07/01/2011

Journaliste à la RTS : des critères de sélection discriminatoires ?

Voilà une nouvelle fois que les questions autour des musulmans redonnent du grain à moudre aux médias (et pas que sur les blogs de la Tribune). Notons que, pour une fois, ce sujet les concerne de près, puisqu'il s'agit de savoir si "foulard islamique et journalisme font bon ménage". Tout un programme ! Cette question est apparue après que la Radio Télévision Suisse ait reçu la candidature d'une jeune musulmane portant un hijab à un poste de journaliste.

Cette question qui prendra sans nul doute des airs d'affaire d'Etat, déchaîne déjà les passions, tous les politiques ont déjà leur avis sur la question (à part ceux qui n'ont pas le courage de leurs opinions, élections approchant : toujours les mêmes, inutile de les nommer donc). Elle a pour cadre un contexte particulier où la religion voit son rôle toujours grandi en matière de définition des identités individuelles ou collectives. Le contexte mondial provoque des incitations à défendre des valeurs qui seraient propres à l'Occident, défini alors comme chrétien. En Suisse des débats en rapport aux droits des minorités religieuses et à la place de la religion dans la sphère publique (initiative sur les minarets, débat sur l'enseignement de la religion à l'école, etc.) ne cessent de fleurir.

Pour le Temps, et son éditorialiste Patricia Briel, nous n'avons plus le choix : afin ne pas être vus comme faisant le lit de l'islamophobie, du repli identitaire dans lequel s'engouffrent les populistes et extrémistes de droite, nous devons revendiquer et défendre nos valeurs originales occidentales, évidemment chrétiennes.

Le recours à des valeurs pour s'identifier, pour se rassurer, pour se construire, tout simplement, est juste indispensable pour l'être humain et la société qui l'entoure : reste à savoir sur quelles valeurs nous nous basons, et quelles lectures historique de celles-ci nous faisons.

Pour l'éditorialiste, il y aurait un  « malaise de l'Europe face à ses racines chrétiennes et aux questions posées par une diversité religieuse croissante ». Or quelles sont ces sempiternelles "valeurs ou racines chrétiennes" ? Comment les définir, sont-elles seulement décelables et peuvent-elles être généralisée, pire, décrites comme « le » modèle qui aurait fondé notre identité européenne (si encore nous prétendons qu'il y en ait une, et une seule). Cessons de parler de "valeurs chrétiennes", titrait Nicolas Baumard, anthropologue à l'université d'Oxford, dans une tribune au Monde parue le jour de Noël. Il exprime bien l'idée selon laquelle « ce n'est pas à ses valeurs chrétiennes que l'Occident doit son succès, puisque celles-ci ne l'ont guère protégé de l'injustice et de la guerre, c'est à un contexte historique particulier, un certain équilibre des pouvoirs ayant permis l'émergence d'institutions respectueuses des individus. »

Revendiquer ces valeurs pour nous-mêmes, c'est « donner raison à ceux qui, en Asie, en Afrique ou au Proche-Orient, s'appuient sur les prétendues valeurs asiatiques ou musulmanes pour asseoir leur pouvoir et violer les droits individuels. Défendre la spécificité de l'Occident et le caractère chrétien de notre monde moderne, c'est dire à des millions d'hommes et de femmes qu'ils ne sont pas vraiment en mesure de vivre dans une société libre et égalitaire. Surtout, c'est se tromper de combat. »

C'est donc moins des valeurs chrétiennes qui manquent dans ces régions, « c'est avant tout de bonnes raisons de croire que la démocratie ou l'Etat de droit sont possibles et que le monde occidental est prêt à les accepter. Ce qui manque, ce sont des institutions justes et efficaces. L'échec américain, en Irak et en Afghanistan, tout comme la faillite de nos propres systèmes d'intégration sont là pour nous rappeler combien la tâche est difficile. »

Si nous revenons à notre question de départ, il faut se poser la question sur les raisons qui pourraient pousser le service public à refuser la candidature de cette personne. Pour certains, le principe de laïcité du service public doit être conservé à tout prix : « les journalistes peuvent avoir des convictions religieuses ou politiques mais ne doivent pas les afficher lorsqu'ils représentent le service public. La SSR représente l'Etat, et moi, je tiens à un Etat laïque! » s'emporte la socialiste Maria Roth-Bernasconi. En quoi le fait qu'une journaliste porte un voile ferait de notre Etat un Etat non laïque ? La posture unilatérale de certaines féministes sur cette question leur font manifestement oublier bien vite leurs premiers combats qui consistaient à permettre aux femmes de s'habiller tel qu'elles le désiraient.

D'autres, tels que Kathy Riklin (PDC/ZH), doutent de l'objectivité d'une journaliste affichant de manière ostentatoire ses convictions religieuses. Or qu'elle porte ou non le voile, une journaliste aura de toute manière une conviction personnelle, comme l'explique bien Jean- Jacques Roth « tous les journalistes ont leurs convictions.» L'élue PDC, elle, en rajoute, affirmant que « ce symbole d'oppression n'a pas sa place ni à l'école ni dans une entreprise de monopole comme la SSR.» On retrouve la rengaine PDC qui, tout d'un coup, comme l'UDC d'ailleurs, s'intéresse à l'oppression des femmes, tendance matérialisée par leur président qui surfait sans honte, après l'initiative anti-minaret, sur la vague isalmophobe en voulant interdire la burqa (avec des exceptions pour les riches qui viennent enrichir notre pays ? Ah non, ça c'était la proposition tout en nuance de notre ministre de la Justice et de la Police, Eveline Widmer-Schlumpf).

On vient même nous expliquer que « la SSR, qui est un service public, doit observer les mêmes règles que l'administration ou l'école publique qui n'engage pas d'enseignantes portant un voile» (Filippo Leutenegger, PLR/ZH). Nous verrons bien la décision prise par la RTS. Quoi qu'il en soit, si d'aventure la réponse était favorable à l'acceptation de journalistes ayant des signes religieux jugés ostentatoires, il faudrait remettre en question bon nombre de pratiques, notamment celle de l'interdiction pour les enseignantes de porter le voile dans les écoles. Ou sinon, il faudrait croire que les enfants seraient d'avantage manipulables que les auditeurs ou téléspectateurs. Or l'instruction publique n'a-t-elle pas comme premier rôle de susciter chez l'élève le regard critique ? Ce serait donc se donner une bien mauvaise image de nos élèves que de les considérer comme plus facilement manipulables. Les moutons n'ont pas d'âge, sans doute ce sont même en majorité les plus âgés qui votent UDC. Quant à l'idée qu'un voile influencerait le contenu même de l'instruction donnée : il n'y a pas besoin d'études pour en dénoncer le caractère infondé. Avant que l'interdiction soit officiellement prononcée, à Genève et dans d'autres cantons, les enseignantes voilées dispensaient leurs cours sans poser de problème, ni aux parents des élèves ni à une société qui n'avait pas encore incorporé son besoin de se différencier des autres en imposant des modèles sous couvert de laïcité ou de défense de valeurs occidentales chrétiennes. Il a fallu, à Genève, qu'une journaliste (tiens donc) fasse du bruit sur l'une d'elles, pour que Madame la Conseillère d'Etat Brunschwig Graf, en exercice à l'époque, se sente obligée de tout faire pour l'empêcher de continuer à enseigner ainsi vêtue.

Bref, en résumé ne nous mettons pas dans une situation grossière et difficielement tenable, où nous jugerions sur les habits culturels et religieux d'une personne pour statuer sur sa capacité à être admise en tant que journaliste ou non dans un service public. Que nos amis de droite, qui tiennent la méritocratie en adoration, retrouvent quelque peu leurs valeurs et expliquent que c'est bien sur les compétences et qualités de la candidate que doit s'opérer la sélection, et non sur sa couleur de peau, son habillage ou ses convictions personnelles.

18:29 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | | | |

02/01/2011

Quels vœux formuler pour 2011 ?

Quels vœux formuler pour 2011, alors même que la jeunesse semble être, à écouter les émissions grand spectacle organisées par les télévisions, totalement désabusées. Il fallait écouter les propos des héros de Romans d'Ados, nouvelle lubie de la TSR, ces héros des temps modernes nous expliquer gravement qu'ils sont les fruits de la société de la désillusion : « de toute manière nous savons que nous ne pouvons rien changer tout seul ». Une autre nous expliquait qu'elle avait, à l'époque du début du tournage (à 12 ans donc), plein de rêves, mais qu'aujourd'hui (à 18 ans) elle a appris à devenir réaliste, et à accepter qu'elle ne pourrait pas les réaliser tous. Où sont les forces d'insoumission, de rébellion, de résistance envers le monde établi ? Bien éloignées, car celui-ci est pris comptant. Puisque les tentatives de le changer ont échoué, il nous reste à faire contre mauvaise fortune bon cœur, et accepter tel quel cette société qui nous semble injuste, intolérable, absurde.

Poser la question quels vœux formuler pour 2011, c'est se poser la question, quels rêves pouvons-nous bien formuler en 2011 ? Autrement dit, quels rêves, quels objectifs sont promus par nos sociétés et sont susceptibles de donner envie de s'engager, de nous mobiliser ? Ou, a contrario, quels sont les rêves que notre société nous a appris à refouler, que nous savons bien impossibles, utopiques, et que nous avons enterrés soigneusement, petit à petit, au plus profond de nous. Pour mieux se concentrer sur l'essentiel : métro, boulot, conso, dodo ?

Il y a quelques semaines, en plein rush des fêtes de fin d'année, c'était la Journée mondiale sans achat. On peut se demander légitimement s'il y a plus grande insoumission contre le système capitaliste marchand que d'appeler à la non-consommation. Alors que tout le monde se précipite pour acheter un cadeau, pour faire plaisir aux autres en achetant, prétendre que les liens sont gratuits et que ce qui compte vraiment c'est l'attention, la présence et l'écoute, fait de nous des marginaux. Rajouter que ce sont ces liens qui nous manquent le plus, et que, comme toute chose rare, c'est ce qui est le plus cher, le plus difficile à susciter, c'est se montrer quasi irrévérent. Or disait Saint-Exupéry :

« Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi! » (Le Petit Prince, 1943).


Dans nos sociétés où tout s'achète (même le verre d'eau au restaurant) on comprend mieux pourquoi tout ce qui tourne autour de nous appelle à la consommation, ou plutôt, à la consoumission. Et pourquoi tout ce qui remet en question cette sacro-sainte liberté de consommer, est vu comme une attaque frontale au système. En effet, si le fait d'acheter doit être encouragé c'est bien que le système capitaliste tout entier est basé sur le dogme de la croissance illimitée, soit sur le productivisme. Alors qu'autrefois nous produisions des biens pour répondre à des besoins, aujourd'hui nous créons de nouveaux besoins pour écouler des biens. En effet, la révolution industrielle est passée par là et a fait exploser les taux de productivité, et surtout augmenter la quantité de choses produites. Alors qu'on produit beaucoup de richesse, nous serions à même d'attendre que le système estompe les inégalités. Or il creuse autant l'inégalité que les angoisses et le mal-être de nos concitoyennes et concitoyens. On pouvait attendre de la révolution technologique qu'elle amène un mieux vivre pour les travailleuses et travailleurs. En améliorant la manière de produire, nous aurions dû permettre aux humains de se libérer petit à petit du travail aliénant, ouvrant ainsi les portes à un travail basé sur la créativité. Or c'est tout le contraire qui a eu lieu. L'automatisation a supprimé toujours plus de travail humain.

Hannah Arendt voyait déjà bien que, dans notre monde contemporain, la vie publique était réduite au travail et à la consommation. Pour faire marcher le système, il faut toujours produire davantage et à moindre coût : on rationalise toujours plus la production pour augmenter le chiffre d'affaire. Toute les techniques sont bonnes pour déshumaniser toujours plus l'acte d'achat, pour l'individualiser toujours plus. Dans les magasins, le consommateur est poussé à facturer ses achats lui-même. Voilà un nouveau moyen inventé par les entreprises pour accroître leurs profits en réduisant leur effectif de salariés. En nous faisant croire qu'ainsi, le consommateur est davantage autonome, libre. De nouveau cette pseudo liberté qui nous est vantée.

Si l'on parvient à produire à moindre coût, et que la quantié de produits augmente, on comprend qu'il faut pour que la machine tourne, trouver autant d'équivalent consommateurs de l'autre côté. C'est pourquoi tout le système est basé sur le fait qu'il faut encourager à acheter, à consommer. Nous vivons dès lors à l'ère de la société de la marchandisation, de la société d'abondance, de l'homo oeconomicus, l'humain réduit à son état d'achetant. Pour le bien d'un système qui nous aliène. Et cette aliénation, nous le savons bien maintenant, se fait à crédit sur la planète : notre poids est déjà insoutenable car nous surexploitons les dernières richesses terrestres (il suffit de regarder les pics du pétrole, de l'uranium ou de l'acier déjà atteints ou que nous atteindrons dans le très court terme). A la pénurie de ressources se rajoute la question des inégalités : 20% des habitants de la planète s'accaparent 80% des ressources ; les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus nombreux. Pourtant la croissance n'a cessé d'augmenter...

Par contre, ce qui s'effrite, pendant que le PIB augmente, c'est le lien social. Notre société est toujours plus individualiste, car la question du sens n'a plus sa place dans un espace public dédié totalement au travail et à la consommation. Dès lors, notre question du départ, qui visait à nous demander quels vœux, quels rêves, nos contemporain-e-s peuvent bien formuler pour 2011, semble devoir forcément se conditionner à ces deux aspects : pour 2011, nos contemporain-e-s bien élevé-e-s, devraient se souhaiter « un bon travail et une bonne consommation ».

Or heureusement, de plus en plus, nos contemporain-e-s se posent des questions sur ce modèle de société clairement non durable et créateur de mal-être. A Genève, la votation sur les heures d'ouverture prolongées des magasin a été refusée à 56%. Les gens ont compris mieux que leur élu-e-s que cette flexibilisation des horaires ne permettrait pas de créer des postes de travail mais que ce n'était qu'un prétexte du patronat pour augmenter son chiffre d'affaire sur le dos des travailleuses et travailleurs, détruisant le peu de vie familiale dont elles/ils pouvaient encore jouir. Comme un cri dans le système du toujours plus, la population s'est exclamée : « Ce n'est pas à l'humain de s'adapter à l'économie, mais a l'économie de s'adapter au rythme de l'être humain » !

Cela étant, n'oublions pas que nous sommes ravagés de partout par les appels à faire marcher la mégamachine. Ces techniques sont normalisées, et la plupart du temps, nous ne les questionnons plus. La publicité, 2ème budget mondial après l'armement, les techniques de marketing qui nous bombardent de partout (médias, internet, télévision, etc.) en sont le meilleur des exemples. Sachant que 23% de notre temps est dédié aux médias, soit 5h30 par jour et que nous subissons 25'000 spots publicitaire par an par individu à la télévision, il est illusoire de penser que nous ne sommes pas manipulés dans nos choix les plus simples du quotidien. C'est pourtant le discours unique de la droite libérale : le citoyen est totalement libre.

Un autre mécanisme pour renflouer le marché est la comparaison sociale, qui finit de nous convaincre à vouloir devenir toujours plus riche, à gravir les échelons sociaux, à en vouloir toujours plus. Le principe de la consommation ostentatoire, bien mis en avant par le sociologue Thorstein (déjà à la fin du 19ème siècle !), exprime bien ce besoin que nous avons à nous identifier à la classe supérieur possédante, afin de profiter nous aussi du modèle consumériste. Or cette comparaison et concurrence permanente instaurée entre les individus ne peut qu'engendrer un sentiment de défiance et d'envie, et une angoisse permanente. Surtout, une méfiance généralisée et légitimée devant les échecs, les fragilités. Si bien que 2011 proposera, en Suisse, pour les militant-e-s, une fois de plus, une énième lutte contre les coupes dans les aides sociales organisées par la droite et l'UDC en tête, laquelle veut exclure les élèves moins forts, moins méritants et les étrangers des classes de l'école publique.

C'est donc ce modèle de société fondé sur la création de faux besoins pour le bienfait de l'économie (et des profits des profiteurs), qui forge en nous les rêves de demain, pour peu que nous puissions encore en avoir. Ces besoins sont notamment créés par la soif de la nouveauté qui est inlassablement ventée et vendue (il suffit d'ouvrir un journal, pour le comprendre) : partout on nous explique les mérites du nouveau produit à vendre, et de la nouvelle technologie qui l'accompagne : des modèles toujours plus verts et innovants. Il faut donc nous conformer à la mode qui opère tout autour de nous, sinon nous passerons pour un vieux dépassé et serons exclus. Sans compter que, même en étant assez fort pour résister à ces faux besoins, le système a tout prévu : à cause de l'obsolescence programmée des produits, nous serons obligés de les remplacer un à un dans un temps toujours plus court.

Alors ce progrès technique, qui devait nous faire gagner du temps, nous rapprocher les uns les autres (cf. internet et ses « réseaux sociaux »), réduire les inégalités, vaincre les grandes distances et la pénibilité du travail, n'a fait que creuser l'isolement entre les humains. On passe en effet en moyenne plus de temps en voiture qu'à table ensemble ! On est toujours mis davantage sous pression : 40% des employés en Suisse déclarent être soumis à une lourde charge pour les nerfs. Le coût du stress en Suisse se monte à 8 milliards de francs. Les employés produisent de plus en plus et ils ont de moins en moins en retour, coût de la vie augmentant. Mais il faut, malgré tout, continuer à acheter pour faire grimper la tant convoitée croissance. Sinon, comment va-t-on payer le social, pardi ! Mais ce social-ci est créé de toute pièce par une société qui nie les vrais besoins des gens, et crée de faux besoins, tout en prétendant, de manière philanthropique, s'occuper ensuite des laissés pour compte, des faibles, des incapables de se soumettre au modèle unique en vigueur, qu'elle a créés de toutes pièces !

Car le plus fou est que c'est bien la croissance elle-même qui tue les emplois. Dans la vente, la course au profit et les techniques de rationalisation poussent à miser sur les hypermarchés et autres Temples de la consommation. Résultat, à Genève : ces 25 dernières années, les commerces genevois ont supprimé 4'265 emplois à pleins temps et créé 1'618 temps partiels. De plus, chaque emploi créé dans la grande distribution détruit 3 à 5 emplois dans le secteur des PME et du commerce de proximité. Cela n'empêche, l'éternel ''travailler plus pour gagner plus'' ne cesse de nous être rabâché. Or les salaires ne suivent pas l'amélioration du chiffre d'affaire. Et l'angoisse perpétrée par des situations de travail où concurrence et efficacité sont les maîtres mots engendre maladies liées au stress, addictions, dépressions et autres maladies cardio-vasculaires qui ne cessent d'augmenter. Nous n'avons plus de temps à l'échange, au don gratuit, car le type de consommation qui nous est vendu est fondamentalement individuel et payant : il nous faut un garage, une piscine, un réfrigérateur, bref, tout des produits qui ne pourront être partagés et qui vont coûter cher.

Le pire est que nous vivons dans une société fondée sur le travail, et qui pourtant crée dans son mécanisme propre une pénurie de travail : le chômage, qui sert à faire pression sur les chômeurs, sur les profiteurs, et autres minorités laissées pour compte car stigmatisées comme non-méritantes.

Or l'être humain n'est pas un bout de chiffon malléable à souhait, censé accorder ses rêves aux besoins de la mégamachine. Il souhaite être reconnu, voir l'utilité de son travail et de sa dignité affirmée. Et non pas éconduit dès que l'entreprise le désigne comme non rentable.

C'est pourquoi il est temps d'agir. Il nous faut dénoncer les écarts de revenus indécents et garantir une vie frugale et sécurisée à chaque personne, peu importe son statut (revenu de base ou allocation universelle) afin d'inverser le rapport de force et renouer avec la question de l'utilité du travail. Poser la question : quel produit pour quel besoin ? Le seul fait de consommer ne pourra être la seule facette de l'être humain du 21ème siècle, du fait que les ressources terrestres manquent, mais aussi du fait du vide existentiel qui l'amène à sombrer dans les addictions diverses, telles que celle de consommer. Près de 275'000 Suisses, soit environ 5 % de la population, souffrent d'une compulsion aux achats, révélait une étude menée par la HES de Berne en 2004.

Moins de biens plus de liens, disent les objectrices et objecteurs de croissance. Il y aurait donc un bienfait insoupçonné à vivre avec moins. Est-ce là donc le rêve alternatif au modèle dominant : moins de transferts d'argent, et plus de transferts de chaleur humaine ?

Certes les solutions d'écotartuffes « à la Hulot ou Arthus-Bertrand  » qui se basent avant tout sur la critique de la consommation individuelle (l'écologie de la brosse à dent - n'oubliez pas de fermer le robinet !) n'ont que peu d'effets sur l'environnement et participent au système plus qu'elles n'oeuvrent pour en sortir : qu'est-ce que le poids individuel engendré par le fait de ne pas acheter un nouveau 4x4 lorsque l'on sait que 3,6 millions sont vendus chaque année aux USA ? Or, ce sont bien les comportements cumulés qui sont destructeurs, et contre lesquels il s'agit de trouver des réponses démocratiques crédibles, au niveau mondial et national.

Ne soyons pas aveugles, le patronat et la droite, premiers soutiens aux multinationales, soit les vrais décideurs, ont la main-mise sur notre système démocratique et trouvent toujours des raisons d'empêcher les progrès humains et environnementaux de s'installer. Est-ce pour autant qu'il faut partir résigné-e ? De nos rêves, doivent découler des réalités :

En effet, les avancées démocratiques permettant d'échapper quelque peu à l'emprise de la publicité et de la consoumission existent. En Suède et au Québec, par exemple, a été interdite toute publicité destinées aux moins de 10 ans. Il est nécessaire de faire de même ici, et d'interdire qui plus est le publicité pour les voitures ou les voyages en avions. Les rêves de nos enfants doivent pouvoir leur appartenir, et non être dictés par le marché, ou disparaître sous le poids de la désillusion programmée !

Il est primordial de garantir, au moment où les ressources vont manquer, les besoins vitaux et sociaux fondamentaux pour chaque être humain. La gratuité des services publics est donc un combat d'avant garde d'une gauche qui se veut progressiste et post-capitaliste. Sortir les besoins essentiels du marché semble être l'objectif le plus évident d'une lutte contre la marchandisation grandissante de nos sociétés basées sur le profit et l'accumulation des biens.

L'instauration d'un revenu maximum et d'un revenu minimal (revenu inconditionnel de citoyenneté ou Allocation universelle), capable de nous sortir de l'aliénation du travail en redonnant du temps pour des activités locales et épanouissantes, participe à cette entreprise qui vise à inverser le rapport de force instauré par un système injuste. Le salarié, qui reçoit déjà un revenu de base suffisant pour vivre, pourra exiger de meilleures conditions de travail et le travail utile, qui remet au centre l'être humain, aura à nouveau ses droits.

L'augmentation de la sphère de la gratuité est en effet une manière fondamentale de lutter contre le marché du travail, le travail-marchandise et l'idée que les besoins sociaux de base puissent être satisfaits par le marché, le fric, la rentabilité. Or, il existe bel et bien des activités en dehors du marché, capables de créer de la richesse pour un pays, en dehors du PIB. C'est même cette richesse-là qui est le fondement de toutes les autres. Prenons l'exemple de la prise en charge non rémunérée des enfants :

« en 2007, elle a représenté quelque 1350 millions d'heures. Environ 60% de cette charge totale ont été assumés par les femmes, et même un peu plus (67%) lorsque les enfants sont en bas âge. A cela s'ajoutent encore 513 millions d'heures de tâches domestiques, là aussi principalement exercées par les mères. Si la garde d'enfants était rémunérée, elle aurait coûté un peu plus de 80 milliards de francs. » source : Le Temps

 

Il s'agit donc de soutenir et valoriser toutes les démarches qui visent à favoriser les échanges non marchands (SEL, coopératives d'alimentation, d'habitation, etc.). Pour que ces débuts de rêves deviennent des réalités enviables et enviées.

Nous devons retrouver notre capacité de faire corps ensemble. 2011 est à notre porte, les éternelles résolutions aussi : n'est-ce pas l'occasion de nous poser les questions essentielles sur notre rapport aux autres, à la consommation, à la vie et au sens de celle-ci. Ce avec un autre prisme que celui qui nous est vendu à longueur d'année. Est-ce que baisser mon temps de travail occasionnera un gain souhaitable en terme humain ? Est-ce qu'acheter le dernier iPad à la mode y contribuera ? Changer de prisme, c'est s'ouvrir à de nouveaux rêves, insoupçonnés, ou redonner vie à d'ancien rêves, que nous nous avons appris à enfouir, c'est se donner encore la force d'entrevoir en nous ce qu'il y a de plus improbable.

Ce temps de début d'année doit nous permettre de mettre à la 1ère place les liens, qui, trop souvent, passent après l'accumulation de biens. Avec ce nouveau prisme, ce n'est plus le caractère utile de l'humain qui prime. Celui-ci est vidé de toute substance, c'est celui de l'économie livrée à elle-même, qui nous perçoit tel le résultat de calculs d'optimalisation de notre utilité. Sortir de ce piège consumériste, c'est susciter des débats publics et démocratiques sur les questions essentielles communes au genre humain : quels besoins de base doivent être assurés gratuitement pour sortir les gens de la misère et de l'angoisse, et quels besoins/comportements dégradent la vie des unes et des autres et doivent être réduits, interdits, taxés. C'est sortir de l'illusion d'une liberté du consommateur, qui existerait en soi.

Commençons donc la révolution et 2011 par une résolution intérieure en prenant soin des autres, des proches et au-delà : n'est-ce pas la meilleure façon de se sentir vivant ? N'est-ce pas un vœux simple mais révolutionnaire que nous pouvons formuler autour de nous, nous approprier ? Retrouver le sens de nos limites, celles de la planète. Pour mieux jouir du peu que nous avons - mais qui a tant de prix.

Et pour que nos adolescent-e-s puissent dire et ressentir que d'autres mondes sont possibles, et existent déjà.

18:25 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | | |

20/04/2010

Décroissance ou développement durable ?

Le Réseau Objection de Croissance-Genève (ROC-GE), l'Association des Etudiant-e-s en Science Politique et Relations Internationales (AESPRI) et EcoAttitude ont le plaisir de vous convier à une Conférence-débat jeudi 29 avril à 20h à Genève (Uni-Mail).

Elle est intitulée Décroissance ou développement durable ? et revêt un caractère à la fois inédit et fort en contrastes. En effet, MM. les professeurs Serge Latouche, Professeur émérite à la faculté de droit, économie et gestion à l'Université Paris-Sud, rencontrera un contradicteur de poid en la personne de Hans Björn Püttgen, Professeur ordinaire à l'EPFL, chaire de gestion des systèmeFlyer Latouche Puttgen.pdf.jpgs énergétiques. Le débat sera modéré par Lucile Solari, journaliste à la Radio romande, productrice de l'émission Prise de Terre.

Deux éminences vont nous offrir une opposition de style que l'on attend avec grande impatience. Le premier, Serge Latouche, est économiste et philosophe, spécialiste des rapports économiques Nord-Sud, et un des initiateurs du mouvement de la décroissance. Il n'est pas inutile de rappeler, à ce propos, que le mot « décroissance » a été employé la première fois par l'universitaire installé à Genève Jacques Grinevald, traducteur, disciple et ami du père de la bioéconomie, Nicholas Georgescu-Roegen. Il rencontra ce dernier en 1974 et fit paraître en français le travail du mathématicien américano-roumain dans un petit livre de 1979 intitulé « Demain la décroissance : entropie-écologie-économie », traduit et préfacé par Ivo Rens et Jacques Grinevald (Lausanne, éd. Pierre-Marcel Favre).

Pour en revenir à Serge Latouche, il est l'auteur de livres tels que "Survivre au développement : Le pari de la décroissance", "De la décolonisation de l'imaginaire économique à la construction d'une société alternative", et du "Petit Traité de la décroissance sereine…". De même, il a contribué à amener dans le débat public les thèses de la décron115511701797253_1534.jpgissance, notamment par ses nombreux articles parus dans des revues telles que le Monde Diplomatique. Enfin, Latouche intervient à plusieurs reprises dans le superbe film de Jean-Paul Jaud Nos enfants nous accuseront ainsi que dans le dernier film de Coline Serreau Solutions locales pour un désordre global.

Son contradicteur d'un soir, le professeur Hans-Björn Püttgen est à la tête du Centre de l'énergie interdisciplinaire, créé par la direction de l'EPFL. Farouche défenseur du progrès et de la Science à qui il s'en remet totalement pour nous sortir des crises multiples auxquelles nous sommes confrontés, il est l'auteur de "La Suisse pourrait devenir un modèle énergétique en Europe". Son approche du développement durable contrastera sans nul doute avec l'approche critique de la décroissance de Serge Latouche, pour qui le développement qu'il soit « durable » ou « soutenable » est loin d'être la solution, puisqu'il est destructeur de la nature et générateur d’inégalités sociales.

Ce débat a lieu avec le soutien du Courrier, d'APRES - Chambre de l'économie sociale et solidaire, et de la Coordination Climat et Justice Sociale. Venez donc nombreuses et nombreux débattre avec nos invités sur ces deux voies qui s'offrent à nous en ce début de 21ème siècle.

 

 

20:01 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : décroissance, productivisme, sciences, progrès, capitalisme |  Facebook | | | |

19/01/2010

200 rues sont à nous !

Fin 2008, les Verts de la Ville de Genève lançaient leur initiative municipale « 200 rues sont à vous – pour des rues ouvertes à la vie et aux mobilités douces! », qui avait vu 5500 habitant-e-s souscrire à leur projet, et avait été déclarée valide par le Conseil municipal le 23 juin 2009.

Cette initiative a le mérite d'être une réponse concrète aux défis, réchauffement climatique en tête, qui sont les nôtres en ce début de deuxième millénaire.

 

Les conseillers municipaux de la Ville ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils ont accepté, il y a quelques heures, et ce à une large majorité, l'initiative des Verts demandant que 200 rues à proximité des écoles, Maisons de Quartier et autres EMS soient fermées au trafic motorisé. Les initiants laissent toutefois le choix à la Ville quant aux rues à fermer. C'est cette dernière qui aura 4 ans pour proposer à la Direction générale de la mobilité, de fermer des routes : celle-ci donnera l'autorisation ou non.

argumentaire.jpg

C'est donc une moment historique pour les Verts genevois, qui ne proposent rien moins que de changer le paysage en matière d'espace urbain.

Sur les 800 rues qui existent à Genève, 1/4 seront désormais ouvertes exclusivement aux habitant-e-s. Un juste retour à une saine convivialité, que nombre de citoyen-ne-s auraient sans doute plébiscitée si d'aventure cette initiative leur auvait été soumise, contrairement aux affirmations malhonnêtes de la droite qui a prétendu que l'échec aurait été assuré devant le peuple, d'où l'acharnement de la gauche à faire passer le projet dès ce soir.

 

Mais cette droite a un arrière goût d'archaïque, bien qu'elle s’en défende avec ardeur et malgré qu’elle en soit partiellement consciente. En effet, personne au sein du Conseil n'a osé remettre en question le fait que l'instauration de rues piétonnes est un apport indéniable en matière de qualité de vie. Non, la droite n’a pas osé défendre le tout bagnole, préférant la « ruse » des arguments tirés par le cheveux. On apprenait par exemple qu’il fallait mieux maintenir, la nuit, au sein des rues piétonnes, des voitures pour rassurer les piétons ! Non messieurs les libéraux, les voitures ne tranquillisent pas nos rues, elles les polluent et empêchent nos enfants d’y déambuler le plus innocemment du monde – quant elles ne les tuent pas (souvenons-nous le 16 mars dernier).

 

Les voitures non seulement tuent nos enfants, mais les transports motorisés sont responsables d’une large partie des émissions de gaz à effet de serre. Le constat est sans appel si nous nous donnons le temps d’y réfléchir. Genève détient le taux de motorisation record en Suisse et le nombre de places de parkings par habitant est près de 2 fois supérieur à une ville comme Zurich. Nous avons affaire régulièrement aux dépassements des taux de pollution de l’air et de bruit. Or, le trafic routier est la principale source de nuisance sonore pour la santé. Le moment est donc venu de proposer un autre développement, basé sur des valeurs plus douces pour l’environnement et qui ne soient pas nocives pour la santé.

Ces 200 rues qui verront le jour sont donc la garantie évidente d’une amélioration de la qualité de vie. Les signataires de cette initiative ne s’y étaient pas trompés : c'est un signe fort pour que les citadin-e-s se réapproprient l'espace public menacé par la voiture et y développent une convivialité souvent égarée. Ce projet, outre sa qualité environnementale qui n’est plus à démontrer, est donc une occassion de remettre au goût du jour des valeurs telles que la communication, l’entraide, le partage, les échanges d’idée et d’opinion, qui ne se passent pas derrière la porte close de son chez soi mais sur la place publique. Respirer l'odeur des rencontres chaleureuses avec nos semblables, plutôt que les pots d’échapement des 4x4 déambulants, voilà un bel avenir pour Genève, enfin !

Quant aux atermoiements de la droite liés aux places de parking qui vont disparaître au profit des rues piétonnes, il s’agit d’un faux problème. Les régies immobilières possèdent un bon pourcentage de ces places et les exploitent mal. En effet, quand les places ne sont pas tout simplement vacantes, elles sont louées à des pendulaires. Or, la politique du canton est claire à ce propos: le trafic pendulaire doit rester aux abords de la Ville et ne pas y pénétrer.

Enfin, ce projet genevois est une étape concrète vers des villes libérées du tout voiture et de la dépendance au pétrole. Les pays riches doivent montrer l’exemple. En Suisse et à Genève en l’occurrence, nous avons les moyens de réduire drastiquement notre empreinte écologique. Depuis toujours, les Verts proposent de développer des zones piétonnes, de promouvoir la mobilité douce par des aménagements qui lui sont favorables et de réduire le trafic motorisé individuel. Grâce à ce projet, ils montrent qu’il est possible de se donner les moyens de la réussite.

200 rues sont à nous !

Et pour le plus grand bien de l'ensemble de la population !

21:26 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : rues, convivialité, pollution, verts, genève, mobilité douce |  Facebook | | | |

18/01/2010

Résister à la montée de la droite fascisante

L'heure est grave en Europe, qui est désormais « l’ascenseur pour les fachos ». L'émission choc de la TSR, Histoire Vivante sur le sujet, est à voir absolument.

A Rome, Gianni Alemanno, ancien fasciste, désormais maire de Rome, est salué devant les caméras par des saluts fachistes.

Des Jeunesses néo-nazis foisonnent partout, et même en Allemagne ! L'extrême droite fasciste et néo-nazie est présente désormais dans tous les plus grands pays d’Europe et est aux portes du pouvoir, même souvent à l’intérieur (elle participe à l'exécutif de 4 pays).

Des immigrés se font sauvagement agresser (cf.la véritable chasse aux étrangers menée par des habitants de Rosarno, en Calabre, sud de l’Italie), des annonces immobilières érigent des slogans tels que "Pas d'animaux, pas d'étrangers" qui rappellent les enseignes des magasins allemands interdits aux juifs il y a à peine plus de cinquante ans.

Sur fond de crise des idéologies, de récession économique mondiale, de dérèglement climatique et donc de menace d’une arrivée massive de réfugiés, l'Europe vire à droite toute et n'hésite plus à flirter avec l'extrême droite fasciste et néo-nazie.

La Suisse n’est pas en reste. La récente victoire de la droite xénophobe pour l’interdiction des minarets n’est que la pointe de l’iceberg. Désormais cette nouvelle drappel1.jpgoite sans complexe veut expulser de Suisse tous les étrangers qui commettraient un délit (ne serait-ce qu’un vol à l'étalage). Initiative issu de l’UDC mais soutenue par tous les partis de la droite libérale-radicale suisse, centre compris avec un PDC qui surfe mieux que quiconque sur les pas de la surenchère islamophobe populiste avec son hyper-médiatique président.

La Genève 'internationale' n'est pas en reste : les partis populistes (MCG et UDC) et la droite libérale qui sont au pouvoir se sont unis pour présenter des projets de loi visant à restreindre le droit du peuple de manifester contre les vrais responsables des crises mondiales, instrumentalisant la violence lors du dernier défilé anti OMC pour arriver à leurs fins.

Alors que dans toute l’Europe ont lieu sous nos yeux des défilés de fascistes d’extrême droite, alors que partout en Europe des personnes migrantes sont érigées en boucs émissaires, la droite populiste et libérale genevoise s’en prend au droit démocratique le plus élémentaire, celui de manifester et d’exprimer publiquement son désaccord contre les vrais responsables de la crise.

Nous ne pouvons rester les bras croisés devant cette prise d'otage de la démocratie par la droite fascisante.

Pour lutter contre ces projets anti-démocratiques et fascisants, nous vous proposons de venir manifester de manière non-violente avec nous le 23 janvier 2010 à Genève lors de la Marche pacifique qui a deux objectifs précis, soit dire clairement :

NON à l’interdiction de manifester et à la liberté de se regrouper !

OUI à l’expression non-violente de nos revendications contre les responsables de la crise mondiale !


Merci de votre participation active à cet évènement ! Rejoignez dès à présent l'événement facebook !

 

 

 

mussolini-berlusconi.jpg« Mussolini n’a jamais tué personne ! Tout au plus, il se contentait d’envoyer des opposants en vacances… » a dit Silvi « TV » Berlusconi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1508eu1.jpg« Nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation, un système qui a garanti le bien-être, le respect des droits de l’Homme et – au contraire des pays musulmans – le respect des droits religieux et politiques » S. Berlusconi

 

 

 

 

 

 

 

 

vic150aa.jpgDimanche 22 Mars 2009, l’Alianza nacional de Gianfranco « Ducinella » Fini, l’auto-proclamé « post-fasciste », fusionne avec Forza Italia de Berlusconi pour former le Popolo della Liberta.

Si la France a sa droite décomplexée, l’Italie a son fascisme à visage humain… enfin pas trop bronzé le visage !

13:55 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : fascisme, nouvelle droite, libéraux, mcg, udc, nazisme, populisme |  Facebook | | | |

Sortir du dogme de la croissance

Depuis quelques mois, plus que jamais, nous vivons dans un monde en crise : crises financière, climatique et énergétique, sociale et culturelle, dont la simultanéité est historiquement inédite et les conséquences improbables : paupérisation, guerres de contrôle pour les ressources, chômage, réfugiés climatiques... Les pistes proposées pour endiguer ces crises, qu’elles soient néolibérales ou progressistes, restent invariablement dans le paradigme du développement et de la croissance économique. Seule la croissance va « créer » des emploilogojvg.pngs, vaincre le chômage et sortir les pays de la crise. Personne ne se demande de quelle croissance on parle ? Quelles sont les productions utiles qu’il est souhaitable, nécessaire d’augmenter ? Qu’est-ce qui manque réellement ? Et quelles sont les choses frivoles ou néfastes dont il serait sage de diminuer, voir de supprimer à terme la production ?

Ces questions essentielles remettent en cause le capitalisme, mais aussi le productivisme et donc nos modèles de développement (surconsommation, transports énergivores, agriculture intensive, filières industrielles et militaires nocives et inutiles, etc).

Alors nous préférons inventer des concepts «fourre tout», tel que le «développement durable», lequel présuppose la possibilité du respect de l’environnement et du social dans un contexte de croissance économique. Mais en faisant de la croissance une nécessité, le «développement durable» n’abandonne-t-il pas toute tentative sérieuse d’éliminer les activités économiques nuisibles ? Ce concept n’est-il pas qu’un alibi pour poursuivre en toute impunité un développement, par essence, non durable ? Une aubaine dans la mesure où il autorise à ne pas interroger ce qui doit précisément l’être: le développement lui-même ! En effet, de quel développement s’agit-il ? Celui de la pollution, du mépris de la nature de la vie et de ses lois, celui de la quête folle de richesses matérielles ?

Une autre manière de faire l’impasse sur les vraies questions est de s’en remettre les yeux fermés à la croyance que la technologie apportera des solutions aux préoccupations écologiques : voitures électriques, décontamination, organismes génétiquement modifiés, biogaz et éthanol... Or, ces «solutions» ne sont pas sans conséquences. Notre société valorise systématiquement le progrès et l’innovation technologique, dans un souci de croissance infinie, sans considérer l’ensemble de leurs conséquences et oublie que c’est cette même foi qui a engendré les catastrophes écologiques que la technologie prétend aujourd’hui solutionner !
decroissance.jpg
Aujourd’hui pourtant, comme le souligne Hervé Kempf (Comment les riches détruisent le monde, 2008), «l’augmentation de la consommation matérielle globale n’est plus associée à une augmentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être.». En effet, la croissance érigée en dogme provoque l’épuisement des ressources naturelles de la planète, la dégradation de la biosphère et les inégalités entre ceux qui profitent de la croissance et ceux qu’elle sacrifie, sans compter l’uniformisation culturelle qui en résulte. Plus que jamais confrontés aux effets désastreux du dogme de la croissance économique, du productivisme et du consumérisme, il n’est pas trop tard pour renouer avec nos capacités d’autolimitation et de création, individuellement avec la simplicité volontaire et collectivement avec la décroissance. Il s’agit d’un long cheminement de reprise en main individuelle et collective. Une démarche de simplicité volontaire favorisera le travail à temps partiel, permettra de libérer du temps pour nous éduquer, lire, réfléchir, se mettre au jardinage, aux techniques artisanales ou de réparation, au travail bénévole coopératif, etc. Au niveau collectif, la décroissance visera une baisse de la consommation matérielle, à savoir la remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchandises sur la planète, ainsi que la décroissance des inégalités avec, par exemple, l’instauration d’un revenu minimum et d’un revenu maximum. En un mot, la décroissance, en refusant le dogme de la croissance basé sur le modèle productiviste, a le mérite d’opérer une réelle ouVERTure en décolonisant notre imaginaire et en nous donnant les moyens de nous réapproprier nos existences tout en respectant la planète et les pays du Sud.

Article tiré du nouveau journal « ouVERTure » des Jeunes Vert-es romand-es


Le journal « ouVERTure » paraîtra quatre fois par année et est téléchargeable ici. Afin de soutenir les Jeunes Vert-es romand-es, vous pouvez souscrire à un abonnement de 25.- par année et ainsi recevoir le journal à domicile sur papier recyclé. Pour ce faire, envoyez un mail avec votre adresse à : Jeunes Vert-es Genève

Plus d'infos sur les activités liées aux Jeunes Vert-e-s Genève et à l'objection de croissance en Suisse

00:13 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance, antiproductivisme, anticapitalisme, écosocialisme |  Facebook | | | |