10/11/2010

Référendum plaine de l'Aire : large plébiscite des genevois-e-s !

Les Jeunes Vert-e-s Genève, membres du comité référendaire de la Plaine de l’Aire, ont été très actifs dans la récolte pour l’aboutissement du référendum contre le déclassement de la zone Cherpines/Charrotons. Avec les Verts genevois, ils présentent aujourd'hui près de 3'000 signatures, alors qu'en tout c'est plus de 15'000 signatures récoltées qui ont été déposées ce jour.

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C'est donc bel et bien un immense plébiscite des genevois-e-s. Une large frange de la population ne veut pas brader les terres les plus fertiles du canton au profit de mégaprojets de bétonnage qui vont défigurer ce lieu dédié à l'agriculture de proximité. Les genevois-e-s se mettent donc en porte-à-faux avec l'idée selon laquelle il faudrait choisir entre logement et agriculture : c'est un peu comme si on nous obligeait à choisir entre un père et une mère !

En récoltant les signatures, nous avons bien compris que ce qui intéressait en premier lieu les genevois-e-s était avant tout la question du type de développement que nous voulions pour Genève et la région franco-valdo-genevoise à l'avenir. Les personnes qui apposaient leur signature exprimaient bien leur sentiment : elles en ont ras-le-bol de cette fuite en avant, de cette croissance infinie, de ces multinationales qu'on fait venir de partout. Elles ont en marre de cette attractivité qu'on nous fait miroiter comme pourvoyeuse d'emploi mais qui est en fait la cause même de la crise du logement et de l'emploi à Genève: les gens n'ont pas envie de gaspiller des terres qui ont mis des siècles à se générer pour offrir des espaces aux investisseurs. Une large frange de la population genevoise ne veut pas des hôtels et des bureaux pour les firmes ou autre, 6 stades de foot/rugby, un golf d’intérieur, une zone industrielle à vocation de haute technologie, etc. Mais bien de vrais projets de logement et de vraies politiques d'emplois locaux.

Or ici, il s'agit clairement d'un projet de sous construction de logements : la crise du logement à Genève a bon dos. C'est en fait une crise qui sert d’alibi pour d’autres projets qui n'ont rien à voir. Si le chômage est fort à Genève, le secteur des bureaux ne connaît pas la crise, il yen a 4% de vides, les prix sont stables. Il faut donc bien plutôt défendre la création d'emplois locaux et durables.

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La population dans sa majorité refuse désormais la fuite en avant et donne, par ces 15'000 signatures, un large plébiscite pour un développement responsable, local, de proximité, comme le défendent les verts, avec logement, agriculture et emplois verts de proximité. La question du logement doit être au centre du futur projet d’urbanisation tout en y intégrant l’agriculture contractuelle de proximité qui s’y est développé ces dernières années. Sur une superficie aussi grande - 58 hectares - il y a largement la place de construire des logements (au minimum 3'000), une école et des commerces de proximité, tout en préservant et développant une agriculture de qualité. C’est une occasion unique de développer un projet d’écoquartier agriculturel exemplaire conciliant logement et agriculture de proximité.

Toute la gauche l'a bien compris, sauf les socialistes, dont le président René Longet s'exprimait pourtant il y a peu sur la question du type de développement pour Genève dans la rubrique L'Invité de la Tribune de Genève. Il disait : "Il n'est pas acceptable d'orienter l'essentiel de la promotion économique genevoise sur les entreprises externes et de négliger le développement endogène." Or les socialistes soutiennent cette promotion économique exogène manifestée par les mégaprojets des communes de Confignon et Plan-les-Ouates, et refusent de soutenir un développement de proximité. De belles paroles et puis plus rien ?

Aujourd'hui débute déjà la campagne en faveur du NON au déclassement, vote qui aura vraisemblablement lieu le 15 mai. Au vu du magnifique soutien des genevois-e-s obtenu en seulement 40 jours, gageons que le 15 mai les récoltes auront porté leur fruit pour que nous puissions cueillir à pleine dent la victoire en votation !

NON au bradage de notre sol !

OUI à une urbanisation de qualité  dans le respect  de l’agriculture contractuelle de proximité !

17:50 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | | | |

08/11/2010

Stop au racisme d'Etat : 2 x NON le 28 novembre !

Discours prononcé par Julien Cart, co-président des Jeunes Vert-e-s Genève, manifestation « Moutons noirs : unissons-nous », le samedi 6 novembre 2010, Place Neuve, Genève

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23:43 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

28/09/2010

Résistons à la croissance de l'austérité !

Le ROC Suisse soutient l'appel aux syndicats intitulé "Résistons à la croissance de l'austérité", qui fait suite à l'euro-manifestation de demain 29 septembre 2010 à Bruxelles, "Non à l'austérité", appelée par la Confédération européenne des syndicats.

Le ROC Suisse s'allie à tous les objecteurs de croissance de part le monde pour demander aux forces syndicales de réaliser une rupture antiproductiviste sans laquelle ils ne pourront sortir du rôle d’accompagnateurs actifs de la logique destructrice qui est aujourd’hui celle de l’économie.  Les objecteurs de croissance proposent de viser le « bien vivre » plutôt que le « toujours plus », de réduire fortement le temps de travail et de défendre un revenu garanti suffisant pour tous.

Voici l'affiche de la manifestation :

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Voici l'appel des objecteurs de croissance de toute l'Europe :

 

Résistons à la croissance de l'austérité

 

Appel aux syndicats

 

 

 

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La Confédération européenne des syndicats organise une Journée d’action européenne le 29 septembre prochain à Bruxelles. Le mot d'ordre de l'Euro-manifestation est : « Non à l’austérité. Priorité à l’emploi et à la croissance ! »

 

Les organisations d’objecteurs de croissance et personnalités signataires (voire liste ci-dessous) de ce communiqué soutiennent la lutte des syndicats contre la volonté du capital de faire porter le poids de la crise par le monde du travail mais regrettent l’appel à la croissance qui n’est pas une piste de sortie de crise et met la CES dans une posture intenable.

 

Les objecteurs de croissance signataires du présent communiqué :

 

  1. Dénoncent la logique du productivisme et de la croissance. La logique du « toujours plus » matériel est une impasse car il n’est ni possible ni souhaitable de produire et consommer toujours plus.

 

  1. Estiment que l’austérité pour le plus grand nombre est la conséquence logique de la croissance économique et du productivisme. Par conséquent, refuser l'austérité en réclamant plus des causes qui en sont à l'origine n’est pas une solution.

 

  1. Appellent les forces syndicales à ouvrir les yeux sur le caractère suicidaire du dogme de la croissance économique et du productivisme et à opérer une rupture antiproductiviste.

 

  1. Proposent une autre voie plus réaliste qui vise le « bien vivre » et non le « toujours plus » : déconstruire les mythes économistes et changer d’objectifs, réduire le temps de travail, garantir un revenu suffisant à tous.

 

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1. Dénoncent la logique du productivisme et de la croissance. La logique du « toujours plus » matériel est une impasse insensée car il n’est ni possible ni souhaitable de produire et consommer toujours plus.

 

Garantir la croissance suppose de pouvoir augmenter continuellement et de manière infinie la production de biens et services marchandisés. La production de ces biens et services nécessitant l’exploitation de ressources naturelles et de travail humain, la croissance infinie suppose nécessairement l’exploitation infinie de la Terre et des Hommes. Aujourd’hui, cette course folle arrive à son terme et montre l’ampleur catastrophique des innombrables dégâts qu’elle génère : la planète Terre qui est la condition de toute activité sociale et humaine est à l’agonie, sa dévastation provoque les effets les plus violents d’abord chez les peuples et les personnes les plus vulnérables. Les personnes sont chaque jour davantage ravalées au rang de consommateurs/producteurs pour faire tourner une machine qui produit de plus en plus de mal-être, cela au détriment du bien-être individuel et collectif. Le lien social est rongé par la marchandisation et la folle concurrence, qui agressent simultanément les rapports entre les personnes, les peuples et les générations. Les inégalités sociales augmentent partout dans le monde, la misère ne cesse de se propager de façon d’autant plus violente que les dérèglements environnementaux liés aux excès de production, engendrés à la base par l'Occident en deviennent une cause première. Il est désormais clair que l’universalisation du mode de vie des pays matériellement riches n’est pas possible. Quoiqu’en pensent les économistes les plus orthodoxes, il est par exemple impossible que l’ensemble des habitants de l’Inde et de la Chine disposent d’une voiture, d’un poste de télévision et d’un réfrigérateur comme nous en disposons en Occident. La planète n’y survivrait tout simplement pas et les Hommes non plus par conséquent.

 

Face à ce constat d’échec aussi bien économique qu’humain et écologique, la poursuite de la croissance économique ne peut pas être une solution : pour se maintenir, cette logique implique nécessairement de surconsommer toujours plus de ressources et d'exploiter les travailleurs avant de s'en débarrasser une fois devenus inutiles ou trop chers aux yeux des actionnaires, avec comme corollaire une dégradation incessante de la planète Terre et des relations humaines.

 

2. Estiment que l’austérité est la conséquence logique de la croissance économique et du productivisme. Par conséquent, refuser l'austérité en réclamant plus des causes qui en sont à l'origine n’est pas une solution.

 

 

La vague d’austérité qui s’abat sur les peuples d’Europe est imposée par les institutions financières avec l’assistance active des Etats socio-démocrates. Ce qui est aujourd’hui appelé « austérité » est une nouvelle étape de cette dégradation nécessaire pour produire de « la croissance » ,: les spéculateurs cherchant à maximiser toujours plus leurs profits et le culte de la croissance à tout prix imposant la compétition entre les travailleurs du monde entier, le peuple est prié de trimer et de se serrer la ceinture pour faire tourner la machine. Toute croissance économique supplémentaire à venir ne pourra être réalisée qu’au prix de la répétition toujours plus violente de cette logique de dévastation. La croissance garantit l’austérité aux pays riches alors qu’elle plonge déjà des millions de personnes de par le monde dans la misère la plus noire.

 

3. Appellent les forces syndicales à ouvrir les yeux sur le caractère suicidaire du dogme de la croissance économique et du productivisme et à opérer une rupture antiproductiviste.

 

 

Les forces syndicales ont réalisé un compromis historique avec le capital quand les fruits de la croissance et du productivisme ont pu profiter à tous grâce aux améliorations substantielles des conditions de travail obtenues par de dures négociations, singulièrement au sortir de la seconde guerre mondiale. Mais depuis la fin des années 1970, la logique de croissance du capital a mené celui-ci à rompre l’équilibre. Depuis lors le bien-être matériel des populations de nos pays riches décline malgré l'augmentation presque continue du PIB, alors que les personnes les plus pauvres le restent, et que l'écart se creuse entre riches et pauvres, au sein de nos régions comme dans le monde entier.

 

Pris au piège de la logique close de la croissance infinie, les syndicats se trouvent désormais réduits à négocier la limitation de la vitesse à laquelle les conditions de travail et de solidarité sont détériorées. Ainsi, l’appel pour des emplois de qualité lors de l’euro-manifestation du 29 septembre s’oppose aux objectifs de rentabilité et de croissance que la CES semble appeler de ses vœux dans le même slogan.

 

Pour préserver la force des systèmes de solidarité conquis de haute lutte et mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale, il est désormais indispensable de sortir de la logique de l’accumulation sans fin.

 

Nous appelons les membres syndiqués des différentes composantes nationales et régionales de la CES à revendiquer haut et fort, au sein de leurs organisations, un changement de cap radical qui prenne une orientation antiproductiviste en faveur du « bien vivre » et de la solidarité et non du « toujours plus » et de la compétition généralisée.

 

Il est temps que les syndicats ouvrent les yeux sur le caractère suicidaire du dogme de la croissance économique et du productivisme et qu’ils initient sans tarder un profond changement de cap pour s’opposer frontalement à ces deux logiques socialement, humainement et écologiquement dévastatrices.

 

4. Proposent une autre voie plus réaliste qui vise le « bien vivre » et non le « toujours plus » : dénoncer les mythes économistes et changer d’objectifs, réduire le temps de travail, garantir un revenu suffisant à tous.

 

Selon nous, pour que la nécessaire transition vers une société soutenable soit socialement possible et juste, trois objectifs doivent être visés simultanément :

 

- Une réévaluation profonde des croyances qui soutiennent les politiques actuelles et un changement d’objectifs : dénoncer le mythe économique de la croissance infinie ; substituer la coopération et le bien vivre à la compétition et au toujours plus.

- Sortir du travaillisme pour partager le travail et retrouver du temps et du sens : organiser une réduction forte du temps de travail rémunéré,

- Garantir un revenu d’existence suffisant pour tout être humain (et instaurer symétriquement un revenu maximal), notamment en garantissant des droits d’accès aux biens communs et publics gérés collectivement (sécurité sociale, éducation, accès à l’énergie, l’eau, etc.).

 

Nos pays n’ont jamais été aussi riches mais notre mode d’organisation est inéquitable et destructeur. Un changement de cap est urgemment nécessaire. Les moyens sont disponibles, il nous faut organiser la force collective qui sera capable de s’opposer aux puissances installées et mettre en œuvre les alternatives. Les syndicats doivent reprendre le rôle émancipateur qui fut le leur au cours de l’histoire en rompant clairement avec la logique destructrice du productivisme et de la croissance.

 

Cet appel est également une invitation au dialogue fraternel avec les forces syndicales.

 

Une initiative du Mouvement politique des objecteurs de croissance (Belgique) : www.objecteursdecroissance.be

 

Signataires (organisations et personalités):

 

Belgique:

 

  • Groupe de Réflexion et d'Action Pour une Politique Ecologique

  • Le Début des Haricots

  • Les Amis de la Terre – Belgique

  • Mouvement politique des objecteurs de croissance

  • Nature&Progrès Belgique

  • Respire asbl

  • Sens dessus dessous asbl

  • Vélorution

 

  • Paul Lannoye, député européen honoraire - ancien président du Groupe des Verts au Parlement européen

  • Jean Cornil, ancien parlementaire, militant existentiel

  • Alain Adriaens, Député bruxellois 1989-2004

 

Espana:

 

  • Collectivo Deshazkundea

  • Coordinora Verde

  • Dale Vuelta-Bira beste aldera! (Movimiento por el decrecimiento)

  • Ekologistak Martxan. Euskalherria

  • Red Decrecimiento Sevilla, Transición en Comunidad

  • Sagarrak

  • Tiana Solidaria

 

  • Joan Martinez-Alier, economista, Universitat Autonoma de Barcelone, cocoordinador de la Revista Ecologia Politica

  •     Carlos Taibo, Profesor de Ciencia-Politica, Universidad Autonoma de Madrid    
  • Iñaki Valentín, miembro de Deshazkundea y de Antikapitalistak

  •     Florent Marcellesi, coportavoz de la Coordinadora Verde    

France:

 

  • Association des Objecteurs de Croissance

  • Action consommation

  • Bretagne décroissance

  • Coopérative du Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC)

  • Parti Pour La Décroissance

 

  • Paul Aries, directeur du Sakorphage, journal d'analyse politique

  • Yves Cochet, député

  • Alain Gras, sociologue, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

  • Serge Latouche, économiste, Université de Paris-Sud 11

  • François Schneider, docteur en sciences, auteur

 

Italia:

 

  • Movimento per la Decrescita Felice (MDF)

 

Suisse:

 

  • Réseau Objection de Croissance (R.O.C) Suisse

 

  • Jean Robert, architecte, auteur

 

19:30 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

30/08/2010

Chômage : Les jeunes n'ont pas fini de se faire...

La révision de la LACI discrimine les jeunes déjà beaucoup plus touchés par le chômage que la moyenne : en juin 2010, il y avait 133% de jeunes chômeurs de longue durée de plus qu’une année auparavant. Et, en comparaison avec la situation avant le début de la crise, le nombre des 15-24 ans au chômage a crû de 60%.

affiche_LACI.jpgCette révision provoquerait les mesures suivantes :

* Les moins de 30 ans sans emploi devront accepter n’importe q...uel emploi, même s’il n’a rien à voir avec leurs qualifications. Il s’agit de la notion de travail convenable. Cette mesure dévalorise la formation professionnelle.

* Le nombre d’indemnités journalières dont bénéficient les jeunes chômeurs sera drastiquement réduit. Les jeunes chômeurs de moins de 25 ans sans enfants ne recevront plus que 200 indemnités journalières au lieu de 400. Cela correspond à une durée de 9 mois. Cette mesure est en totale contradiction avec la situation actuelle du chômage de longue durée des jeunes.

* Les jeunes qui achèvent une formation n’auront droit plus qu’à 90 indemnités journalières au lieu de 260. Cela correspond à une durée d’indemnisation de 4 mois.

* Le délai d’attente jusqu’à ce qu’un chômeur reçoive ses indemnités sera prolongé pour les jeunes. Les moins de 25 ans devront attendre désormais de 10 à 20 jours (en fonction de leur revenu) au lieu de 5. Pour les jeunes qui achèvent une formation, le délai d’attente est même de 6 mois.

Les Jeunes Vert-e-s Genève, la Jeunesse socialiste genevoise et United Black Sheep ont décidé de réagir contre  cet acharnement à contraindre les jeunes à assumer toutes les conséquences d'une crise dans laquelle le véritable responsable est bien le système capitaliste tout entier.

Il existe d'autres moyens pour pérenniser l'assurance-chômage...sans pour autant réduire les prestations des jeunes ! En effe, les riches peuvent cotiser davantage. Par exemple, faire passer l'idée que toutes et tous cotisent sur l'ensemble de leur salaire. L'exemple de Daniel Vasela est très parlant. Il paie 2 520,- de cotisations chômage par an, malgré un revenu annuel (avec bonus) de 40 millions, il reverse donc 0,003 % de son revenu, contre 2% pour un salarié gagnant 60 000,- ! Est-ce réellement solidaire ?

Pour donner un signal fort en faveur d'une réelle solidarité et contre l'augmentation de la précarisation des jeunes, il nous faut donc voter un NON clair le 26 septembre prochain !

Les enveloppes de vote vont arriver bientôt dans nos boîtes aux lettre : renvoyons tout de suite le bulletin de vote avec un grand NON à cette révision honteuse de la LACI et adhérons à la page facebook...

Chômage: Les jeunes n'ont pas fini de se faire...

et à l'événement facebook...

Je vote NON à la révision de l’Assurance-chômage !

16:27 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chômage, jeunes, laci |  Facebook | | | |

25/08/2010

Retrait de l’initiative pour la réintroduction de la peine de mort : soulagements et critiques

Retrait de l'initiative pour la réintroduction de la peine de mort : les Jeunes Vert-e-s GE soulagé-e-s mais critiques !


L’initiative fédérale pour la réintroduction de la peine de mort est retirée.

 

Les Jeunes Vert-e-s Genève avaient accueilli avec consternation, mardi, l'aval donné par la Chancellerie fédérale à la récolte des 100'000 signatures en faveur de l'initative populaire fédérale pour la réintroduction de la peine capitale. Nous partageons aujourd'hui le soulagement général vis-à-vis du retrait de cette initiative qui représentait un retour en arrière considérable en matière de droits humains. Cette dernière est en effet contraire aux Protocoles 6 et 13 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) ratifiés par la Suisse. Ce qui vient de se passer doit pourtant nous servir de leçon pour la suite.

 

Les Jeunes Vert-e-s Genève estiment qu’il est déjà possible actuellement qu'une initiative contraire au droit international coutumier impératif soit annulée : si des initiatives contraires sont repérées, elles doivent être invalidées (et ce avant même la récolte de signature), sans quoi la Suisse s'expose à une condamnation à Strasbourg.

 

Par ailleurs, et plus largement, les Jeunes Vert-e-s Genève sont consterné-e-s et alarmé-e-s de constater que la Suisse, si fière d’être historiquement à la pointe en matière de défense des droits humains, continue de salir sa réputation : elle fabrique des armes et les vend avec intermédiaires dans les pays en guerre, vote l'internement à vie des délinquants sexuels, interdit la construction de minarets et prévoit bientôt le renvoi des criminels étrangers. Enfin, elle ratifie la CEDH, accueille à Genève fin février le 4ème congrès mondial contre la peine de mort - et n'est pas capable d'invalider une initiative réclamant le retour de la peine de mort.

 

Il est dès lors évident que la procédure administrative de validation des initiatives n'est plus adaptée à la réalité politique : nous pensons donc qu’il est indispensable de réfléchir à l’instauration d’un organe de contrôle supérieur indépendant (Tribunal Constitutionnel) permettant aux lois sortant du Parlement fédéral d’être contrôlées afin qu'elles respectent la Constitution, et aux projets d’initiatives qui contreviennent au droit d’être invalidées sur le champ.

 

Après la mauvaise surprise du 29 novembre 2009 et le vote scandale sur les minarets, nous ne pouvons plus nous reposer sur le « bon sens populaire »  ou sur des élites politiques largement dominés par la peur des partis populistes : une réforme de notre système démocratique devient clairement indispensable afin de ne pas répéter nos erreurs.

Jeunes Vert-e-s Genève, le 25.08.2010

 

Ps: L'Assemblée de Soleure, qui regroupe des associations pour les droits de l'homme et la démocratie, propose de se mettre ensemble pour réfléchir sur cette néssecité d’agir et de réforme constitutionnelle afin de renforcer les droits de l’homme et notre démocratie directe dans le futur, par exemple à travers le lancement d'une initiative populaire. Participez à la 2ème Assemblée de Soleure du samedi 9 octobre 2010 (10h00 - 16h00).

21:37 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mort, capitale, peine, initiative, jeunes, verts |  Facebook | | | |

23/08/2010

Yo, También !

En 2009, la 57e édition du festival de Saint-Sébastien avait remarqué que ce film, visible actuellement aux Scala à Genève, n'était pas un film comme les autres, lui qui a reçu le Coquillage d'argent à la meilleure interprétation masculine. Ce prix revient bien sûr à Pablo Pineda, premierère personne en situation de trisomie à avoir obtenu un diplôme universitaire en Europe. Il incarne Daniel, âgé de 34 ans, un homme présentant un syndrome de Down, qui décroche un travail aux Affaires sociales à Séville. Il va tenter de se faire une place au sein de cet organisme, et gagner la sympathie de Laura, pour qui il éprouve des sentiments qu'il aura de la peine à dissimuler.

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C'est donc un film qui mêle à la fois réalisme et interprétation, puisque l'acteur l'explique bien : "j'ai dû réaliser une introspection, revivre des moments très difficiles". Et cela se ressent à chaque instant, tant nous sommes plongés dans la vie de cette personne qui aspire à être reconnue pour ce qu'elle est.

 

Voilà toute la réflexion proposée par ce long métrage. Yo, También. Moi, aussi, j'existe, j'aspire à être aimé tel que je suis dans cette société qui est la mienne tout autant que la vôtre. Pourtant telle que nous est décrite la société, notamment avec les déboirs amoureux de Laura, rien ne laisse présager que l'accès à cette "normalité" soit bénéfique.

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C'est ce que nous compte merveilleusement cette histoire. A la fois ce besoin totalement inné et bouleversant de la revendication à la normalité (et notamment cette question en désespoir de cause de Laura adressée à Daniel : "Pourquoi veux-tu tant être normal ?" qui n'aura pour réponse que les larmes) et de l'autre côté ce véritable hymne silencieux et poétique à la différence.

 

Et cette réflexion sur l'accès à la sexualité et à l'amour des personnes en situation de handicap. L'amour appartient à chaque être humain, en privé une partie de la population sous peine qu'elle a des gènes différents, c'est un acte criminel. Le film le montre bien, et met en lumière les limites d'un système qui exprorie (par la tutelle) les personnes ayant un handicap de leur vie sociale, affective et morale, sous prétexte de ne pas avoir des capaciétés intellectuelles suffisantes.

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Quand comprendrons-nous que l'intelligence est loin d'être réductible au fonctionnement neuronal, à un résultat déterminé par des tests, mais est bien plutôt le résultat d'accumulation d'expériences et d'apprentissages de la vie à la suite de rencontres fécondes avec nos semblables ?! Comme l'exprime bien Daniel lui-même, séparer l'âge chronologique et l'âge mental n'a pas de sens. En effet, nous n'avons qu'un seul âge, et c'est celui qui est mesurable par notre capacité à aimer, à changer de regard sur ce monde, sur autrui, à adopter ce regard inconditionnel et authentique qui révèle l'essence même de l'être, comme le fait Daniel.

 

En résumé, ce film, s'il ne nous bouleverse peut-être pas autant que « Le huitième jour », ne nous laissera pas indifférent à la manière de percevoir le monde, et notre relation aux autres.

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Pour finir, voici dans un interview ce qu'a dit vouloir donner à la société comme message Pablo Pineda :

 

"Je souhaite devenir un exemple. Je veux démontrer que si l'on met en œuvre tout ce qu'on est capable, vous pouvez faire ce que vous voulez. Mais à côté de ce que j'ai pu réaliser, je m'attends également à la société à faire sa part. Je ne veux pas que ce soit un effort d'un chemin. C'est un début de succès et montre aux gens que nous sommes aussi compétents que les autres. Si vous êtes celui qui met en place les barrières, vous détruisez alors les possibilités pour les autres. Et, d'autre part, il est essentiel pour la société de comprendre toutes ces choses."

03:26 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, amour, festival, espagne, handicap, intelligence |  Facebook | | | |

16/08/2010

Voumard = cauchemar = marre du capitalisme !

Nous apprenions il y a quelques jours la fermeture de Voumard Machines à Hauterive, entreprise active dans la fabrication de machines à rectifier et qui avait été vendue en 2005 à l’Allemand Peter Wolters, lui-même contrôlé par la société financière américaine Novellus. D'où ces methodes cavalières, refusant tout partenariat social, avec 92 licenciements à la clé, pour transférer l'activité en Allemagne alors qu'il y a du travail jusqu’à la fin de l’année, certains ouvriers continuant de faire des heures supplémentaires ? Cela justifie bien le slogan des militants du syndicat Unia qui ont mené une action coup de poing, criant «Voumard, cauchemar, Voumard, cauchemar!». Nous pourrions rajouter : Voumard = cauchemar = marre du capitalisme !

Cette fermeture honteuse au nom du profit, que même ce cher conseiller d'Etat libéral-radical F. Hainard regrette (mais a-t-il réellement tout entrepris pour favoriser le maintient de l'entreprise, comme il l'a fait pour sa maîtresse lors de son engagement dans l'administration cantonale ?) ne peut que nous mener à penser au mouvement de récupération massive d’entreprises par leurs salariés développé par les Argentins, connu sous le nom d' « Occuper, résister, produire » grâce notamment aux foyers de résistance et d’alternative regroupant des forces solidaires en pleine crise de la dette.

Dans les années 1990 en Argentine, en effet, a commencé à se développer le mouvement de récupération d’entreprises en faillite par leurs anciens employés, suite à l'application à la lettre du modèle néolibéral du président Carlos Menem qui produisait chaque année des milliers de chômeurs, du fait de privatisations massives, sans compter l'élimination des restrictions à l’importation et des subventions à l’exportation qui prétéritaient la petite industrie nationale.

Nous avons donc dans nos contrées à nous inspirer de ce modèle. Quel salarié ne voudrait pas pouvoir produire en autogestion grâce à sa créativité et à un large mouvement de solidarité derrière lui capable de réclamer des réformes et des politiques publiques pour soutenir de nouvelles coopératives ?

Ce travail ne sera pas facile, et sera le prix de longues batailles politiques et de confrontations : en Argentine, ces reprises d'entreprise ont subi des réponses violentes de la part de la police et des divers pouvoirs politiques, ce qui a solidarisé ces luttes isolées en de vrais foyers de résistance et d’alternative regroupant des forces solidaires, mouvements assembléistes de quartier, piqueteros (chômeurs organisés), partis de gauche, étudiants, enseignants, salariés, voisins, artistes, etc. afin d’empêcher les expulsions, d’aider l’occupation des locaux et la mise en place des projets d’autogestion.Mais c'est sur ce chemin qu'il faut bâtir l'alternative au système capitaliste en vigueur.

L'Argentine, qui, d'ailleurs, pour lutter contre la crise totale qui l'a touchée, a su inventer d'autres alternatives, comme la monnaie alternative, qui n'offre plus de prise à la spéculation internationale et a évité qu'une crise purement financière détruise la société en créant le chaos dans l'économie réelle.

On en est encore loin ici : mais nous savons ce qu'il nous reste à faire. Imaginons que les 100 collaborateurs concernés par l'honteuse fermeture dans le canton de Neuchâtel de Voumard Machines débouche sur une telle réappropriation des salariés de leur moyen de production, avec l'appui de tous les partenaires ! Alors que le Conseiller d'Etat Frédéric Hainard n'a rien à proposer que la critique de la gestion capitaliste de l'entreprise (issu pourtant du dogme libéral qu'il défend), l'opposition de gauche devrait proposer de telles alternatives.

Les Verts en tout premier lieu, si tant est que nous nous revendiquions de l’écologie politique comme les Jeunes Vert-e-s Genève, ce mouvement qui s’appuie sur des analyses théoriques dans le but de transformer le réel par le militantisme et par le combat politique pour sortir du capitalisme. Voilà le chemin à suivre, ici, par nos propres forces solidaires locales qui doivent prendre mondèle sur les argentins afin de s'unir sur le terrain pour empêcher ce genre de délocalisations en masse de salariés doublement expropriés (après les moyens de production, c'est la production elle-même qui leur est enlevée).

 

22:57 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : alternative, réappropriation, délocalisation, chômage, argentine, entreprise |  Facebook | | | |

05/07/2010

Supprimer la vieille tradition absurde de l'obligation de servir

"Le service militaire obligatoire est une tradition absurde qui doit être abolie une bonne fois pour toutes."

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a lancé ce lundi, par ces termes, son initiative populaire pour la suppression de la conscription. Cette initiative est en effet importante à plus d'un titre (lire aussi à ce propos le communiqué du GSsA) :

 

L'armée actuelle, comme le juge un Suisse sur deux (selon la dernière étude de l’EPFZ), est trop volumineuse. Ils ont raison : avec pas moins de 200'000 hommes, la Suisse connaît une densité de soldats au km2 sans comparaison en Europe ! De plus elle coûte très c35074_411523346474_727071474_5096759_4279221_s.jpgher ! 3.7 milliards, le budget de l’armée Suisse : 3,7 milliards de trop ! Si la proposition de la GSsa passe, cette somme va nettement baisser et pourra être mise dans des activités qui valent réellement la peine et pour lutter contre de véritables menaces : les catastrophes, la cyberguerre ou le terrorisme, contre lesquels il faut de petites unités spécialisées et non une armée de masse pourvue grâce à l’obligation de servir.

 

Cette initiative part d’une véritable volonté populaire, contrairement aux dernières lancées par le GSsA (par exemple celle voulant interdire l'exportation du matériel de guerre, ou encore, dans toutes les mémoires, les initiative voulant supprimer l’armée qui ont échoué les deux fois, en 1989 et 2001). Les chiffres le prouvent, puisque 74% des personnes interrogées (étude de l'EPFZ) estiment que l'armée demeure nécessaire, alors que 45% sont pour la suppression de l'obligation de servir. C'est donc que la voie semble ouverte à une telle avancée en Suisse, laquelle suivrait une tendance européenne en abrogeant l'obligation de servir, 25 pays connaissent le service volontaire (la Suède l'a adopté il y a quelques jours, l’Allemagne et l’Autriche en débattent) sur 43 Etats armés. Dans le monde, voici la situation actuelle :

 

 

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Carte : la conscription dans le monde (Wikicommons)
rouge : les Etats appliquant encore la conscription ;
bleu : armée volontaire/professionnelle ;
orange : suppression prochaine de la conscription ;
vert : pays sans armée.

 

La fin de l’armée de milice, le début d’une armée de métier ? C'est la crainte d'une partie des citoyennes et citoyens. Or, la Suisse devrait toutefois disposer d'une armée de milice, de taille réduite, si l’initiative passait. L'initiative concerne en effet uniquement l'obligation de servir. Il n'y a pas à craindre de l'apparition d'une armée de professionnels, le principe de l'armée de milice demeurant inscrit dans l'article 58 de la Constitution. Il n'y aura pas non plus des "Rambos" dans l'armée, les personnes dangereuses et violentes ne peuvent et ne pourront intégrer l'armée.

 

Enfin, des raisons très objectives soutiennent l’obligation de servir, qui est une atteinte aux droits humains. Ceux qui sont déclarés inaptes ou sont réformés doivent payer une taxe que la Cour européenne des droits de l'homme juge elle-même discriminatoire. De plus, le fait que seuls les hommes y soient contraint est discriminatoire. De plus, actuellement l'Etat peut contraindre un jeune homme à participer aux guerres - alors qu'il est plus responsable de promouvoir des solutions non-violentes aux conflits. Nous vivons dans un Etat souverain ou il devrait être possible d'accepter ou non de s'engager à prendre les armes, et non d'y être contraint. Ou alors préférons-nous la dictature du militarisme… ?

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Enfin, l'obligation de servir est aussi anti-démocratique : en obligeant les jeunes hommes de servir, on leur apprend à exécuter des ordres plutôt qu'à penser par eux-mêmes. Nos aînés se sont battu pour respecter leur conscience et le droit de ne pas être obligés de porter une arme. Ceux qui ne voulaient pas faire d'armée pour des raisons de conscience étaient condamnés à des peines de prison.

Aujourd’hui, notre devoir est donc clairement d’en finir avec cette vielle tradition qu’est l’obligation de servir, et de le dire en signant l’initiative du GSsA !

Avec cette initiative, l'armée va se transformer en une armée de milice volontaire, réduite en taille et le service civil sera conçu de manière totalement indépendante du service militaire et sera ouvert sur une base volontaire, aux femmes comme aux hommes.

20:19 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (22) |  Facebook | | | |

23/06/2010

Les vélos, ces fragiles boucs émissaires du trafic motorisé

Comme chaque dernier vendredi du mois, la Critical Mass de Genève a eu lieu dès 18h30 dans les rues du centre-ville ce 28 mai dernier. Environ huit cent cyclistes (sept cents, selon la police) ont participé à cet événement festif qui exige un plus grand espace pour les déplacements non-motorisés. Cette manifestation est organisée tous les derniers vendredis du mois, et a lieu dans environ 325 35740_433835936966_610301966_5647314_729526_n.jpgvilles sur plusieurs continents. Elle a subi ces derniers temps, à Genève, une répression policière complétement disportionnée, comme relaté dans Indymedia et le Courrier.

Chaque ville ayant ses propres particularités, la Critical Mass de Genève porte à la fois un message mondial commun et un message genevois. Au vu de l’actuelle répression que subissent les jeunes et la culture alternative, mais également devant la condamnation ou la disparition de tout ce qui entrave la circulation des marchandises, de l’argent et des travailleurs, nous pouvons donner un sens très politique à la répression policière que la Critical Mass subit, tout comme celle que subissent les vélos, ces fragiles boucs émissaires d'un trafic motorisé qui les met en danger à chaque instant. Voir à ce sujet le dernier article de la Tribune où on apprend que la police n'a, ces derniers jours, rien d'autre à faire que de mettre des amendes à des cyclistes qui -la majeur partie du temps- ne dérangent ni ne blessent personne (proportionnellement et comparativement aux dégâts engendrés par les voitures), cela, comme par hasard, quelques jours avant la prochaine Critical Mass à Genève (voir l'événement facebook).

Les revendications de la « masse critique » rassemblent des manifestant-e-s de nombreux pays : il s’agit tout d’abord de porter un message de sociabilité dans des villes où le vivre ensemble est largement sacrifié. Appliquant avant l’heure cette évolution qu’ils souhaitent pour l’espace public, bien souvent après les Critical Mass, mais aussi pendant, les participants se retrouvent pour des moments conviviaux, comme vendredi 28 mai dernier où a été organisé un repas convivial en musique, gratuit et ouvert à tout-e-s.

La jeunesse qu’on nous présente volontiers comme essoufflée et absente du débat démocratique, témoigne dans ce genre d’actions décalées qu’elle n’a pas abdiqué et qu’elle souhaite faire entendre sa voix. La Critial Mass, en tant que lieu d’expression d’une volonté populaire, rassemble d’ailleurs de nombreuses participantes et participants de moins de 18 ans. La moyenne d’âge très basse pourrait orienter les exigences formulées par la Critical en termes d’affrontement de générations. DSC00639.JPGCe clivage, bien que remis en question par plusieurs quadragénaires demeurés jeunes d’esprit, amène néanmoins à considérer que cette jeunesse demande un espace aux plus âgés et à aux responsables politiques, une place pour vivre, pour se déplacer, pour exister. Quoi qu’il en soit cette « masse critique » refuse le monopole de la voiture et remet en question la domination des plus forts sur les plus faibles.

Par ailleurs, c’est bien la jeune génération qui va devoir assumer la catastrophe écologique, bien représentée par la prédominance de la voiture individuelle. Un simple chiffre met en évidence l’aberration du système automobile dans une ville étroite comme Genève : l’infrastructure pour les voitures recouvre trois fois plus de territoire que le logement (483 ha bétonnés pour le logement contre 1'637 ha consacrés aux routes, parkings et autoroutes. Calcul d’après les chiffres de l’OFS) ; de plus, elle ralentit les vélos, les piétons, les transports publics d’environ 25%. Au-delà de Genève, la voiture tue 350 personnes par an et en blesse 26 000, en Suisse. Enfin, ce fait non chiffrable n’est pas de moindre importance : la voiture détruit l’espace de rencontre que représente la rue.

A la rupture des rencontres et du lien social s’ajoute un autre fait, plus grave encore : la déshumanisation des rapports. Coupé des perceptions sensorielles, mis à part la vue, l’être humain vu à travers un pare-brise est déréalisé, presque comme dans un jeu vidéo. La déshumanisation ne s’arrête pas là, DSC00668.JPGla domination par le moteur, qui concerne tous les engins motorisés, fausse les rapports entre les personnes en modifiant les vitesses, le pouvoir, les possibilités et les rôles de chacun. Ainsi, selon que l’on conduit, marche, ou pédale, chacun devient un obstacle pour l’autre.

Le mouvement de la Critical Mass est le cri des jeunes qui réclament un changement. Saurons-nous l’entendre ? La rue pour un jeune, est un espace de socialisation par excellence, comme il l’est pour chaque citoyen-ne-s : les rues piétonnes ne sont-elles pas appréciées par une grande majorité de la population ?

Ces revendications, qu’on les trouve compréhensibles, légitimes ou nécessaires, sont pourtant en passe d’être marginalisées voire criminalisées. Si l’accord tacite de sacrifier 350 personnes par an sur les routes suisses pour le système automobile n’est pas remis en question, le droit des jeunes à manifester pour d’autres rues est lui victime de répression. En effet, plus les personnes sont nombreuses à réclamer des espaces non-motorisés, plus la police tant à criminaliser ces rassemblements.

Demander plus d’espace de vie est pourtant un droit légitime, la Critical Mass n’a d’ailleurs rien d’illégal : c’est un mouvement spontané de cyclistes, sans organisation ni leader. Comme l’a précisé le Tribunal de police lui-même, il n’y a pas à demander d'autorisation pour ce type d'événement spontané qui a existé depuis des années à Genève sans jamais poser de problèmes. Pourtant, ces deux derniers mois, les policiers suivent le cortège avec une à trois camionnettes, filment les participant-e-s à leur insu et cherchent à provoquer les cyclistes pour4257_98798296966_610301966_2627633_1930521_n.jpg qu’ils répondent et soient d’office criminalisés. La moindre occasion semble bonne pour procéder à des arrestations. C’est ce qui est arrivé vendredi dernier à un participant qui a eu droit à une interpellation violentissime de la part d’agents de l’ordre public dont les bavures deviennent monnaie courante (coups et blessures, insultes et humiliations, et comme résultat : clavicule fracturée) : voilà ce que la police propose pour casser l’énergie et la motivation des jeunes.

Les participant-e-s à la Critical Mass ont pour directives de suivre le cortège pacifiquement, de ne pas provoquer la police et de laisser passer piétons, transports publics et ambulances. La seule conséquence provoquée par ce rassemblement est de ralentir les automobiles, aucune violence ou dégât ne devrait naître d’un changement de vitesse de circulation.

Or les automobilistes comme d’ailleurs les policiers semblent parfois oublier qu’ils ont à faire à des êtres humains, souvent à des mineurs, qu’ils mettent en danger inutilement en roulant trop vite au milieu ou à proximité du cortège. Blesser les personnes n’est assurément pas le rôle de la police. Pour éviter ce genre de débordement, ou de perte de contrôle qui peut avoir des suites fatales, ils serait bon que les policiers viennent à vélo. Ils pourraient ainsi protéger de manière égale toute personne qui pourrait être victime de violence, qu’elle soit du côté cycliste ou automobiliste, dans cette manifestation sans moteur.

Quant à nous, c’est notre devoir de venir nombreuses et nombreux à titre personnel pour soutenir ce mouvement social !

Prochaine Critical Mass : vendredi 25 juin, 18h, Pont des Bergues, Genève. A Lausanne : 17h30, Montbenon.

La base de cet article est paru dans le Journal Gauchebdo du 4 juin 2010

03:51 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : vélo, critical mass |  Facebook | | | |

26/05/2010

Burqa, voile : et si on se trompait de guerres de religion ?

Alors que l'islamophobie fait rage en Suisse et partout en Europe, il semble que, après l'épisode peu glorieux sur les minarets, l'interdiction de la burqa soit devenue le nouveau bouc émissaire des problèmes auxquels nous sommes confrontés (dans un récent sondage, 57% des Suisses sont pour une interdiction du voile intégral). Sur ce sujet, on aura plaisir à rappeller que notre "féministe" préférée, Elisabeth Badinter, a fait des siennes il y a quelques temps sur le sujet, avec sa "Lettre a celles qui portent volontairement la burqa"(2009).

Dieu soit loué, elle "s'interroge" pour nous sur ces femmes, du haut de son piédestal ethnocentrique, leur conseillant de retourner dans leur pays :

"Pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous demandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble ?"

Le pire est à venir, puisqu'elle impute à ces mêmes femmes les troubles de leurs "soeurs opprimées" restées au pays :

"En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l'offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez."

C'est vraiment odieux et nous rappelle la phrase stridente du président français : - la France tu l'aimes ou tu la quittes -

Et pendant ce temps Badinter ne dit toujours rien sur l'utilisation du corps de la femme en tant qu'objet comme un autre pour faire vendre, cela dans nos belles sociétés modernes et laïques (et oui). Normal, la pub est son empire.

Finissons avec une citation d'Alain Badiou tiré de son texte "Derrière la Loi foulardière, la peur" (2004), toujours d'actualité, qui montre très bien que Badinter, comme toute la majorité des mass médias d'ailleurs, se trompe de "guerres de religion" :

"Au demeurant, n'est-ce pas la vraie religion massive, celle du commerce ? Auprès de laquelle les musulmans convaincus font figure de minorité ascétique ? N'est-ce pas le signe ostentatoire de cette religion dégradante que ce que nous pouvons lire sur les pantalons, les baskets, les tee-shirts : Nike, Chevignon, Lacoste,... N'est-il pas plus mesquin encore d'être à l'école la femme sandwich d'un trust que la fidèle d'un Dieu ? Pour frapper au cœur de la cible, voir grand, nous savons ce qu'il faut : une loi contre les marques. Au travail, Chirac. Interdisons sans faiblir les signes ostentatoires du Capital."

Bref, une nouvelle fois, Badinter et ses amis les médias font fausse route. En menant une croisade contre les quelques centaines de femmes qui portent la burqa ou le voile en Suisse, ou contre les centaines d'étrangers criminels , on ne fera que les stigmatiser une seconde fois. De plus cela permettra de voiler (sic!) les véritables problèmes auxquels nous devons faire face (chômage, exclusion sociale, maladies du travail, pénurie de logements, licenciements, spéculateurs, etc.) ainsi que le véritable ennemi qui en est le responsable, à savoir le capitalisme qui organise la marchandisation du monde, dont le corps de la femme réduit à l'état d'objet n'est qu'un exemple, retentissant pourtant, mais jamais combattu par Badinter. Il est toujours plus facile de faire la critique des autres que sa propre auto-critique.

16:30 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : féminisme, voile, burqa, islamophobie, laïcité |  Facebook | | | |