées pour endiguer ces crises, qu’elles soient néolibérales ou progressistes, restent invariablement dans le paradigme du développement et de la croissance économique. Seule la croissance va « créer » des emploilogojvg.pngs, vaincre le chômage et sortir les pays de la crise. Personne ne se demande de quelle croissance on parle ? Quelles sont les productions utiles qu’il est souhaitable, nécessaire d’augmenter ? Qu’est-ce qui manque réellement ? Et quelles sont les choses frivoles ou néfastes dont il serait sage de diminuer, voir de supprimer à terme la production ?

Ces questions essentielles remettent en cause le capitalisme, mais aussi le productivisme et donc nos modèles de développement (surconsommation, transports énergivores, agriculture intensive, filières industrielles et militaires nocives et inutiles, etc).

Alors nous préférons inventer des concepts «fourre tout», tel que le «développement durable», lequel présuppose la possibilité du respect de l’environnement et du social dans un contexte de croissance économique. Mais en faisant de la croissance une nécessité, le «développement durable» n’abandonne-t-il pas toute tentative sérieuse d’éliminer les activités économiques nuisibles ? Ce concept n’est-il pas qu’un alibi pour poursuivre en toute impunité un développement, par essence, non durable ? Une aubaine dans la mesure où il autorise à ne pas interroger ce qui doit précisément l’être: le développement lui-même ! En effet, de quel développement s’agit-il ? Celui de la pollution, du mépris de la nature de la vie et de ses lois, celui de la quête folle de richesses matérielles ?

Une autre manière de faire l’impasse sur les vraies questions est de s’en remettre les yeux fermés à la croyance que la technologie apportera des solutions aux préoccupations écologiques : voitures électriques, décontamination, organismes génétiquement modifiés, biogaz et éthanol... Or, ces «solutions» ne sont pas sans conséquences. Notre société valorise systématiquement le progrès et l’innovation technologique, dans un souci de croissance infinie, sans considérer l’ensemble de leurs conséquences et oublie que c’est cette même foi qui a engendré les catastrophes écologiques que la technologie prétend aujourd’hui solutionner !
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Aujourd’hui pourtant, comme le souligne Hervé Kempf (Comment les riches détruisent le monde, 2008), «l’augmentation de la consommation matérielle globale n’est plus associée à une augmentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être.». En effet, la croissance érigée en dogme provoque l’épuisement des ressources naturelles de la planète, la dégradation de la biosphère et les inégalités entre ceux qui profitent de la croissance et ceux qu’elle sacrifie, sans compter l’uniformisation culturelle qui en résulte. Plus que jamais confrontés aux effets désastreux du dogme de la croissance économique, du productivisme et du consumérisme, il n’est pas trop tard pour renouer avec nos capacités d’autolimitation et de création, individuellement avec la simplicité volontaire et collectivement avec la décroissance. Il s’agit d’un long cheminement de reprise en main individuelle et collective. Une démarche de simplicité volontaire favorisera le travail à temps partiel, permettra de libérer du temps pour nous éduquer, lire, réfléchir, se mettre au jardinage, aux techniques artisanales ou de réparation, au travail bénévole coopératif, etc. Au niveau collectif, la décroissance visera une baisse de la consommation matérielle, à savoir la remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchandises sur la planète, ainsi que la décroissance des inégalités avec, par exemple, l’instauration d’un revenu minimum et d’un revenu maximum. En un mot, la décroissance, en refusant le dogme de la croissance basé sur le modèle productiviste, a le mérite d’opérer une réelle ouVERTure en décolonisant notre imaginaire et en nous donnant les moyens de nous réapproprier nos existences tout en respectant la planète et les pays du Sud.

Article tiré du nouveau journal « ouVERTure » des Jeunes Vert-es romand-es


Le journal « ouVERTure » paraîtra quatre fois par année et est téléchargeable ici. Afin de soutenir les Jeunes Vert-es romand-es, vous pouvez souscrire à un abonnement de 25.- par année et ainsi recevoir le journal à domicile sur papier recyclé. Pour ce faire, envoyez un mail avec votre adresse à : Jeunes Vert-es Genève

Plus d'infos sur les activités liées aux Jeunes Vert-e-s Genève et à l'objection de croissance en Suisse

00:13 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance, antiproductivisme, anticapitalisme, écosocialisme |  Facebook | | | |