30/01/2010

Politique inhumaine envers les mendiant-e-s

Communiqué des Jeunes Vert-e-s Genève, qui tiennent à dénoncer rigoureusement les mesures répressives envers les mendiant-e-s prises par le Conseil d'Etat genevois la semaine dernière.


Les Jeunes Vert-e-s Genève dénoncent de façon vigoureuse les mesures que le Conseil d'Etat veut prendre envers les enfants de mendiant-e-s, chargeant la police d'interpeller et d'appréhender les mendiant-e-s accompagné-e-s d'enfants ou les mendiant-e-s mineurs, de signaler ces cas au Service de Protection des mineurs (SPMi), de conduire les mineurs avec ou sans leurs parents au sein de ce service qui pourrait prononcer une clause péril, c'est-à-dire le retrait immédiat du droit de garde des parents sur l'enfant et le placement de celui-ci.

Sous le prétexte de protéger les enfants qui mendient dans le froid, le Conseil d'Etat contrevient à la Convention de La Haye sur la protection des mineurs. Pour les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s, ces mesures répressives doivent donc être dénoncées avec fermeté. Nous regrettons que peu d’organismes aient réprouvé ces projets injustes. Comme le signal l'association MESEMROM dans sa lettre ouverte au Conseil d'Etat, il est révoltant de constater que les autorités genevoises n'ont pas tiré les leçons de l'histoire en marchant dans les pas de Pro Juventute, plus précisément dans ceux de l'Oeuvre des enfants de la grande route qui a sévi de 1926 à 1973 : sous le couvert d'une motivation sociale, des centaines d'enfants tziganes avaient été, à l'époque, arrachés à leur famille et placés dans des familles d'accueil. Les activités de l'Oeuvre des enfants de la grande route ont unanimement été qualifiées par la suite comme étant un génocide culturel.

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De plus en plus de pratiques odieuses envers les Rroms sont orchestrées par le gouvernement, et les Jeunes Vert-e-s genevois-e-s ne peuvent pas l'accepter. En novembre dernier, le département de l’environnement urbain et de la sécurité a enlevé les différents campements des Rroms en ville de Genève, laissant 50 personnes, dont des enfants, privés de tout. Qu'a fait le Conseil d'Etat pour protéger les enfants de mendiant-e-s ? A-t-il ouvert un centre d’accueil de jour ? Eh bien non, nos autorités ont préféré fixer des quotas stricts dans les abris, contraignant ainsi tant les adultes que les enfants à dormir dehors malgré les très basses températures.


De plus, il est arrivé que des Rroms se fassent contrôler par la police qui leur a prélevé l’argent qu’ils avaient sur eux sans envoyer l’amende à leur domicile. La justice a depuis mis en lumière l’irrégularité de la notification de ces amendes, qui ont donc été annulées.

Nous pourrions multiplier les exemples de mesures répressives relevant de manques graves à la dignité humaine envers cette frange de la population, jusqu'à cet évènement la semaine passée où une mère Rrom a été arrêtée et mise en détention, de façon illicite, voyant ses enfants « pris en charge » !


Concernant les dernières mesures prises, les Jeunes Vert-e-s constatent que le Conseil d'Etat n'a pas agi de manière concertée, les différents « acteurs » (services de l’Etat, associations, organismes) n'ayant pas été consultés pour élaborer une telle décision. Par ailleurs, les Jeunes Vert-e-s genevois veulent rappeler l’article 22 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ratifiée par la Suisse, qui stipule que «toute personne, en tant que membre de la société, (…) est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité». Si l’Etat de Genève veut vraiment défendre les enfants Rroms, alors qu’il fasse le nécessaire prévu par la DUDH: qu’il propose hébergement, soins, permis de travail, école et crèche pour les enfants, interprètes pour discuter avec les familles et une coordination avec les associations !


Les Jeunes Vert-e-s Genève

02:37 Écrit par Julien Cart dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : roms, mendiants, politique, conseil d'etat |  Facebook | | | |

Commentaires

Vous ne trouvez pas que les services sociaux ont assez de travail avec les résidents permanents. Les Roms ne sont pas des apatrides, ils ont un pays et un passeport et peuvent retourner chez eux quand bon leur semble. Il est interdit de mendier et surtout d'utiliser des enfants à cet effet. Il semblerait que les défenseurs/avocats de Mesenrom ne tiennent pas compte des lois genevoises. Les contribuables ne tiennent ni à payer des soins, de l'hébergement, des crèches gratuitement en période de crise. Les Verts ne devraient rentrer dans ce genre de débat car la population en a assez de ce problème médiatique des mendiants et a d'autres préoccupations : de retrouver ou trouver un travail et un logement, de finir ses fins de mois, de payer leurs primes, impôts et taxes.

Écrit par : demain | 30/01/2010

Pour être nomade et vivre sans voler ou commetre des atteintes aux intérêts protégés d'autrui, il faut qu'il y ait des domaines publics librement exploitables et suffisamment productifs en fruits, légumes, viandes, bois, etc. pour que le peuple nomade vive des ressources naturelles à sa disposition.
De telles conditions d'espace temps sont-elles données à Genève en 2010?
Si oui, bienvenue aux nomades. Si non, les Genevois ne doivent plus accepter un seul nomade sur leur territoire. Le contraire serait fondé sur des réalités socio-économiques d'un autre temps. Les Genevois devraient alors considérer de confier à l'architecte Novelle la création d'un espace protégé semi-ouvert destiné à recevoir le Musée vivant des descendants des derniers nomades.
Chacun peut apprécier le sort réservé à nos amis les indiens d'Amérique dans les réserves créées à leur attention...
Si quelqu'un professe le nomadisme, il y a encore quelques régions de la planète où ce type de vie peut être vécu, certe avec difficultés, mais vécu tout de même.
Le choix de Genève semble n'être pris que par des individus soit irresponsables, soit mal intentionnés.
Apprenons à être fan de nous et à ne pas confondre générosité avec duperie.
Halte à l'exploitation des enfants. Halte aux fabriques d'estropiés et de mendiants. Halte au harcèlement par des bandes organisées à la solde de petits chefs crapuleux.

Écrit par : Alfred | 30/01/2010

Mais Monsieur, que les jeunes Verts accueillent tous les enfants de mendiants
chez eux pendant que leur parents font la manche.
Quant à nous cessons de donner la pièce aux mains tendues et le problème se
résoudra de lui même...
Vous autres les Verts (jeunes ou moins jeunes) n'avez pas d'autres chats à fouetter ?

Écrit par : bidouille | 30/01/2010

Les commentaires ci-dessus me choquent par leur in tolérance. Il n'est pas question d'accueillir tous les mendiants du monde, mais de traiter ceux qui sont là, et particulièrement leurs enfants, avec humanité et selon les conventions internationales. Ni les laisser dans la rue, ni accepter qu'ils soient exploités, ni les prendre à leurs parents, mais créer les conditions pour qu'ils puissent être accueillis et protégés, pendant le temps où ils sont là. Les jeunes verts ont raison .

Écrit par : Anne-Catherine Menétrey-Savary | 30/01/2010

Les Verts ont tort de s'intéresser à ce problème qui a été déjà pris en charge par nos Autorités de la meilleure manière possible et selon nos lois qui protègent les mineurs en danger. Leurs critiques sont infondées. Les conventions internationales dont vous parlez si bien devraient s'intéresser aux pays souverains comme la Roumanie, le kosovo, etc... qui ne s'occupent pas de leur minorités et laissent aux pays tiers le soin de s'en occuper. Le laxisme ambiant qui fait que de plus en plus, les citoyens/taxe payeurs vivent dans des zones d'inconfort et d'insécurité sur leur territoire doit cesser et ces mêmes citoyens ont le droit de réclamer des mesures d'éloignement des mendiants et dealers pour se protéger mais aussi protéger les mineurs de ce canton notamment sur la question de la drogue.

Écrit par : demain | 30/01/2010

@Mme A.C. Menetrey-Savary: Madame, Certes sur le principe me semble-t'il avez-vous raison... Cependant, en tant que -Citoyens Genevois-, il est facile de voir, d'observer, dans les TPG et en provenance soit d'Annemasse, de Saint-Julien ou Ferney-Voltaire, entrant par conséquent sur le Territoire Genevois, nombre de ... personnes, soit hommes, femmes et enfants (tziganes, roms ou autres) et qui en sortent, (donc des TPG), au Molard, à la Cité peu importe, pour aller faire du tourisme ou des achats ? c'est permis ok, ou alors pour mendier ? c'est interdit ??? ... ou alors pour d'autres obscures raisons qui ont été évoquées ces derniers temps, pour ne pas parler d'-abandons d'enfants-, au Centre-Ville, ou faire en sorte que... Il serait fort intéressant de -remonter- un peu avant la frontière genevoise, non pas pour les contrôler, mais tout simplement afin de voir où et comment habitent certaines desdites personnes. Et là on se rendrait vite compte que ces -touristes- logent parfois dans de somptueuses roulottes, caravanes etc, tractées par des Mercedes dernier cri. Alors avant que prise en charge, scolarisation ou autres fantaisies en faveur de ces enfants se fassent et de surcroît aux frais de la -Princesse Genève- pour ne pas la nommer, il serait réellement temps de réagir, contrôler... Pourquoi le Contribuable Genevois paierait-il pour que de telles faveurs soient consenties à de tels gens ? Certes certes oui, vous allez nous dire: - La Suisse, terre d'accueil... elle a bon dos. Les Citoyens outrés aussi...

Écrit par : Pierre-André Dupuy | 30/01/2010

La politique inhumaine,

c'est de ne pas avoir de conscience.
pas de mémoire
pas de vision.

ainsi, c'est plus facile de crier plus fort
C'est quoi votre quête de pouvoir ?
votre formation vous a-t-elle déformé? ou l'avez-vous choisie, pour le rester.

Des boiteux en nécessité de béquilles de part un pseudo engagement humanitaire, ça a toujours existé. c'est d'ailleurs le toxique du métier, bien connu dans ces milieux.

Ah, à propos:
les droits de l'enfant, dans le cadre de la mendicité, ils n'existent donc pas pour vous?

et, faut vous renseigner monsieur: en 2010,
la globalisation de la rentabilité de l'abus de pouvoir,
ça être organisé-structuré-fonctionalisé-rationalisé.

Et, que ce soit en 2010 ou en 1910,
Les enfants promus mendiants par leurs parents, grands frères, protecteurs,
deviennent des protecteurs, grands frères, parents de mendiants.

De toute évidence, vous avez raté pas mal de cours à l'uni.

Appel de grâce au destin:
Trouvez-vous un job dans une filière où vous n'aurez pas de décision à prendre!

Écrit par : na...ya | 30/01/2010

Donnons un avenir à ces jeunes! Aidons-les à sortir de la rue et à faire des études! Les gens qui souhaitent le contraire veulent profiter de la détresse de ces gens, rien d'autre!

Écrit par : Riro | 30/01/2010

Merci aux Jeunes Verts genevois d'avoir repris, en fin de leurcommuniqué - excellent! - la conclusion de mon billet paru son www.combats.ch le 24 janvier dernier, sous le titre "Nous voulons votre bien. Et nous l'aurons!"! Ce papier n'avait fait l'objet que d'un seul commentaire, j'en déduisais que mes propositions étaient passées inaperçues... Je me trompais, et je suis heureuse que les Jeunes Verts partagent le même avis.

Écrit par : Diane Gilliard | 31/01/2010

Mendier, c'est une activité, exercée dans un lieu choisi. Plus elle rapporte, plus elle est encouragée.
Donner une pièce à un mendiant, ce n'est pas l'aider à s'en sortir.
Donner une pièce à un mendiant, c'est faire en sorte qu'il soit encore là demain.
Donner une pièce à un enfant mendiant, c'est faire en sorte qu'il soit encore là demain, et que d'autres enfants viennent mendier dans le froid.

Le Conseil d'Etat a raison, il a même le devoir d'intervenir quand des enfants sont maltraités. Reste à savoir si les enfants concernés seront motivés pour aller à l'école; ce ne correspond malheureusement pas forcément aux projets de leurs parents.

Écrit par : M. Rogg | 01/02/2010

Le problème est: le conseil d'Etat a-t-il le droit de scolariser des gens de passage?

Peut-être que la PJ peut faire quelque chose en cas de mauvais traitements, enfants trop dehors, dormant dehors, ou autre, mais la marge de manoeuvre me parait mince, juridiquement parlant, sans devenir discriminatoire.

N'oubliez pas qu'il y a des SDF à Genève, et qu'on peut mettre des familles avec enfants à la rue...légalement.

C'est peut-être avec les conditions d'entrée sur le territoire qu'il faut plus de sévérité. Pour pouvoir entrer, il faut un justificatif de revenus et un billet retour, comme exigé pour les suisses dans certains pays.

Bref, on n'a pas fini d'en entendre parler....

Écrit par : vieuxschnock | 01/02/2010

Les sages chinois (Mencius en tête) ont fondé la morale dans l'élan de compassion qui naît dans le coeur (l'âme, l'esprit...) de l'homme lorsqu'il est en face d'une situation d'injustice où il est confronté à la souffrance d'autrui.

Le rôle de ces sages chinois était d'influencer au mieux les princes pour éclairer leur conscience (obstruée) afin qu'ils soient les plus moraux possibles. D'où cette étrange phénomène qui peut apparaître paradoxal, cité par Mencius pour nous aider à comprendre : un Prince voit un sacrifice d'une bête devant ses yeux, et sa conscience est choquée car il est confronté à la souffrance de l'animal : il ordonne qu'on cesse les sacrifices. Par contre, il va ordonner sans sourcillement une guerre où il sait qu'il y aura des morts par milliers - mais, non confronté "en direct" à cette atrocité, sa conscience n'en sera point ébranlée.

Aujourd'hui, nos consciences sont tout autant voilées, et les sages sont bien peu écoutés. Ils ne sont pas censurés, comme en Chine actuelle, pas besoin ! Le culte de l'idéologie ambiante basée sur la consommation matérielle suffit à museler les consciences.

La faillites des banques nous choquent d'avantage que la pauvreté dans nos rues, la course au dernier téléviseur est plus importante que l'engagement politique pour un monde meilleur.

Mais la réservation du dernier vol easy-jet pour le week-end nous rendra-t-elle pourtant plus heureux ?

Le prince chinois était choqué par l'animal qui souffrait devant lui. Mais nous, nous ne sommes plus choqués, non ! Les mendiants qui mendient par des températures de -10 degré sous la neige ne réveillent plus même nos consciences endormies. "Les mendiants nous harcellent ! T'aimes bien te fair HARCELER dans la rue toi? Même par des gamins?" Voilà le cri du bon peuple, et voilà pourquoi Mme Rochat réagit : parce qu'on se sent harcelé. Dès lors, pour éviter "l'harcèlement" des gens de bons moeurs, on a rien trouvé de mieux que l'idée d'enlever des enfants à leurs parents. La pauvreté n'est donc plus compatible, à Genève, avec la parentalité. Etre pauvre et réfugié est un "harcèlement".

Merci aux quelques sages irréductibles qui ont encore osé dans ce post dénoncer cette décision inhumaine du conseil d'Etat : cela prouve que les consciences ne sont pas encore toutes dépourvues d'humanité.

Cette dernière question tout de même :

Lorsque nous perdons toute conscience humaine, et donc toute compassion, que reste-t-il de nous ?

Écrit par : Julien Cart | 02/02/2010

Bravo à ce communiqué des jeunes verts !
Comment qualifier une autorité qui envoie la police chercher des enfants au petit matin pour les séparer de leur famille et les amener on ne sous oû ? Comment qualifier un gouvernement qui n’assure pas un minimum de garantie juridique, aucun soutient social et aucun accompagnement humain à une famille pauvre et désemparé, ni à une communauté rejeté et vilipendé.

La mesure heurte le sens commun et l’histoire. C’est une nouvelle mesure discriminatoire et arbitraire frappant une population vivant, faute d’interventions nationales et internationales efficaces, dans des conditions de précaritées et de misères extrêmes. On se moque des droits les plus élémentaires de la personne. C'est purement scandaleux.

Écrit par : Alfonso Gomez Cruz | 02/02/2010

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