16/08/2010

Voumard = cauchemar = marre du capitalisme !

Nous apprenions il y a quelques jours la fermeture de Voumard Machines à Hauterive, entreprise active dans la fabrication de machines à rectifier et qui avait été vendue en 2005 à l’Allemand Peter Wolters, lui-même contrôlé par la société financière américaine Novellus. D'où ces methodes cavalières, refusant tout partenariat social, avec 92 licenciements à la clé, pour transférer l'activité en Allemagne alors qu'il y a du travail jusqu’à la fin de l’année, certains ouvriers continuant de faire des heures supplémentaires ? Cela justifie bien le slogan des militants du syndicat Unia qui ont mené une action coup de poing, criant «Voumard, cauchemar, Voumard, cauchemar!». Nous pourrions rajouter : Voumard = cauchemar = marre du capitalisme !

Cette fermeture honteuse au nom du profit, que même ce cher conseiller d'Etat libéral-radical F. Hainard regrette (mais a-t-il réellement tout entrepris pour favoriser le maintient de l'entreprise, comme il l'a fait pour sa maîtresse lors de son engagement dans l'administration cantonale ?) ne peut que nous mener à penser au mouvement de récupération massive d’entreprises par leurs salariés développé par les Argentins, connu sous le nom d' « Occuper, résister, produire » grâce notamment aux foyers de résistance et d’alternative regroupant des forces solidaires en pleine crise de la dette.

Dans les années 1990 en Argentine, en effet, a commencé à se développer le mouvement de récupération d’entreprises en faillite par leurs anciens employés, suite à l'application à la lettre du modèle néolibéral du président Carlos Menem qui produisait chaque année des milliers de chômeurs, du fait de privatisations massives, sans compter l'élimination des restrictions à l’importation et des subventions à l’exportation qui prétéritaient la petite industrie nationale.

Nous avons donc dans nos contrées à nous inspirer de ce modèle. Quel salarié ne voudrait pas pouvoir produire en autogestion grâce à sa créativité et à un large mouvement de solidarité derrière lui capable de réclamer des réformes et des politiques publiques pour soutenir de nouvelles coopératives ?

Ce travail ne sera pas facile, et sera le prix de longues batailles politiques et de confrontations : en Argentine, ces reprises d'entreprise ont subi des réponses violentes de la part de la police et des divers pouvoirs politiques, ce qui a solidarisé ces luttes isolées en de vrais foyers de résistance et d’alternative regroupant des forces solidaires, mouvements assembléistes de quartier, piqueteros (chômeurs organisés), partis de gauche, étudiants, enseignants, salariés, voisins, artistes, etc. afin d’empêcher les expulsions, d’aider l’occupation des locaux et la mise en place des projets d’autogestion.Mais c'est sur ce chemin qu'il faut bâtir l'alternative au système capitaliste en vigueur.

L'Argentine, qui, d'ailleurs, pour lutter contre la crise totale qui l'a touchée, a su inventer d'autres alternatives, comme la monnaie alternative, qui n'offre plus de prise à la spéculation internationale et a évité qu'une crise purement financière détruise la société en créant le chaos dans l'économie réelle.

On en est encore loin ici : mais nous savons ce qu'il nous reste à faire. Imaginons que les 100 collaborateurs concernés par l'honteuse fermeture dans le canton de Neuchâtel de Voumard Machines débouche sur une telle réappropriation des salariés de leur moyen de production, avec l'appui de tous les partenaires ! Alors que le Conseiller d'Etat Frédéric Hainard n'a rien à proposer que la critique de la gestion capitaliste de l'entreprise (issu pourtant du dogme libéral qu'il défend), l'opposition de gauche devrait proposer de telles alternatives.

Les Verts en tout premier lieu, si tant est que nous nous revendiquions de l’écologie politique comme les Jeunes Vert-e-s Genève, ce mouvement qui s’appuie sur des analyses théoriques dans le but de transformer le réel par le militantisme et par le combat politique pour sortir du capitalisme. Voilà le chemin à suivre, ici, par nos propres forces solidaires locales qui doivent prendre mondèle sur les argentins afin de s'unir sur le terrain pour empêcher ce genre de délocalisations en masse de salariés doublement expropriés (après les moyens de production, c'est la production elle-même qui leur est enlevée).

 

22:57 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : alternative, réappropriation, délocalisation, chômage, argentine, entreprise |  Facebook | | | |

Commentaires

Eh bé, si c'est ça la nouvelle vague verte, reprendre les vieux schémas style auto-gestion, comme en ex-Yougoslavie et en URSS de la grande époque, ou en Mai 68... Un peu partout, on a vu ce que cela a donné: le taux de survie des entreprises à moyen terme est proche de zéro. Elles ne tiennent vraiment que le temps de la lutte. Il serait très intéressant d'avoir des chiffres sur ce qu'il en est aujourd'hui en Argentine, une quinzaine d'années après... et vous pouvez toujours croire que c'est parce que les capitalistes sont méchants et ne les laissent pas faire. Ils s'en foutent les capitalistes. Ils feraient du business avec le diable, s'il y avait matière. D'ailleurs, ils en ont fait avec l'URSS, comme ils en font avec la Chine.
Comme vous le dites très bien, votre mouvement s'appuie sur des analyses théoriques. Or il y a très très loin de la théorie à la pratique. C'est d'ailleurs une vieille tradition de l'extrême-gauche helvétique, complètement coupée des réalités populaires. De la politique hors-sol en quelque sorte.

Écrit par : Josif Brosip | 17/08/2010

pauvre Monsieur Hainard,encore un patronyme délestant son proprétaire d'encouragement de ses détracteurs,qui eux je peux vous le confirmer,souvent font pire mais toujours par derrière.Ceux critiquant le capitalisme bien souvent en profitent largement,a lire ces mesquineries de bas étages on se rend compte qu'en suisse le bagage intellectuel rase les pâquerettes,dommage pour les plus jeunes qui doivent se dire,pauvres adultes,faudrait voir pour évoluer et commencer par dialoguer avec les plus âgés.Laissons les politiciens faire leur travail et que tous ceux qui n'ont pas fait d'école de recrue,oui de celles qui font les vrais hommes hé bien qu'ils retournent sur les bancs du savoir vivre,là au moins ils ou elles se rendront compte à leur tour de l'inefficacité de leurs propos

Écrit par : bielmann | 17/08/2010

Ayant été employé par Voumard, je puis vous dire que tout ce que vous avez pu lire ou entendre est bien en dessous de la vérité.
L'action coup de point d'Unia n'a pas vraiment eu de suite. Loin de vouloir jeter la pierre au syndicat, les employés attendaient un certain suivi après l'action télévisé. Mais pour différentes raisons, plus rien ne c'est passé. Il serait bon de poser la question à tout ces gens qui sont venu manifester à Hauterive, pourquoi ce black out. D'autres licenciements ont été prononcé mais cette fois de façon plus discrète.
Les menaces de la part du directeur sur place ( Allemand) des membres de Peter-Wolters ( allemand ) et du chef de la division européenne (américain) étaient quasiment constantes.
Je n'ai jamais travaillé dans de telles conditions. Et je peux m'estimer heureux, car j'avais un poste à responsabilité, pas comme une grande partie des gens qu’il restait.
Au delà des considérations politiques, laisser partir une entreprise comme celle là est une erreur monumentale. Un des plus grands noms dans son domaine va aller finir tranquillement sa vie dans le nord de l'Allemagne, chez des gens qui n'ont aucune sensibilité au niveau des précisions des machines outils.
Ce nom, Voumard, synonyme de précision depuis des années, a été bradé. Loin de moi l’idée de critiquer la vente de Voumard à Peter-Wolters en 2005. Mais le laisser aller des autorités, sous le sacro-saint principe de la libre entreprise provoque se genre de chose.
De plus vouloir ériger le principe américain au statu de solutions à tous les problèmes économiques de nos entreprises, révèle une incompétence des instances dirigeante.
Certaine s conditions faisait partie de la vente de Voumard, dont une était l’interdiction de délocalisation pendant 5 ans. Cette clause est arrivée à terme le 1er juin 2010. Coïncidence ?

Au-delà de tout cela, des drames humains, de personnes ayant travaillées une vie durant chez Voumard , sont en train de se jouer. Que vont faire les syndicats, les autorités pour ces personnes ?
Leurs demander de trouver 10 signatures par mois ??

De mon point de vue, ce qu’il pourrait arriver de mieux, c’est que les gens de Peter-Wolters n’arrivent pas à continuer de faire vivoter le produit.
Et pour avoir travailler avec eux, je puis vous certifier que j’ai bon espoir que cela arrive dans les 2 ans à venir. Tout cela bien sur si les gens de Voumard machines ne brade pas leurs savoir faire en échange de promesse que la direction allemande et américaine ne tiendra pas.

Écrit par : QB16 | 17/08/2010

Bonjour,
Je félicite cet ancien Voumard pour son message, je voudrais ajouter que nous sommes en 2010 !! et avant d'entrée dans le 2ème millénaires et jusqu'en 1999, on fantasmait des milles et une fiction qui changerais le monde, nous sommes forcé de constater qu'après 10 ans, on peut dire que nous descendons de plus en plus dans la qualité de vie et que tout est en train de s'effriter, malgré tout ces constats, personne ne réagit, ces personnages de FarWest, armée de pistolets à eau, sont là et font ce qu'ils veulent, tout le monde à peur de se faire gicler, ainsi personnes ne se mouillent!! Je voudrais bien voir ce qui se passerais en France, en Italie et même en Allemagne si de tel agissement se produirait... pas une seules loi en Suisse n'existe pour protégé ce dont on croyait être notre futur et surtout les employés!! tout ça au nom de quoi ? le fric !! c'est le cancer de notre société! Et les syndicats, parlons-en, de ce qu'ils voulaient faire ils l'ont fait savoir au journalistes, à nous, on nous à répété au moins 4 fois, qu'il fallait devenir membre et payer 20Fr/mois pour être encore plus fort qu'eux, ainsi nous pourrons riposter à leurs pistolets à eau avec des élastiques tout neuf et des boulettes en papier mâché... NON on se moque de nous! la pièce de théâtre n'était pas encore finie, que vienne faire des cotisations dans une bagarre pour notre survie, c'est vraiment lamentable, moins on en a et plus on en doit!! ça c'est la réalité Suisse, et le plan social? bin on vous dira, ce qui est sûr, c'est que 20Fr X 95 = 1900Fr/mois pour UNIA c'est déjà ça en moins pour nous... en X le nombre de mois qu'ils voudront, on est SUPER content...
Bon Courage et à bientôt.
PS: Voici ce que j'avais prédit et écrit à nos directeurs Houleux le 7 décembre déjà...
Chers Messieurs et futur ex-patron,

Ce n’est pas une question ou une solution pour la quelle je vous écris, car ce n’est pas moi, électricien, qui pourrait vous trouver une solution, à la quelle vous donneriez un quelconque intérêt, car vous et moi, savons pertinemment que le livre « Voumard Machines à Hauterive » arrive à sa fin, vous avez tout planifié dans les moindres détails, c’est stratégiquement parfait, même dans le timing, car personne ne pourra trouver une solution miracle pour sauver Voumard Machines et il ne faut surtout pas qu’il y aie de solution, et ça sera ainsi, la fin ce livre, vous l’avez programmé depuis 5 ans déjà et nous arrivons enfin à son épilogue, vous allez transférer toute la fabrication des Machines Voumard certainement en Allemagne, vous allez aussi certainement essayer d’emmener les bons éléments chez vous, en ce qui me concerne, je n’occupe pas une place cruciale dans la fabrication des machines, et vous ne me demanderai certainement rien, mais néanmoins je tiens à vous faire économiser du temps, donc de l’argent, car je ne viendrai pas travailler en Allemagne ou aux USA pour tout l’or du monde.

De plus je voulais vous remercier quand même de m’avoir donné l’opportunité de travailler dans votre entreprise, c’est plutôt Madame Bischoffberger qui me la donnée, où j’ai apprécié le travail et l’esprit entre tous les collaborateurs de la production, j’ai travaillé dans beaucoup d’entreprise, mais un esprit comme ça intense, positif et dévoué au produit Voumard, je n’en n’ai jamais rencontré, ça s’appelle « la passion » et ça, se sera pour vous un sacré défi d’instaurer cette « passion » à vos nouveaux collaborateurs de production.

Vous déplorez cette situation, ce qui m’étonne un peu, mais moi-même et tout les 95 collègues, 1000 fois plus que vous, car c’est comme si nous viendrions dans votre pays et que nous vous déroberions les produits BOSCH ou BMW ou aux USA, Cadillac ou Harley-Davidson, Voumard est une grande marque reconnue et appartient à la Suisse et surtout à Neuchâtel, elle s’en va et il n’y aura plus de « SWISS MADE » sur vos machines et ça, peut-être se sera un handicap auquel vous n’aviez pas pensé… mais bien sûr que si, vous avez pensé à tout.

Voilà, peut-être vous n’aurez pas tout lu ma réaction, mais j’ai attendu ce soir, car maintenant, j’ai compris ce qui m’arrivait, et si Voumard Machines va disparaître, moi et tout les personnages de ce livre, seront encore là et debout et près pour une nouvelle aventure avec j’espère des écrivains, un peu plus correct et moins assoiffé d’argent, l’argent n’apporte pas le bonheur, c’est la vie et l’amour qui s’en charge, mais ça, vous ne pouvez pas le savoir… vous êtes des agriculteurs spécialisés dans le blé (en français, le blé est synonyme d’argent)

J’espère que vous acceptez ma réaction comme nous avons dû accepter votre spectacle de ce matin, et que je ne subirai pas de tort à cause de cet e-mail.

Je vous souhaite un bon week-end et vous souhaite plein succès dans vos pays.

Écrit par : Zucchero | 17/08/2010

En étant deux, et de 2 secteurs différents (j'étais dans le bureau tout en haut à gauche après la machine à café) avec des fonctions différentes, le même constat s'applique.
Nous avons été trahis que ce soit par une direction managée par des voyous, et par les gens de l'extérieur nous promettant monts et merveilles, sous condition d'adhésion.

L’ambiance qui régnait chez Voumard était souvent faite de méfiance, car plus personne, a l’exception de petits cercles, ne savait réellement ce que les autres pensaient.
Des gens ont été jeté comme des malpropres de poste à responsabilité, après avoir sacrifié leur vie de famille pour cette entreprise en laquelle ils croyaient.

Je te rejoins, Zuccero, quand tu dis que les valeurs humaines de la plus part des employés de Voumard étaient de grandes et belles valeurs. Moi non plus je n’avais jamais rencontré des personnes aussi fières, aussi humaines que chez Voumard. Mais je n’avais jamais rencontré, non plus de tels salopards que certain autres Voumard et surtout ‘’collègues’’ allemands de Peter-Wolters.

Malheureusement cette histoire va tomber dans l’oubli le plus total. Ne faut il pas se tourner vers l’avenir vont dire certaines personnes.
Les gens aiment les histoires qui se terminent bien. Et les syndicats, associations, politiques, sont également des gens. Au royaume du tout, tous de suite, et du disney way of life, cette histoire fait un peu tache.
Personne ne s’intéressera plus au gens de Voumard d’ici 1 mois. Diable, la reprise n’est elle pas à nos portes. Oublions cela et allons de l’avant, sera le discourt que tout le monde pourra entendre.

Dommage, j’ai aimé les gens de Voumard

Écrit par : QB16 | 18/08/2010

Voyons voir si malgré tout on peu interesser quelques personnes au sort des gens de Voumard

A diffusé pour créer le buzz
http://qb16.romandie.com/

Écrit par : qb16 | 18/08/2010

Les commentaires sont fermés.