16/02/2012

«Tango», nouveau talk-show sexiste de la TSR

"La femme ne va pas prendre une cuite en public, elle ne va pas dire "casse-toi pov' con!" Yves Nidegger, Conseiller national UDC

"Les quotas c'est une bêtise totale, si les femmes veulent prendre le pouvoir, qu'elles le prennent !" Bernard Nicod

Émission Tango, TSR1, 15 février 2012.

Quoi de plus choquant que le choix de la TSR de créer un talk-show sur la question de la «séduction» visant à «mettre face à face des représentants des deux sexes pour débattre de tout ce qui les sépare et les unit en matière de couple, de sexualité, d'égalité des chances, d'exercice du pouvoir » ? Quoi de plus ahurissant et attérant que le spectacle proposé hier soir, date de la seconde émission Tango, émission au nom pour le moins révélateur qui donne le ton aux "débats" (dans le Tango, c'est l'homme qui guide, tandis que la femme suit)...

Proposer une telle émission et la présenter ainsi, en faisant notamment l'amalgame entre séduction et harcèlement, semble en effet au mieux relever du rêvé tout éveillé : "Bousculée par la contestation féministe, la virilité traditionnelle - courage, force physique, puissance sexuelle - n'est plus ce qu'elle était. L'homme conquérant a perdu de sa superbe, comme il semble avoir perdu les rites et les codes de la séduction. Draguer est même devenu une attitude négative et peut parfois relever du code pénal." Pas si étonnant, puisque cette émission donne la parole à d'éminents anti-féministes à la pointe du masculinisme (ou hominisme), par exemple John Goetelen, le fameux défenseur des mâles qui sévit sur les blogs de la Tribune sous l'appellation "Les Hommes Libres", et qui a co-écrit le Manifeste Hoministe. Pour rappel, « les masculinistes ont pour [...] objectif de diaboliser le féminisme — rendu responsable de tous les maux de la société — et de renforcer les rôles et stéréotypes sexués traditionnels. Dans leur haine et leur hargne à l’égard des femmes, certains masculinistes en viennent même à comparer le féminisme avec le nazisme ». A lire, cet appel à la vigilance envers les résaux masculinistes qui prennent de plus en plus d'importance (en Suisse, la «Communauté d’intérêt Antiféminisme» (IGAF) avait même prévu de participer aux élections fédérales d'octobre 2011).

Cette émission qui se dit de "divertissement" ("Je leur dirais que notre émission n’a pas la prétention de vouloir édifier les populations. On ne se prend pas pour des instituteurs: il s’agit simplement de faire passer un bon moment aux gens, comme au spectacle. D’ailleurs, on nous a félicités d’avoir invité Christian Constantin pour parler de séduction. A contre-emploi complet et à la surprise générale, il a dit des choses tout à fait sensées." Michel Zendali) n'a rien de divertissante : elle ancre dans nos représenations la nostalgie d'un modèle viril traditionnel de l'homme totalement désuet, avec son lot de psychologues, psychanalystes et autres politiques masculinistes appelés à la rescousse pour défendre des valeurs masculines archaïques.

Ce choix d'émission institue la différence des sexes - et donc légitime les inégalités et le sexisme ordinaire. En effet, les messages sexistes constamment diffusés dans les médias ont des conséquences antisociales (lire ce très bon article sur la question). Le choix d'une émission n'est pas neutre, il est délibéré. Les médias sont un des principaux moyens de reproduction et de légitimation de la domination des hommes sur les femmes (réduites à des clichés éculés, à des violences masculines banalisées, etc.) : nous devons donc être attentives et attentifs lorsque des émissions "sans prétentions" contribuent à minimiser les inégalités entre hommes et femmes, et à ringardiser le mouvement féministe !

En effet, regardez les thématiques débattues : l'égalité femmes-hommes ("est-ce que 40 ans de féminisme ont vraiment changé les choses?" ou "est-ce qu'on est toujours dans le guerre des sexes ?"), mais abordée sous couvert de "séduction" de "pouvoir" (cf. les titres des deux émissions)... On peut lire sur la page de l'émission : "Message aux mecs, aux hommes, aux humains à poils quoi (mais pas que),  les femmes ont bientôt conquis tous les étages du pouvoir. On les retrouve chef (cheffe?) de service, cheffe (chef?) tout court, conseillère d'état, conseillère fédrale, directrice d'entreprise. Reste ces questions: exercent-elles le pouvoir comme les hommes? Y parviennent-elles avec les mêmes armes? Bref les femmes sont-elles des chefs comme les autres?"

Regardez les invité-e-s, par exemple lors de l'émission d'hier soir : Nicole Baur, déléguée neuchâteloise à la politique familiale et à l'égalité doit affronter notamment le conseiller national UDC Yves Niedegger et Cedric Annen, le conseiller municipal PLR à Lancy, qui dénonce que le bureau de l'égalité s'occupe "surtout de l'égalité des femmes" (sic!) et propose des cours destinés exclusivement aux élues communales genevoises... Tout cela saupoudré de psychanalystes masculinistes tels qu'Alain Valterio, chroniqueur à Coop Magazine qui pense que "l'égalité n'est pas toujours un progrès" (sic!).

Il faut dénoncer ce mensonge qui veut nous faire croire qu'il s'agit d'aborder de manière divertissante d'importants sujets de société, et que dès lors on peut faire n'importe quoi alors que nous avons affaire purement et simplement à de la propagande ! Diffuser l'idéologie de la différence des sexes (donc de la hiérarchie) amène des violences contre les femmes. La TSR doit retirer cette émission. Nous vous invitons toutes et tous à demander la suppression de cette émission d'un autre âge en rejoignant le groupe sur facebook !

Envie de réagir à cette émission ? Ecrivez votre avis sur le groupe en utilisant l'adresse e-mail suivante : suppression.emission.tango@groups.facebook.com

15:58 Écrit par Julien Cart dans Médias | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : féminisme, sexisme, masculinisme, égalité, divertissement, femmes, hommes |  Facebook | | | |

Commentaires

John Goetelen c'est notre ami.

Écrit par : Grégoire | 16/02/2012

N'est-ce pas un peu excessif de vouloir supprimer une émission de télé qui n'est rien d'autre que du divertissement?
Il ne faudrait pas remplacer ce que vous semblez nommer une dictature par une autre.
On peut encore éteindre sa télé. Non?

Écrit par : David | 16/02/2012

"Diffuser l'idéologie de la différence des sexes (donc de la hiérarchie) amène des violences contre les femmes."

La différence des sexes n'est pas de l’idéologie mais de la biologie, j'espère pour vous que vous avez eu l’occasion de l’expérimenter...

Ceci dit il n'y a aucune raison d'en déduire une hiérarchie et encore moins que ça conduise a la violence contre les femmes. La violence se trouve plutôt dans votre poste typé chasse aux sorcières.

Écrit par : Eastwood | 16/02/2012

@Eastwood :

En entérinant le différentialisme entre les sexes qu'on enrichit, maintient, reproduit l'idéologie patriarcale et sexiste : puisqu'il existe une différence entre les sexe, il est légitime qu'elle se retrouve dans les faits, et donc les inégalités et les hiérarchies sont justifiées.
Comme l'explique bien Christine Delphy, le genre crée le sexe, et ce sont les constructions sociales qui nous font penser/réfléchir/activer les différences qui nous paraissent naturelles. En faisant intervenir les arguments biologiques pour justifier des différences (sexuelles, racistes) - on participe à l'alimentation des thèses identitaires qui utilisent les différences pour légitimer les inégalités.
Mais votre recourt à la question des différence participe à la fabrication de l’«Autre» par le pouvoir (lire l'article de C. Delphy sur la question, ci-dessous). Parler de différence c'est donc parler de l'Autre, des Autres, donc créer un référent - ouverture vers la discrimination, la hiérarchie : propagande dont le pouvoir se sert pour maintenir sa domination. Bonne lecture !

"D’ailleurs, je remarque que les gens qui sont “racisés”, qui sont distingués d’une façon raciste, se rebellent plus facilement que les femmes, qui continuent à un certain niveau d’accepter qu’elles sont “Autres”. “Autres” que quoi ? Les féministes radicales disent qu’un « différent » implique un « référent ». Et qui est le référent en ce cas sinon les hommes ? Et pourquoi seraient-ils en position d’être le référent ? D’être le modèle ? Mais très souvent les femmes acceptent. Même certaines féministes acceptent qu’elles sont « différentes » et se mettent à gloser sur cette différence : qui serait bonne ou qui serait mauvaise, sans se demander pourquoi ce doit être elles qui sont « différentes »."

http://delphysyllepse.wordpress.com/2011/10/28/la-fabrication-de-l%E2%80%99%C2%ABautre%C2%BB-par-le-pouvoir/

Écrit par : Julien Cart | 17/02/2012

Comme ça les discriminations et oppressions seraient due a la notion de différence. Il suffit donc de nier la différence et tout est réglé... C'est un déni de réalité fondamentalement absurde. Et qui ne tiens pas compte de la symétrie. Si on désigne l'autre comme différent, c'est qu'on est aussi "son" différent, du coup rien de mécanique n'induit une hiérarchisation.

Rendre les choses simples compliquées n'est jamais crédible, ça ressemble plus a un écran de fumée fait de baratin pseudo intello. Pour rappel (si il le faut vraiment) les hommes n'ont pas de grossesses et les ovaires ne produisent pas de sperme, je crois que c'est un exemple de différence biologique indéniable et il faut vraiment être très tourmenté pour tenter de le dissimuler a des fins idéologiques. D'ailleurs dans le genre tourmenté, l'article de votre lien est assez fantastique. J'espère sincèrement pour les auteurs que se sont des étudiants en phase de révolte post-ado et que le temps leur apportera un peu de sérénité.

Ceci dit, j'ai toujours vécu dans un environnement familial et social ou cette différence biologique des sexes n'était en aucun cas prétexte a une inégalité légale, sociale ou professionnelle. Je considère donc votre combat comme d'arrière garde et a la limite de la paranoïa, surtout quand on voit qui vous visez dans votre poste.

Écrit par : Eastwood | 17/02/2012

A l'auteur,

Vous citez le manifeste hoministe et vous dites que ce sont des anti féministes! Vous ne prenez même pas la peine de mettre un lien sur le dit manifeste : http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article5

Et que dit se manifeste dont j'ai commenté une partie dans cet article : http://leblogdenash.over-blog.com/article-les-revendications-sociales-des-hommes-85600440.html ? Rien en relation avec de l'antiféminisme !

De même, vous faites un amalgame entre hominisme et masculinisme qui sont deux choses différentes comme je l'ai rappelé : http://leblogdenash.over-blog.com/article-les-courants-revendicatifs-de-la-condition-masculine-85600151.html

Pour votre information, la différence est fondamentale car de l'altériré né l'autre physique et psychanalytique. C'est l'émergence du relativisme et l'acceptation de l'autre dans sa différence. Par ailleurs, vous confondez rôle et fonction.

Votre prose n'est pas très différente des falsificateurs de RebelLyon que j'ai déjà sévèremment mouché sur ce sujet dans cet article : http://leblogdenash.over-blog.com/article-rebellyon-anatomie-d-une-illusion-93267020.html suite à leurs diffamations, mensonges et le plus grave : révisionnisme de faits avérés.

John Goetlen vous a répondu excellement bien. Rien à ajouter si ce n'est que les hommes que vous critiquez ont raisons de se mobiliser contre les dérives féministes pour ne pas dire le féminisme radical de combat décriez dans le dernier opus de Marcela Iacub. Jusqu'à présent, c'est bien le féminisme qui nie la violence des femmes et la victimisation des hommes.
Les hommes pensent et se regroupent. Continuons !

Écrit par : Nash | 17/02/2012

A Eastwood:

Vous écrivez : "Si on désigne l'autre comme différent, c'est qu'on est aussi "son" différent, du coup rien de mécanique n'induit une hiérarchisation."

C'est théoriquement vrai, une différence devrait être réciproque et ne pas impliquer de comparaison défavorable, mais comme l'explique Christine Delphy, ce n'est pas comme cela que fonctionne la société: s'il y a différence c'est toujours par rapport à une norme, or la norme dans notre société c'est d'être un homme blanc hétérosexuel, lorsque vous n'appartenez pas à l'une ou l'autre de ces catégories vous êtes discriminés pour cela.

Je vous renvoie au dernier numéro de Sciences et Avenir qui traite justement des différences biologiques entre femmes et hommes : http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20120126.OBS9885/neurosexisme-la-guerre-est-declaree.html et dans lequel vous trouverez un interview de Delphy intitulé "Des différences créées de toutes pièces", je vous en cite ici un passage qui me semble bien répondre à vos remarques :

"Que les femmes fassent le travail domestique et gratuitement ne doit rien à une nature quelconque mais tout à une organisation sociale qui leur dicte de le faire! Le fait d'avoir des ovaires et un utérus ne vous prédispose pas à élever des enfants, cuisiner et soigner des personnes âgées. Même pour les femmes - seules à être enceintes, à accoucher et à allaiter -, l'activité de reproduction ne constitue qu'un court moment dans la durée de vie. De plus, les femmes ne préexistent pas à leur oppression. Les diktats sociaux les construisent en même temps qu'ils les contraignent. Les femmes et les hommes eux-mêmes sont des constructions sociales. Il y a une idéologie de la différence qui sert le pouvoir patriarcal."

Écrit par : Nadège | 18/02/2012

@ Nadège:

Les propos de madame Delphy sont un point de vue. Ils ne peuvent être considérés comme la vérité ni comme décrivant la réalité. Ils n'ont rien de scientifiques et ne sont qu'une théorie.

Je m'étonne du peu de questionnement devant ses propos. On les dirait mis en avant avec la même dévotion qu'un croyant met en avant son évangile de référence. C'est le sentiment que j'ai en lisant ce texte: une sorte d'évangile.

Je prends à contre-pied madame Delphy: les différences ne sont pas des créations de toute pièce. Le genre ne crée pas le sexe, mais le sexe crée le genre. Le genre est un prolongement, une amplification, une organisation du sexe dont il s'inspire.

Quant à la différence elle est indispensable, vitale. C'est par elle, autant que par le semblable, que l'identité se forme. L'altérité née de la différence implique l'acceptation, la reconnaissance, la découverte et le respect de l'autre en tant que non-soi. Et le corps, le corps forcément sexué, est le territoire de cette différence.

Les recherches scientifiques sont loin d'être au bout. D'une année à l'autre des recherches aux conclusions contradictoires sont mises à la disposition du public. Chacun trouve ce qu'il cherche.

La différence doit être recherchée, cultivée, respectée: elle engendre une dynamique créative. L'identique se neutralise lui-même. Le même, la négation de la différence et de son respect, est ce qui a conduit au racisme. La différence est l'antidote au "même", et au totalitarisme que ce même engendre. L'apanage des idéologies totalitaires est de ne pas supporter la différence et de la nier, de l'éliminer physiquement ou intellectuellement.

Écrit par : hommelibre | 19/02/2012

Avec de tels propos vous ne faites pas honneur à la politique. Etes-vous engagé chez les Verts ou simplement vert de rage.. Acheter vous un punching-ball si vous avez besoin de vous défouler.

Écrit par : ArthurV | 19/02/2012

L'appel à la vigilance que vous citez aimablement date de... 2008 ! Votre métier c'est de faire du fouin. Je ne comprends vos amalgames et vos attaques. Etes-vous en service commandé ou avez-vous des comptes à rendre ?

Écrit par : ArthurV | 19/02/2012

Pitoyable tous ces commentaires d'hommes frustrés qui veulent avoir leur part de reconnaissance...

Écrit par : Grégoire | 19/02/2012

@homme libre

Je suis heureux d'apprendre par l'hoministe John Goetelen, que je suis sexiste car je penserais que "seules les femmes peuvent être victimes et que forcément les hommes sont leur agresseurs".

N'importe quoi... Vous falsifiez mes propos car cela vous arrange comme plein d'autres affirmations dans votre blog. Mais pour répondre quand même, il y a une large majorité d'actes de dominants perpétrés sur des femmes, donc la symétrie n'est pas possible en matière de lutte pour l'égalité, il faut clairement accepter cette asymétrie sinon on est dans le déni, comme vous l'êtes malheureusement.

De plus vous dites : "la non-différenciation est une régression culturelle fondée sur la peur. La différenciation est une évolution liée à une ouverture d’esprit et de coeur". Donc si je pense que l'idéologie de la différence (différentialisme) crée la domination, la hiérarchie et les inégalités "cela tient peut-être à l’histoire personnelle du blogueur [moi]" qui pense que "l’égalité serait la similarité et l’indifférenciation" : j'ai donc peur de ce qui est différent, en somme. Merci, vous devriez arrêter de psychanalyser vos débattants, ça vous donnerait peut-être un tant soi peu de crédibilité.

Sachez pour finir, avec vos énièmes attaques selon lesquelles les féministes radicales ou tenant-e-s de la théorie Queer, serait pour "l'indifférentiation", mettez-le vous dans la tête une bonne foi pour toute : le courant égalitariste (qui se différencie du courant différentialiste cher aux hoministes et autres masculinistes) des féministes radicales prône l'idée que les différences morphologiques et de constitution entre les femmes et les hommes ne déterminent aucunement leurs rôles sociaux respectifs. Ce sont des différences individuelles qu'il s'agit de respecter. Rien de plus. Le reste n'est issu que de vos élucubrations.

Écrit par : Julien Cart | 20/02/2012

"Mais pour répondre quand même, il y a une large majorité d'actes de dominants perpétrés sur des femmes"

De quels types d'actes parlez vous ? Vous parlez de la violence ? Manque de bol pour vous, des études menées par Suzanne SteinMetz et Murray Strauss et bien d'autres ont largement démontré l'équirépartition en matière d'acte de violence. Vous pourrez trouver toute ces publications dans cet article qui s'attache à montrer l'iniquité et les biais des enquêtes menées en France sur les violences : http://leblogdenash.over-blog.com/article-la-violence-l-ined-et-la-theorie-du-genre-90840584.html

Vous n'êtes pas sans ignorer que la presse et la manière dont l'information est donnée et les stéréotypes conditionnent notre vision du monde. Ceux ci déforment l'image des rapports de genre et notamment au travers de la violence.

Et le féminisme qui tente d'associer plainte pour viol à un viol (cherchant à sacraliser la parole d'une supposée victime) n'est - il majoritaire donc dominant et donc en position pour modifier en sa faveur les rapports de genre ? A lire l'ouvrage de Marcela Iacub sur le sujet !

Pour votre culture, un document de référence qui parle des victimes masculines, c'est tellement rare : http://leblogdenash.over-blog.com/article-a-lire-le-garcon-invisible-s-ouvrir-aux-victimes-masculines-95968677.html

Il n'y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ...

Écrit par : Nash | 20/02/2012

Je suis soulagé de voir les commentaires censés et argumentés qui répondent à ce billet. Protester contre le féminisme n'est jamais sans conséquences. Ce billet a l'avantage d'illustrer que l'opinion publique leur appartient et ils en profitent. Ils estiment avoir tous les droits, y compris celui de censurer, dans un élan d'arrogance indéniable et de soif de pouvoir inextricable.

L'aspect biologique est indéniable, on ne devrait même pas le justifier. Ne vous inquiétez pas que les féministes admettent des différences lorsqu'il s'agit de ne pas agir face aux pères démunis face au droit de garde exclusif automatique de la mère, et d'encourager le fait que ceux-ci soient éloignés de leurs enfants sous des prétextes multiples. Ils instrumentalisent les cas extrêmes de la hiérarchie des sexes dans les ménages arabes, pour les étendre à la planète entière et les généraliser, tout cela pour colporter l'idée que la société est encore patriarcale.

Mais il y a un autre aspect intéressant qu'il me semble important de soulever.

Ce discours amusant a au moins l'avantage de mettre en exergue le vrai problème qui réside chez ces idéologues. Ils ne sont pas seulement déterminés à dicter leur pensée à tout le monde, à nous embarquer dans un néo-conformisme anti-mâle qui n'a rien à voir avec la conception de l'égalité quelle qu'elle soit, mais ils sont bien trop convaincus de leur supériorité intellectuelle et morale, pour ne serait-ce que supporter que les quelques mouvements se penchant sur la condition masculine, osent intervenir en public. Ce qui est pour le moins révélateur. Cela signifie aussi que des gens qui se disent pour le bien de l'humanité et qui prétendent vouloir éliminer les différences, n'acceptent déjà pas les personnes qui pensent différemment d'eux. Par ailleurs, ils ont peur pour leur emprise sur le pouvoir et sur les médias.

Force est de constater que le texte nauséabond ci-dessus n'est qu'un énième discours idéologique porté indirectement par les séparatistes féministes. Ils oublient que la Suisse est encore un pays démocratique et le délit d'opinion n'a justement pas sa place dans un état de droit.

Je dois admettre que je ne comprends pas pourquoi on donne la parole à des individus qui distillent la haine en permanence, sous prétexte que ce sont des féministes et qu'ils ont l'habitude qu'on leur donne raison à cause de leur propagande égalitariste, à présent démasquée.

Les insinuations, les procès d'intention et les accusations ridicules, infondées ne les arrêtent pas, ils font partie intégrante de leur campagne de diabolisation des masculinistes, et indirectement du mâle lui-même. J'ai déjà eu l'occasion de parler avec ces gens-là, sur des sites, des blogs, des forums, et je me suis vite rendu compte qui ils étaient vraiment ; des gens tout simplement simples d'esprit, en manque d'arguments concrets, dont les propos étaient exclusivement basés sur l'émotion.

Quand on regarde de plus près le féminisme, on s'aperçoit que toutes les branches de l'idéologie se rejoignent et ont une stratégie commune : la victimisation inconditionnelle et permanente des femmes, leur déresponsabilisation totale, et en prime une peur et une aversion illimitées pour tout ce qui est viril. L'absurdité des propos et l'extrémisme ne les gênent absolument pas, et tous les problèmes sociaux sont systématiquement imputés aux hommes, les femmes n'étant jamais responsables de rien et ne faisant que suivre ; la théorie du complot la plus pure qui soit.

Même si dans la réalité, par exemple le fait de mettre des femmes au pouvoir n'a jamais réglé quoi que ce soit ou changé la société. La vérité est que, dans les faits, elle est identique à l'homme et qu'une fois les richesses entre les mains, elle en fait la même chose. Les élites financières sont mixtes.

Le féminisme est bien une idéologie totalitaire. Ses idéologues ont un pris l'habitude de s'ériger en gendarmes de la pensée et en référence partout où ils passent, peu importe s'ils deviennent ridicules. Dans ce texte, on voit bien leurs multiples incohérences comme par exemple : "les femmes se battent-elles avec les mêmes armes que les hommes ?", ce qui est plutôt révélateur d'une jalousie, plus que d'un sentiment d'injustice réel. D'un côté, on déteste la virilité et d'un autre on veut avoir les mêmes avantages que les hommes. Quelle cohérence qui en dit long sur les intentions !

Quand on en est au point de porter des jugements sur une émission qu'on n'a même pas regardée et qu'on n'a pas l'intention de regarder, il faut se poser des questions.

À défaut de pouvoir argumenter sans insultes et stéréotypes face aux masculinistes, que ces féministes jugent d'une certaine manière à leur idée et sans preuve solide à l'appui hormis leur misandrie existentielle (sans doute afin de s'arranger avec leur conscience et celle de l'opinion publique), ils pratiquent la censure et leur confisque toute légitimité d'emblée. Nous savons que la campagne de diabolisation des masculinistes n'est qu'une partie émergée de l'iceberg de toute la stratégie des féministes. Nous sommes déjà tombés dans leurs pièges par le passé, et il est enfin temps que nous prenions la parole qu'ils ont tant monopolisée ces dernières années, afin de faire valoir nos droits et se pencher aussi sur la condition masculine, dégradée pour le bon vouloir des féministes qui se cachent sous le masque de l'égalité pour perpétrer leur génocide psychologique.

Écrit par : Jonathan | 22/04/2012

Cher Julien,

Je suis sidérée par la violence des réponses, et très contente de voir votre plume s'insurger contre le sexisme ordinaire (titre du dernier livre de Brigitte Gresy) dans les médias.
Le féminisme est u champ de reflexion ouvert et non totalitaire. Je vous invite à lire, en sus de Christine Delphy, qui est loin d'être une théoricienne phare d'ados en révolte, Judith Butler, et d'aller voir ce que pense la neurologue Catherine Vidal de la différence des sexes. Je suis sûre que votre défence du féministe en sortira enrichie.
La différence est construite, donc elle existe, et il n'est pas faut d'y faire référence comme vous pour demander plus d'équité, en attendant que la différence construite soit effacée. Pour ce faire, il faut d'abord la nommer, et rester vigilant face aux nouvelles modes Mars Venus qui enferment les femmes dans des comportements performatifs de genre stéréotypé. Osons parodier et renverser ces stéréotypes!
Merci à des hommes comme Julien Cart d'exister, de soutenir la causes des femmes, et tout d'abord d'en faire un thème digne de reflexion, et non pas un sujet de "divertissement" comme la TSR.
Bien à vous,
Natacha RAULT

Écrit par : RAULT | 10/06/2012

Très bon billet comme toujours.

Écrit par : mutuelle lunette | 13/06/2012

Merci Natacha Rault pour ce soutien et ces encouragements !

Écrit par : Julien Cart | 14/06/2012

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