18/10/2011

Ou quand Pierre Weiss réécrit les Ecritures

On apprend ce matin que Pierre Weiss s'offusque du fait que les Evangiles ne figurent pas parmi les « grands textes » que l'école genevoise propose aux élèves du Cycle d'Orientation. Le député qui semble élu par Dieu lui-même pour rétablir la Vérité en ce bas monde interpelle en effet le Conseil d'État et les quatre principales Églises chrétiennes du canton. Semble-t-il, ce qui le gêne le plus, ce n'est pas tant l'absence du Nouveau Testament dans les grands textes, mais bien la présence du Coran dans ceux-ci :

« Je souhaite savoir si la présence côte à côte du Coran et de l'Ancien Testament, dans la partie consacrée à la naissance du monde, permet de mettre en lumière que pour le premier la femme est inférieure à l'homme, alors qu'elle est son égale dans le second. »

Nous conseillons à Pierre Weiss de relire ce même texte qu'il dit fondateur de notre civilisation, à savoir l'Ancien Testament, il verra que :

- Adam fut la première créature de Dieu, Eve fut créée à partir d’une des côtes d’Adam.
- Eve est la principale cause de l’expulsion d’Adam du paradis, ayant poussé ce dernier à transgresser la loi divine : elle devient donc l’égérie incontestable du péché originel.
- La femme n’a pas seulement été créée d’Adam, mais elle a été créée « pour » lui...

Mais sans doute que pour le spécialiste des Ecritures qu'est Pierre Weiss, cela est synonyme "d'égalité entre hommes et femmes"... Il pourra même pousser le trait en relisant (ou plutôt en lisant tout court...) le Coran, où l'on ne retrouve nulle part cette image de la conception d’Eve à partir d’une des côtes d’Adam... Au contraire, dans la version coranique, il semble même selon les spécialistes1 que la création humaine n’est pas exprimée en termes de genre et que le Coran utilise indifféremment les termes et images au féminin et masculin, afin de décrire la création à partir d’une seule origine et d’une seule substance… Dans un grand nombre de passages du Coran, en effet, on lit que la création originelle d’Allah était une humanité indifférenciée ni homme ni femme.

Un(e) Pierre dans l'eau, donc, mais avant les élections, un petit article à caractère islamophobe pour récupérer quelques voix chrétiennes, c'est tout ce que cherchait l'élu. Il apparaît malheureusement plutôt vain de vouloir réécrire les Ecritures cinq jours avant les élections... C'est plutôt un miracle qu'il faudrait au PLR pour ne pas sombrer en eaux troubles dimanche...par manque de foi ?

1 voir l'article : L’égalité entre hommes et femmes ; Riffat Hassan, Université de Louisville, Kentucky.

 

15:03 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | | | |

09/10/2011

Nous n'avons qu'une seule Terre, et qu'un seul vote !

Depuis maintenant sept mois, les Jeunes Vert-e-s Genève, environ une dizaine de jeunes membres motivé-e-s, se sont mis ensemble avec l'objectif de mener une campagne en vue des élections fédérale du 23 octobre 2011. Est-ce qu'on mesure quelles implications cela demande, de mener une campagne politique ? Le mesurions-nous en avril dernier lorsque nous commencions à nous réunir pour plancher sur le sujet ? Certainement pour certain-e-s (quatre) d'entre nous qui avions déjà été candidat-e-s lors de la campagne municipale de mars dernier. Mais la différence avec cette campagne, c'est qu'elle allait être avant tout de notre cru. C'était en effet à nous d'y apporter notre patte, d'y mettre nos idées, bref, de l'habiter de A à Z et de lui donner vie. L'occasion rêvée donc de pouvoir exprimer nos idées, nos convictions, nos questionnements, et de pouvoir les défendre ensuite, dans l'espace public, en essayant de donner corps à ces idées à travers des supports de communication différents de ce qu'on rencontre d'habitude, capables d'interpeller les jeunes générations.

Cette démarche auAffiches_RVB_A4_WEB_Page_4.jpgssi haletante qu'harassante touche quasiment à son terme, et c'est avec soulagement que nous arriverons au 23 octobre avec l'impression d'avoir beaucoup donné. Et beaucoup appris.

D'abord il a fallu réfléchir sur un programme, lequel se voulait pluri-thématique, puisqu'il finira par proposer des pistes aussi bien en matière de logement, d'agriculture, de mobilité, d'énergie, d'égalité entre les sexes, et autres.

Se mettre d'accord entre nous ne fut pas évident, cela a demandé des compromis des un-e-s et des autres, des moments de frictions et de longs débats sur le fond des sujets. Cette une force de pouvoir bénéficier en fin de compte de ce processus, car nous avons dû nous approprier totalement ce programme pour pouvoir nous y retrouver toutes et tous et le défendre ensuite dans l'espace public.

Ce que nous voulons apporter comme nouveauté à Berne, c'est la question des limites de notre planète. Nous voulons ébranler les esprits qui se reposent encore sur l'idée que la croissance est la panacée pour nous sortir des crises que nous connaissons. Nous voulons donc retrouver les fondements de Affiches_RVB_A4_WEB_Page_2.jpgl'écologie politique, qui avait vu dans la critique du productivisme et donc de nos modèles de développement (surconsommation, transports énergivores, agriculture intensive, filiè­res industrielles et militaires nocives et inutiles) une remise en question du modèle capitaliste basé sur l'idée même de croissance et de profit. Ce que nous critiquons, c'est aussi bien le mirage d'une techno-science censée apporter des so­lutions aux préoccupations écologiques (voitures électriques, décontamination, organismes géné­tiquement modifiés, biogaz et éthanol, et plus récemment des projets démagogues et néo-coloniaux tels que Desertec) que les outils du système qui nous maintiennent prisonniers de cette croissance (obsolescence programmée des objets, publicité, crédits à la consommation, greenwashing, ...). Ces processus nous rendent dépendant-e-s des grosses firmes et créent en nous de faux besoins.

Aujourd'hui pourtant, comme le souligne Hervé Kempf, «l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une aug­mentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être.» En ef­fet, la croissance érigée en dogme provoque l'épui­sement des ressources naturelles de la planète, la dégradation de la biosphère et les inégalités entre ceux qui profitent de la croissance et ceux qu'elle sacrifie, sans compter l'uniformisation culturelle qui en résulte.

Les Jeunes Vert-e-s Genève appellent donc, à travers des mesures concrètes et réalistes, la société suisse à remettre en question le système que nous connaissons et à respecter les limites de la biosphère. Cela nécessite un changement autant des mentalités que des comportements. Le travail prend une place immense dans nos sociétés, car il est à la fois le moteur de la croissance et le moyen principal de socialisation. Nous voulons démonétariser la société, et donc réduire le temps de travail de manière drastique, afin que les citoyennes et citoyens aient plus de temps à disposition pour lire, réfléchir, se met­tre au jardinage, aux techniques artisanales ou de réparation, au travail bénévole et coopératif, bref, pour travailler moins et vivre mieux !

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Ce changement de paradigme que nous désirons, ne va pas sans réduire la surconsommation et les besoins en énergie ni sans s'attaquer à la croissance des inégalités. Comme le dit bien Hervé Kempf, c'est avant tout « les riches qui détruisent la planète ». Nous proposons donc d'instaurer un revenu minimum et un revenu maximum, de promouvoir un revenu de base suffisant (allocation universelle). Nous proposons aussi un modèle déjà réfléchi en Angletterre et en France, les quotas d'énergie, qui sont une allocation équitable de quantité de ressources (notamment énergétiques) par habitant-e-s, échangeables dans les limites d'objectifs nationaux de réduction de consommation. Nous nous engageons aussi pour une sortie du nucléaire crédible et réaliste, basée sur la remise en question de nos modes de vie afin de réduire les besoins en consommation d'énergie. Nous sommes favorables à des solutions transitoires (centrales à gaz) sans compromettre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (réduction en Suisse, sans possibilité de compensation à l'étranger).

Enfin, il est indispensable de relocaliser notre économie en réduisant la distance des emplois et des loisirs, en supprimant les avantages fiscaux accordés aux entreprises multinationales ou grandes entreprises suisses pour les réaffecter aux entreprises respectant les critères de l'économie sociale et solidaire, et enfin, en régulant les importations selon des critères écologiques et sociaux.

Vous le savez, nous n'avons qu'une seule Terre. N'oubliez pas non plus : nous n'avons qu'un seul vote. Découvrez nos 7 candidat-e-s !

… pour « rendre d’autres modes de vie possibles » et pour rendre le sourire aux Jeunes Vert-e-s, en contrecarrant le réchauffement climatique...  Votez la liste numéro 5, Les Jeunes Vert-e-s Révolutionn'AIR !

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01:52 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections, fédérales, écologie, verts |  Facebook | | | |

06/10/2011

Prostitution et UDC ou la morale au service de sa caste

On apprend que l'udc veut « interdire l’offre publique de services liés à la prostitution dans un rayon de 500 mètres aux abords des écoles fréquentées par des mineurs ». Au lieu de s'engager clairement contre la prostitution, ce reliquat patriarcal qui bénéficie du marché capitaliste pour se développer et perpétuer l'esclavage sous couvert juridique, l'UDC préfère cacher la merde aux chats en l'enlevant du regard des enfants transitant dans le quartierspip.php.jpg des Pâquis à Genève. Au nom de la morale petite-bourgeoise, afin de ne pas choquer les enfants, et non parce que la prostitution est dégradante pour les femmes et hommes qui y sont employé-e-s et réduit-e-s pour l'immense majorité, faute de salaire digne.

On lit en effet : "Les prostitutions d’escorte et de salon ne sont pas visées et pourraient continuer à s’exercer puisque soustraites à la vue des enfants" (!!!).

L'UDC explique donc ainsi qu'elle veut préserver la possibilité pour les vieux conservateurs bourgeois friqués à la morale sélective de continuer eux à utiliser les corps réduits à l'esclavage des escortes, dans les hôtels de haut standing- en dehors du regard des enfants : "Seules les formes visibles de la prostitution, comme par exemple le racolage, mais aussi les supports publicitaires, affiches, vitrines et enseignes indiquant que des prestations sexuelles tarifées sont bannies."

Comme quoi on défend sa caste jusqu'au bout, au nom d'une pseudo morale désuette. Dégoûtant.

Il faut au contraire lutter pour l'abolition du système de la prostitution, lequel ne permet pas une manne économique pour les femmes mais est une monétarisation du patriarcat. La légaliser, c’est renforcer les inégalités. A signer le manifeste européen pour s'engager à ne pas être complice du système prostitueur et demander aux personnalités politiques au niveau local, national et européen, d’agir vers une Europe libérée de la prostitution.

Les corps des femmes et des hommes ne sont pas à vendre. Sortons de l'esclavage au nom du fric.

Voici le spot de la campagne :


18:20 Écrit par Julien Cart dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : prostitution, politique, interdiction, pâquis |  Facebook | | | |