30/08/2010

Chômage : Les jeunes n'ont pas fini de se faire...

La révision de la LACI discrimine les jeunes déjà beaucoup plus touchés par le chômage que la moyenne : en juin 2010, il y avait 133% de jeunes chômeurs de longue durée de plus qu’une année auparavant. Et, en comparaison avec la situation avant le début de la crise, le nombre des 15-24 ans au chômage a crû de 60%.

affiche_LACI.jpgCette révision provoquerait les mesures suivantes :

* Les moins de 30 ans sans emploi devront accepter n’importe q...uel emploi, même s’il n’a rien à voir avec leurs qualifications. Il s’agit de la notion de travail convenable. Cette mesure dévalorise la formation professionnelle.

* Le nombre d’indemnités journalières dont bénéficient les jeunes chômeurs sera drastiquement réduit. Les jeunes chômeurs de moins de 25 ans sans enfants ne recevront plus que 200 indemnités journalières au lieu de 400. Cela correspond à une durée de 9 mois. Cette mesure est en totale contradiction avec la situation actuelle du chômage de longue durée des jeunes.

* Les jeunes qui achèvent une formation n’auront droit plus qu’à 90 indemnités journalières au lieu de 260. Cela correspond à une durée d’indemnisation de 4 mois.

* Le délai d’attente jusqu’à ce qu’un chômeur reçoive ses indemnités sera prolongé pour les jeunes. Les moins de 25 ans devront attendre désormais de 10 à 20 jours (en fonction de leur revenu) au lieu de 5. Pour les jeunes qui achèvent une formation, le délai d’attente est même de 6 mois.

Les Jeunes Vert-e-s Genève, la Jeunesse socialiste genevoise et United Black Sheep ont décidé de réagir contre  cet acharnement à contraindre les jeunes à assumer toutes les conséquences d'une crise dans laquelle le véritable responsable est bien le système capitaliste tout entier.

Il existe d'autres moyens pour pérenniser l'assurance-chômage...sans pour autant réduire les prestations des jeunes ! En effe, les riches peuvent cotiser davantage. Par exemple, faire passer l'idée que toutes et tous cotisent sur l'ensemble de leur salaire. L'exemple de Daniel Vasela est très parlant. Il paie 2 520,- de cotisations chômage par an, malgré un revenu annuel (avec bonus) de 40 millions, il reverse donc 0,003 % de son revenu, contre 2% pour un salarié gagnant 60 000,- ! Est-ce réellement solidaire ?

Pour donner un signal fort en faveur d'une réelle solidarité et contre l'augmentation de la précarisation des jeunes, il nous faut donc voter un NON clair le 26 septembre prochain !

Les enveloppes de vote vont arriver bientôt dans nos boîtes aux lettre : renvoyons tout de suite le bulletin de vote avec un grand NON à cette révision honteuse de la LACI et adhérons à la page facebook...

Chômage: Les jeunes n'ont pas fini de se faire...

et à l'événement facebook...

Je vote NON à la révision de l’Assurance-chômage !

16:27 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chômage, jeunes, laci |  Facebook | | | |

25/08/2010

Retrait de l’initiative pour la réintroduction de la peine de mort : soulagements et critiques

Retrait de l'initiative pour la réintroduction de la peine de mort : les Jeunes Vert-e-s GE soulagé-e-s mais critiques !


L’initiative fédérale pour la réintroduction de la peine de mort est retirée.

 

Les Jeunes Vert-e-s Genève avaient accueilli avec consternation, mardi, l'aval donné par la Chancellerie fédérale à la récolte des 100'000 signatures en faveur de l'initative populaire fédérale pour la réintroduction de la peine capitale. Nous partageons aujourd'hui le soulagement général vis-à-vis du retrait de cette initiative qui représentait un retour en arrière considérable en matière de droits humains. Cette dernière est en effet contraire aux Protocoles 6 et 13 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) ratifiés par la Suisse. Ce qui vient de se passer doit pourtant nous servir de leçon pour la suite.

 

Les Jeunes Vert-e-s Genève estiment qu’il est déjà possible actuellement qu'une initiative contraire au droit international coutumier impératif soit annulée : si des initiatives contraires sont repérées, elles doivent être invalidées (et ce avant même la récolte de signature), sans quoi la Suisse s'expose à une condamnation à Strasbourg.

 

Par ailleurs, et plus largement, les Jeunes Vert-e-s Genève sont consterné-e-s et alarmé-e-s de constater que la Suisse, si fière d’être historiquement à la pointe en matière de défense des droits humains, continue de salir sa réputation : elle fabrique des armes et les vend avec intermédiaires dans les pays en guerre, vote l'internement à vie des délinquants sexuels, interdit la construction de minarets et prévoit bientôt le renvoi des criminels étrangers. Enfin, elle ratifie la CEDH, accueille à Genève fin février le 4ème congrès mondial contre la peine de mort - et n'est pas capable d'invalider une initiative réclamant le retour de la peine de mort.

 

Il est dès lors évident que la procédure administrative de validation des initiatives n'est plus adaptée à la réalité politique : nous pensons donc qu’il est indispensable de réfléchir à l’instauration d’un organe de contrôle supérieur indépendant (Tribunal Constitutionnel) permettant aux lois sortant du Parlement fédéral d’être contrôlées afin qu'elles respectent la Constitution, et aux projets d’initiatives qui contreviennent au droit d’être invalidées sur le champ.

 

Après la mauvaise surprise du 29 novembre 2009 et le vote scandale sur les minarets, nous ne pouvons plus nous reposer sur le « bon sens populaire »  ou sur des élites politiques largement dominés par la peur des partis populistes : une réforme de notre système démocratique devient clairement indispensable afin de ne pas répéter nos erreurs.

Jeunes Vert-e-s Genève, le 25.08.2010

 

Ps: L'Assemblée de Soleure, qui regroupe des associations pour les droits de l'homme et la démocratie, propose de se mettre ensemble pour réfléchir sur cette néssecité d’agir et de réforme constitutionnelle afin de renforcer les droits de l’homme et notre démocratie directe dans le futur, par exemple à travers le lancement d'une initiative populaire. Participez à la 2ème Assemblée de Soleure du samedi 9 octobre 2010 (10h00 - 16h00).

21:37 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mort, capitale, peine, initiative, jeunes, verts |  Facebook | | | |

23/08/2010

Yo, También !

En 2009, la 57e édition du festival de Saint-Sébastien avait remarqué que ce film, visible actuellement aux Scala à Genève, n'était pas un film comme les autres, lui qui a reçu le Coquillage d'argent à la meilleure interprétation masculine. Ce prix revient bien sûr à Pablo Pineda, premierère personne en situation de trisomie à avoir obtenu un diplôme universitaire en Europe. Il incarne Daniel, âgé de 34 ans, un homme présentant un syndrome de Down, qui décroche un travail aux Affaires sociales à Séville. Il va tenter de se faire une place au sein de cet organisme, et gagner la sympathie de Laura, pour qui il éprouve des sentiments qu'il aura de la peine à dissimuler.

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C'est donc un film qui mêle à la fois réalisme et interprétation, puisque l'acteur l'explique bien : "j'ai dû réaliser une introspection, revivre des moments très difficiles". Et cela se ressent à chaque instant, tant nous sommes plongés dans la vie de cette personne qui aspire à être reconnue pour ce qu'elle est.

 

Voilà toute la réflexion proposée par ce long métrage. Yo, También. Moi, aussi, j'existe, j'aspire à être aimé tel que je suis dans cette société qui est la mienne tout autant que la vôtre. Pourtant telle que nous est décrite la société, notamment avec les déboirs amoureux de Laura, rien ne laisse présager que l'accès à cette "normalité" soit bénéfique.

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C'est ce que nous compte merveilleusement cette histoire. A la fois ce besoin totalement inné et bouleversant de la revendication à la normalité (et notamment cette question en désespoir de cause de Laura adressée à Daniel : "Pourquoi veux-tu tant être normal ?" qui n'aura pour réponse que les larmes) et de l'autre côté ce véritable hymne silencieux et poétique à la différence.

 

Et cette réflexion sur l'accès à la sexualité et à l'amour des personnes en situation de handicap. L'amour appartient à chaque être humain, en privé une partie de la population sous peine qu'elle a des gènes différents, c'est un acte criminel. Le film le montre bien, et met en lumière les limites d'un système qui exprorie (par la tutelle) les personnes ayant un handicap de leur vie sociale, affective et morale, sous prétexte de ne pas avoir des capaciétés intellectuelles suffisantes.

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Quand comprendrons-nous que l'intelligence est loin d'être réductible au fonctionnement neuronal, à un résultat déterminé par des tests, mais est bien plutôt le résultat d'accumulation d'expériences et d'apprentissages de la vie à la suite de rencontres fécondes avec nos semblables ?! Comme l'exprime bien Daniel lui-même, séparer l'âge chronologique et l'âge mental n'a pas de sens. En effet, nous n'avons qu'un seul âge, et c'est celui qui est mesurable par notre capacité à aimer, à changer de regard sur ce monde, sur autrui, à adopter ce regard inconditionnel et authentique qui révèle l'essence même de l'être, comme le fait Daniel.

 

En résumé, ce film, s'il ne nous bouleverse peut-être pas autant que « Le huitième jour », ne nous laissera pas indifférent à la manière de percevoir le monde, et notre relation aux autres.

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Pour finir, voici dans un interview ce qu'a dit vouloir donner à la société comme message Pablo Pineda :

 

"Je souhaite devenir un exemple. Je veux démontrer que si l'on met en œuvre tout ce qu'on est capable, vous pouvez faire ce que vous voulez. Mais à côté de ce que j'ai pu réaliser, je m'attends également à la société à faire sa part. Je ne veux pas que ce soit un effort d'un chemin. C'est un début de succès et montre aux gens que nous sommes aussi compétents que les autres. Si vous êtes celui qui met en place les barrières, vous détruisez alors les possibilités pour les autres. Et, d'autre part, il est essentiel pour la société de comprendre toutes ces choses."

03:26 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, amour, festival, espagne, handicap, intelligence |  Facebook | | | |

16/08/2010

Voumard = cauchemar = marre du capitalisme !

Nous apprenions il y a quelques jours la fermeture de Voumard Machines à Hauterive, entreprise active dans la fabrication de machines à rectifier et qui avait été vendue en 2005 à l’Allemand Peter Wolters, lui-même contrôlé par la société financière américaine Novellus. D'où ces methodes cavalières, refusant tout partenariat social, avec 92 licenciements à la clé, pour transférer l'activité en Allemagne alors qu'il y a du travail jusqu’à la fin de l’année, certains ouvriers continuant de faire des heures supplémentaires ? Cela justifie bien le slogan des militants du syndicat Unia qui ont mené une action coup de poing, criant «Voumard, cauchemar, Voumard, cauchemar!». Nous pourrions rajouter : Voumard = cauchemar = marre du capitalisme !

Cette fermeture honteuse au nom du profit, que même ce cher conseiller d'Etat libéral-radical F. Hainard regrette (mais a-t-il réellement tout entrepris pour favoriser le maintient de l'entreprise, comme il l'a fait pour sa maîtresse lors de son engagement dans l'administration cantonale ?) ne peut que nous mener à penser au mouvement de récupération massive d’entreprises par leurs salariés développé par les Argentins, connu sous le nom d' « Occuper, résister, produire » grâce notamment aux foyers de résistance et d’alternative regroupant des forces solidaires en pleine crise de la dette.

Dans les années 1990 en Argentine, en effet, a commencé à se développer le mouvement de récupération d’entreprises en faillite par leurs anciens employés, suite à l'application à la lettre du modèle néolibéral du président Carlos Menem qui produisait chaque année des milliers de chômeurs, du fait de privatisations massives, sans compter l'élimination des restrictions à l’importation et des subventions à l’exportation qui prétéritaient la petite industrie nationale.

Nous avons donc dans nos contrées à nous inspirer de ce modèle. Quel salarié ne voudrait pas pouvoir produire en autogestion grâce à sa créativité et à un large mouvement de solidarité derrière lui capable de réclamer des réformes et des politiques publiques pour soutenir de nouvelles coopératives ?

Ce travail ne sera pas facile, et sera le prix de longues batailles politiques et de confrontations : en Argentine, ces reprises d'entreprise ont subi des réponses violentes de la part de la police et des divers pouvoirs politiques, ce qui a solidarisé ces luttes isolées en de vrais foyers de résistance et d’alternative regroupant des forces solidaires, mouvements assembléistes de quartier, piqueteros (chômeurs organisés), partis de gauche, étudiants, enseignants, salariés, voisins, artistes, etc. afin d’empêcher les expulsions, d’aider l’occupation des locaux et la mise en place des projets d’autogestion.Mais c'est sur ce chemin qu'il faut bâtir l'alternative au système capitaliste en vigueur.

L'Argentine, qui, d'ailleurs, pour lutter contre la crise totale qui l'a touchée, a su inventer d'autres alternatives, comme la monnaie alternative, qui n'offre plus de prise à la spéculation internationale et a évité qu'une crise purement financière détruise la société en créant le chaos dans l'économie réelle.

On en est encore loin ici : mais nous savons ce qu'il nous reste à faire. Imaginons que les 100 collaborateurs concernés par l'honteuse fermeture dans le canton de Neuchâtel de Voumard Machines débouche sur une telle réappropriation des salariés de leur moyen de production, avec l'appui de tous les partenaires ! Alors que le Conseiller d'Etat Frédéric Hainard n'a rien à proposer que la critique de la gestion capitaliste de l'entreprise (issu pourtant du dogme libéral qu'il défend), l'opposition de gauche devrait proposer de telles alternatives.

Les Verts en tout premier lieu, si tant est que nous nous revendiquions de l’écologie politique comme les Jeunes Vert-e-s Genève, ce mouvement qui s’appuie sur des analyses théoriques dans le but de transformer le réel par le militantisme et par le combat politique pour sortir du capitalisme. Voilà le chemin à suivre, ici, par nos propres forces solidaires locales qui doivent prendre mondèle sur les argentins afin de s'unir sur le terrain pour empêcher ce genre de délocalisations en masse de salariés doublement expropriés (après les moyens de production, c'est la production elle-même qui leur est enlevée).

 

22:57 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : alternative, réappropriation, délocalisation, chômage, argentine, entreprise |  Facebook | | | |