31/03/2011

Protection des mineurs : à quand une politique de soutien à la parentalité digne de ce nom ?

La Tribune de Genève nous alertait hier sur une problématique grave à Genève, à savoir les conditions de travail indécentes que rencontrent les employés du Service de protection des mineurs (SPMi) avec cette réalité éloquante autant qu'indécente : "Un assistant social à 100% s’occupe en moyenne de 66 mineurs. Il n’a que deux heures par mois à consacrer à un enfant."

Nous connaissions ce problème depuis longtemps, mais le rappeler n'est semble-t-il pas de trop. Surtout lorsqu'on entend les mesures censées améliorer la situation de fond... Sont prévues ou ont déjà été mises en place des mesures telles que "la réfection des façades et des ascenseurs, une formation face à la violence, un pool de remplaçants" : ou comment ne pas régler le mal à la racine. Ce ne sont pas en effet la réfection des ascenseurs ou les formations à la violence (pas inutiles en soi au contraire) qui vont changer quoi que ce soit quant au fond de la politique de prise en charge des difficultés des familles et mineurs à Genève. Il faut bien plutôt répondre en amont et développer des structures de prévention et de soutien à la parentalité, capables d'endiguer le manque grave de disponibilité des travailleurs sociaux pour l'aide aux mineurs et à leurs familles.

La gauche l'avait déjà bien compris à l'époque, relevant que Genève est à la traine sur ces questions, et c'est un euphémisme. Une motion avait en effet été déposée au Grand Conseil le 4 mai 2007 par les Verts et socialistes qui faisait écho aux difficultés rencontrées sur le terrain par les éducateurs, juges pour enfants et autres travailleurs sociaux et qui demandait de « promouvoir le développement d'aides éducatives alternatives aux mineurs et à leurs familles, ne nécessitant pas l'hébergement en IGE mais supposant des interventions plus denses que ce que peut assumer le Service de protection des mineurs (SPMi). Par exemple l'assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) ». Cela avait poussé l'office de la jeunesse du département de l'instruction publique (DIP) a introduire une nouvelle prestation en 2009, l'AEMO, qui est un soutien de proximité offert aux jeunes et à leurs familles rencontrant des difficultés éducatives. Mais ce nouveau service n'a provoqué la création que d'un nombre très restreint de postes et reste, à Genève et à ma connaissance, à l'état très embryonnaire.

Tout cela alors que les pratiques en milieu ouvert constituent une véritable alternative aux internats éducatifs, souvent accusés de maltraitance et de totalitarisme et que l'on sait surpeuplés à Genève. Mais notre canton a pris un retard en la matière. les premières prises en charge sociale et éducative en milieu ouvert A.E.M.O (action éducative en milieu ouvert) datent des années 1970 en France, 80 en romandie (1983 à Neuchâtel, 1989 en valais). D'où vient ce retard genevois ? Notamment du fait que le canton est resté, en matière de foyers, sur le modèle des années 1950. Leur nombre n'a pas évolué à Genève depuis les années 1970.

C'est bien une lutte politique contre l'idéologie d'une droite libérale qui a lieu, une droite pourtant fondatrice de l'Etat Social, mais qui de plus en plus a tendance à se suffire au même refrain, soit la responsabilisation de l'individu, les coupures budgétaires dans les programmes sociaux, tenant le tout économique comme seul paravent à l'économie de marché. Tout cela sous couvert d'une montée en puissance du sentiment d'insécurité et d'une société qui évolue vers le refus du risque, et vers la revendication généralisée d'un droit à la sécurité dont le monde politique se plaît à faire l'écho, populistes en tête. Or les professionnels de l'action éducative en milieu ouvert le constatent largement : la sensibilisation de l'opinion publique sur ces questions ne s'accompagne ni de moyens plus importants, ni de réelle considération du travail accompli.

La question mérite pourtant d'être posée : faut-il responsabiliser les familles en disqualifiant un peu plus les parents défaillants, en cherchant à leur imposer l'usage d'une autorité qu'ils n'assument plus ou faut-il, à l'inverse, soutenir la fonction parentale et accompagner et restaurer plutôt que de stigmatiser les défaillances ? C'est donc bien deux idéologies qui s'affrontent. D'un côté la gauche, pour qui entre les individus il n'y a pas de différences d'ordre psychologique, mais bien une différence dans les supports sur lesquels chaque individu peut se reposer, et qu'il s'agit justement pour le politique d'agir là-dessus. Et une droite qui stigmatise les personnes en difficulté, quand elle ne provoque pas des coupures budgétaire en matière de soutien à la parentalité. La famille est encore trop souvent perçue comme responsable des maux des mineurs sous son autorité : elle doit devenir un véritable partenaire à la rencontre duquel il s'agit d'aller, non pour en contrôler les dérives, mais pour en faire un véritable partenaire éducatif, tout en favorisant le lien social entre les familles.

Il faut donc qu'une volonté forte et déterminée en matière de politiques familiales à Genève, basée sur la prévention et que rapidement soient mises en place de vraies alternatives au placement afin de décharger les assistants sociaux qui n'ont pas le temps de faire du travail éducatif de terrain dans les familles.

09:02 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

28/03/2011

Acquittement des participants accusés de co-organiser la Critical Mass

C'est avec plaisir que je vous annonce la décision du Tribunal de police, dans le cadre du procès de deux participants à la Critical Mass du 27 août 2011, dont je suis, accusés de co-organisation d'une manifestation non autorisée, de statuer contradictoirement et de prononcer l'acquittement des deux accusés, et de laisser les frais de procédure à la charge de l'Etat.

Ce procès a donc mis à la lumière de l'opinion publique la tentative de la part des forces de l'ordre d'identifier les responsables de la prétendue organisation de la Critical Mass à Genève, cela en utilisant des processus d'investigation disproportionné à la limite de la légalité. Le discours confus du policier Boiron lors de l'audience, confirme ce fait, lui qui a aligné les accusations mensongères alors qu'il était sous serment. Boiron a notamment affirmé qu'il a vu un des deux accusés donner des indications par des gestes quant à la direction à prendre lors de la Critical Mass d'août, affirmation que les témoins connaissant l'accusés ont tous infirmée.

Par ailleurs, concernant l'accès à ma page Facebook, le jugement du Tribunal relève que, selon l'ancienne Loi sur l'investigation secrète, si le rôle du policier Boiron était simplement d'obtenir des informations sans prise de contact avec le suspect, alors on ne peut pas établir qu'il ait agi en tant qu'agent infiltré. D'abord première contradiction, le Tribunal lui-même explique qu' « n'est pas établi qu'à l'époque du rapport, la page Facebook de Julien CART, sur laquelle est mentionné l'événement du 27 août 2010, n'était pas librement accessible au public ». S'il n'est pas établi qu'elle n'était pas en libre accès, cela veut dire qu'il n'est pas établi non plus qu'elle était libre d'accès, donc ce manque d'information aurait dû suffire à invalider ce document, ce que n'a pas jugé bon de faire le Tribunal.

Mais même en supposant que la page facebook ait été en libre accès, est-ce à dire que n'importe quel policier peut, sans autorisation préalable octroyée par un juge, investiguer de manière secrète le compte facebook d'une personne qu'il juge suspecte, jusqu'à en tirer des éléments aussi précis que le nombre d'invitation qu'il envoie pour tel ou tel événement ? Il est à espérer que la loi sur la protection des données empêche ce genre de pratiques policières qui ressemblent à s'y méprendre à un Etat policier à tendance totalitaire, où les services de polices ont tous les droits pour piéger les contrevenants supposés.

Enfin, le Tribunal juge, malgré qu'il ne nous accuse pas de co-organisation, que la Critical Mass d'août 2010 reste une manifestation au sens de l'art. 2 LMDPu, étant donné qu'il s'agit d'un défilé sur le domaine public. Est-ce que le défilé incessant des voitures sur les routes n'est pas lui aussi une manifestation puisqu'il s'agit d'« un défilé sur le domaine public », et pourquoi n'est-il pas lui aussi sujet à autorisation ? Plus qu'un cortège ou qu'un défilé, l'étouffement des voitures sur la voie publique est une prise en otage du domaine public, qui mérite tout autant que l'on désigne des responsables (ne provoque-t-il pas contamination de l'air et accidents répétés ?!). A Genève, on recense 370'000 véhicules immobilisés 98% du temps. Or, chaque voiture occupe 10 m2 d'espace public, ce qui donne comme surface l'équivalent de 267 terrains de foot occupés par ces véhicules. Qui dès lors peut être accusé d'occuper sans autorisation et de manière ininterrompue l'espace public ? Dès lors, tant que l'on ne jugera pas ces défilés automobiles comme relevant de la loi sur l'organisation d'une manifestation sur le domaine public soumise à autorisation, la Critical Mass n'aura pas à être considérée comme une manifestation organisée sujette à autorisation. Elle demeurera un défilé spontané de cyclistes qui défilent au même titre que les voitures.

A la lumière de ces constats, nous pouvons donc affirmer que la Crirtical Mass est victime d'un véritable acharnement des autorités, voulu par la droite, puisque tout a débuté, en juillet dernier, par une lettre d'Isabel Rochat m'accusant de co-organiser une manifestation non autorisée.

La jeunesse cycliste a montré lors de la dernière Critical Mass vendredi dernier, qu'elle était déterminée à se mobiliser à sa manière pour dénoncer l'acharnement des autorités et de la droite sur des thèmes la concernant (attaques répétées contre les « cycloterroristes », pénurie des lieux festifs, réquisitions de squat...). La revendication d'un espace, d'une place pour vivre, pour se déplacer, pour exister est portée haut et fort par cette masse critique non organisée qui refuse le monopole de la voiture et remet en question la domination des plus forts sur les plus faibles. Il n'y avait jamais eu autant de monde à la Critical Mass que vendredi dernier.

Le constat est donc limpide : plus les autorités chercheront, par des techniques autant illégales que dangereuses et créatrices de tensions, à criminaliser un mouvement en désignant des coupables, plus la détermination des cyclistes sera grande et légitime pour aller au bout de nos idées et revendications.

16:18 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : vélo, cycloterroristes, mobilité douce, voitures |  Facebook | | | |

26/03/2011

La jeunesse en procès répond dans la rue

La dernière critical mass de hier soir l'a bien montré : plus les autorités criminaliseront ce mouvement, plus elles chercheront des boucs-émissaires en faisant le procès de jeunes innocents, plus l'engouement lié à ce mouvement alternatif mondial sera grand. 1'500 personnes dans la rue hier soir : jamais la critical mass n'avait mobilisé autant de jeunes cycloterroristes (navré pour le pléonasme M. Maudet) ! Merci donc à Isabel Rochat et à la droite dans son ensemble dont l'acharnement a manifestement porté ses fruits hier. Petit retour sur les faits (à ce propos, lire l'intéressant résumé du journaliste indépendant Richard Etienne).

Mardi passé a eu lieu à Genève une mascarade de procès au Tribuanal de police. Mis en accusation ? Deux participants réguliers de la critical mass, qui, comme chaque dernier vendredi du mois, participent à cet événement festif et spontané qui exige un plus grand espace pour les déplacements non-motorisés.images.jpg

Ce cortège spontané a lieu dans environ 325 villes sur plusieurs continents. Il s'agit tout d'abord de porter un message de sociabilité dans des villes où le vivre ensemble est largement sacrifié, tant la machine et la vitesse ont remplacé l'humain et la chaleur du lien.

Mais la droite ne l'entend pas de cette oreille, elle qui veut criminaliser tout ce qui sort des schémas bien-pensants.

Prise en otage de la jeunesse

La jeunesse qu'on nous présente volontiers comme essoufflée et absente du débat démocratique, montre qu'elle se mobilise à sa manière en dénonçant l'acharnement des autorités envers les thèmes qui la concerne (pénurie de lieux festifs, réquisition de squat...). La revendication d'un espace, d'une place pour vivre, pour se déplacer, pour exister est portée haut et fort par cette masse critique non organisée qui refuse le monopole de la voiture et remet en question la domination des plus forts sur les plus faibles.

Qui en effet mieux que cette jeunesse qui va devoir assumer la catastrophe écologique provoquée par les génération passées, est à même de critiquer la prédominance de la voiture individuelle dans nos villes ?

Pourtant on se plaît à désigner des responsables, et les cyclistes sont désignés par un Conseiller administratif (Pierre Maudet pour ne pas le nommer) en campagne pour sa réélection de "cycloterroristes". Monsieur propre s'est donc lassé de faire la chasse aux tags, aux crottes et aux mégots... et s'est trouvé un nouveau joujou porteur électoralement. Le premier tour aux élections passé, voilà qu'il s'en prend aux incivils à deux roues. L'amoureux des néologismes organise maintenant des journées de cyclocivisme (sic!) car «il y a une absence grave et notable de code de la rue : le respect de l'autre dans l'espace public ne peut être négligé.» Devinez qui est une nouvelle fois désigné comme irrespectueux dans son comportement ? Ces bons vieux cyclistes. Ou plutôt les jeunes cyclistes, vous savez, ceux qui se comportent mal ! Et qui subissent à longueur de journée le diktat du tout bagnole à Genève (mais cela, ce n'est pas politiquement porteur de le dire).

Les automobilistes, les scootéristes et autres non-cyclistes n'ont rien à craindre, les cours ne leur sont pas destinés : le monopole de l'incivilité est attribué aux jeunes à vélo. On prend des pincettes pour pas trop le mentionner : cette action viserait à sensibiliser la population et particulièrement les «nouveaux utilisateurs» quant aux risques d'une conduite insouciante... La jeunesse insouciante et irresponsable, le couplet que la droite entonne en chœur, Isabel Rochat en tête, avec le pseudo-procès qu'elle mène contre deux jeunes qui, en plus d'être des cycloterroristes, organisent des manifestations interdites (de quoi être bien fichés par ses services).

Par ailleurs la droite, non contente d'aseptiser les comportements en voulant tout réguler, en rajoute en donnant des récompenses : lors de la 1ère journée de cyclocivisme (on se passera volontiers des prochaines) celle ou celui qui se sera le mieux comporté-e sur la route se verra offrir un vélo électrique (rouler au nucléaire, c'est plus écolo et plus aseptisé). Cela nous rappelle la page facebook "20h no stress" pour l'ouverture des magasins, orchestrée par les jeunes PLR et leurs aînés à Genève, qui offrait un I-Pad à chaque 500ème membre. L'argent et les récompenses pour mieux corrompre une jeunesse insouciante et trop revendicative.

Mais revenons à nos moutons, et à la critical mass. Les autorités au lieu de chercher vraiment la sécurité lors de ces cortèges, oublient qu'elles ont affaire à des êtres humains, souvent à des mineurs, et mettent en danger inutilement les cyclistes en roulant trop vite au milieu ou à proximité du cortège avec leur gros camions. Sans compter les policiers infiltrés qui s'incrustent au cortège pour mieux trouver les boucs-émissaires. Et leurs comportement incivils à eux ? Le jour où ceux-ci viendront en tenue de service et à vélo, alors un vrai dialogue pourra s'installer. Mais pour l'heure force est de constater que les forces de l'ordre ne désirent pas faire un pas vers les participants, préférant s'acharner sur nous, augmentant dès lors les tensions.

Mais la jeunesse ne sortira que galvanisée par ces attaques frontales envers elle et la dernière critical mass hier soir le prouve s'il le fallait encore : notre détermination pour notre cause est non seulement légitime, mais nécessite un engagement de tout instant pour aller jusqu'au bout de nos idées.

Enfin, une petite dédicace à Isabel Rochat sans qui tout cela n'aurait pas été possible !

10:46 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | | | |

21/03/2011

Les libéraux, ces bons moutons bruns

On le sait désormais, la candidate libérale Florence Kraft-Babel figurera sur les affiches de l'UDC, aux côtés d'Eric Bertinat, le grand ami de Jean-Marie Le Pen, des homophobes (il a déclaré sur la télévision locale genevoise Léman Bleu que « les homosexuels n'apportent rien à la société car ils sont incapables de se reproduire »), islamophobes et autres misogynes de la pire espèce, cela dans la perspective d'une toujours plus grande ouverture de l'Entente sur l'UDC, comme l'explique le président du Parti libéral : «Nous souhaitons toujours une ouverture de l'Entente sur l'UDC. Le Parti libéral-radical devrait entamer des discussions ».

Les libéraux semblent toucher le fond, réduits qu'ils sont à jouer avec l'UDC pour savoir qui est le mouton le plus brun. Il faudra s'en souvenir et les électrices et électeurs préféreront sans doute l'originale UDC à la pâle copie sans âme rendue dimanche par les libéraux en ville de Genève, qui ont voté comme un seul homme (...) pour que Florence Kraft-Babel figure sur les affiches de l’UDC, tout en restant sur la liste de l’Entente, qui n’intégrera pas l’UDC. Si les radicaux et les démocrates-chrétiens n'avaient pas refusé de se rapprocher de l'UDC, le PLR serait aujourd'hui allié à l'UDC. Et cela n'aurait pas été une faute de goût, mais bien plutôt une suite logique : en effet, le PLR n'en est pas à sa première compromission avec les idées xénophobes de l'extrême droite. C'est meme devenu leur sport favori au niveau national. Souvenons-nous en effet des votations en mars sur les armes et en septembre sur le chômage où le PLR a ouvert ses portes à des comités unitaires avec l'UDC, qui ne s'est pas gênée d'afficher ouvertement son racisme, sans que l'on ne s'offusque pour autant dans les rangs de droite. Quant au nouveau positionnement à l'extrême droite du PLR suisse sur le durcissement de la politique d’immigration, il ne fait que confirmer la tendance générale de ce parti. Malgré la "fronde romande humaniste" c'est bel et bien la ligne dure calquée sur le modèle udc qui a finalement imposé ses vues. C'est désormais limpide, le parti libéral confond compromis avec compromissions.

Le plus désolant, c'est que cette décision provoquera le spectacle pathétique, sur tous les trams et murs de la ville, d'une candidate souriante d'une droite qui se veut humaniste et progressiste, à côté d'un personnage à la misogyne inénarrable et au conservatisme affligeant : "La femme au foyer, c'est l'application parfaite du développement familiale durable ! C'est une véritable bénédiction" écrivait-il sur son blog lors de la Journée mondiale des femmes le 8 mars dernier. Peut-être l'affiche de l'alliance Libéraux-UDC mettra-t-elle en avant l'homme, Eric Bertinat, s'occupant, conformément à son rôle, de choses publiques, et plus en retrait, la femme, Madame Kraft-Babel, avec ses bébés, s'affairant à la maison comme l'exige son nouveau partenaire ?

Ce serait somme toute une belle image symptomatique de la crise existentielle du PLR qui, en plus de n'être absolument pas libéral (comme l'a bien montré Antonio Hodgers dans son billet d'opinion au Temps), se couche sur les positions d'extrême droite, finissant ainsi de perdre le peu de crédibilité qu'il lui restait auprès de la population.

14:38 Écrit par Julien Cart dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : libéraux, udc, moutons, homophobie, islamophobie |  Facebook | | | |

09/03/2011

Les autorités genevoises en procès contre la Critical Mass

Ce matin s'est tenue à l'île Rousseau la conférence de presse qui visait à annoncer le procès de deux participants à la Critical Mass, dont je suis, procès qui se déroulera mardi 22 mars 2011 à 9h au Tribunal de Police à Genève.

velo1.jpgDepuis qu'Isabel Rochat a été intronisée cheffe du Département de la Sécurité, de la police et de l'environnement, la crirtical mass est victime d'un acharnement des autorités. Deux participants ont reçu des contraventions et sont accusés de "co-organisation de manifestation interdite". J'ai reçu plusieurs appels téléphoniques de la police suite à mes participations aux critical mass de juin et d'août 2010, visant à me faire auditionner. N'ayant rien à me reprocher, je n'ai pas jugé utile d'y répondre, et j'ai reçu une lettre d'Isabel Rochat elle-même, m'accusant de co-organiser une manifestation non autorisée et retraçant mes griefs. Cette lettre était remplie de mensonges à mon égard, je n'ai jamais reçu de convocations écrites pour une audition, et je n'ai pas participé à guider le cortège, encore moins à bloquer les carrefours : la critical mass n'a pas de meneurs et est un cortège spontané de cyclistes et nous aimons dire que "nous ne bloquons pas le trafic", mais "nous sommes le trafic" !

Manifestement ce qui dérange la droite et Mme Rochat, c'est que des jeunes cyclistes soient spontanément mobilisés autour de ce mouvement contestataire mondial en faveur de la mobilité douce. A l'heure où cette même droite se donne des airs de vouloir soutenir la mobilité douce, leur vrai visage ressort derrière cette tentative lamentable de trouver des boucs émissaires. Des milliers de cyclistes sortent spontanément dans la rue pour revendiquer plus d'espace et plus de sécurité pour les vélos, critiquant ainsi de manière indirecte le peu de vision politique en matière de mobilité douce des autorités. Et voilà que la conseillère d'Etat s'empresse de s'acharner sur certains participants qui ne font que suivre un mouvement qui les précède de longue date.

En effet la critical mass existe à Genève depuis 1998 et le Tribunal de Police lui-même a déclaré qu'elle était tolérée. Je me sens donc totalement victime d'un acharnement démesuré de la part du département de Mme Rochat, alors que je suis un participant comme les autres. L'attitude du département est tout aussi déplacée que celle de la police lors des dernières critical mass où celle-ci s'acharne à déployer des forces disproportionnées, visant à mettre la pression sur les participants, alors que le but premier de la police devrait être de garantir la sécurité de tous, cyclistes et automobilistes, et non de créer davantage de tensions.

Est-ce que la droite n'a rien d'autre à faire que d'entamer de longues procédures débouchant sur des procès au frais des contribuables contre des citoyens lambda ? Le procès se chargera lui-même de montrer que les services de Mme Rochat n'ont aucune preuve des accusations qu'ils profèrent contre nous : en attendant, ils perdent encore plus de crédibilité devant la population qu'ils sont censés protéger.

15:46 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | | | |

03/03/2011

Petite présentation de votre candidat :)

1 - Quelles sont les valeurs, les convictions qui vous ont poussé à vous engager en politique ?

C'est l'engagement en faveur du vivre ensemble qui m'a poussé, en arrivant à Genève il y a 3 ans, à m'engager chez les Jeunes Vert-e-s. J'ai découvert que tardivement les enjeux liés à l'écologie, moi qui prenais innocemment easyjet pour aller quelques jours à Nice, sans savoir que nous avions un impact sur la planète de par notre surutilisation des ressources due à notre mode de vie consumériste. 76372_500439496966_610301966_7070799_3769229_n.jpgJ'étais loin d'imaginer que ce mode de vie était basé sur le pillage des biens des pays du Sud, lesquels sont réduits à l'esclavage. J'ai pris conscience petit à petit de ce que le capitalisme provoquait comme nouveau colonialisme, sans compter l'appauvrissement des peuples, autant spirituel que physique, qu'il engendrait. Dès lors l'engagement politique me semblait une évidence : la planète et les laissés pour compte du système ne pouvaient plus attendre, je me suis donc tourné vers le parti des Verts qui défend au mieux mes convictions, bercées qu'elles ont été par des penseurs de l'écologie politique tels qu'Ivan llich, Jacques Ellul, René Dumont ou encore André Gorz. Ces penseurs ont été, avec d'autres, à l'aube du mouvement de l'objection de croissance, dans lequel je me retrouve totalement.

2- Quelle sera votre priorité si vous êtes élu (e) ?

La vie en ville, son côté frénétique et l'éclatement social qui la caractérise, a provoqué de nouvelles formes de pauvreté. Je me battrai donc pour une vision verte de durabilité, qui passe par une prise en charge spécifique des questions sociales et le renforcement des actions de proximité : soutien au plus défavorisé-e-s, notamment par la construction de logements sociaux subventionnés. Je m'engagerai à développer les lieux auto-gérés, ciments indispensables pour une cohésion sociale réussie. L'air pollué nuit à notre santé et les maladies respiratoires se multiplient. Je m'engagerai donc pour que les habitant-e-s puissent bénéficier davantage de rues piétonnes et d'espaces aménagés pour les cyclistes, notamment dans les parcs nombreux qui jonchent la ville.

3- Comment vous voyez-vous en politique dans 10 ans ?

J'espère demeurer le même, avec les mêmes convictions fortes et ne pas m'installer dans la routine politicienne. Je compte garder un contact privilégié avec la population, et les injustices dont elle est victime, en créant des manifestations, en gardant en moiCART_Julien.jpg gravé le cri de Stéphane Hessel : « Indignez-vous ! ». Bien sûr, avant d'arriver à l'âge avancé de l'écrivain et poète français, j'espère pouvoir fêter quelques victoires politiques, et voir certains de mes engagements et convictions d'aujourd'hui, tels que le droit de vote des personnes d'origines étrangères, la gratuité des services publics, l'instauration d'un revenu d'existence et celle d'un revenu maximum, être plébiscités par non concitoyen-ne-s.

4- Votre livre préféré.

Le Petit Prince de Saint-Exupéry

5-Votre film préféré.

Finding Neverland

6- Votre chanson préférée.

Imagine

Julien Cart, Candidat Conseil municipal Ville de Genève, Les Verts, Liste no 3

Co-président des Jeunes Vert-e-s Genève 
Co-fondateur du ROC (Réseau Objection de Croissance) Genève 
Etudiant master Sciences de l'éducation

Tiré d'un interview de Gauchebdo

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19:00 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |