25/04/2012

En France et à Genève, l'extrême droite dicte sa loi

Lorsque l'économie va mal, on trouve des boucs-émissaires. C'est le cas actuellement dans la campagne présidentielle en France et dans celle de la Constituante à Genève : c'est désormais la mode, les droits politiques des étrangers sont instrumentalisés à des fins xénophobes et populistes. En France, la fascisation des esprits bat son plein, avec un Sarkozy qui extrême-droitise son discours pour rameuter le vote FN... Le Pen et ses électrices et électeurs (qui sont 1 million de plus qu'en 2002 à avoir voté haine, peur et rejet) ne sont plus seuls à danser sur la vague bleue marine : 64% des électrices et électeurs de Nicolas Sarkozy souhaitent une alliance avec le FN pour les législatives.

 

sarkopen.pngJusqu'à quand "Sarkopen" s'abstiendra-t-il de tout compris avec la droite extrême ? Lui qui aujourd'hui fait la Une de Libé, ce journal dit "de gauche" qui titre, avec photo du Président en plein page et le citant : "Le Pen est compatible avec la République"...

La gauche française elle aussi se surprend à tanguer dans les vagues bleues marines... A peine les résultats du 1er tour tombés, Ségolène Royal s'empresse de préciser à sur France 2, lors d'un débat avec Nathalie Kosciusko-Morizet, qui l'interrogeait sur le sujet, que le droit de vote des étrangers n'avait jamais été la priorité du PS alors même que François Hollande avait reparlé du projet d'instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales lors de la présentation de son programme au Bourget, il y a deux mois, le 22 janvier. Un François Hollande qui finalement promet la concrétisation de cette mesure pour 2013...

A Genève, dans le cadre de l'Assemblée Constituante et le débat sur la 3ème lecture, c'est l'éligibilité des étrangers qui est passé à la trappe alors même qu'elle était acquise avec une majorité allant de l'extrême gauche au groupe Radical Ouverture et même au-delà - lire à ce propos la prise de position des Radicaux après la séance plénière du jeudi 10 juin 2010. Dans cet article des Radicaux, on lit d'ailleurs cela : "En 2009 et en 2010, ce sont Murat Julian Alder et Thomas Büchi, membres de la Commission des droits politiques de l’Assemblée constituante, qui ont réaffirmé l’attachement du Parti radical genevois à l’intégration des étrangers par l’octroi de la citoyenneté locale." Mais sans doute, le fait d'avoir fusionné avec les Libéraux désengage ces messieurs de toute parole.... Quant au PDC, lui aussi était en faveur, puisque qu'il avait permis de faire pencher la balance du bon côté lors du vote en deuxième lecture. Mais "quelques téléphones" ont eu raison de leurs positions, comme nous l'apprenait la TDG avant même que débute la 3ème lecture : Béatrice Gisiger, ex-maire d'Onex et cheffe de groupe PDC à la Constituante juge qu'une disposition transitoire qui fera obligation au Conseil d'Etat de soumettre le sujet controversé au verdict des citoyens d'ici fin 2014, évite de braquer les opposants ! Et d'expliquer qu'«au lendemain du vote du PDC, j'ai reçu des coups de fil de membres qui m'ont fait savoir qu'ils voteraient contre la Constitution si l'éligibilité des étrangers y figure.»...
Mais comme en France, la droite et le centre ne sont pas les seuls à courber l'échine devant les populistes de la droite extrême. Certains constituants comme le socialiste Cyril Mizrahi («Si la droite tient ses engagements, nous ne ferons pas de l’éligibilité des étrangers un casus belli», Le Courrier, mardi 17 avril 2012) ne semblent pas se gêner de prétendre haut et fort qu'il fallait monnayer sur cette question de l'éligibilité. Et utiliser les étrangers pour arriver à ses fins, soit que la droite renonce le moment venu aux art. 140, 149 et 150 restructurant la fiscalité communale par l'imposition au lieu de domicile, ce qu'elle fit après que les lamentables tractations aboutissent. Or la vérité tout le monde la connaît : cette éligibilité dérangeait les groupes d'extrême-droite (MCG+UDC), et c'est donc avant tout en vue de céder au chantage de ces extrêmes que le monnayage sur les droits politiques des étrangers a eu lieu.

Un constituant éclairé nous l'explique bien : Michel Ducommun (groupe SolidaritéS): «Il y a ici une nette majorité en faveur de l’éligibilité. Or, on va renoncer à nos convictions sous la pression de groupes qui font leur beurre du rejet des étrangers. Cela va donner une piètre image de cette assemblée!»

ViVRe (Vivre Voter Représenter), qui est un regroupement d'associations et de parti qui luttent pour les droits politiques des étrangers à Genève s'est dit, dans son communiqué de presse, doublement en colère suite aux décisions prises par la constituante d’éjecter du projet de constitution l’éligibilité communale des étrangers :

"L’Assemblée constituante a clairement manqué à ses responsabilités en refusant, en matière d’éligibilité des étrangers, de se mettre au niveau de pratiquement tous les cantons romands qui l’appliquent déjà (Fribourg, Jura, Neuchâtel, Vaud).

Cette démission est d’autant plus regrettable qu’elle a été dictée en grande partie par un marchandage et qu’elle revient à céder au chantage des partis qui font du rejet des étrangers leur fond de commerce.

Du point de vue de ViVRe, le refus de toute avancée en matière de droits politiques des étrangers prive au contraire la Constituante d’un élément mobilisateur fort, dans un canton qui compte 66% de personnes nées étrangères ou de parents de nationalité étrangère."

Une fois de plus donc, les droits des minorités et des personnes étrangères, en France comme à Genève, sont utilisés à des fins xénophobes et populistes, et le monde politique, de gauche comme de droite, cède devant le chantage de la droite extrême.

18:35 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : extrême droite, étrangers, politique, france, sarkozy, hollande, royal, constituante |  Facebook | | | |

16/04/2012

Les étrangers, monnaie d'échange à la Constituante

Ce qui avait été annoncé ce matin est arrivé : lors de la séance d'aujourd'hui, la majorité de la Constituante (Libéraux, Radicaux, PDC, G(e)avance, UDC, MCG) a voté la suppression de la disposition sur l'éligibilité des étrangers du projet de consitution, alors que les groupes de gauche et associatifs (PS, Verts, Avivo, Solidarités, Associations de Genèves) s'y sont opposés.

En contrepartie, les groupes de droite se sont engagés à retirer la disposition sur l'imposition communale sur le lieu de domicile. Nous sommes donc bel et bien face à un marchandage politique, qui voit les étrangères et étrangers et leurs droits être utilisés à des fins de compromis malsains.

L'éligibilité des 40% de personnes étrangères à Genève est donc exclue de la 3ème lecture de la Constituante genevoise, renvoyée dans un vote à part ! En effet, les groupes Libéraux, Radicaux, PDC se sont aussi exprimés pour que l'éligibilité communale soit inscrite dans une disposition transitoire. Cette disposition transitoire sera traitée à la fin de la 3e lecture. Le populisme et la soumission à la xénophobie qui a guidé ce choix sont tout simplement inacceptables !

Qu'on se le dise déjà : ViVRe, qui avait mis en garde contre ce recul et les jeux politiques qui se tramaient, va évidemment réagir de manière claire et directe à cet affront fait à toute la communauté étrangère établie à Genève.

19:38 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : droits, étrangers, consituante |  Facebook | | | |

25/03/2012

Le machisme selon Décaillet

Dans son dernier blog, M. Pascal Décaillet est simplement fidèle à lui-même, et se fait le chantre du machisme politique contemporain, la figure de proue du sexisme ordinaire institutionalisé. Ce que nous explique ce bon Décaillet, c'est que quand une femme est élue, serait-elle aussi compétente et aguérrie qu'Anne Emery-Torracinta, c'est à cause d'un complot au nom de la parité, même si ledit parti n'a pas ancré cette règle dans le marbre de ses statuts (sic!).

Mais finalement il faut le laisser se croire le roi du monde à Genève, et faire ses petites émissions où il daigne nous faire part de toute sa culture : cela lui donne l'impression d'exister et de servir le bien commun - je suis même persuadé qu'il est de bonne foi. Une foi bien udciste, bien conservatrice, bien morale et misogyne comme il faut. Un petit Décaillet éconduit car il ne pourra pas voter ce cher Tornare, cet Homme qu'il vénère tant car il est si compétent (lisez, il sait si bien réseauter).

Normal, me direz-vous, qu'on apprécie quelqu'un qui nous ressemble, n'est-ce pas M. Décaillet ! Vos connivences avec Barbier-Mueller (qui détient Léman Bleu, et soutient les campagnes du PLR) et la droite ultra-libérale conservatrice et xénophobe d'un de leur éminent ami Tito Tettamanti, ce grand ami de Christophe Blocher, se sont une fois de plus vues étalées au grand jour lorsque vous avez défendu avec tant de coeur ce pôvre Mark Muller...

Mais, un Décaillet tout content de nous apprendre que sa nouvelle coqueluche socialiste, Tornare ayant été éconduit par un méchant réseautage féministe (lâchons le mot, un horrible complot misandre), a un nouveau visage, d'Homme s'entend... Enfin nouveau... On a eu l'occasion à maintes reprises de le découvrir sur Léman Bleu, lui qui y avait un abonnement quasi journalier : "Et la nouvelle présidence de Romain de Sainte Marie s'annonce prometteuse d'un nouveau militantisme qui fait plaisir à voir."

Décidément, le journalisme version décaillet aura au moins le mérite d'être toujours capable de nous étonner dans sa capaciété à élever la médiocrité, le copinage et le machisme ordinaire au rang de valeurs journalistiques objectives.

23:46 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : machisme, politique, féminisme, parité |  Facebook | | | |

12/03/2012

Blogs TDG, parents pauvres d'une presse dirigée par les lobbies

Lors du changement de configuration du site de la Tribune de Genève, au début janvier, j'écrivais (par mail) au rédacteur en chef adjoint de la Tribune (Tristan Cerf) et à celui du web, concernant le référencement des blogs dans le nouveau portail de la Tribune de Genève, où je dénonçais le fait que le nouveau portail électronique de la Tribune ne mettait plus en avant les blogs comme auparavant... en effet, plus aucun signet en haut du site n'apparaissait pour renvoyer à la page de garde des blogs.

Il semble que cette crainte de voir mis de côté la parole des nombreuses blogueuses et blogueurs, ainsi que le débat public qui l'accompagne, ait été encore confirmée par la nouvelle politique proposée par la Tribune depuis lors, qui consiste désormais à "référencer sur la colonne de droite le contenu de quatre à 5 blogs choisis, sous la rubrique "le blog du jour""...

Cela, je l'apprends grâce à Tristan Cerf, il y a quelques jours seulement, sur facebook (quel manque de professionnalisme !): je le remercie d'entrée de sa très prompte réponse. Deux mois seulement d'attente afin d'avoir enfin l'éminent honneur d'obtenir une réponse de la part de l’intelligentsia des blogs de la Tribune de Genève ! Sachez, Monsieur Cerf, que personne n'est dupe, pas même votre cher et dévoué M. Mabut, qui lui-même se plaignait dès janvier, et ce presque autant que nous de cette relégation (car il s'agit bien de ça) des blogs dans un endroit tout à fait inaccessible sur le site (en bas, tout au fond à droite). Les blogueuses et blogueurs sont relégué-e-s au coin, car les mettre en avant n'est pas rentable.

Même si vous n'y avez pas mis la forme, je vous répondrai sur le fond. En deux mois, le référencement des blogs s'est encore péjoré : la seule référence renvoie à un blogueur, et non à la page de garde, avec tous les blogs. C'est donc encore moins démocratique que vous auriez pu le prétendre si les choses en étaient restées en l'état. Qui plus est, ce sont toujours les mêmes blogueurs qui sont mis en avant : normal, il n'y a qu'une personne responsable des blogs...sans doute pour des questions budgétaires... bravo pour la démocratie à la Tribune de Genève... Mais comme quoi, vous pouviez faire encore pire. Et comme quoi, la Tribune de Genève peut encore nous surprendre en mal.

Ensuite, dans votre réponse, vous essayez d'argumenter pour prouver que votre nouvelle manière d'annoncer les blogs est plus pertinente, et vous dites : "Comme vous le savez si bien, la qualité ne dépend pas de la quantité." Puis vous vous contredisez, montrant bien que vous, vous ne privilégiez pas la qualité, mais la quantité, en disant ensuite : "Je suis persuadé que notre responsable des blogs Jean-François Mabut sera plus à même de vous nommer blogueur d'un jour si vous publiez plus ;-)". Je ne compte pas "publier plus" afin d'apparaître dans vos référencements en bas à droite où personne ne va, rassurez-vous M. Cerf. Mais je ne doute pas que ce même billet trouvera grâce aux yeux des très neutres décideurs de la Tribune, et sera nommé "blog du jour" par vos soins :-)

Bref, la Tribune c'est comme le Matin ou le 20 minutes : ce qui compte, c'est le nombre de clics que vous récoltez avec des articles "journalistiques" bradés à la solde de l'audimat et des sponsors qui vous dictent vos sujets, ce jusqu'au titre que vous leur donnez : quelle triste chose qu'est devenue la presse genevoise...

Mais Monsieur Cerf, vous n'êtes que le maillon utile de l’ogre Tamedia, et de son lot de licenciements qu'il a provoqué et provoque encore, je ne vous en tiendrai dès lors pas trop rigueur. Continuez à nous faire rêver avec vos poli(t)blogs si décalés. Si vous déclarez dans l'un de ceux-ci au titre d'ailleurs fort peu poli, que les indigné-e-s ont été oublié-e-s dès décembre, dites-vous que parfois il vaut mieux n'avoir jamais tellement trop existé - le paysage romand de la presse aura tôt fait de vous oublier lui aussi. Lui qui est si bien gardé par les monopoles des groupes zurichois, ainsi que par un certain
Genevois, Stéphane Barbier-Mueller et la famille Barbier Mueller qui pèse 800 millions de FS selon le magazine "Bilan", qui domine le marché de l'immobilier à Genève (SPG et la régie Pilet Renaud), finance la campagne des candidats PLR, et possède aussi des médias. On lira à ce propos l'interview pour le moins intéressante de Tito Tettamanti (très grande fortune, proche de Christoph Blocher, et qui domine la presse suisse-allemande tout en aidant le nouveau site web très à droite "LesObservateurs") qui explique, parlant de Barbier-Mueller : "Je suis un vieil ami de son père, Jean-Paul Barbier. Dans les années 60-70, nous étions partenaires dans des affaires immobilières, à Genève, notamment. Stéphane détient la télévision Léman Bleu, nous partageons les mêmes idées ainsi qu’un souci pour la culture et les médias. Il est faux de dire qu’il n’y a pas de personnalités en Suisse romande. Mais on les oublie, parfois."

Article à découvrir ici afin de bien comprendre qui détient les rennes de la presse, de l'information et donc dirige les opinions de la population. Ces immenses enjeux avant tout financiers nous portent bien loin des humbles opinions des blogueuses et blogueurs relégué-e-s au fond de la classe, tels de mauvais élèves éconduits. On comprend au moins mieux le dédain évident affiché envers ces derniers.

Les nouveaux chiens de gardes, ces gardiens parfaitement visibles de l'ordre existant, veillent. Ne manquez pas le film qui fait la lumière sur la question, dans les salles de Suisse romande actuellement, notamment à Genève au Spoutnik.

02:29 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : blogs, tdg, genève |  Facebook | | | |

16/02/2012

«Tango», nouveau talk-show sexiste de la TSR

"La femme ne va pas prendre une cuite en public, elle ne va pas dire "casse-toi pov' con!" Yves Nidegger, Conseiller national UDC

"Les quotas c'est une bêtise totale, si les femmes veulent prendre le pouvoir, qu'elles le prennent !" Bernard Nicod

Émission Tango, TSR1, 15 février 2012.

Quoi de plus choquant que le choix de la TSR de créer un talk-show sur la question de la «séduction» visant à «mettre face à face des représentants des deux sexes pour débattre de tout ce qui les sépare et les unit en matière de couple, de sexualité, d'égalité des chances, d'exercice du pouvoir » ? Quoi de plus ahurissant et attérant que le spectacle proposé hier soir, date de la seconde émission Tango, émission au nom pour le moins révélateur qui donne le ton aux "débats" (dans le Tango, c'est l'homme qui guide, tandis que la femme suit)...

Proposer une telle émission et la présenter ainsi, en faisant notamment l'amalgame entre séduction et harcèlement, semble en effet au mieux relever du rêvé tout éveillé : "Bousculée par la contestation féministe, la virilité traditionnelle - courage, force physique, puissance sexuelle - n'est plus ce qu'elle était. L'homme conquérant a perdu de sa superbe, comme il semble avoir perdu les rites et les codes de la séduction. Draguer est même devenu une attitude négative et peut parfois relever du code pénal." Pas si étonnant, puisque cette émission donne la parole à d'éminents anti-féministes à la pointe du masculinisme (ou hominisme), par exemple John Goetelen, le fameux défenseur des mâles qui sévit sur les blogs de la Tribune sous l'appellation "Les Hommes Libres", et qui a co-écrit le Manifeste Hoministe. Pour rappel, « les masculinistes ont pour [...] objectif de diaboliser le féminisme — rendu responsable de tous les maux de la société — et de renforcer les rôles et stéréotypes sexués traditionnels. Dans leur haine et leur hargne à l’égard des femmes, certains masculinistes en viennent même à comparer le féminisme avec le nazisme ». A lire, cet appel à la vigilance envers les résaux masculinistes qui prennent de plus en plus d'importance (en Suisse, la «Communauté d’intérêt Antiféminisme» (IGAF) avait même prévu de participer aux élections fédérales d'octobre 2011).

Cette émission qui se dit de "divertissement" ("Je leur dirais que notre émission n’a pas la prétention de vouloir édifier les populations. On ne se prend pas pour des instituteurs: il s’agit simplement de faire passer un bon moment aux gens, comme au spectacle. D’ailleurs, on nous a félicités d’avoir invité Christian Constantin pour parler de séduction. A contre-emploi complet et à la surprise générale, il a dit des choses tout à fait sensées." Michel Zendali) n'a rien de divertissante : elle ancre dans nos représenations la nostalgie d'un modèle viril traditionnel de l'homme totalement désuet, avec son lot de psychologues, psychanalystes et autres politiques masculinistes appelés à la rescousse pour défendre des valeurs masculines archaïques.

Ce choix d'émission institue la différence des sexes - et donc légitime les inégalités et le sexisme ordinaire. En effet, les messages sexistes constamment diffusés dans les médias ont des conséquences antisociales (lire ce très bon article sur la question). Le choix d'une émission n'est pas neutre, il est délibéré. Les médias sont un des principaux moyens de reproduction et de légitimation de la domination des hommes sur les femmes (réduites à des clichés éculés, à des violences masculines banalisées, etc.) : nous devons donc être attentives et attentifs lorsque des émissions "sans prétentions" contribuent à minimiser les inégalités entre hommes et femmes, et à ringardiser le mouvement féministe !

En effet, regardez les thématiques débattues : l'égalité femmes-hommes ("est-ce que 40 ans de féminisme ont vraiment changé les choses?" ou "est-ce qu'on est toujours dans le guerre des sexes ?"), mais abordée sous couvert de "séduction" de "pouvoir" (cf. les titres des deux émissions)... On peut lire sur la page de l'émission : "Message aux mecs, aux hommes, aux humains à poils quoi (mais pas que),  les femmes ont bientôt conquis tous les étages du pouvoir. On les retrouve chef (cheffe?) de service, cheffe (chef?) tout court, conseillère d'état, conseillère fédrale, directrice d'entreprise. Reste ces questions: exercent-elles le pouvoir comme les hommes? Y parviennent-elles avec les mêmes armes? Bref les femmes sont-elles des chefs comme les autres?"

Regardez les invité-e-s, par exemple lors de l'émission d'hier soir : Nicole Baur, déléguée neuchâteloise à la politique familiale et à l'égalité doit affronter notamment le conseiller national UDC Yves Niedegger et Cedric Annen, le conseiller municipal PLR à Lancy, qui dénonce que le bureau de l'égalité s'occupe "surtout de l'égalité des femmes" (sic!) et propose des cours destinés exclusivement aux élues communales genevoises... Tout cela saupoudré de psychanalystes masculinistes tels qu'Alain Valterio, chroniqueur à Coop Magazine qui pense que "l'égalité n'est pas toujours un progrès" (sic!).

Il faut dénoncer ce mensonge qui veut nous faire croire qu'il s'agit d'aborder de manière divertissante d'importants sujets de société, et que dès lors on peut faire n'importe quoi alors que nous avons affaire purement et simplement à de la propagande ! Diffuser l'idéologie de la différence des sexes (donc de la hiérarchie) amène des violences contre les femmes. La TSR doit retirer cette émission. Nous vous invitons toutes et tous à demander la suppression de cette émission d'un autre âge en rejoignant le groupe sur facebook !

Envie de réagir à cette émission ? Ecrivez votre avis sur le groupe en utilisant l'adresse e-mail suivante : suppression.emission.tango@groups.facebook.com

15:58 Écrit par Julien Cart dans Médias | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : féminisme, sexisme, masculinisme, égalité, divertissement, femmes, hommes |  Facebook | | | |

02/01/2012

Quels Verts en 2012 ?

Un bilan 2011 mitigé

L'année 2011 aura vu un bilan mitigé en termes électoraux pour les Verts : perte de sièges dans plusieurs cantons et augmentation de la part électorale dans d'autres. Sur les questions de fond, a-t-on pu lire, le bilan serait positif, en cela que nos idées, telle la sortie du nucléaire, auraient, après des dizaines d'années de luttes, convaincu mêmes les plus récalcitrants. Plusieurs explications ont été tentées pour expliquer ce bilan mitigé en terme électoral, souvent des tentatives dictées par l'émotion - voire l'ambition du moment de certains loups médiatiques censés représenter la nouvelle génération des Verts appelée à remplacer celle du vieil éléphant gauchiste de président, Ueli Leuenberger.

 

L'alliance avec le PS critiquée


Cet empressement a pu faire dire à certains que la défaite des Verts était due à une politique trop calquée sur le Parti socialiste :  « Les socialistes sont étatistes alors que nous sommes plus attachés à la responsabilité individuelle. Nous parlons coopératives, là où ils parlent logement public. » expliquait un de ces jeunes loups médiatiques dès lors prompts à nous vendre de nouveaux alliés moins dogmatiques : « pour la législature à venir: il est temps de collaborer avec les Verts libéraux, «même si ce parti est encore un fourre-tout sans programme politique». «Par le dialogue et l'échange dans un premier temps, puis éventuellement dans le cadre d'une collaboration plus étroite à moyen terme. Pour autant qu'ils se montrent attentifs aux questions sociales et qu'ils renoncent à leur ligne anti-étrangers.» (sic !). Ouf, nous sommes sauvés, il y aura quand même certaines conditions à notre ralliement au "verts" libéraux...


Une alliance avec les Verts lib' contre nature


Ces gens oublient que les Verts libéraux, à Genève et comme dans beaucoup d'autres endroits, se sont alliés avec la droite dure, et qu'à 300 voix de plus, par le jeu des apparentements, ils auraient fait élire Pierre Weiss (à la place de Manuel Tornare, ndlr.), un des pire pro-nucléaire et anti-écolo qui soit... Pourtant tout neuf parti sur la place, les verts libéraux genevois ont déjà eu le temps de s'afficher pleinement à droite. Le PVL s'est clairement positionné en concluant un apparentement avec le PLR et le PDC et il roule pour la traversée du lac et le passage à trois voies de l'autoroute de contournement. Mais l'affaire semble pourtant déjà avancée lorsqu'on entend Isabelle Chevalley : « si la génération d'Antonio Hodgers ou d'Adèle Thorens prend le dessus, les collaborations seront plus aisées ». On n'en doute pas une seconde. Manque de chance pour ces jeunes loups, entre temps les Verts libéraux vaudois semblent préférer effectuer ce dialogue électoral avec l'UDC...


Ce qui rapproche et différencie Verts et Socialistes


Mais parlons du fond, qui touche à l'identité profonde des Verts. On nous explique que « les socialistes ont une vision très centralisatrice, alors que nous, nous prônons plus de responsabilité individuelle tout en restant fermes sur notre ligne humaniste. » et que les Verts peuvent « revendiquer une certaine filiation avec le mouvement libertaire, en rupture avec la vision socialiste type d'un Etat qui organise trop la société et les individus. Nous visons à l'autogestion des individus, en réseau, coopérative, ou association. L'émancipation de l'Homme par lui-même et non par l'Etat, mais où la solidarité et l'entraide jouent un rôle important. »

L'idée est donc de se démarquer des socialistes et de se rapprocher des libéraux. Dès lors on pioche dans l'écologie politique les arguments (responsabilité, autonomie) pour justifier cette démarcation. Or comme l'explique Eva Sas, "l'écologie politique rejoint la social-démocratie sur deux points structurants : la régulation et la répartition des richesses" (Philosophie de l'écologie politique, De 68 à nos jours). S'il semble évident pour tous les Verts que le marché est incapable de résorber de lui-même les questions environnementales, et qu'il faut donc un Etat fort capable de mettre des limites à la dégradation de la planète, il semble que la nécessité de la répartition des richesses, elle, ne soit pas pour tous un élément central que nous partageons avec le PS (bien que les Verts suisses soutiennent officiellement l'initiative 1:12 de la Jeunesse socialiste...). Certains jeunes loups médiatiques ne trouvent même rien à redire au PLR Fathi Derder lorsqu'il affirme que « les affaires éthiques sont juste des questions privées tant que l'on n'appelle pas l'Etat à l'aide. Même chose pour les hauts salaires. Ce n'est pas une question éthique. A partir de quel niveau sont-ils choquants? La législation sur leur plafonnement devient vite impossible à gérer. » (...)

Que les riches soient devenus plus riches et les pauvres plus pauvres, que le temps de travail se soit allongé,  mais le niveau de salaire ait, lui, baissé, que les syndicats aient été affaiblis et aient été poussés à faire des compromis, que les systèmes sociaux sont attaqués et que des millions de gens se voient privés de leur dignité, que l'insécurité et l'absence de perspective gagnent du terrain, tandis que la concurrence, l'agressivité et l'instabilité atteignent de nouveaux pics, qu'à Genève, 15% de la population n'a pas accès à la santé faute de moyens, et qu'il y a un million de pauvres en Suisse, pendant que d'autres reçoivent des salaires indécents ne semble pas déranger certains. Ou du moins, cela ne serait pas régulable...

Pourtant, l'écologie politique rejoint la social-démocratie dans sa volonté de réguler et répartir les richesses. Si l'écologie politique est en accord avec ces postulats des sociaux-démocrates, elle se démarque en effet sur d'autres points. Oui, l'écologie politique entretient des rapports de méfiance avec un Etat fort, qui a été fortement impliqué dans les atteintes environnementales (cf. le nucléaire). Oui l'écologie politique porte plutôt sa confiance vers l'auto-organisation de la société civile. Mais le point central et décisif qui distingue les verts des socialistes est à chercher ailleurs, et cela on préfère ne pas en parler...

Le critère décisif propre à l'écologie politique : la critique de la croissance


Comme l'explique bien Eva Sas, ce qui différencie plus fondamentalement la social-démocartie de l'écologie politique, c'est que cette dernière ne partage pas la croyance dans le progrès et la croissance. Pour les sociaux-démocrates, la croissance économique est nécessaire car elle va améliorer le sort des moins aisés.

Or pour l'écologie politique non seulement la qualité de vie n'est pas strictement liée à la croissance, mais « c'est en maintenant l'illusion d'un mouvement d'ascension social [...] que l'ordre social inégalitaire se maintient. ». Ou comme le disait déjà Jean Baudrillard : « Renversant le faux problème : la croissance est-elle égalitaire ou inégalitaire ? nous dirons que c'est la croissance elle-même qui est fonction de l'inégalité. C'est la nécessité pour l'ordre social « inégalitaire », pour la structure sociale de pivilège, de se maintenir, qui produit et reproduit la croissance comme son élément stratégique. » (La Société de consommation).

Dès lors prétendre, comme se plaisent à le faire certains, que le point d'achoppement différenciant verts et socialistes est la « responsabilité individuelle » (concept méritocrate libéral s'il en est) et la méfiance envers l'Etat, c'est nier les fondements de l'écologie politique et construire le lit d'une nouvelle ligne politique des Verts en faveur de la dérégulation.

La pierre angulaire de l'identité des Verts qui tranche face aux discours et dogmes de la social-démocratie réside dans la critique de la croissance économique qui maintient les inégalités. Le discours écologiste, s'il prétend se nourrir de l'écologie politique au fondement de son combat, doit revendiquer la réduction des inégalités comme objectif en soi puisque nous vivons dans un monde aux ressources limitées et que l'accroissement global des richesses matérielles n'est plus envisageable.

A la croissance, il faut substituer une répartition volontaire des richesses, comme les Verts suisses l'affirment : « Le dogme de la croissance infinie a fait long feu, il faut repenser la production et la répartition des richesses pour ménager les capacités de régénération des écosystèmes. » Cela demande d'engager des véritables politiques de décroissance et de répartition des richesses.

Les Verts, un électorat intéressé par la décroissance à conquérir


Alors que jamais autant de partis, sur l'ensemble de l'échiquier politique, ne s'étaient autant revendiqués du combat écologique, les Verts ne peuvent plus baser leur politique en faisant trop de compromis et, surtout, en n'osant pas s'affirmer sur certaines thématiques pourtant au fondement de l'écologie politique, comme par exemple la décroissance. Cela ne ferait qu'augmenter la perte de repère d'un électorat déjà pour le moins fluctuant, et faire le jeu du capitalisme vert, du greenwahing et autre développement durable, qui veulent nous faire polluer un peu moins pour pouvoir polluer plus longtemps.

Les Jeunes Vert-e-s Genève avaient d'ailleurs bien senti l'importance d'apporter des thématiques fortes capables d'interpeller un électorat qui souhaite un monde différent, eux qui avaient proposé plusieurs propositions radicales dans leur programme pour les élections fédérales et ont permis « d'avoir un discours plus spécifique pour une partie de la population, et d'attirer des électeurs qui ne voteraient pas forcément pour nous », comme l'explique Yvan Rochat, président des Verts genevois. C'est cet électorat qu'il s'agit de (re)trouver dorénavant.

La génération que les médias présentent comme la génération montante chez les Verts, semble n'être finalement rien d'autre que l'appétit politique des quelques jeunes loups davantage attirés par l'attrait d'une position plus libérale pour servir leur ascension politique, que par les fondements d'une écologie politique critique envers le dogme de la croissance économique. Gageons que cette génération fera long feu, et que les idéaux verts sauront passer au-dessus de l'ambition d'un petit nombre.

Afin d'éviter d'autres camouflets électoraux, souhaitons donc pour 2012 que les Verts aient le courage de leurs idées et de leurs fondamentaux, en osant apporter la thématique de la décroissance dans l'espace public, et ainsi, à continuer de jouer leur rôle d'opposition aux politiques en place, toutes obnubilées par la course à la croissance.

14:18 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : verts, écologie, croissance, décroissance, politique |  Facebook | | | |

01/01/2012

Le développement durable, ce sommet de l'hypocrisie

Nous apprenons en ce premier de l'an que Rio de Janeiro a dédié son feu d'artifice de fin d'année au développement durable, à l'occasion du prochain sommet de l'ONU, Rio+20, lors d'une fête qui a réuni deux millions de personnes vêtues de blanc sur la plage de Copacabana. Hypocrisie vous avez dit ?

"Quelque vingt-quatre tonnes de feux d'artifice seront tirés pendant seize minutes après minuit, dans la nuit du 31 décembre, en plein été austral. La plage sera d'abord entièrement illuminée en vert en signe de bienvenue au sommet sur le développement durable, qui se tiendra à Rio du 20 au 22 juin."

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Le sommet de l'hypocrisie, commence-t-il donc à Rio dès le 31 décembre en prévision des 20-22 juin 2012 ? Non pas ! Le maire a assuré que l'événement sera «totalement vert», précisant que les émissions de carbone provoquées par la fête seront compensées par des plantations d'arbre. Ouf !

Et les bâches de la scène principale, où se succéderont des chanteurs de musique populaire brésilienne et des artistes internationaux comme le DJ français David Guetta, serviront à fabriquer des trousses scolaires, pour sensibiliser les jeunes au développement hypocrite, euh, durable. Re ouf !

Rio+20 se tiendra vingt ans après le premier sommet de la Terre à Rio et s'est fixé comme objectif d'élaborer un plan d'action pour le développement durable de la planète. Nous sommes sauvés, 20 ans après notre conscience a évolué, notre planète est désormais entre de bonnes mains, cela ne fait plus aucun doute.

Aucun doute non plus, cette année 2012 sera l'objet de luttes écosociales de premiers plans : je nous souhaite donc une belle année d'indignation et d'engagement sous le signe de la décroissance !

13:46 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : développement, durable, écologie |  Facebook | | | |

18/10/2011

Ou quand Pierre Weiss réécrit les Ecritures

On apprend ce matin que Pierre Weiss s'offusque du fait que les Evangiles ne figurent pas parmi les « grands textes » que l'école genevoise propose aux élèves du Cycle d'Orientation. Le député qui semble élu par Dieu lui-même pour rétablir la Vérité en ce bas monde interpelle en effet le Conseil d'État et les quatre principales Églises chrétiennes du canton. Semble-t-il, ce qui le gêne le plus, ce n'est pas tant l'absence du Nouveau Testament dans les grands textes, mais bien la présence du Coran dans ceux-ci :

« Je souhaite savoir si la présence côte à côte du Coran et de l'Ancien Testament, dans la partie consacrée à la naissance du monde, permet de mettre en lumière que pour le premier la femme est inférieure à l'homme, alors qu'elle est son égale dans le second. »

Nous conseillons à Pierre Weiss de relire ce même texte qu'il dit fondateur de notre civilisation, à savoir l'Ancien Testament, il verra que :

- Adam fut la première créature de Dieu, Eve fut créée à partir d’une des côtes d’Adam.
- Eve est la principale cause de l’expulsion d’Adam du paradis, ayant poussé ce dernier à transgresser la loi divine : elle devient donc l’égérie incontestable du péché originel.
- La femme n’a pas seulement été créée d’Adam, mais elle a été créée « pour » lui...

Mais sans doute que pour le spécialiste des Ecritures qu'est Pierre Weiss, cela est synonyme "d'égalité entre hommes et femmes"... Il pourra même pousser le trait en relisant (ou plutôt en lisant tout court...) le Coran, où l'on ne retrouve nulle part cette image de la conception d’Eve à partir d’une des côtes d’Adam... Au contraire, dans la version coranique, il semble même selon les spécialistes1 que la création humaine n’est pas exprimée en termes de genre et que le Coran utilise indifféremment les termes et images au féminin et masculin, afin de décrire la création à partir d’une seule origine et d’une seule substance… Dans un grand nombre de passages du Coran, en effet, on lit que la création originelle d’Allah était une humanité indifférenciée ni homme ni femme.

Un(e) Pierre dans l'eau, donc, mais avant les élections, un petit article à caractère islamophobe pour récupérer quelques voix chrétiennes, c'est tout ce que cherchait l'élu. Il apparaît malheureusement plutôt vain de vouloir réécrire les Ecritures cinq jours avant les élections... C'est plutôt un miracle qu'il faudrait au PLR pour ne pas sombrer en eaux troubles dimanche...par manque de foi ?

1 voir l'article : L’égalité entre hommes et femmes ; Riffat Hassan, Université de Louisville, Kentucky.

 

15:03 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | | | |

09/10/2011

Nous n'avons qu'une seule Terre, et qu'un seul vote !

Depuis maintenant sept mois, les Jeunes Vert-e-s Genève, environ une dizaine de jeunes membres motivé-e-s, se sont mis ensemble avec l'objectif de mener une campagne en vue des élections fédérale du 23 octobre 2011. Est-ce qu'on mesure quelles implications cela demande, de mener une campagne politique ? Le mesurions-nous en avril dernier lorsque nous commencions à nous réunir pour plancher sur le sujet ? Certainement pour certain-e-s (quatre) d'entre nous qui avions déjà été candidat-e-s lors de la campagne municipale de mars dernier. Mais la différence avec cette campagne, c'est qu'elle allait être avant tout de notre cru. C'était en effet à nous d'y apporter notre patte, d'y mettre nos idées, bref, de l'habiter de A à Z et de lui donner vie. L'occasion rêvée donc de pouvoir exprimer nos idées, nos convictions, nos questionnements, et de pouvoir les défendre ensuite, dans l'espace public, en essayant de donner corps à ces idées à travers des supports de communication différents de ce qu'on rencontre d'habitude, capables d'interpeller les jeunes générations.

Cette démarche auAffiches_RVB_A4_WEB_Page_4.jpgssi haletante qu'harassante touche quasiment à son terme, et c'est avec soulagement que nous arriverons au 23 octobre avec l'impression d'avoir beaucoup donné. Et beaucoup appris.

D'abord il a fallu réfléchir sur un programme, lequel se voulait pluri-thématique, puisqu'il finira par proposer des pistes aussi bien en matière de logement, d'agriculture, de mobilité, d'énergie, d'égalité entre les sexes, et autres.

Se mettre d'accord entre nous ne fut pas évident, cela a demandé des compromis des un-e-s et des autres, des moments de frictions et de longs débats sur le fond des sujets. Cette une force de pouvoir bénéficier en fin de compte de ce processus, car nous avons dû nous approprier totalement ce programme pour pouvoir nous y retrouver toutes et tous et le défendre ensuite dans l'espace public.

Ce que nous voulons apporter comme nouveauté à Berne, c'est la question des limites de notre planète. Nous voulons ébranler les esprits qui se reposent encore sur l'idée que la croissance est la panacée pour nous sortir des crises que nous connaissons. Nous voulons donc retrouver les fondements de Affiches_RVB_A4_WEB_Page_2.jpgl'écologie politique, qui avait vu dans la critique du productivisme et donc de nos modèles de développement (surconsommation, transports énergivores, agriculture intensive, filiè­res industrielles et militaires nocives et inutiles) une remise en question du modèle capitaliste basé sur l'idée même de croissance et de profit. Ce que nous critiquons, c'est aussi bien le mirage d'une techno-science censée apporter des so­lutions aux préoccupations écologiques (voitures électriques, décontamination, organismes géné­tiquement modifiés, biogaz et éthanol, et plus récemment des projets démagogues et néo-coloniaux tels que Desertec) que les outils du système qui nous maintiennent prisonniers de cette croissance (obsolescence programmée des objets, publicité, crédits à la consommation, greenwashing, ...). Ces processus nous rendent dépendant-e-s des grosses firmes et créent en nous de faux besoins.

Aujourd'hui pourtant, comme le souligne Hervé Kempf, «l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une aug­mentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être.» En ef­fet, la croissance érigée en dogme provoque l'épui­sement des ressources naturelles de la planète, la dégradation de la biosphère et les inégalités entre ceux qui profitent de la croissance et ceux qu'elle sacrifie, sans compter l'uniformisation culturelle qui en résulte.

Les Jeunes Vert-e-s Genève appellent donc, à travers des mesures concrètes et réalistes, la société suisse à remettre en question le système que nous connaissons et à respecter les limites de la biosphère. Cela nécessite un changement autant des mentalités que des comportements. Le travail prend une place immense dans nos sociétés, car il est à la fois le moteur de la croissance et le moyen principal de socialisation. Nous voulons démonétariser la société, et donc réduire le temps de travail de manière drastique, afin que les citoyennes et citoyens aient plus de temps à disposition pour lire, réfléchir, se met­tre au jardinage, aux techniques artisanales ou de réparation, au travail bénévole et coopératif, bref, pour travailler moins et vivre mieux !

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Ce changement de paradigme que nous désirons, ne va pas sans réduire la surconsommation et les besoins en énergie ni sans s'attaquer à la croissance des inégalités. Comme le dit bien Hervé Kempf, c'est avant tout « les riches qui détruisent la planète ». Nous proposons donc d'instaurer un revenu minimum et un revenu maximum, de promouvoir un revenu de base suffisant (allocation universelle). Nous proposons aussi un modèle déjà réfléchi en Angletterre et en France, les quotas d'énergie, qui sont une allocation équitable de quantité de ressources (notamment énergétiques) par habitant-e-s, échangeables dans les limites d'objectifs nationaux de réduction de consommation. Nous nous engageons aussi pour une sortie du nucléaire crédible et réaliste, basée sur la remise en question de nos modes de vie afin de réduire les besoins en consommation d'énergie. Nous sommes favorables à des solutions transitoires (centrales à gaz) sans compromettre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (réduction en Suisse, sans possibilité de compensation à l'étranger).

Enfin, il est indispensable de relocaliser notre économie en réduisant la distance des emplois et des loisirs, en supprimant les avantages fiscaux accordés aux entreprises multinationales ou grandes entreprises suisses pour les réaffecter aux entreprises respectant les critères de l'économie sociale et solidaire, et enfin, en régulant les importations selon des critères écologiques et sociaux.

Vous le savez, nous n'avons qu'une seule Terre. N'oubliez pas non plus : nous n'avons qu'un seul vote. Découvrez nos 7 candidat-e-s !

… pour « rendre d’autres modes de vie possibles » et pour rendre le sourire aux Jeunes Vert-e-s, en contrecarrant le réchauffement climatique...  Votez la liste numéro 5, Les Jeunes Vert-e-s Révolutionn'AIR !

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01:52 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections, fédérales, écologie, verts |  Facebook | | | |

06/10/2011

Prostitution et UDC ou la morale au service de sa caste

On apprend que l'udc veut « interdire l’offre publique de services liés à la prostitution dans un rayon de 500 mètres aux abords des écoles fréquentées par des mineurs ». Au lieu de s'engager clairement contre la prostitution, ce reliquat patriarcal qui bénéficie du marché capitaliste pour se développer et perpétuer l'esclavage sous couvert juridique, l'UDC préfère cacher la merde aux chats en l'enlevant du regard des enfants transitant dans le quartierspip.php.jpg des Pâquis à Genève. Au nom de la morale petite-bourgeoise, afin de ne pas choquer les enfants, et non parce que la prostitution est dégradante pour les femmes et hommes qui y sont employé-e-s et réduit-e-s pour l'immense majorité, faute de salaire digne.

On lit en effet : "Les prostitutions d’escorte et de salon ne sont pas visées et pourraient continuer à s’exercer puisque soustraites à la vue des enfants" (!!!).

L'UDC explique donc ainsi qu'elle veut préserver la possibilité pour les vieux conservateurs bourgeois friqués à la morale sélective de continuer eux à utiliser les corps réduits à l'esclavage des escortes, dans les hôtels de haut standing- en dehors du regard des enfants : "Seules les formes visibles de la prostitution, comme par exemple le racolage, mais aussi les supports publicitaires, affiches, vitrines et enseignes indiquant que des prestations sexuelles tarifées sont bannies."

Comme quoi on défend sa caste jusqu'au bout, au nom d'une pseudo morale désuette. Dégoûtant.

Il faut au contraire lutter pour l'abolition du système de la prostitution, lequel ne permet pas une manne économique pour les femmes mais est une monétarisation du patriarcat. La légaliser, c’est renforcer les inégalités. A signer le manifeste européen pour s'engager à ne pas être complice du système prostitueur et demander aux personnalités politiques au niveau local, national et européen, d’agir vers une Europe libérée de la prostitution.

Les corps des femmes et des hommes ne sont pas à vendre. Sortons de l'esclavage au nom du fric.

Voici le spot de la campagne :


18:20 Écrit par Julien Cart dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : prostitution, politique, interdiction, pâquis |  Facebook | | | |