14/02/2013

A toi frère, qui n'aime pas le Pape

Voici ma réponse à l'article de Pascal Bertschy dans La Liberté, intitulé "A toi frère, qui n'aime pas le Pape' pape.jpg

Ce n'est pas en premier lieu le Pape le problème, mais l'Eglise qui est restée au 10eme siècle avant Jésus christ... En effet elle ne nous demande rien mais beaucoup de ses membres (les femmes, les homosexuels, les plus pauvres) se sentent incompris pour pas dire jugés. Pourquoi? Pour protéger une doctrine qui serait la seule voie du bonheur.

Dans mes expériences j'ai pu voir que la souffrance est partout, qu'on croie ou non en Dieu. Que les couples chrétiens pouvaient se déchirer comme les autres, que ce qui comptaient étaient les liens, notre entourage, et le fait d'avoir des amis capables de nous comprendre sans nous juger.

Mais l'Eglise n'était pas capable de cela, du fait qu'elle m'était la loi, la règle ou la croyance avant la personne et son mystère. J'ai donc vu nombre de ses membres s'en détacher, car ils étaient en souffrance en son sein. Et moi même je n'y ai finalement plus trouvé d'intérêt.

Mais tant mieux si certaines et certains continuent d'y puiser leurs forces. Pour ma part je puise ces forces dans les manifestations de la beauté de la vie, et ma messe c'est par exemple le regard d'un enfant qui s'émerveille, mon adoration c'est la contemplation d'un beau paysage, ma confession ce sont mes écrits engagés pour changer le monde- ou simplement le faire exister.

Le Pape n'est donc qu'un rouage, l'ultime, au sommet d'une montagne, qui ne tardera pas à s'écrouler.

Comme Martin Luther King qui n'a pas pu voir au-delà de cette montage, de cette terre promise sans races ni haines de l'autre, qu'il a pourtant tant façonnée, je veux croire que le monde nouveau est celui que nous créons à chaque instant, en saisissant les occasions, comme le bon samaritain, qui ouvre son cœur à celui qui en a besoin sans lui demander sa religion sa couleur ou son appartenance politique. Et de savoir que nous ne verrons pas cette terre promise n'en est que plus motivant.

Bien des gens aspirent a autre chose qu'à la seule société de con-soumission et pourtant ne se retrouvent pas dans une Église dont les codes apparaissent comme désuets et vides de tout sens.

La misère humaine que l'on soumettait au prêtre est aujourd'hui portée vers les thérapeutes de toutes sortes, et souvent cristallisée dans toutes sortes de palliatifs censés nous aider accepter la banalité de nos existences.

Mais la bonne nouvelle que nous annonce le Christ et l'Eglise après elle n'est autre que le fait qu'en nous réside les promesses et beautés éternelles et que c'est en allant vers autrui, en rencontrant son regard, en étant touché par ce qu'il est, que nous puiserons la vie et la redonnerons autour de nous.

L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince pour moi a remplacé la bible, les sages chinois les prêtres, et aujourd'hui je peux apprécier le message de paix des sages avec un esprit serein, sans devoir adhérer à une religion, sans devoir me construire une croyance.

Si je devenais pape donc, la première chose que je ferais ce serait de me destituer. Le dernier entre les pairs, comme l'a été le Christ.

Peut être qu'un jour un pape aura-t-il cet élan, celui-la même qui a amené le Dalaï-lama à sortir du poids d'une tradition qui avait pris le pas sur toute spiritualité.

C'est tout le bien que je peux souhaiter à cette Eglise, et à ses fidèles.

09:39 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | | | |

12/02/2013

"Le nom du père est roi"

"Au jeux des familles, le nom du père est roi". C'est le titre d'un article du journal Migros Magazine (no7).

Désormais, depuis 2013 en Suisse, vous pouvez choisir, si vous vous mariez, de garder votre nom de célibataire, ou de porter un nom commun (celui de l'homme ou de la femme) et vous pouvez choisir de donner à vos enfants le nom du père ou de la mère (idem pour les couples non-mariés, à condition de détenir l'autorité parentale conjointe et de faire la demande ensemble).

Depuis le début de l'année pourtant, dans le canton de Vaud, 80% des mariés ont opté pour un nom de famille commun, celui... devinez... Celui de l'homme...

Quant au 20% restants, ils ont décidé de donner dans 90% des cas (sic!) le nom du père à leurs futurs enfants...

Pour une loi qui devait faire office de réforme du code civil concernant le nom de famille, permettant de se défaire d'une culture patriarcale du patronyme, c'est assez loupé...

Mais c'est normal, apprend-ton dans Migros Magazine, "La mère donne la vie et le père transmet le nom", dixit le secrétaire de la Chambre des généalogistes de Suisse romande, Jean-Claude Romanens... Quant au "Spécialiste des relations familiales" Eric Widmer, il regrette qu'en voulant garantir l'égalité, on ait sacrifié le double nom, qui permettait aux époux de "se fondre dans une entité familiale tout en conservant leur identité".

Le nom commun est toujours possible, cher Monsieur : en choisissant de porter le nom de la mère, et en donnant à son enfant le nom de celle-ci. Mais c'est sans doute trop "futuriste" que d'adouber le matronyme dans une société encore largement patriarcale ? Et de risquer la fin du privilège de la propriété patriarcale sur la reproduction humaine ?

Cette loi, avec ces défauts, a au moins le mérite de lever une discrimination sexiste dans le droit. Reste à ce qu'elle soit suivie par la population, et que davantage de personnes usent des nouvelles possibilités proposées par cette nouvelle loi...

19:36 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |