16/04/2012

Les étrangers, monnaie d'échange à la Constituante

Ce qui avait été annoncé ce matin est arrivé : lors de la séance d'aujourd'hui, la majorité de la Constituante (Libéraux, Radicaux, PDC, G(e)avance, UDC, MCG) a voté la suppression de la disposition sur l'éligibilité des étrangers du projet de consitution, alors que les groupes de gauche et associatifs (PS, Verts, Avivo, Solidarités, Associations de Genèves) s'y sont opposés.

En contrepartie, les groupes de droite se sont engagés à retirer la disposition sur l'imposition communale sur le lieu de domicile. Nous sommes donc bel et bien face à un marchandage politique, qui voit les étrangères et étrangers et leurs droits être utilisés à des fins de compromis malsains.

L'éligibilité des 40% de personnes étrangères à Genève est donc exclue de la 3ème lecture de la Constituante genevoise, renvoyée dans un vote à part ! En effet, les groupes Libéraux, Radicaux, PDC se sont aussi exprimés pour que l'éligibilité communale soit inscrite dans une disposition transitoire. Cette disposition transitoire sera traitée à la fin de la 3e lecture. Le populisme et la soumission à la xénophobie qui a guidé ce choix sont tout simplement inacceptables !

Qu'on se le dise déjà : ViVRe, qui avait mis en garde contre ce recul et les jeux politiques qui se tramaient, va évidemment réagir de manière claire et directe à cet affront fait à toute la communauté étrangère établie à Genève.

19:38 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : droits, étrangers, consituante |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonsoir
Je suis née à Genève, y a toujours vécu, y vis encore, de même que mes deux enfants, jeunes majeurs, et pourtant aucun d'entres nous pour des raisons diverses n'est suisse et si nous apprécions de pouvoir voter dans notre commune (le canton serait le bienvenu) nous sommes opposés à l'éligibilité des étrangers. Quand on veut "entrer" en politique la moindre des choses, à notre avis, et de faire les démarches afin d'obtenir la nationalité du pays que l'on souhaite "gouverner".

Cordialement

Écrit par : Loredana | 16/04/2012

"si nous apprécions de pouvoir voter dans notre commune (le canton serait le bienvenu) nous sommes opposés à l'éligibilité des étrangers"

Lordeana, merci de votre avis. Ne pensez-vous pas pourtant qu'il est étrange de vouloir saucissonner un droit ? le droit politique de voter et celui d'être élu ne sont-ils pas un tout indissociable ? Pourquoi vous opposez-vous à cette maigre avancée ? N'est-il pas normal de pouvoir se prononcer et être élu-e dans sa commune, dans son canton, au niveau local, alors qu'on y paie des impôts et qu'on fait vivre la société ?

La nationalité c'est autre chose. Il convient en effet de distinguer la citoyenneté locale, qui s'exerce à l'échelon communal et cantonal, de la citoyenneté nationale qui s'exerce à l'échelon fédéral et conclut un processus individuel et volontaire de naturalisation, lequel ouvre, indépendamment de toute résidence, un droit de codécision, au-delà de la souveraineté cantonale, aux affaires publiques de l’ensemble du pays.

Écrit par : Julien Cart | 16/04/2012

Bonjour,

Pourquoi dites vous que le PS et la Gauche se sont opposés à se retrait ?
dans le cadre des accorts droite - gauche ils a été convenu que cette thèse faisait courir un trop risque d'echec à l'ensemble du projet et que ce risque n'etait pas acceptable.

Vous soulignez vous même que la gauche a obtenu une contre partie et qu'il y a eut marchandage, il n'y a donc pas la gentille gauche et la mechante droite, il y a un parlement qui a pris une decision pour permettre à un maximum de groupes de defendre le projet devant le peuple en octobre.

Pour Conclure de nombreux elus droite et gauche confondus se sont engagés à venir devant le peuple avec un referendum sur ce sujet.

Pourquoi preferez vous déformer la verité ?

Thomas Bläsi

Écrit par : Thomas Bäsi | 17/04/2012

Bonjour,

Pourquoi dites vous que le PS et la Gauche se sont opposés à se retrait ?
dans le cadre des accorts droite - gauche ils a été convenu que cette thèse faisait courir un trop risque d'echec à l'ensemble du projet et que ce risque n'etait pas acceptable.

Vous soulignez vous même que la gauche a obtenu une contre partie et qu'il y a eut marchandage, il n'y a donc pas la gentille gauche et la mechante droite, il y a un parlement qui a pris une decision pour permettre à un maximum de groupes de defendre le projet devant le peuple en octobre.

Pour Conclure de nombreux elus droite et gauche confondus se sont engagés à venir devant le peuple avec un referendum sur ce sujet.

Pourquoi preferez vous déformer la verité ?

Thomas Bläsi

Écrit par : Thomas Bläsi | 17/04/2012

Cher Monsieur Bläsi, pouvez-vous citer une seule phrase qui n'est pas exacte dans ce que j'affirme ? Quand je dis que la gauche a voté contre ce retrait, je prends acte des votes sur le sujet précis de l'éligibilité. Après, en effet, c'était un arrangement - le PDC retournant sa veste, après que sa cheffe de groupe ait reçu "quelques coups de fil de la droite" (haha, le gag), cf. l'article de la Tribune. Mais en quoi est-ce que je dis quelque chose d'inexact dans tout ça ? C'est exactement ce qui s'est passé que je retranscris. Je ne m'avance même pas sur les bruits de couloir : il était de notoriété public depuis un certain temps, y compris au PS, que l'éligibilité, et les étrangers, allaient être monnayés de manière sournoise. ViVRe (Vivre Voter Représenter) s'en était largement alarmée dans les journaux d'ailleurs.
Alors plutôt que de me faire passer pour un falsificateur, merci de venir avec des faits et des arguments un tant soi peu plus percutant.

Écrit par : Julien Cart | 17/04/2012

il y a tout de même une légère contradiction dans votre article... je vous cite:

"Ce qui avait été annoncé ce matin est arrivé : lors de la séance d'aujourd'hui, la majorité de la Constituante (Libéraux, Radicaux, PDC, G(e)avance, UDC, MCG) a voté la suppression de la disposition sur l'éligibilité des étrangers du projet de consitution, alors que les groupes de gauche et associatifs (PS, Verts, Avivo, Solidarités, Associations de Genèves) s'y sont opposés.

En contrepartie, les groupes de droite se sont engagés à retirer la disposition sur l'imposition communale sur le lieu de domicile. Nous sommes donc bel et bien face à un marchandage politique, qui voit les étrangères et étrangers et leurs droits être utilisés à des fins de compromis malsains."

je résume donc: la droite à voté la suppression de cette disposition, la gauche contre... mais "en contrepartie... nous sommes bel et bien face à un marchandage politique"... en résumé tout le monde a trouvé son intérêt chacun sauvant les apparences en votant conformément à son courant naturel de pensée... moralité Mr Bläsi a raison il n'y a ni méchante droite ni gentille gauche mais un bon petit arrangement au mépris (pour la gauche) de ses convictions...

ai-je, comme vous en accusé un contradicteur, falsifié votre pensée? non je ne le crois pas... en revanche je lis entre les lignes...

Écrit par : zangoo | 17/04/2012

"Une majorité des élus était donc prête à adopter la disposition acceptée en deuxième lecture. La peur d’un échec devant le peuple et le souci de rallier l’UDC et le MCG (farouches adversaires de l’octroi) ont toutefois pesé plus lourd.

«Il est évident que le prix à payer pour faire accepter le texte de la nouvelle Constitution à la population est l’abandon de l’éligibilité», reconnaît Pierre Kunz (Radical ouverture)." Lire dans la Tribune de Genève : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/eligibilite-etrangers-passee-trappe/story/30044039

Radical OUVERTURE ? Radical-e FERMETURE oui ! Quel courage : c'est ça faire de la politique, se coucher devant les xénophobes et autres populistes qui jouent sur la peur du peuple ! Quelle tristesse, quelle honte ! A nous dégoûter de la politique.

Écrit par : Julien Cart | 17/04/2012

Les constituant-e-s genevois-e-s ont vendu les étrangers aux populistes de l'extrême droite dans un marchandage odieux pour avoir l'UDC et le MCG avec eux dans le soutien au projet.

Une Constitution pour la Genève internationale censée durer pour les 100 prochaines années, marquée par un tel affront fait aux communautés étrangères - qui représentent 40% de la population - mérite qu'on fasse une belle campagne contre son acceptation par le peuple. Ni plus, ni moins.

Vous pourrez compter sur moi.

Écrit par : Julien Cart | 17/04/2012

" Ne pensez-vous pas pourtant qu'il est étrange de vouloir saucissonner un droit ?"
On parle beaucoup de droits. On les mets à toutes les sauces. Qu'en est-il des devoirs?
Il est appréciable de pouvoir se prononcer en tant qu'étranger sur le plan communal. Faire de la politique est un droit certes qui implique un devoir pour les personnes étrangères qui résident en Suisse, celui de se naturaliser. Car c'est peut-être communal voire cantonal, pour l'instant, mais dans 10 ans sera-ce toujours pareil? J'ai des doutes. C'est mon avis. Possible que je me trompe.

Écrit par : Loredana | 17/04/2012

J'ai vécu 32 ans en Suisse dès l'âge de seize ans avant d'en devenir citoyen en 1997 (je vous laisse calculer ;-). Je n'ai jamais revendiqué le droit de vote et encore moins celui d'éligibilité tout au long des années où, en tant qu'étranger avec femme et enfants suisses, j'y payais des impôts: non seulement jamais revendiqué, mais en plus je trouvais - et trouve encore - cette situation comme parfaitement normale. D'accorder le droit de vote en matière communale est un grand pas déjà fait envers les étrangers résidents, peu de pays le font. La gauche voulait-elle vraiment prendre le risque d'un échec de la constitution devant le peuple pour ce seul article? Certainement pas. Alors Mesdames et Messieurs de la gauche, tout en faisant semblant de vous offusquer de la position de la droite dans cette affaire, vous pouvez vous glousser d'une belle victoire concernant les rentrées fiscales de la Ville de Genève que vous avez obtenues en échange: bien joué!

Écrit par : Ashwani Singh | 19/04/2012

1) Le marchandage fait partie de la politique en Suisse, le but étant d'arriver à des consensus pour CONSTRUIRE ensemble, droite et gauche. Un système sans compromission est, par exemple, le système français : un système d'alternance, où quand un parti arrive au pouvoir, il balaie la plupart des réformes de ceux qui l'ont précédé, pour adopter ses propres lois... Est-ce véritablement meilleur ?

2) Droit de vote des étrangers. On se trompe de cheval de bataille. La citoyenneté comporte des attributs, dont le droit de vote. Par contre, il y aurait lieu de faciliter l'accès à la nationalité, notamment pour les étrangers nés en Suisse, en simplifiant la procédure de naturalisation et en en réduisant les coûts pour les candidats.

Écrit par : Cyril Robin | 16/05/2012

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