08/11/2010

Stop au racisme d'Etat : 2 x NON le 28 novembre !

Discours prononcé par Julien Cart, co-président des Jeunes Vert-e-s Genève, manifestation « Moutons noirs : unissons-nous », le samedi 6 novembre 2010, Place Neuve, Genève


On avait coutume de dire d'un condamné qui a effectué sa peine qu'il a payé sa dette à la société :

 

- c'était avant le dépôt de l'initiative udc sur le renvoi qui prévoit de rajouter au terme de la peine carcérale un exil forcé,

 

- c'était avant que les partis de la droite bourgeoise jouent aux moutons devant l’UDC avec un contre-projet qui sur certains points va encore plus loin, et reste tout aussi discriminatoire.

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La droite et l’extrême droite jouent à qui expulsera le plus de criminels, à des fins purement électoralistes, manipulant le peuple et bafouant la démocratie.

 

L'initiative et le contre-projet enfreignent un des principes les plus fondamentaux de celle-ci : « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi » affirme notre constitution : donc égalité devant les peines prévues par cette même loi.

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Si le peuple Suisse suit ces textes, il enterrera donc de fait ce principe d’égalité fondamental et ouvrira la porte à tous les abus. En effet, c’est chaque fois le même mécanisme observable. Après chaque campagne raciste, nous assistons à une surenchère xénophobe et électoraliste : Le président du PDC, qui tente d’exister dans l’ombre blochérienne, a déjà ouvert les feux au Parlement, proposant « d’expulser ceux qui portent atteinte à nos valeurs ». Nous attendons déjà le jour où la droite demandera, d’une seule voix, l’annulation de toutes les naturalisations et l’expulsion des étrangers du sol helvétique.

 

Tout aussi détestable, ces projets de loi veulent ancrer dans la constitution une catégorisation de la population digne des temps les plus noirs de notre histoire : il y a les bons Suisses, les personnes expulsées ressortissantes de l’UE et les pestiférés, ceux à qui rien n’est offert ni garanti ni pardonné, hors UE.

 

En effet, le contre-projet prévoit l’expulsion automatique des étrangers extérieurs à l’Union européenne. Il veut imposer qu’à Genève des méthodes d’expulsion injustes comme dans d’autres cantons soient opérées. Car en effet des discriminations inacceptables existent déjà et seraient renforcées, uniformisées et légitimées. Il existe déjà une politique de renvois trop sévère, des injustices honteuses qui voient des mères, des pères seuls ou des familles entières renvoyées, malgré que ces personnes aient obtenu le sursis, n’ayant pas trouvé grâce devant la police des étrangers.

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La droite bourgeoise et raciste veut instaurer dans la constitution l’amalgame de l’étranger et du criminel et mêle dans l’article de loi l’intégration et la criminalité. Elle ne propose en rien une amélioration en terme de sécurité. Mais c’est bien normal puisque l'UDC veut provoquer la peur des gens, non pas y répondre. Une Suisse qui n’aurait plus peur ne voterait plus pour le repli et les discriminations.

 

Nous sommes tous confrontés aux mesures de renvoi qu’impliquent le contreprojet : tout le monde connaît dans son entourage un membre de la famille, un ami, un partenaire amoureux, un collègue de travail, un voisin, voir un employeur de nationalité non suisse susceptible d’être renvoyé !

 

Imaginez qu’une de ces personnes puisse être expulsée de manière automatique en cas de condamnation pénale ! Imaginez la quantité de drames individuels, familiaux et sociaux...

 

Chercher à freiner l'avancée des 148319_159112117460068_151183321586281_249066_8029366_n.jpgpolitiques racistes, c'est avoir déjà renoncé à un idéal, comme la droite bourgeoise qui a repris à son compte toutes les thèses de l’initiative UDC. Osons donc le 28 novembre exprimer un clair double non et affirmer catégoriquement notre opposition à ce qui ne représente qu'une fuite en avant.

 

Etre étranger risque de devenir constitutionnellement le 28 novembre ni plus ni moins qu 'une forme de facteur aggravant: nous nous devons de refuser une initiative et un contre-projet qui pervertissent le concept de justice en introduisant catégorisations racistes et hiérarchisation au plus haut sommet de nos lois, insitutant de facto le racisme au coeur même de l'Etat fédéral.

 

 

23:43 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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