18/04/2011

Pour l'introduction d'un revenu de base inconditionnel et suffisant !

Il est nécessaire que nos sociétés introduisent au plus vite un tel revenu inconditionnel. C'est en effet, dans des sociétés hyperdéveloppées, un cruel manque. Bénéficier d'un revenu inconditionnel suffisant sera une grande avancée en terme de droits humains : chaque être humain pourra pourvoir à ses besoins fondamentaux (logement, alimentation, éducation, culture) sans être stigmatisé.

Avec un tel revenu, s'il est suffisant, l'individu pourrait dès lors mieux monnayer sa force de travail, cela redistribuerait donc les cartes de l'emploi, obligeant notamment plus d'horizontalité au sein des entreprises et une réflexion sur ce qui est produit et la manière de le produire. Cela rentre tout à fait dans les perspectives de l'écologie politique, défendue par les Verts et qui dénonce le travail productiviste. Ce revenu de base permettrait aux êtres humains de sortir de l'aliénation du travail : le travail automatique ayant comme seul attrait le produire pour produire, laisserait place au travail humain en vue de l'émancipation, choisi et qui accomplit celui qui l'exécute. L'idéologie sarkosyste du "travailler plus pour gagner plus" a montré qu'elle était un cinglant échec. Il est venu le temps de penser des sociétés affranchies de l'emprise du travail qui aliène au lieu de développer l'autonomie des individus afin que chacun puisse libérer du temps et vivre dignement.

C'est donc un pari aussi : celui de l'être humain qui peut trouver en lui-même l'envie et la force pour accomplir les activités qui l'émancipent, si la société lui en donne les moyens, et l'affranchit de la dépendance (vision philanthropique de l'Etat Providence) qu'elle organise (chômage, AI, retraites, etc) pour mieux maintenir la dépendance, le chômage, et servir le capital.

Le revenu de base supprimerait ces soutiens qui stigmatisent des pans entiers de population. Chaque citoyen serait un peu plus considéré sur le même pied d'égalité pour construire sa vie, apprendre à connaître ses compétences et pouvoir les mettre à disposition de la société entière.

Cette idée fait son chemin, même dans des milieux ou personnages réputés plus à droite. En ce qui concerne le financement, ce n'est pas aussi utopique que cela. Dans leurs derniers livres (Le financement d'un revenu de base inconditionnel), Bernard Kundig présente un projet de financement mixte passant par la TVA et l'impôt fédéral direct, Albert Jörimann propose un financement par compensation limitant l'intervention dans les mécanismes de redistribution existants au strict minimum, enfin Daniel Häni et Enno Schmidt conçoivent le financement du revenu de base dans le cadre d'une réforme plus générale de la fiscalité axée sur une généralisation de la TVA. D'autres idées bien sûr existent et peuvent être développées pour que, dans un futur proche, une telle allocation universelle puisse devenir une réalité.

17:22 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | | |

Commentaires

Magnifique

Après "travailler plus pour gagner plus", voilà "faites-vous payer à ne rien faire, pas grave, les autres bosseront pour vous".

Plus fort que l'assistance sociale, le droit de devenir un glandeur. Pour tous.

Ca peut marcher dans un pays producteur de pétrole comme le Koweit. Mais pas dans un pays qui doit travailler pour assurer sa prospérité (ou pour vous faire plaisir, pour permettre des soins médicaux pour tous et une couverture sociale décente (i.e. pas un salaire assuré pour glandeur).

Écrit par : Amusé | 21/04/2011

Il semble que "Amusé" ne sache pas lire et n'aie appris du débat d'idées que la caricature des propos d'autrui afin de les discréditer.

Bref, le texte me semble intéressant, malgré quelques hésitations de ma part. De toutes les façons, je gagne plutôt bien ma vie, donc j'imagine que c'est la raison pour laquelle je ne vois pas l'urgence d'une telle mesure. Ceci dit, vivant en France, je vois qu'il est évident que le "travailler plus pour gagner plus", n'a été qu'un grand échec. Il faut donc repenser le travail.

Mes hésitations concernent le fait que nous sommes intégrés dans un système capitaliste mondialisé et que -peut-être par pessimisme - je ne crois pas du tout qu'un pays seul puisse en sortir...En somme, il faudrait que partout cela bouge, et je n'y crois pas. C'est pourquoi je crois plus aux bonnes vieilles méthodes d'aides sociales (qui certes ne résolvent pas tous les problèmes, et oui je le reconnais, le capitalisme accroit les inégalités...)

Écrit par : bruce | 21/04/2011

pour les revenus futurs doivent avoir un capital initial de considérables

Écrit par : kamagra | 18/12/2011

Les commentaires sont fermés.