08/03/2013

Où quand Le Temps confond Journée internationale des droits des femmes avec la St-Valentin

On avait assisté hier à un premier affrontement entre la Tribune de Genève (pro Salon de la bagnole) et le Courrier (dénonçant le smog-roi à Genève), comme le symbolise la photo ci-dessous.

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Aujourd'hui, Journée internationale des droits des femmes, nous sommes invités à arbitrer un autre affrontement, cette fois-ci entre Le Temps et Le Courrier, qui voit le premier nommé intenter un procès au second pour pseudo-féminisme, alors que ce derLa Courrier--672x359.jpgnier a osé (et oui il faut encore Osez le féminisme ! en 2013), écrire son journal en ayant recours à l'universel féminin ! Et a intitulé sa Une, "La Courrier", comme le montre l'image ci-contre, au grand dam de tous les défenseurs de la langue de Molière, qui aiment tant l'universel masculin et les règles de grammaire sexistes qui la composent.

Oh horrible Pêché devant l'Eternel masculin, dénoncent tout haut les défenseurs d'une langue française misogyne provenant de millénaires de privilèges phallocrates !

Quant aux journalistes du Temps, comme on peut le lire ici, ils préfèrent "célèbrer plus discètement «toutes les femmes qui œuvrent au Temps» avec une rose, deux couleurs à choix"... On ne saurait trouver symbole et action plus sexiste... On se rend compte que Le Temps, qui aime à dénoncer de manière attendue et sans nuance la récupération de la Journée internationale des droits des femmes par les différentes industries qui ont l'habitude de tout récupérer à leurs fins, doit en fait confondre la Journée internationale des droits des femmes avec le 14 février et la St-Valentin, où il est de coutume d'offir des roses aux femmes, selon la règle commerciale qui a court...

Le Courrier, quant à lui, qui explique ici sa démarche, sera amené à comparaître dès maintenant devant la Cour internationale de la Langue française et sera sans doute poursuivi pour crime contre l'universel masculin, crime contre la moitié de l'Humanité, qui se voit par ce numéro du Courrier, être pour une fois tout simplement effacée, invisibilisée, comme l'est l'autre moitié continuellement depuis des lustres.

Oui ça fait drôle, chers amis mâles, de se voir effacés au profit des femmes. Mais c'est pourtant le lot que réserve la langue française et la société patriarcale dans laquelle nous vivons à chaque instant, aux femmes, au jour le jour, depuis de longs millénaires. La Journée internationael des droits des femmes est là pour nous le rappeler, et rappeler combien les inégalités demeurent, et pas que dans les autres pays. En Suisse, 1 femme sur 10 est victime de violence domestique et 1 femme meurt toutes les 3 semaines des coups d'un mari ou ancien compagnon.

Le réveil sera difficile, le combat encore long, pour renverser ces réflexes masculins pavloviens, cet article du Temps en est le parfait témoin. Mais la lutte féministe passe clairement par ce genre d'irrévérences, de désobeissances, notamment linguistiques ! Car en effet Dominique Hartmann dans son édito a raison de dire que "
C’est simple: l’égalité des droits passe par la visibilité, et la visibilité par le langage. Celle qui n’est pas nommée n’existe pas."

Bravo et merci donc au Courrier d'avoir "osé" ce parfait "coup d'Etat" contre la mainmise patriarcale sur la langue, contre des dogmes masculinistes qui règnent depuis si longtemps et dont on ne pense même plus à remettre en question.


15:33 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |