01/12/2015

Pour une vraie ‪école inclusive maintenant ! 

Voici, après les censures et bannissement dont moi et d'autres camarades avons été victimes, ma réponse sur le fond aux enseignant-e-s de la Société Pédagogique Genevoise (SPG) qui, dans une prise de position votée à la majorité, se plaignent de l'austérité et du manque de moyens pour justifier le fait que dans ce cadre l'inclusion est impossible ou néfaste :

Il ne suffit pas d'être en majorité pour avoir raison, c'est évident, mais je crois qu'il fait bon de le rappeler. 

Si les classes n'ont pas les moyens d'accueillir le mieux possible tout le monde, il s'agit alors d'axer toute l'attention sur les élèves ayant le plus de besoins particuliers, et non d'utiliser le manque de moyens pour justifier leur exclusion !pédagogie, éducation, école, syndicat, gauche, humanisme, droits, élèves, handicap

- Cela paraît tellement évident que je dois me pincer pour me persuader de devoir redire de telles vérités...

Dans ce cadre, recourir aux arguments liés aux "moyens" en ce qui concerne une décision éminemment politique et humaniste (relevant des droits humains fondamentaux) telle que l'école inclusive est donc tout simplement une honte. 

Comme si pour les urgences à l’hôpital on se demandait si - à cause de l'austérité - on avait assez de sous pour accueillir les malades ayant le plus besoin de soins particuliers... Au pire, on fera attendre davantage celles et ceux qui se portent moins mal. Il devrait en être de même pour une école qui n'aurait pas, c'est vrai, déjà depuis longtemps fait le deuil de l'égalité des chances (ah ce vieux concept, ce vieil idéal républicain...qu'on a mis au coin au fond de la classe...).

Bien évidemment les classes de 25,26,27 élèves sont des absurdités, alors en effet dénonçons cela, ce manque de moyens là ! Mais pas les présences LÉGITIMES des plus faibles dans ces mêmes classes ! Sinon plus personne ne pourra considérer que vous, la SPG, êtes un syndicat de gauche. 

Mais uniquement un syndicat qui défend des conditions de travail pour faire progresser les élites de demain, qui n'ont, rassurez-vous, pas besoin de nous pour se faire une place. 

Contrairement aux élèves à besoins particuliers - certes si faciles à débouter à travers de laconiques communiqués...

29/11/2015

Société Pédagogique Genevoise : un syndicat aux manières douteuses

Nous sommes deux camarades à avoir été censuré-e-s samedi soir sur la page facebook de la SPG (Société Pédagogique Genevoise), suite à un débat qui se déroulait sur la question de l'école inclusive. Il s'agit de Priscilla Albrecht, enseignante et parent d'élève, et de moi-même, enseignant spécialisé.

Certes, dans ce fil de discussion, les avis divergeaient, mais personne n'a été injurié-e et aucun écart de comportement n'a pu être enregistré de part et d'autres. Chacun s'exprimait le plus normalement du monde, lorsque nous avons constaté que nous avions été tout simplement banni-e-s de la page facebook du syndicat, sans aucun avertissement ou explication. Impossible non seulement de continuer à échanger avec les personnes qui sont intervenues, mais qui plus est, nos messages ont été effacés - le fil de la discussion étant donc totalement tronqué. 

Plus que nos simples messages censurés, il s'agit d'un acte grave de musellement de la pensée de la part d'un syndicat qui devrait, au contraire, donner la parole à chacun-e, et surtout aux plus faibles, à savoir les élèves à besoins particuliers, qui, malgré le soutien légal qu'ils ont pu obtenir, ne bénéficient toujours pas d'une vraie prise en charge au sein de l'école ordinaire.  

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C'est pourquoi nous souhaitons dénoncer vivement ces procédures excluantes qui ont cours au sein de ce syndicat, lesquelles ne laissent rien présager de bon concernant l'inclusion des élèves à besoins particuliers dans le canton de Genève. En effet, alors qu'un syndicat tel que la SPG devrait prendre fait et cause pour ces mêmes élèves, ce dernier préfère censurer les personnes qui osent défendre une position divergente sur cette question. De même, la SPG ne fait que reproduire le discours des partis de droite sur l'argument biaisé du manque de "moyens" à disposition, alors même que ce faux argument permet de cacher les vraies questions et de justifier l'absence de réelle politique d'inclusion des élèves à besoin particulier dans le canton.

Des vraies questions, que posait avec justesse Marie-Jeanne Accietto dans sa réponse en ligne au courrier de lecteur de M. Vité, président de la SPG, dans le Courrier du 11 novembre 2014 :

« Comment un Etat de droit peut-il tolérer que des enfants soient exclus, marginalisés et victimes d’un discours aussi minimaliste que celui des moyens ?

Croyons-nous vraiment que la Suisse et en particulier Genève soit moins riche que d’autres pays qui ont mis en place une politique inclusive ? 

Ce serait amusant de le faire croire….Si nous partons du droit, de ce qui est juste, les moyens suivront et on se rendra compte, comme ailleurs c’est déjà le cas, qu’en réalité l’école inclusive a un coût bien moindre que l’école de la politique ségrégationniste pratiquée aujourd’hui !

La question n’est pas celle de l’efficacité de l’école inclusive, de sa rentabilité ou de son coût, mais bien du droit de chaque enfant à fréquenter l’école de droit commun, sans discrimination. »

Nous demandons donc aux responsables du SPG, des excuses concernant leurs graves agissements de samedi soir sur leur page facebook, et souhaitons que ce syndicat, à défaut de défendre les élèves qui depuis trop longtemps maintenant sont laissé-e-s au ban de la société, ait au moins l'obligeance de respecter à l'avenir les règles de bases du débat démocratique, en cessant d'exclure les parents d'élèves ou autres enseignant-e-s qui s'opposent à certaines de leur prises de positions publiques.

 

Signataires : Julien Cart, Priscilla Albrecht, Mireille Smulders & Angélique Jaquier.

Illustration : COPHAN, Ensemble pour l'inclusion

 

12/09/2013

Débat sur le revenu de base dans "L'Invité" de la Tribune

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Ci-dessous, retrouvez le débat d'opinion dans la rubrique "L'Invité" du journal La Tribune de Genève du 12 septembre, entre Julien Cart & Lionel Ricou, sur le Revenu de base inconditionnel.

Précision préalable pour Lionel Ricou : merci pour le débat mais l'idée selon laquelle "aucune aide sociale ne pourra être perçue en plus du revenu de base", est simplement erronée - même economiesuisse en convient avec les initiants : "L’AVS pourrait donc être totalement supprimée. Le tableau est tout autre pour l’AI. Il serait certes possible de remplacer les rentes par le revenu de base, mais les autres prestations de l’AI telles que les allocations pour impotents, les mesures médicales et autres coûts des mesures individuelles devraient être maintenues." ("Revenu de base inconditionnel ? Malheureusement, non", Page 2).


Un revenu garanti pour tous


Julien Cart le 11.09.2013 à 17:48

Tout d’abord, signalons que la Suisse sera le premier peuple à se positionner sur l’instauration d’un revenu inconditionnel. Dans l’intitulé de l’initiative, aucun montant n’est avancé, ni son mode de financement abordé. Seule certitude: ce revenu garantira à chacun «de mener une existence digne et de participer à la vie publique». Avec un montant de 2500fr. par adulte et par mois, et 635fr. pour un mineur, on arrive à un coût total de 200 milliards par an. Or seule une petite partie de cette somme reste à financer, car la plus grande partie est réaffectée au financement du RBI sans changer les dépenses de l’Etat: si economiesuisse mentionne le fait que le revenu de base se substitue – en partie – à certaines prestations sociales (60 milliards), le lobby oublie de dire qu’il se substitue aussi à une part des revenus d’activité (110 milliards de fr.). Pour financer les 30 milliards restant, plusieurs solutions sont possibles, et cumulables: relèvement du taux d’imposition sur les personnes physiques, augmentation de la TVA, un impôt écologique, une taxe sur la valeur ajoutée des entreprises.

Mais demandons-nous à qui ce revenu va profiter. Avant tout, aux personnes travaillant sans rémunération (famille, bénévolat, associations, formation). Une étude de l’Institut de l’ONU pour le développement social indique que le volume du travail non rémunéré lié au Care représentait en 2004, 8500 millions d’heures, celui du travail rémunéré 7000 millions. Le travail non rémunéré dépasse de 20% le travail rémunéré! Les femmes profiteront de ce revenu, elles qui continuent d’accomplir dans l’ombre la majorité de ce travail indispensable à la création de valeur. Ce revenu bénéficiera aux personnes invalides, ne pouvant reprendre une petite activité au risque de perdre leur rente, ce qui sera possible désormais. Les personnes à l’aide sociale, elles, ne seront plus stigmatisées mais reconnues à part entière. Les employés pourront gérer à leur avantage la négociation de leurs conditions de travail, refusant un emploi précaire ou ennuyeux. Les maladies du travail, fléau social, diminueront, comme les coûts de la santé. Les emplois dangereux, physiquement difficiles, verront leurs conditions s’améliorer sans quoi personne ne voudra les faire.

Ce revenu garanti permettra, enfin, à un plus grand nombre de personnes de développer des PME en faisant vivre l’économie locale, car un socle de sécurité existera afin de pallier les risques de telles entreprises. Enfin, il profitera à tous: en ces temps de crises durables, qui peut être certain de ne pas se retrouver sur le carreau? Non seulement nous avons l’assurance de ne plus être à la rue, mais encore de pouvoir choisir un travail qui nous émancipe, sans plus devoir accepter n’importe quoi pour subvenir à nos besoins.

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Survivre à Genève avec si peu?

Lionel Ricou le 11.09.2013 à 17:48

Nous avons eu le grand bonheur de ferrailler longuement le 1er août dernier avec des partisans de l’initiative pour un revenu de base inconditionnel. Son comité avait annoncé le même jour qu’elle avait déjà recueilli 130000 signatures. La votation pourrait avoir lieu en 2015. Cette proposition qui s’inscrit dans le droit fil du slogan communiste «De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins» soulève de nombreuses questions. La première, et non la moindre, est celle du montant de ce revenu.

Nous avons eu le grand bonheur de ferrailler longuement le 1er août dernier avec des partisans de l’initiative pour un revenu de base inconditionnel. Son comité avait annoncé le même jour qu’elle avait déjà recueilli 130000 signatures. La votation pourrait avoir lieu en 2015.

Cette proposition qui s’inscrit dans le droit fil du slogan communiste «De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins» soulève de nombreuses questions. La première, et non la moindre, est celle du montant de ce revenu.

Ses auteurs le fixent le plus arbitrairement du monde à 2500fr. par mois. Un chiffre inférieur de 1500fr. à celui défendu par les syndicats via leur initiative pour un salaire minimum en discussion au Parlement. Aucune aide sociale ne pourrait être perçue en supplément à ce revenu de base. Si ce montant peut être suffisant pour survivre dans des régions périphériques, il ne permet pas de mener une vie digne – objectif recherché par l’initiative – en milieu urbain comme à Genève où le coût de la vie est notoirement plus élevé. Les primes moyennes de l’assurance maladie sont, par exemple, près de 60% supérieures dans notre canton par rapport à celles d’Appenzell Rhodes-Intérieures.

En désolidarisant le revenu du travail, cette mesure s’adresserait en particulier aux personnes confrontées à un chômage de longue durée. L’objectif est louable, mais ne répond pas aux attentes des personnes concernées qui souhaitent très majoritairement réintégrer le marché du travail et non en être définitivement exclues.

Tout en comprenant la portée utopique d’une telle proposition, nous ne pouvons pas pour autant éluder la question de son coût. Economiesuisse le chiffre à la bagatelle de 200 milliards par année. 60 milliards seraient couverts par le montant correspondant à la totalité des prestations sociales actuellement délivrées. Reste un trou de 140 milliards à combler, soit près de deux fois et demie le budget annuel de la Confédération. Il faudrait multiplier par six notre taxe sur la consommation pour le financer. Qui veut une TVA à 50%? Pas plus les consommateurs que les milieux économiques ou les représentants des travailleurs.

Enfin, à court d’arguments, ses partisans voulaient nous convaincre qu’une telle initiative a au moins le mérite de «susciter le débat». Comme si nous ne débattions pas suffisamment de politique salariale en Suisse! On se demande sur quelle planète étaient nos doux rêveurs lors de la votation en mars sur l’initiative Minder sur les rémunérations abusives. Espérons qu’ils seront revenus sur terre d’ici le 24 novembre prochain pour combattre l’initiative «1:12» qui renforce le lien entre le revenu et le travail en liant les salaires entre eux!

* Candidat PDC au Grand Conseil"

Le pdf du débat à partager :https://www.dropbox.com/s/g5ckcfinohplobp/Revenu%20de%20b...

11:12 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

27/08/2013

Le coeur a sa politique que la politique ne connaît pas

En ce 27 août 2013, je remets ma démission du Conseil municipal de la Ville de Genève. Je suis appelé sous d'autres cieux, c(i)eux de mon enfance, en Pays de Vaud, où je me réjouis de reconstruire une nouvelle aventure, autant professionnelle, sentimentale que politique. Et oui, le cœur a sa politique, que la politique ne connaît pas !

A Genève, je suis arrivé il y environ cinq ans, en ne connaissant rien ni personne (sauf une) - et encore moins le monde politique. Le monde associatif m'était même lui aussi, totalement inconnu. Retour, en texte et en images, sur cinq années bien mouvementées.

Les Verts genevois, et particulièrement les Jeunes Vert-e-s, auxquels j'ai adhéré dès mon arrivée sur le territoire, ont été pour moi une manière de rentrer directement dans le concret des luttes sociales et politiques - et de dLogo_gross.jpgécouvrir le monde associatif. Je fus aussitôt sur le terrain en effet, avant même la première rencontre formelle avec les Jeunes Vert-e-s, pour récolter en faveur de l'initiative "pour des véhicules plus respectueux des personnes" (aussi faussement appelée "anti-4x4") : malheureusement j'allais apprendre bien plus tard que cette dernière serait - pour des raisons politico-stratégiques - retirée en faveur du contre-projet du Conseil Fédéral. Satisfaction des lobbies automobiles, et victoire du pragmatisme politique si cher aux partis sociaux-démocrates. Autrement dit, à l'époque, je nageais encore dans l'espoir d'une démocratie directe capable de sortir des logiques consuméristes en chamboulant les rapports de force. Mais pourtant, très rapidement, j'ai pu observer que c'est bel et bien le "pragmatisme", le "raisonnable" et la peur de l'échec aux élections qui remportaient l'adhésion de l’intelligentsia des partis gouvernementaux. L'audace en politique, je pouvais toujours attendre.

Fort de ces premiers pas en politique, et du contexte prudent pour ne pas dire démotivant auquel j'ai rapidement dû faire face, je me mis à construire d'autres réseaux, et, notamment, avec le soutien de jeunes motivés de différents roc-rodc.jpghorizons de gauche, je contribuai à fonder le Réseau Objection de Croissance (ROC), réseau défendant les idées de la décroissance, qui aujourd'hui s'étend dans toute la Suisse romande et a enfanté un journal, Moins!, premier journal romand d'écologie politique. A noter que l'événement qui a contribué à lancer ce réseau fut la Journée sans achat du 30.09.2008 à Genève. Cette manifestation émanait de l'alliance pour le moins historiquement improbable, entre des communistes, des chrétiens et de jeunes écolos. Enfin un peu d'audace. Un minimum pour "décoloniser notre imaginaire" (S. Latouche) du dogme de la croissance infinie - tellement implanté dans nos esprits et nos politiques.

Vinrent ensuite des combats à l'intérieur des Verts pour tenter d'éviter la droitisation du parti qui s'enamourait de plus enAffiches_RVB_A4_WEB_Page_4.jpg plus des thèses libérales - jusqu'à amener certains pontes à parler d'alliance avec les verts libéraux. Ou comment vendre son âme électorale pour quelques misérables strapontins politiques. A l'intérieur des jeunes vert-e-s genevois-e-s, à travers ma co-présidence, nous tentâmes bien de lancer quelques idées fortes en mettant sur la table les thèses de l'écologie politique, avec le soutien de quelques Verts. Avant l'échec et le bilan final négatif qui m'amena à démissionner du parti en fin d'année passée, il faut avouer que l'aventure occasionna quelques beaux moments aussi, concrétisée par une campagne électorale pour le Conseil national en 2011 où les Jeunes Vert-e-s finirent première liste jeune du canton, grâce à des idées proprement révolutionnaires et à une campagne d'affichage détonante. Preuve que l'audace en politique n'est pas qu'un vain mot. Mais l'idylle devait tourner court, et les compromissions des Verts avec le capital eurent raison de mon adhésion à ce parti.

Entre temps, j'étais devenu conseiller municipal en Ville de Genève, où je m'étais installé après plusieurs déménagements dans le canton. 274998944.jpegAu sein des élu-e-s vert-e-s du Conseil Municipal, nous n'étions que deux petits nouveaux, le reste de l'équipe fonctionnait déjà selon leurs méthodes et l’acclimatation ne fut pas simple - surtout lorsque Fabienne Fischer annonça sa démission. J'ai donc appris que le pragmatisme était de mise aussi et surtout dans les enceintes politiques - lors des votes, et qu'il ne fallait pas en déroger. Les affres de la politique genevoise, avec leur lot de coups orchestrés par des partis populistes prêts à tout pour gagner une demi-minute d’audience sur Léman Bleu, la télévision locale, finirent de me distancier de ce spectacle indigne d'une démocratie.

Petit retour en arrière. Avant mon élection, la droite, en la personne d'Isabel Rochat, avait tenté de freiner mon élan insouciant en me collant un procès pour ma participation à la Critcal Mass, ce défilé cycliste spontané 197354_1842190691202_1133619161_2174544_3253056_n.jpgqui a lieu dans les grandes villes du monde entier chaque dernier vendredi du mois, et qui dénonce le tout-bagnole, en voulant faire croire que j'en étais le principal instigateur... Résultat : un procès perdu pour la droite, et une publicité monstre pour la Critical mass. Quelques temps plus tard, Maudi-Maudet reprendra à son compte cette lutte contre les cyclistes, avec son néologisme électoral devenu culte, visant à stigmatiser une partie de la population : les dangereux "cycloterroristes".

 

Entre temps, je m'engageai dans différentes associations, et militai notamment activement au sein du Collectif du 14 juin et participai à l'organisation collectif.JPGdes événements autour du 14 juin 2011, qui fêtait les 100 ans de la Journée internationale des droits des femmes, les 40 ans du droit de vote, les 30 ans de l'article constitutionnel inscrivant dans la loi l'égalité entre les sexes, les 20 ans de la Grève des femmes et enfin les 15 ans de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes dans les rapports de travail. En tant qu'hommes, responsables de la domination envers les femmes, et de la reproduction chaque jour du patriarcat, nous sommes d'autant plus appelés à nous engager avec les féministes en faveur de l'égalité dans les faits. We can do it (too) !

Autre sujet de militantisme qui m'occupa, les droits politiques des personnes étrangères à Genève. Je participai à la création de ViVRe (Vivre Voter Représenter), 3444860613.jpgqui, pendant deux ans, s'est engagé contre l'exclusion de 40% de la population du canton de Genève, population qui reste toujours exclue lors des scrutins cantonaux à cause de manigances politco-politiciennes, comme ce fut encore le cas lors de la Constituante, qui a vu les étrangers devenir une monnaie d'échange pour permettre aux partis gouvernementaux de faire passer leur couleuvre de Constitution. Une goutte de plus dans le vase du pragmatisme et de la compromission - cette fois-ci au profit de la droite dure, celle qui exclut au nom de la provenance des personnes.

A propos d'exclusion, la goutte qui fit déborder cette fois totalement le vase, vint d'un certain Conseiller national Vert, qui proposa, il y a quelques mois, en matière d'asile, de réhabiliter le statut de saisonnier, cette fois en créant des contingents d'extra-européens âgés de moins de 30 ans expulsables après 1 ou 2 ans. "La politique migratoire à l'aune de l'économie", avais-je titré dans mon blog en son temps, dénonçant que le seul domaine où les Verts pouvaient se targuer d'avoir encore une certaine légitimité était désormais lui aussi sacrifié au profit de la carrière d'un seul. "La politique à l'aune de l'économie, et des tribulations électorales", voilà qui serait un titre adéquat pour finir de dresser le tableau de mes cinq années passées à Genève et dans le monde politique. Un apprentissage difficile des réalités me direz-vous. Une envie surtout de m'engager encore davantage pour le bien commun en faveur de toutes et tous. Pas au même rythme évidemment, obligations professionnelles obligent - car si j'ai pu donner autant de temps au débat citoyen, c'est aussi parce que je n'ai pas travaillé à plein temps durant ces cinq années. D'où mon combat en faveur de la baisse drastique du temps de travail, afin de mieux le partager, à l'heure où il est toujours plus difficile pour les plus jeunes de trouver un emploi.

Mais le tableau ne serait pas complet si j'omettais de mentionner que tout ceci n'aurait pas pu exister sans les nombreuses personnes qui m'ont soutenu et ont partagé un peu de ces cinq ans avec moi, au front des luttes sociales ou simplement à travers leur amitié et présence chaque fois unique. Il serait difficile et indécent de citer leur nom ici, ceci relevant de l'intimité - et ces personnes resteront en moi à jamais, et je les remercie de tout coeur. S'il n'est pas difficile pour moi de quitter le monde politique genevois (au contraire, c'est même un soulagement), le souvenir vivace de toutes ces rencontres et amitiés provoque forcément en moi une certaine amertume - mais ne dramatisons pas : je ne pars pas au bout du monde, mais dans la ville d'à côté, que d'aucun genevois traiterait de "rupestre".

Je resterai évidemment proche de mes différents engagements au niveau national, au sein du ROC, et de tshirt-paresse.jpgl'association BIEN.CH qui milite pour l'instauration d'un revenu de base inconditionnel pour toutes et tous, et soutient activement l'initiative populaire fédérale lancée et sur le point d'aboutir. Et je ne manquerai pas de m'investir au sein de mon nouveau parti, SolidaritéS Vaud, qui représente tout à fait les idées pour lesquelles je désire m'engager.

Je me réjouis, enfin, de retrouver une vie associative et politique dense et engagée à Lausanne, et de tisser de nouvelles relations. Je finirai avec un passage de la dernière lettre d'Antoine de Saint Exupéry, "Que faut-il dire aux hommes ?", lettre au Général X, écrite la veille de sa mort, qui nous rappelle que l'homme ne vit pas d'abord de politique ou d'économie, mais bien d'amour et de significations. Voilà pourquoi il faut nous battre.

"Ah ! Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu’à entendre un chant villageois du 15 ème siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d’hommes n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots."

Et donc fort heureusement, on l'a vu, "le cœur a sa politique que la politique ne connaît pas".

13:38 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | | |

10/07/2013

Holacracy non merci !

ATTENTION : Les ‪techniques‬ ‪managériales‬ américaines débarquent dans nos ‪‎associations‬ (par exemple, Colibris) avec leurs hordes d'avocats prompts à défendre leur image : ‪‎Holacracy‬ non merci !

Je tiens à vous faire part de ma mésaventure assez illustrative, arrivée ces jours suite à mes critiques émises sur l'Holacracy sur facebook & twitter.

M'étant fendu d'un statut plutôt gentillet sur la question (voir ici : http://t.co/pngD7owlph), les gérants de la marque commerciale Holacracy en Europe, Igi Partners, premier partenaire de HolacracyOne dès 2011, la société qui a inventé le mot Holacracy en 2007 aux USA et permis à une société en informatique baptisée Ternary Software de croître jusqu’à engranger plus de deux millions de dollars de revenu annuel, m'ont de suite contacté et menacé d'un procès en diffamation :

"Objet : Urgent pour action : diffamation sur votre profil facebook

Bonjour,

Des documents présents sur votre profil facebook contiennent des expressions diffamatoires,
et je me permets d'attirer votre attention sur ce point.

Il s'agit notamment du profil facebook hébergé à cette adresse :
https://www.facebook.com/julien.cart/

Et du statut rédigé il y a 20h, à proximité de Versoix, sur votre mobile.

Les expressions “le prêtre de l'holacraty dans le monde francophone”, “et des gens s'en mettent plein les poches” (liste non exhaustive)
sont des diffamations au titre du texte de loi, l'article 29 de la loi 1881.

L'accusation envers Monsieur Chiquet et IGI Partners est une accusation grave, qu'en cas de plainte pour diffamation, il vous faudra prouver en justice (ce qui sera difficile, vu que Monsieur Chiquet et IGI Partners sont sincères dans leur communication, ne cherchent à convaincre personne et ne font aucune fraude).

Je vous demande le retrait immédiat de toute mention explicite
ou implicite à notre sujet dans vos communications et dans ce document.
En cas de non observation de cette demande dans les plus brefs délais,
notre avocat devra se saisir de ce dossier pour une action judiciaire.

Je vous remercie par avance de votre RAPIDE intervention.

Margaux Igi,
Partenaire chez IGI Partners"

 

J'ai bien sûr rapidement répondu, avec les sages conseils d'un ami qui s'y connaît quelque peu en droit (que je remercie pour son soutien), que j'étais pour le moins surpris de leur réaction, que la notion de prêtre n'est pas diffamatoire, pas plus que le fait de gagner beaucoup d'argent, et que je pense être en droit d'exprimer un avis critique sur l'holacracy que cela plaise ou non à ses propagandistes.

Il est clair qu'avec leur tentative de censure de propos qui les déplaisent, ils montrent un visage pour le moins désobligeant pour une marque qui est censée proposer aux entreprises d'autres manière de fonctionner que le système traditionnel.

J'attends donc de voir quelle suite ils donneront - si plainte ou pas il y aura. Ce procès serait une mascarade et ils se tireraient une balle dans le pied : la liberté d'expression étant elle aussi garantie par le code civil suisse. Mais, en tout cas, cette triste manière de réagir montre que ces personnes sont prêtes à tout pour préserver leur image - quitte à s'en prendre à de simples personnes écrivant sur un statuts facebook leur méfiance vis-à-vis d'un organisme et ou simplement d'une théorie quelconque, en l'occurrence ici une théorie managériale. Un tweet qui d'ailleurs a semblé suffisemment pertinent pour que des personnalités, non susceptibles d'être traitées de gauchistes, s'y intéressent, puisque par exemple, Stéphane Benoit-Godet, rédacteur en chef du  journal économique Bilan, a retweeté mon statut (cf. capture d'écran ci-après), qui fut donc référencé sur sa page de Bilan.

igi-partners.JPG

 

Evidemment cela renforce encore ma méfiance envers cette machine qu'est l'Holacracy, ses avocats et ses dirigeants - qui n'ont je crois, rien n'a nous apprendre en matière de communication, comme ils l'ont démontré par leur menace puéril à mon égard.

 

Si malgré tout des personnes et des organisations proches du milieu associatif que je fréquente seraient tout de même intéressées à utiliser leurs procédés pour améliorer l'efficacité de leur travail, je leur souhaite sincèrement d'y trouver ce qu'elles y cherchent, sachant néanmoins que, bien souvent, il n'est pas utile d'aller jusque dans les théories managériales américaines néo-libérales pour trouver notre bonheur pour fonctionner harmonieusement entre nous dans nos petites structures :)

Meilleures salutations ensoleillées en ce temps de vacances,

Julien Cart

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15/05/2013

« La Justice sociale au XXIe siècle et le Revenu de base »

J'ai le plaisir de vous inviter à la grande Table ronde sur la thématique du revenu de base, organisée par BIEN-CH qui touche tout particulièrement les questions liées au travail, au chômage et à l'Etat social.

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Elle vise à ouvrir le débat en Suisse romande sur l'initiative populaire fédérale "Pour un revenu de base inconditionnel", qui en est à 103'588 signatures récoltées, alors qu’il reste environ trois mois de récoltes.

L’idée du revenu de base est soutenue de longue date par de nombreuses personnalités, de tous horizons politiques, de toutes confessions et de toutes nationalités. Elle dépasse largement les débats hélévétiques.

Une initiative européenne a été lancée en janvier 2013 et doit récolter 1 million de signatures. Si tel est le cas, la Commission Européenne adoptera une réponse formelle précisant quelles actions elle aura l’intention de mener, ou non, et ses raisons.

Ailleurs dans le monde, en Alaska, un revenu citoyen existe depuis 1976, il est financé par l'exploitation des ressources naturelles.

Au  Brésil, le gouvernement Lula a voté une loi qui prévoit d'étendre progressivement l'application du programme Bolsa Família (créé en 2003) jusqu'à instauration complète d'une allocation universelle.

D’autres expérimentations ont eu lieu notamment en Namibie, où, sous forme de projet pilote indépendant de l’Etat, les habitants d’un village déshérité se sont vus attribués chaque mois l’équivalent de 10 euros. Le résultat fut très positif, permettant à cette région rurale de se développer, créant des marchés locaux et permettant aux gens d’être autosuffisants, comme l’explique l’article du Courrier International.


Le revenu de base pose, entre autre, la question des travaux utiles et nécessaires qui contribuent à la production de richesses, mais qui ne sont pas rémunérés (famille, bénévolat, associations, formation, etc.) continuent d'être effectués, majoritairement par des femmes, sans être reconnus socialement.

Or une étude statistique de l’Institut de l’ONU pour le développement social (UNRISD) indique que "Le travail non rémunéré dépasse de 20 pourcent le travail rémunéré". (Etude de l'UNRISD, Travail non rémunéré - Office fédéral de la statistique).

Le Courrier a, quant à lui, dans son édito de lundi, bien montré que, lors des débats de société, la question de ce travail est souvent délibérément occultée, comme lorsque la RTS aborde la question du revenu de base en taisant délibérément la question du travail non rémunéré... Le service public a d'ailleurs été reconnu coupable à cette occasion.

Enfin, ce revenu de base nous pose les questions suivantes :

Est-il une mesure à même de reconnaître le travail non rémunéré ?

Est-il capable de nous diriger vers une société plus juste ? D'émanciper les individu-e-s au lieu de leur venir en aide d'en haut, en leur assurant une dignité dans les faits ?

Découpler activité professionnelle et revenu est-il un moyen de sortir du productivisme et d'en finir avec le travail non choisi, et les maladies qui en découlent (burn-out, suicides, etc.) ?

Le revenu de base est-il un moyen de relocaliser l'économie, une avancée déterminante pour la transition écologique ?

Venez en débattre le 21 mai 2013 à Uni Dufour avec nous, autour d'une table paritaire avec des intervenant-e-s de qualité, qui laissera place aux interventions du public !

Et merci de faire passer cette invitation autour de vous !

Table ronde

« La Justice sociale au XXIe siècle
et le Revenu de base »

 

Mardi 21 mai 2013, 19h30, Uni Dufour, auditoire Piaget, Rue Général-Dufour 24, 1204 Genève.

 

100'000 personnes ont déjà signé l’initiative « Pour un revenu de base inconditionnel ». Une année après son lancement, BIEN-Suisse vous propose d’en débattre avec le philosophe et économiste Philippe Van Parijs, professeur à l'Université catholique de Louvain, invité le jour même par Micheline Calmy-Rey à l’Institut européen.  

C'est une occasion exceptionnelle d'écouter le fondateur du Basic Income Earth Network, interlocuteur de plusieurs gouvernements, organisations internationales et ONG.

 

Des personnalités suisses de renom l'accompagneront : 

 

Martine Brunschwig Graf, Genève, ancienne conseillère nationale et conseillère d'Etat (PLR), présidente de la Commission nationale contre le racisme, 

 

Anne-Catherine Menétrey-Savary, Vaud, ancienne conseillère nationale (Les Verts), 


Guy Mettan, Genève, journaliste, membre du Grand Conseil (PDC), directeur executif du Club Suisse de la presse,


Marco Salvi, Zurich, chef de projet chez Avenir Suisse, membre du cadre, et 


Myret Zaki, Genève, journaliste, rédactrice adjointe du journal économique Bilan.

Un apéritif sera proposé en fin de soirée.

Organisation :
 www.bien-ch.ch, Département de Sociologie (UNIGE)

 

Partenaires : Le Courrier, La Cité, Moins !, Gauchebdo, iMmediaT.tv, Le ROC-GE, Ecoattitude, Bilan, ALCIP, La Devinière.

 

L'Université est étrangère à l'organisation.

 

Flyer de la manifestation à télécharger sur le site de BIEN-Suisse !

 

21:14 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

08/03/2013

Où quand Le Temps confond Journée internationale des droits des femmes avec la St-Valentin

On avait assisté hier à un premier affrontement entre la Tribune de Genève (pro Salon de la bagnole) et le Courrier (dénonçant le smog-roi à Genève), comme le symbolise la photo ci-dessous.

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Aujourd'hui, Journée internationale des droits des femmes, nous sommes invités à arbitrer un autre affrontement, cette fois-ci entre Le Temps et Le Courrier, qui voit le premier nommé intenter un procès au second pour pseudo-féminisme, alors que ce derLa Courrier--672x359.jpgnier a osé (et oui il faut encore Osez le féminisme ! en 2013), écrire son journal en ayant recours à l'universel féminin ! Et a intitulé sa Une, "La Courrier", comme le montre l'image ci-contre, au grand dam de tous les défenseurs de la langue de Molière, qui aiment tant l'universel masculin et les règles de grammaire sexistes qui la composent.

Oh horrible Pêché devant l'Eternel masculin, dénoncent tout haut les défenseurs d'une langue française misogyne provenant de millénaires de privilèges phallocrates !

Quant aux journalistes du Temps, comme on peut le lire ici, ils préfèrent "célèbrer plus discètement «toutes les femmes qui œuvrent au Temps» avec une rose, deux couleurs à choix"... On ne saurait trouver symbole et action plus sexiste... On se rend compte que Le Temps, qui aime à dénoncer de manière attendue et sans nuance la récupération de la Journée internationale des droits des femmes par les différentes industries qui ont l'habitude de tout récupérer à leurs fins, doit en fait confondre la Journée internationale des droits des femmes avec le 14 février et la St-Valentin, où il est de coutume d'offir des roses aux femmes, selon la règle commerciale qui a court...

Le Courrier, quant à lui, qui explique ici sa démarche, sera amené à comparaître dès maintenant devant la Cour internationale de la Langue française et sera sans doute poursuivi pour crime contre l'universel masculin, crime contre la moitié de l'Humanité, qui se voit par ce numéro du Courrier, être pour une fois tout simplement effacée, invisibilisée, comme l'est l'autre moitié continuellement depuis des lustres.

Oui ça fait drôle, chers amis mâles, de se voir effacés au profit des femmes. Mais c'est pourtant le lot que réserve la langue française et la société patriarcale dans laquelle nous vivons à chaque instant, aux femmes, au jour le jour, depuis de longs millénaires. La Journée internationael des droits des femmes est là pour nous le rappeler, et rappeler combien les inégalités demeurent, et pas que dans les autres pays. En Suisse, 1 femme sur 10 est victime de violence domestique et 1 femme meurt toutes les 3 semaines des coups d'un mari ou ancien compagnon.

Le réveil sera difficile, le combat encore long, pour renverser ces réflexes masculins pavloviens, cet article du Temps en est le parfait témoin. Mais la lutte féministe passe clairement par ce genre d'irrévérences, de désobeissances, notamment linguistiques ! Car en effet Dominique Hartmann dans son édito a raison de dire que "
C’est simple: l’égalité des droits passe par la visibilité, et la visibilité par le langage. Celle qui n’est pas nommée n’existe pas."

Bravo et merci donc au Courrier d'avoir "osé" ce parfait "coup d'Etat" contre la mainmise patriarcale sur la langue, contre des dogmes masculinistes qui règnent depuis si longtemps et dont on ne pense même plus à remettre en question.


15:33 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

14/02/2013

A toi frère, qui n'aime pas le Pape

Voici ma réponse à l'article de Pascal Bertschy dans La Liberté, intitulé "A toi frère, qui n'aime pas le Pape' pape.jpg

Ce n'est pas en premier lieu le Pape le problème, mais l'Eglise qui est restée au 10eme siècle avant Jésus christ... En effet elle ne nous demande rien mais beaucoup de ses membres (les femmes, les homosexuels, les plus pauvres) se sentent incompris pour pas dire jugés. Pourquoi? Pour protéger une doctrine qui serait la seule voie du bonheur.

Dans mes expériences j'ai pu voir que la souffrance est partout, qu'on croie ou non en Dieu. Que les couples chrétiens pouvaient se déchirer comme les autres, que ce qui comptaient étaient les liens, notre entourage, et le fait d'avoir des amis capables de nous comprendre sans nous juger.

Mais l'Eglise n'était pas capable de cela, du fait qu'elle m'était la loi, la règle ou la croyance avant la personne et son mystère. J'ai donc vu nombre de ses membres s'en détacher, car ils étaient en souffrance en son sein. Et moi même je n'y ai finalement plus trouvé d'intérêt.

Mais tant mieux si certaines et certains continuent d'y puiser leurs forces. Pour ma part je puise ces forces dans les manifestations de la beauté de la vie, et ma messe c'est par exemple le regard d'un enfant qui s'émerveille, mon adoration c'est la contemplation d'un beau paysage, ma confession ce sont mes écrits engagés pour changer le monde- ou simplement le faire exister.

Le Pape n'est donc qu'un rouage, l'ultime, au sommet d'une montagne, qui ne tardera pas à s'écrouler.

Comme Martin Luther King qui n'a pas pu voir au-delà de cette montage, de cette terre promise sans races ni haines de l'autre, qu'il a pourtant tant façonnée, je veux croire que le monde nouveau est celui que nous créons à chaque instant, en saisissant les occasions, comme le bon samaritain, qui ouvre son cœur à celui qui en a besoin sans lui demander sa religion sa couleur ou son appartenance politique. Et de savoir que nous ne verrons pas cette terre promise n'en est que plus motivant.

Bien des gens aspirent a autre chose qu'à la seule société de con-soumission et pourtant ne se retrouvent pas dans une Église dont les codes apparaissent comme désuets et vides de tout sens.

La misère humaine que l'on soumettait au prêtre est aujourd'hui portée vers les thérapeutes de toutes sortes, et souvent cristallisée dans toutes sortes de palliatifs censés nous aider accepter la banalité de nos existences.

Mais la bonne nouvelle que nous annonce le Christ et l'Eglise après elle n'est autre que le fait qu'en nous réside les promesses et beautés éternelles et que c'est en allant vers autrui, en rencontrant son regard, en étant touché par ce qu'il est, que nous puiserons la vie et la redonnerons autour de nous.

L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince pour moi a remplacé la bible, les sages chinois les prêtres, et aujourd'hui je peux apprécier le message de paix des sages avec un esprit serein, sans devoir adhérer à une religion, sans devoir me construire une croyance.

Si je devenais pape donc, la première chose que je ferais ce serait de me destituer. Le dernier entre les pairs, comme l'a été le Christ.

Peut être qu'un jour un pape aura-t-il cet élan, celui-la même qui a amené le Dalaï-lama à sortir du poids d'une tradition qui avait pris le pas sur toute spiritualité.

C'est tout le bien que je peux souhaiter à cette Eglise, et à ses fidèles.

09:39 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | | | |

12/02/2013

"Le nom du père est roi"

"Au jeux des familles, le nom du père est roi". C'est le titre d'un article du journal Migros Magazine (no7).

Désormais, depuis 2013 en Suisse, vous pouvez choisir, si vous vous mariez, de garder votre nom de célibataire, ou de porter un nom commun (celui de l'homme ou de la femme) et vous pouvez choisir de donner à vos enfants le nom du père ou de la mère (idem pour les couples non-mariés, à condition de détenir l'autorité parentale conjointe et de faire la demande ensemble).

Depuis le début de l'année pourtant, dans le canton de Vaud, 80% des mariés ont opté pour un nom de famille commun, celui... devinez... Celui de l'homme...

Quant au 20% restants, ils ont décidé de donner dans 90% des cas (sic!) le nom du père à leurs futurs enfants...

Pour une loi qui devait faire office de réforme du code civil concernant le nom de famille, permettant de se défaire d'une culture patriarcale du patronyme, c'est assez loupé...

Mais c'est normal, apprend-ton dans Migros Magazine, "La mère donne la vie et le père transmet le nom", dixit le secrétaire de la Chambre des généalogistes de Suisse romande, Jean-Claude Romanens... Quant au "Spécialiste des relations familiales" Eric Widmer, il regrette qu'en voulant garantir l'égalité, on ait sacrifié le double nom, qui permettait aux époux de "se fondre dans une entité familiale tout en conservant leur identité".

Le nom commun est toujours possible, cher Monsieur : en choisissant de porter le nom de la mère, et en donnant à son enfant le nom de celle-ci. Mais c'est sans doute trop "futuriste" que d'adouber le matronyme dans une société encore largement patriarcale ? Et de risquer la fin du privilège de la propriété patriarcale sur la reproduction humaine ?

Cette loi, avec ces défauts, a au moins le mérite de lever une discrimination sexiste dans le droit. Reste à ce qu'elle soit suivie par la population, et que davantage de personnes usent des nouvelles possibilités proposées par cette nouvelle loi...

19:36 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

31/01/2013

Les utopies d’aujourd’hui sont-elles les réalités de demain?

Article de Laurence Villoz paru le 31.01.2013 sur Protestinfo. Photo : Helena de Freitas

julien GELe 28 août 1963, le pasteur afro-américain Martin Luther King bouleversait les Etats-Unis avec son célèbre discours « I have a dream ». Cinquante ans plus tard, ses « rêves » se sont en partie réalisés. Qu’en est-il des utopies aujourd’hui? Le Genevois Julien Cart (photo), politicien engagé pour la décroissance et l’écosocialisme, dévoile ses « rêves » à ProtestInfo.

Par Laurence Villoz

Pour célébrer les cinquante ans de « I have a dream », ProtestInfo s’interroge sur la place de l’utopie dans la société actuelle. Trois personnes issues des milieux politique, religieux et littéraire présenteront leur « utopie ». Le premier volet est consacré à un politicien genevois, conseiller municipal (législatif) de la ville de Genève et éducateur spécialisé. Engagé pendant cinq ans auprès des Verts genevois, le jeune homme de 30 ans a décidé de faire cavalier seul depuis le début de l’année.

 


ProtestInfo: Si vous vous retrouviez au pouvoir, quelle serait la première mesure que vous prendriez?

 

Julien Cart: Je mettrais en place le revenu de base pour tous. Chaque personne qui réside en Suisse recevrait un revenu découplé du travail. Une initiative est en cours et 70 000 signatures ont déjà été récoltées. Normalement, on devrait voter d’ici trois à quatre ans.

P: Mais cette mesure ne pousserait-elle pas les gens à arrêter de travailler?

 

JC: L’idée est d’éradiquer la pauvreté. Il ne s’agit pas de payer les gens à ne rien faire, mais de reconnaître tout un pan de l'économie locale. Une étude, mandatée par l’Institut de l’ONU pour le développement social (UNRISD), a montré qu’en Suisse, en 2004, le volume de travail non rémunéré dépassait de 20% le volume du travail rémunéré.

 

 

Le revenu de base rendrait les gens plus autonomes et leur permettrait de s’engager parce qu’ils en ont envie. Il éviterait aussi les problèmes de stress lié au travail et ferait baisser les coûts de la santé. De plus, les personnes qui n’ont pas de travail ou qui bénéficient de l’assurance sociale ne seraient plus stigmatisées.

 

Cette mesure de décroissance revaloriserait en outre les régions périphériques. Avec ce revenu de base, les citadins pourraient aller s’installer à la campagne et investir dans la terre, plutôt que travailler en ville et recevoir un salaire précaire.

P: Comment imaginez-vous que les citoyens suisses réagiront s’ils doivent se prononcer pour un revenu de base pour tous?

 

JC: Ce sera sûrement refusé. Les Suisses ont même refusé une semaine de vacances supplémentaire. Mais il faut du temps pour aboutir à l'instauration de ce qui paraît de prime abord « utopique ». Par exemple en ce qui concerne l’Assurance vieillesse et survivants (AVS) ou le suffrage féminin, il s’est écoulé trente à soixante ans entre leur proclamation et leur concrétisation.

P: Comment êtes-vous « tombé » dans la politique?

 

JC: J’ai commencé la politique à l’âge de 25 ans, quand je suis arrivé à Genève. Mais mon intérêt pour la politique a commencé lors d’un stage à l’Association pour l’éducation familiale, à Fribourg, en tant qu’éducateur, une année plus tôt. J’y ai vu la réalité des familles qui sont en difficulté. Ce stage m’a donné envie de m’investir pour améliorer concrètement la situation des gens.

 

Ma responsable de stage faisait partie des Verts et j’ai donc rejoint ce parti. Puis j’ai eu des réflexions plus précises sur l’écologie politique et la décroissance. J’ai été particulièrement actif avec les Jeunes Verts lors de plusieurs initiatives. En particulier celle qui visait à interdire l’immatriculation des véhicules trop polluants en Suisse.

P: Le 7 janvier vous avez démissionné du parti des Verts après cinq ans d’activité, en partie car vous ne les trouviez pas assez « utopistes ». Expliquez-nous.

 

JC: C’étaient les valeurs alternatives des Verts qui m’avaient attiré: promouvoir une médecine et éducation alternative, l’accueil de toutes et tous, notamment les personnes handicapées et les migrants. Mais actuellement il y a beaucoup de gens chez les Verts qui se contentent de petits progrès, par exemple les vélos en libre accès dans les villes. Je veux aller plus loin. Je souhaite qu’on change de paradigme, qu’on place la personne au centre plutôt que l’économie.

P: On est revenu de toutes les utopies politiques: ne vous sentez-vous pas un peu anachronique en poursuivant ce genre d’idéaux?

 

JC: Non. En effet, cela peut paraître anachronique, dans une société où l’on va en week-end à l’autre bout de la planète alors qu’on ne connaît même pas son propre voisin. Mais si ce modèle n’est pas durable, il faudra en inventer un autre. La crise est générale, tout le monde va devoir décroître. Qui va s’y préparer le mieux? Peut-être qu’il y aura des guerres pour les derniers gisements de pétrole, mais on devra tous y faire face.

 

Dans le monde politique, cette vision est largement partagée. Même les partis de droite (et certains de gauche) qui défendent la croissance et la relance de l’économie sont conscients que le modèle actuel n’est plus possible. Les désaccords s'expriment sur les mesures à prendre.

P: Quel est le moteur qui vous permet de continuer à vous battre malgré les difficultés?

 

JC: C’est une révolte face à la pauvreté et aux injustices. Une révolte qui a mûri en moi et qui prend encore un aspect plus grand en politique. Je n’ai pas envie de participer à ce monde comme il est. Avant mon entrée en politique, j’étais pratiquant au sein de la religion catholique. Actuellement, je suis agnostique. Lorsqu’on lit les Evangiles et la parole du Christ, la pauvreté et toutes les injustices qui existent sont inacceptables. Pour moi, on ne peut pas être chrétien et mettre les pieds dans ses pantoufles en se disant que ce sera mieux au paradis.

 

De plus, si j’ai fait des études d’éducateur spécialisé, c’était aussi pour dénoncer les discriminations par rapport aux personnes handicapées. Les inégalités et leur reproduction m’ont toujours interpellé. La fragilité fait partie de nos vies, c’est à nous d’être attentifs à ce qui existe autour de nous, aux gens autour de nous qui souffrent parfois dans le silence.

 

« I have a dream » de Martin Luther King


Le pasteur afro-américain Martin Luther King est né le 15 janvier 1929, à Atlanta. Dans les années 60, il devient le leader du Mouvement des droits civiques, un mouvement militant contre la ségrégation raciale. Le 28 août 1963, il prononce son plus célèbre discours, « I have a dream », devant 250 000 personnes à Washington D.C.

Dans ce discours, prononcé lors d’une marche pour l’emploi et la liberté, Martin Luther King exprime son rêve d’une Amérique fraternelle où les Noirs et les Blancs pourraient vivre ensemble en harmonie et avec les mêmes droits. Pour rendre ce rêve réel, il faut « garder la foi en Dieu». Ce discours a eu un impact important sur la situation des Noirs américains. L’année suivante, les premières lois civiques interdisant toute discrimination au niveau des élections, de l’emploi et des lieux publiques ont été adoptées.

Martin Luther King est devenu, à l’âge de 35 ans, le plus jeune Prix Nobel de la Paix pour son combat contre le racisme de façon non-violente au Etats-Unis. Il a été assassiné à Memphis le 4 avril 1968.

10:30 Écrit par Julien Cart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |